Insécurité
" Quand on me parle d'insécurité, je pense à
l'insécurité alimentaire. " (Noël Mamère)
Israël
" Israël est le conservatoire des idéaux racialistes
du XIXe siècle. " (Danièle Sallenave, écrivain)
3e tour
" Rien ne serait pire pour la démocratie qu'un troisième
tour dans la rue. " (Martine Aubry)
Retraite
" Lorsqu'on inquiète les gens sur leur retraite, c'est du
pain bénit pour Le Pen " (Marc Blondel)
Bénéfice
" Chaque fois que quelqu'un prétend renvoyer gauche et droite
dos à dos, c'est toujours au bénéfice de la droite.
" (Robert Hue)
Laïcité
"La laïcité ne doit pas confiner les Églises dans
la sphère privée. Elles doivent continuer à être
une force de proposition, en tant qu'acteurs de la société
civile. " (Jacques Delors)
Social
" Il n'y a pas une mesure pour les salariés qui soit le fruit
de l'intervention d'Arlette Laguiller. " (Marie-George Buffet)
Penser
" Pour Chirac, penser, c'est d'abord penser à ce que pensent
les autres" (Edgar Faure)
Aide
" L'engagement des États-Unis dans la reconstruction de l'Afghanistan
correspond à sept heures de budget du Pentagone ! " (Javier
Solana, ancien secrétaire général de l'OTAN)
Révolution
"La Révolution française a été une sanglante
calamité pour le peuple français. Elle a engendré
deux affreux bâtards : le nazisme et le communisme. " (Jean-Marie
Le Pen)
J'ai quitté la France une semaine avant le
premier tour de l'élection présidentielle. Je suis rentré
quelques jours avant le second tour. J'ai trouvé le pays changé,
et, d'une certaine manière, j'ai cru remonter le cours de l'histoire.
À voir les lycées se vider de leurs élèves
et les universités de leurs étudiants, j'ai pensé
un instant à 1968. La différence était qu'en 1968,
élèves et étudiants se révoltaient contre
l'autorité, alors que cette fois, ils marchaient main dans la
main avec des professeurs qui leur servaient de guide et qui, eux, avaient
vraiment " fait " Mai 1968.
À regarder la télévision, je me suis imaginé
dans l'Union Soviétique de 1970, tant un flux de propagande monolithique
était ressassé à l'infini et à tous propos.
La différence, là, était qu'en 1970, les Russes
ne croyaient pas ce qu'on leur disait à la télévision,
alors qu'en France, à écouter les conversations, on sentait
l'adhésion de larges franges de la population, apparemment heureuses
de se faire badigeonner les oreilles.
Je me suis cru, plus d'une fois, revenu au temps de la Révolution
Française au moment où elle a basculé vers la Terreur
et les diatribes de Saint Just. Pas de débats, surtout ! Pas
de liberté pour les " ennemis de la liberté "
! Loi des suspects ! Sauvetage de la République en danger ! Nul
n'a parlé de Comité de salut public, mais l'idée
a dû traverser quelques têtes. Une odeur de candidature
unique semblait se dégager.
J'ai pensé aussi aux années 1920. Mussolini avait organisé
une marche sur Rome. Le pouvoir s'était pris par la rue. Le 1er
mai la manifestation à Paris dénonça le "
fascisme " supposé de Le Pen pour pratiquer un autre fascisme,
bien réel celui-là. Ceux qu'on croisait à la Bastille
par dizaines de milliers dégoulinaient de haine et quiconque,
sur leur chemin, ne pensait pas comme eux avait intérêt
à cacher ses pensées s'il ne voulait pas risquer pour
sa vie ou sa santé. Parmi eux, il n'y avait pas que les anciens
de 68 et leurs élèves ou étudiants au cerveau bien
essoré, il y avait des trotskystes, vous savez, ces gentils démocrates
qui se réclament du fondateur de l'armée rouge et de l'organisateur
de la Terreur sous Lénine. Il y avait de doux communistes, ces
gens dont l'idéologie a fait cent millions de morts au vingtième
siècle et qui espèrent encore allonger la liste des cadavres.
Il y avait des écologistes, ces délicieux partisans de
la distribution de drogues à vos enfants. Il y avait des socialistes
qui n'ont toujours pas compris pourquoi ils ont échoué
le 21 avril et qui n'en finissent pas de ressasser la complainte de
ce que Leo Strauss appela la " reductio at Hitlerum ", cette
façon perverso-débile de se donner toujours raison et
de baigner dans la bonne conscience en dépeignant son adversaire
comme le diable. Il y avait des musulmans et, à voir quelques
pancartes, des islamistes, frères et sœurs, sans doute, de ceux
qui pratiquent le seul antisémitisme qui puisse se donner libre
cours aujourd'hui en France : celui qui se réclame d'Arafat ou
de Ben Laden, qui agresse des Juifs, et qui brûle des synagogues
dans les banlieues.
Alors, je me suis décidé à voter au second tour
pour le seul candidat à ne pas incarner la gauche et le consensus
totalitaire ambiant : Jean-Marie Le Pen. Je suis très loin, je
le souligne, d'approuver l'intégralité du programme de
Le Pen. Je trouve ses positions protectionnistes ineptes, ses prétentions
à être socialement de gauche démagogiques, et je
ne suis pas nationaliste.
Je pense, cela dit, qu'il faut à la France une vraie révolution
fiscale et aussi une vraie révolution en matière de sécurité
et d'immigration. Je pense qu'il faut en outre sortir d'urgence du discours
sur la France " multiculturelle " et rappeler les valeurs
de l'Occident. Jean-Marie Le Pen me semble bien plus proche de tout
cela que Chirac, qui s'est fait réélire en incarnant la
lâcheté et la cohabitation à lui tout seul. Les
voix obtenues par Le Pen incarnent la fronde, la dissidence nécessaire,
le refus du mépris, le sursaut possible encore. Nous ne sommes
plus très loin du gouffre. La démocratie et le droit sont
en danger, et ce danger ne vient pas du côté de Le Pen.
Le Pen est parfois anti-américain, mais la gauche l'est aussi,
et de manière bien plus perverse et insidieuse.
Face à l'urgence, il faut faire parfois des choix difficiles,
et j'ai choisi.
Et puis, arrivent les législatives : il s'agira alors d'éviter
tout à la fois le retour des socialistes et d'une droite qui
continuerait à être mal-à-droite. Nous ne sommes
qu'au début du combat. La droite mal-à-droite, oublieuse
de ce que Chirac a été réélu grâce
à la gauche, montre qu'elle n'a rien compris à l'ampleur
du désastre français. Il faut la pousser à comprendre
et à voir que le peuple français ne supporte plus le mépris
myope et cauteleux des praticiens de la langue de coton. La gauche n'a
rien compris non plus ; il faut la balayer et dessiner les contours
d'un espoir. Vite !