Justice
La capacité de jugement en France est aujourd'hui d'un peu moins
de 600 000 affaires pénales par an, alors que 5,3 millions de plaintes
arrivent chaque année dans les parquets !
Travailleurs
Avec un taux de 81,2 %, les Suisses comptent le plus grand nombre de travailleurs
au sein de la population active. Ils précèdent les Norvégiens
(80,9 %), les Danois (80,5 %) et les Tchèques (79,7 %). Les Anglais
sont huitièmes (76,1 %), devant les Allemands (dixièmes,
74,7 %), les Français (quatorzièmes, 68,6 %), les Espagnols
(seizièmes, 65,6 %) et les Italiens (vingtièmes, 60 %),
sans prendre en compte le travail au noir…
Sécurité
38 % des sociétés reconnaissent que leur site internet a
été piraté pendant l'année 2001 !
Législatives
8 633 personnes seront candidates au premier tour des législatives,
le 9 juin, pour 577 sièges à pourvoir. Ces élections
permettent notamment de recevoir un financement public, pendant les cinq
années de la mandature, à hauteur de 1,66 euro par voix
et 45 398 euros par député…
Commerce
Les différends commerciaux entre les USA et l'Union europénne,
qui ne portent que sur 2 % des 400 milliards d'euros d'échanges
annuels, pourraient avoir un effet boule de neige pour l'économie
mondiale, dans la mesure où les échanges euro-américains
représentent plus de 40 % du commerce international…
Déficit public
Le déficit public s'est creusé de 1,5 milliard d'euros en
2001 par rapport à 2000, atteignant 20,3 milliards d'euros, soit
1,4 % du Produit Intérieur Brut (PIB).
Avant de se présenter aux élections, tous les candidats
devraient lire les publications de l'INSEE. Ces publications révèlent
par exemple qu'une augmentation de 1 % du SMIC augmente en France le nombre
des exclus de 35 000. Malgré cela, certains candidats ont demandé
une augmentation de 30 % du SMIC, ce qui ferait en pratique un million
d'exclus en plus. À l'opposé, l'INSEE révèle
qu'une baisse des charges sociales pour les bas salaires (donc une baisse
du SMIC pour l'employeur) réduit de façon notable le nombre
des chômeurs. Le candidat élu Chirac semble avoir lu cette
étude.
Mais l'INSEE vient aussi de publier un travail chiffré sur l'activité
des principales entreprises françaises cotées au CAC 40.
Une première lecture rend optimiste. Nos grandes entreprises marchent
bien, très bien même, dans le monde actuel : nos entrepreneurs
sont de première qualité. Nous n'avons jamais cessé
de le dire. Et si nos grandes entreprises marchent bien, c'est qu'elles
ont su se restructurer et acquérir une dimension au moins européenne,
sinon mondiale : la création de l'euro d'un côté et
la mondialisation de l'autre rendent ces restructurations indispensables.
Mais, l'étude de l'INSEE entre dans le détail et compare
l'évolution de l'activité de nos grandes entreprises, en
France et hors de la France. La comparaison des chiffres sur quatre années,
de 1997 à 2000, agit comme une douche très froide. Nos entrepreneurs
sont merveilleux, mais ils ont délocalisé. Ils ont massivement
quitté le site France.
En ce qui concerne l'activité de ces groupes, elle a grimpé
en quatre ans de 52 %, ce qui est excellent dans le contexte mondial,
mais sa progression en France n'est que de 23 %. Vitesse d'un rapide en
dehors de la France, vitesse d'un omnibus à l'intérieur
de la France.
En ce qui concerne l'emploi, les groupes français ont fortement
embauché, ce qui est excellent. La progression est de 43 % en quatre
ans pour l'ensemble du monde. La mondialisation a du bon pour l'emploi.
Mais, en France, la progression n'a été que de 5 %. Les
groupes français embauchent, mais ils embauchent à l'étranger.
Enfin, en ce qui concerne les capitaux productifs et disponibles pour
créer un outil de travail encore plus performant, mêmes scores
" époustouflants ". Ces capitaux sont passés de
169 milliards d'euros en 1997 à 249 milliards en 2000. Malheureusement
pour la France, ce capital créateur de richesses et d'emplois futurs
bien rémunérés, a progressé uniquement dans
les implantations étrangères de nos entreprises. Il a globalement
stagné en France, diminuant même dans 11 groupes français
sur les 32 analysés.
Telle est la réalité économique des principales entreprises
françaises. On pourrait espérer que les entreprises étrangères
compensent cette fuite de l'activité économique française
par une implantation d'étrangers en France. Malheureusement, les
entreprises étrangères n'investissent plus en France et
celles qui y ont investi délocalisent. Différentes études
l'indiquent.
Malgré le charme de Paris ou la beauté de la Côte
d'Azur, malgré l'excellente qualification de notre main-d'œuvre
ou la bonne qualité de nos transports, les activités économiques
quittent le site France.
La France est en campagne électorale depuis des semaines, et cela
continue. La fuite de l'activité économique du site France
apparaît comme un sujet de discussion majeur. Mais, nos hommes politiques
ne l'abordent pas. Ils n'abordent pas non plus la meilleure façon
de tirer profit de l'euro ou de la mondialisation. Nous avons d'excellentes
entreprises, utilisons-les. Il ne faut pas les repousser, il faut au contraire
les attirer. Les 35 heures payées comme 39, ou les emplois jeunes,
" c'est du pipo ". Qu'on nous propose d'autres solutions.
Il faut changer très rapidement de cap, et en changer totalement.