Sécurité
18 % des sociétés reconnaissent qu´elles se sont fait
voler des données de transaction (comme des numéros de cartes
de crédit ou des informartions sur leurs clients) en 2001 !
Étranger
Moins de 10 % des étudiants français effectuent un séjour
à l'étranger pendant leurs études
Inutile
On estime à 20 % la part des investissements inutiles, effectués
l'année dernière, au niveau mondial, dans les nouvelles
technologies. Soit environ 500 milliards de dollars !
public
Près du quart de la population active française travaille
dans le secteur public, contre 15 % en moyenne dans l'OCDE.
Moteur
Le marché de la pile à combustible, qui pourrait à
terme remplacer le moteur à explosion, est estimé de 60
à 100 milliards de dollars, d'ici dix ans.
Congé
5 000 pères ont profité du congé de paternité
créé par Ségolène Royal, entre son entrée
en vigueur, le 1er janvier, et le 15 février.
Célibataires
L'INSEE a recensé plus de 7,3 millions de célibataires en
France.
Divorce
Quatre couples sur dix divorcent. À Paris, c'est un mariage sur
deux qui se termine par une rupture.
Piratage
Environ 73 millions de copies illégales de disques ont été
vendues, en 2001, au Mexique. En comparaison, il s'est vendu dans le même
temps 57 millions de copies légales
La société moderne pollue, c'est évident. Le nitrate
envahit la nappe phréatique, les gaz toxiques émis par les
voitures polluent l'air des villes, l'explosion d'une usine chimique tue
des dizaines d'individus et Tchnernobyl montre que l'atome n'est pas sans
danger.
Mais la pollution a toujours existé et, fait capital, seule la
société industrielle donne les moyens de s'en débarrasser.
Prenons pour exemple les problèmes de l'eau dans une petite ville
avenante de quelques milliers d'habitants sous l'ancien régime
: Chalon sur Saône.
Chalon avait trois sources d'eau " potable " : l'eau de la Saône,
l'eau des puits et l'eau de petites sources.
L'eau des sources avait, à juste titre, la réputation de
ne pas être polluée, mais le débit des sources était
très faible. Ces sources, situées en dehors de la ville,
ont d'abord été utilisées sur place. La fontaine
et l'abreuvoir fournissaient l'eau potable aux hommes et aux animaux.
Quant aux lavandières, elles utilisaient le lavoir. En 1622, la
ville de Chalon a capté l'eau des sources pour alimenter une fontaine
située en centre ville. Pendant deux siècles, la municipalité
chalonnaise a été incapable d'empêcher les laveuses
de polluer avec leur savon l'eau de la fontaine.
L'eau de la Saône était une source importante d'eau "
potable ". En cas d'orage ou d'inondation, l'eau devenait "
boueuse ". On la prélevait en amont des " plattes ",
bateaux-lavoirs où les laveuses opéraient. Mais en période
d'épidémie, l'eau devenait rosée : le sang des saignées
faites par les chirurgiens à l'hôpital polluait toute la
rivière, bien que l'hôpital ait été installé
sur la rive opposée. Pendant des siècles, la municipalité
a essayé de s'opposer aux méfaits des chirurgiens.
Il restait heureusement pour les Chalonnais les nombreux puits tirant
l'eau de la nappe phréatique. Malheureusement, les fosses d'aisance
étaient fissurées à Chalon. L'eau que l'on tirait
des puits était devenue une émulsion de matières
grasses. De nombreux édits municipaux ont essayé de s'opposer
à cette pollution, mais en vain. Heureusement, les Chalonnais,
ayant de l'imagination, avaient conçu des carafes dans lesquelles
ils laissaient l'eau tirée du puits se " reposer ". La
graisse montait à la surface. Un grand bec verseur ne prenait alors
que l'eau située dans le fond de la carafe. Cette innovation fut
considérée comme un grand progrès.
Le bon vieux temps est un mythe
Il a fallu attendre la société industrielle et sa technologie
pour forer des puits, enterrer des canalisations et donner enfin de l'eau
potable à la ville. Une des familles notables de la ville a assuré
le financement de l'eau potable par un legs.
Les eaux usées de Chalon s'évacuaient par des ruisseaux
non couverts dans de petites mares situées en pleine ville, mares
s'écoulant secondairement dans la Saône. D'après nos
archives, ces mares sont devenues des " cloaques " à
partir du seizième siècle. Leur odeur, insupportable l'été,
était sans cesse rappelée. Les nombreux maraîchers
chalonnais évacuaient gratuitement les boues de ces mares pour
fertiliser leurs jardins. Ce prélèvement gratuit, qui arrangeait
financièrement la ville, avait un inconvénient majeur :
la profondeur des mares s'est accentuée au fil des siècles.
L'évacuation des eaux usées dans la Saône ne pouvant
plus se faire, le " cloaque " se développait. Seule la
technologie moderne a été capable de supprimer cette pollution.
Les inondations ont été pour Chalon une troisième
source de pollution. Au moins une fois par an, elles submergeaient la
moitié de la ville et répandaient dans toutes les maisons
les boues des cloaques. Les maisons chalonnaises, construites de bois
et de pisé, pourrissaient et s'effondraient. Pendant des siècles,
la ville a fait remblayer les zones inondables pour s'opposer aux inondations.
Seule une technologie moderne complexe a été capable, tout
récemment, de mettre pratiquement la ville hors inondation.
La société industrielle donne à la pollution une
dimension industrielle, mais elle seule donne aux hommes les moyens de
lutter contre la pollution. Le " bon vieux temps " est un mythe.