Président
George Bush est le premier président américain depuis Lincoln,
à " cohabiter " avec autant de prédécesseurs
vivants (Ford, Carter, Reagan, son propre père et Clinton). Et
certains sont fort actifs. Ainsi Carter vient de se rendre à Cuba.
De son côté, Bill Clinton a visité, ces six derniers
mois, trente pays et six continents. Voilà qui ne facilite pas
le travail du secrétaire d'État !
Mer
100 millions d'hommes vivent à un mètre seulement au-dessus
du niveau de la mer…
Éducation
20 % des enfants présentent à l'entrée en sixième
des difficultés de lecture et d'écriture. Par ailleurs,
pour la même dictée effectuée par des élèves
de 1920 et des élèves de 1990, le nombre moyen de fautes
passe de 5 à 17 par copie !
Environnement
Le label " pavillon bleu ", récompensant les communes
côtières pour la qualité de leur environnement, a
été remis cette année à 109 communes, 83 ports
de plaisance et 288 plages. Seulement 44 % des 250 communes candidates
ont obtenu cette reconnaissance cette année, contre 66 % l'an dernier.
Perte
On estime à 320 milliards de dollars les pertes de l'économie
américaine dues à l'absentéisme et à la baisse
de productivité le jour de la sortie du nouvel épisode de
" La guerre des étoiles " !
UNICEF
Un livre fait actuellement scandale aux USA. Partiellement payé
par l'UNICEF, l'organisme de l'ONU chargé de la protection de l'enfance,
il prétend donner une " éducation sexuelle " aux
enfants et jeunes adolescents, en évoquant, parmi les " situations
dans lesquelles on peut obtenir du plaisir ", l'homosexualité,
la zoophilie, la pédophilie ou le viol
Le conflit des médecins est le seul dossier sur lequel le gouvernement
Raffarin pourra être jugé avant les élections législatives.
C'est dire son importance. L'affaire dure depuis novembre dernier, quand
les généralistes, las de ne pas voir leurs revendications
aboutir, ont déclenché une grève des gardes.
Considérant que ce n'était pas sa clientèle électorale,
M. Jospin ne fit rien pour aboutir à une solution. Ce qui ne fut
pas étranger à son échec. S'il est vrai, en effet,
que les médecins votent plus à droite qu'à gauche,
beaucoup sont favorables aux socialistes et surtout l'opinion était,
pour la première fois, acquise à la cause des médecins,
considérant que réclamer vingt euros pour une consultation
(131,19 francs !) n'était en rien déraisonnable.
C'est ce que dirent également, pendant la campagne présidentielle,
Jacques Chirac et ses principaux soutiens. Bien entendu, à peine
nommé, le nouveau ministre de la santé, Jean-François
Mattei, fut appelé par les médecins à traduire en
actes les engagements du président de la République et les
siens propres. Et c'est là que les choses commencèrent à
se gâter. Car l'entourage de Jacques Chirac n'avait nullement arrêté
sa position pendant la campagne, comme si ses promesses ne l'engageaient
pas et que le conflit n'était pas brûlant.
Du coup, M. Mattei se mit à flotter, assurant que le C à
20 euros n'était qu'une affaire de jours, pour indiquer, aussitôt
après, qu'il faudrait que cette augmentation de dépenses
soit assortie d'économies qu'on demanderait aux médecins
de faire sur d'autres postes, et qu'en toute hypothèse, la décision
dépendait d'une négociation avec la Caisse nationale d'assurance
maladie.
Quant aux médecins, ils constataient avec effarement qu'ils avaient
pour " nouveaux " interlocuteurs les technocrates qui sévissaient
déjà au cabinet de Simone Veil et de Jacques Barrot, c'est-à-dire
des personnages qui avaient été à l'origine de graves
conflits avec le corps médical, provoquant la défaite de
Giscard en 1981 et du tandem Chirac-Juppé en 1997. Rien de très
encourageant donc, d'autant que les syndicats médicaux étaient
débordés par une base indignée, organisée
en coordinations, et particulièrement décidée. Et
celle-ci ne tarda pas à passer à la vitesse supérieure
en déclenchant une vague de déconventionnements, département
après département, tandis qu'elle envahissait les caisses
primaires de sécurité sociale et séquestrait les
directeurs qui s'étaient risqués à prendre des sanctions
contre les praticiens appliquant par avance le C à 20 euros. Bref,
au lieu de l'apaisement espéré, on entendait le son du canon.
Chirac n'avait rien prévu
Le gouvernement aurait dû prendre immédiatement un arrêté
tarifaire portant la consultation à 20 euros et la visite à
30 euros, même si les conséquences financières ne
sont pas négligeables, alors que le déficit de l'assurance
maladie ne cesse de se creuser. C'était la seule solution pour
calmer les médecins et rétablir un climat de confiance afin
d'entrer ensuite dans une grande négociation de fond. Car le véritable
problème n'est évidemment plus celui de mécontentements
catégoriels récurrents qu'on soigne à coup de demi-mesures
et de fausses promesses, mais celui de la réforme complète
de notre système social.
On ne peut dire qu'il agonise, puisqu'il est déjà mort cliniquement
et qu'on le maintient en vie artificielle. Conçu au lendemain de
la deuxième guerre mondiale et fondé sur des mécanismes
collectivistes inspirés par le parti communiste, il n'avait prévu
ni les progrès de la médecine, ni l'allongement de la vie
humaine, ni le recul démographique, ni la mondialisation, ni l'Europe.
Et, en plus d'un demi-siècle, il n'a connu aucune adaptation à
ces bouleversements. Or, ce sont ces derniers qui structurent désormais
la société française. Autant dire que ce n'est pas
tant d'une réforme qu'a besoin notre système social que
d'une révolution.
À celle-ci, ni les politiques ni la majorité des professionnels
de santé ne sont prêts. Ils préfèrent se raconter
des histoires sur la juste rémunération du corps médical
et sur la " sécurité-sociale-que-le-monde-entier-nous-envie
", alors qu'on est en présence de la faillite d'un système
dont personne ne peut plus rien attendre, sauf des malheurs.
Gouverner, c'est prévoir. Pour n'avoir rien prévu, Jacques
Chirac condamne le gouvernement Raffarin - et lui-même - à
l'échec. Et dans un domaine majeur, celui de la protection sociale,
qui met en jeu, si l'on y inclut les retraites et les allocations familiales,
près de 2 500 milliards de francs, soit beaucoup plus que le budget
de l'État. Pour relever un défi de cette ampleur, il faut
un pouvoir politique fort, doté d'un clair mandat du peuple. Élu
pour défendre " les valeurs républicaines ", Chirac
est désormais seul face à son destin. Et tout nous pousse
à craindre, hélas, qu'il sera incapable d'y faire face.