Gremetz
À propos de la grâce accordée par Jacques Chirac au
député-voyou communiste Maxime Gremetz : " Le président
a considéré qu'il n'appartenait pas à la procédure
d'écarter un candidat à la veille d'une élection
" (Jean-Pierre Raffarin). Les juges apprécieront Jean-Marie
Le Pen et ses électeurs aussi !
Barrisme
" Face au risque d'une victoire d'un candidat de l'extrême
droite, il est préférable de faire élire un candidat
de gauche. " (Raymond Barre)
Représentation
" On frémit à la pensée de cette assemblée
hypothétiquement proportionnelle, où un député
sur cinq aurait pu être d'extrême droite. " (Jean Luc
Parodi, directeur de la " Revue française de sciences politiques
").
Pauvreté
" Les socialistes nous parlent de social, mais il a fallu qu'ils
soient au pouvoir pour qu'on franchisse la barre des 4 millions de pauvres.
" (Jean-Pierre Raffarin)
Réflexe
" Le vote FN, c'est un réflexe, pas une réflexion.
" (Guy Roca, maire socialiste de Vauvert, Gard)
Israël
" Ce n'est pas parce que la terre a été promise à
Israël qu'elle l'a été à l'État d'Israël.
" (Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem)
CHIRAC
" Contrairement à Le Pen, je ne ferais pas la politique du
pire. Mais le pire, c'est Chirac. " (Charles Pasqua)
Jospin
" Ce n'est pas la communication qui a péché, mais le
produit qui était nul. Avec un mauvais produit, on peut difficilement
faire une bonne campagne. " (Stéphane Fouks, de l'agence Euro-RSCG,
à propos de la campagne de Lionel Jospin)
" Les jeux sont faits ", comme on dit dans les casinos. Et
c'est vrai, les jeux sont faits. Comme on pouvait s'y attendre, l'"
Union pour la majorité présidentielle " va disposer
bientôt d'une majorité écrasante à l'assemblée
nationale. La gauche va redevenir l'opposition. Des anomalies seront notées,
peut-être, par quelques chroniqueurs un peu plus intrépides
que les autres : un Parti Communiste en voie de désintégration
et qui représente à peine trois pour cent des votants va
disposer d'une douzaine de députés tandis que le Front National,
avec cinq fois plus d'électeurs n'en aura peut-être aucun.
On peut parier néanmoins que les intrépides seront peu nombreux
devant le choeur de ceux qui se féliciteront de l'efficacité
du barrage dit " républicain " dressé face à
l'" extrémisme ".
Les jeux sont faits, oui. Le gouvernement procédera à quelques
effets d'annonce. La police disposera de quelques balles en caoutchouc
et de quelques véhicules supplémentaires. Des opérations
coup-de-poing seront organisées dans une cité ou deux. Quelques
impôts vont baisser, et quelques taxes monter subrepticement. Rien
ne va changer vraiment. Le déclin va se poursuivre lentement. L'anesthésie
va continuer. Les jeunes diplômés entreprenants s'exileront
mois après mois, et videront peu à peu le pays d'un capital
humain précieux, tandis qu'entreront par vagues entières
de nouveaux arrivants à qualification faible ou nulle. Le vieillissement
de la population s'accentuera. La criminalité montera. Le dégoût
pour la politique se disséminera. On entendra dans les cafés
les éternelles paroles désabusées : " tous les
mêmes ".
Le pays sera divisé en cinq parties. Ceux qui gravitent dans les
cercles du pouvoir et qui continueront à vivre, cyniques et parasitaires,
au crochet d'une population qu'ils méprisent… Ceux qui croient
au discours des chefs et que l'on pourrait appeler les " braves cons
". Ceux qui vivent de prédation au bas de l'échelle
et qui, pour continuer à végéter, ont intérêt
à ce que cela dure. Ceux qui ont " la haine ", veulent
la mort du pays et s'activent à cette fin : gauchistes ou islamistes.
Ceux, enfin, qui voient venir le cataclysme mais préfèrent
s'abrutir au travail, penser à autre chose, détourner le
regard. Peut-être devrais-je rajouter à la liste ceux que
la situation exaspère et qui trépignent de rage. Ceux-là,
hélas, sont trop peu nombreux pour compter aujourd'hui. Tout est
fait pour les décourager et les pousser au désespoir et
au silence. Ils ne comptent pas, leur dit-on. Ils n'ont pas d'avenir.
Séisme ou déliquescence
J'aurais, pour ce qui me concerne tendance à répondre :
ils n'ont pas d'avenir, pour le moment. Un jour prochain, un certain nombre
de situations - violence quotidienne, paupérisation, islamisation
du pays - deviendront insupportables. Un nombre croissant d'hommes et
de femmes seront plus lassés encore qu'ils ne le sont aujourd'hui
de voir qu'aucun des problèmes réels n'est jamais abordé
dans les débats politiques et médiatiques. Ou bien ces hommes
et ces femmes trouveront alors la force et le courage de se révolter.
Ou ils baisseront définitivement les bras. Dans le premier cas,
un séisme politique majeur se produira, hélas, vraisemblablement
accompagné de violences. Dans le second cas, la décomposition
s'accélérera d'un seul coup, et la ruine sera consommée.
Je me dis aussi quelquefois, en regardant l'histoire de France, qu'un
autre scénario est possible. Quatre républiques, déjà,
sont tombées une fois parvenues, plus ou moins vite, au bout d'une
déliquescence hideuse. Pourquoi n'en irait-il pas de même
avec celle-ci ?
J'espère, en tout cas, un autre scénario. Je ne peux pas
me résoudre à me dire qu'une aventure commencée au
temps de Clovis et qui a connu tant de superbes pages peut s'arrêter
dans le bruit flasque d'un fruit pourri qui s'écrase au sol. Je
ne peux me résoudre à une France sous-développée
et musulmane. Je ne puis me persuader (même si c'est le thème
de mon dernier livre) que la France arrive à la fin de son parcours.
Sans un séisme majeur, en tout cas, la mort peut être annoncée
pour bientôt, dans quelques décennies à peine. Et
ce ne sont pas les dirigeants infiniment médiocres qui gouvernent
le pays aujourd'hui, et qui le gouverneront plus encore demain, qui pourront
éviter la mort. Ils ne voient ni le mal ni son étendue,
et ils s'en foutent. Ils choisissent d'empocher ce qu'ils peuvent, tant
qu'ils le peuvent encore. Ils me dégoûtent, et n'ont à
mes yeux aucun crédit.
Quand, dans les casinos, on dit les " jeux sont faits ", on
ajoute aussitôt : " rien ne va plus ". Et effectivement
rien ne va plus. L'heure des comptes va venir. L'heure des comptes ou
celle du néant.