Vieux
Le vieillissement de la population française a une conséquence
inattendue : selon le dernier rapport de l'Association " Allô,
maltraitance des personnes âgées (AMPA) ", le nombre
d'appels reçus, sous forme de plaintes, aurait été
multiplié par cinq, en cinq ans.
Célibat
Le successeur de Jean-Paul II pourrait remettre en cause la règle
du célibat des prêtres. À noter : cette règle,
qui ne s'est imposée au sein de l'église catholique qu'au
xiie siècle, connaît encore des exceptions, dans les églises
catholiques d'Orient.
Antisémitisme
Le grand Rabbin Sitruk, avait prévu de rendre visite aux deux candidats
du deuxième tour des élections présidentielles, afin
de les interroger sur leurs projets en matière de lutte contre
les violences antisémites. Jean-Marie Le Pen n'a vu venir personne.
Carte santé
L'Union européenne veut lancer, en 2005, une carte électronique
d'assurance maladie, commune aux quinze pays membres. Dans le but de "
favoriser la mobilité professionnelle et géographique au
sein de l'Union ". Et bien qu'en France, la carte Vitale lancée
en 1998, ne soit, pour l'instant encore, utilisée que par une minorité
des professionnels de la santé.
Euro
68 % des Français souhaitent que le double affichage des prix,
en franc et en euro, soit maintenu au-delà du
30 juin 2002. Et cette proportion a tendance à augmenter...
Travail
81,2 % des Suisses en âge de travailler (population active) occupent
effectivement un emploi. Les Anglais sont au travail dans la proportion
de 76,1 %, les Allemands à 74,7 %, les Français à
68,6 %, les Espagnols à 65,6 % et les Italiens à 60 %. Ces
statistiques ne prennent pas en compte le travail noir...
Difficile d'être moins optimiste que Jean-Pierre Raffarin. Dans
la déclaration qu'il a faite aussitôt après l'annonce
de la victoire de l'UMP, il a qualifié les résultats de
terrain de " petits bonheurs " et ajouté que " les
élections n'effacent pas les problèmes ", pour conclure
qu'" il appartient au président de la République de
décider dans les jours prochains des conditions de notre action
". Ceux qui connaissent le principe de Peter savent que celui-ci
s'articule autour de deux propositions. La première indique que,
dans une hiérarchie, chacun finit par se hisser à son niveau
d'incompétence. Selon la seconde, celui qui y est parvenu n'a le
choix qu'entre deux attitudes. Soit tenter de résoudre les problèmes,
auquel cas il est certain d'échouer et de sombrer dans la dépression.
Soit adopter une attitude de diversion et s'occuper d'affaires mineures
dans lesquelles il excellera, sauvant ainsi sa santé tout en laissant
les vrais problèmes se résoudre d'eux-mêmes ou aller
à la catastrophe.
Si l'on s'attache au cas de Jean-Pierre Raffarin, on voit aussitôt
qu'il fait preuve à la fois de lucidité et d'esprit de décision.
Lucidité, parce qu'il a compris que pour résoudre les immenses
problèmes de la société française, il faut
un grand homme d'État et non pas un honorable parlementaire de
la province tranquille. Se sachant parvenu à son niveau d'incompétence,
il ne se berce pas de l'illusion que sa victoire électorale pourrait
lui conférer la dimension qu'il n'a pas. C'est pourquoi les succès
de ses amis ne sont que de " petits bonheurs ", comparés
à la difficulté de sa tâche, dont il laisse sagement
la véritable responsabilité au président de la République.
On peut donc être au moins certain d'une chose : Jean-Pierre Raffarin
ne nous fera pas de déprime.
Mais le problème du pouvoir n'est pas résolu pour autant.
Car, dans le fond de lui-même, Jacques Chirac sait fort bien qu'il
a, lui aussi, atteint son niveau d'incompétence. C'est d'ailleurs
la véritable raison de la dissolution de 1997. Face à l'échec
éclatant du début de sa présidence, il a préféré,
pour préserver son équilibre mental, passer la main à
la gauche et exceller dans l'inauguration des chrysanthèmes pendant
cinq années qui eussent été pour lui un bonheur sans
mélange s'il n'avait été harcelé par la justice.
Le fardeau de l'incompétence
À cet égard, la gauche a fait une erreur monumentale en
instrumentalisant les magistrats pour tenter d'abattre le président
de la République. Elle a obligé celui-ci à se défendre
énergiquement et à tenter de remporter une victoire politique
aux élections de 2002, alors qu'il aurait été reconnaissant
à ses adversaires de lui permettre une sortie honorable qui l'aurait
délivré d'un fardeau qu'il se savait incapable d'assumer.
Pour autant, Jacques Chirac n'est pas sorti de l'auberge, car il se retrouve,
à nouveau, à son niveau d'incompétence, avec un premier
ministre qui l'est aussi et qui, fort habilement, va se défausser
de sa responsabilité sur celui qui l'a nommé. Par bonheur
pour l'un et pour l'autre, il existe un homme providentiel qui, lui, ne
doute pas de sa compétence et qui a nom Alain Juppé. Peu
marri de son échec de 1995, il est à nouveau candidat aux
responsabilités suprêmes, qu'il se propose d'assumer à
la tête du parti vainqueur avant de briguer dans cinq ans la présidence
de la République.
Bien entendu, les choses ne vont pas bien se passer. Car Alain Juppé
n'est évidemment pas un grand homme d'État et, de plus,
il n'a pas l'art de créer autour de lui l'atmosphère de
consentement qui est indispensable quand on doit affronter de grandes
difficultés. Sa méthode à lui, c'est la raideur et
la colère face à aux oppositions ou tout simplement aux
contradictions. Sachant pourtant que tout le monde connaît ses défauts,
il ne parvient même pas à les dissimuler durablement. C'est
ainsi qu'on l'a vu, pendant la campagne électorale, alterner les
apparitions aux premières loges et les retraits tactiques sur l'Aventin,
les propos aimables et souriants et les emportements irréfléchis,
se montrant finalement égal à lui-même, c'est-à-dire
incapable de susciter la sympathie et l'adhésion.
Voilà donc le trio qui va gouverner la France. Pauvre France !
Mais, on ne peut évidemment se contenter de gémir. Il faut,
dès à présent, préparer les inévitables
échéances. La gauche n'a pas disparu dans son échec
électoral. Le parti socialiste a bien résisté, arc-bouté
sur sa base sociologique de fonctionnaires. Il a un problème avec
le peuple, mais sa démagogie consubstantielle lui permettra, dans
le confort de l'opposition, de bercer les soutiers de la société
de belles paroles et de faux espoirs. Et il ramassera à nouveau
la mise aux prochaines consultations si une vraie force de droite, vouée
à la reconstruction d'une nation de propriétaires et non
d'assistés, ne vient pas lui disputer le pouvoir. C'est donc cette
force qu'il faut bâtir. Sans perdre une seconde.