Sommaire

 

 

Chiffres Significatifs

France Telecom
Le groupe France Telecom compte en France (où il fait 68 % de son chiffre d'affaires mondial) 146 000 salariés. 75 % ont le statut de fonctionnaires. Et 92 % sont actionnaires de l'entreprise

Affacturage
Près de 400 milliards de francs (61 milliards d'euros) : c'est le montant des factures que les entreprises françaises ont confié aux sociétés d'affacturage en 2000. Soit une croissance de 15 % par rapport à 1999, et de 600 % par rapport à 1990 !

Pétrole
Alors que, dans la seule décennie 1990, la consommation mondiale de pétrole a été de l'ordre de 250 milliards de barils, les réserves connues sont passées de 660 milliards de barils en 1980 à 1 009 milliards en 1990 et 1 046 milliards en 2000 !

Sécurité
La région Ile-de-France va dépenser, en 2002, 3,6 millions d'euros pour la sécurité dans les transports en commun et 1,3 million pour assurer la sécurité dans les lycées

Chômage
11,5 millions de personnes étaient au chômage en janvier 2002 dans la zone euro (soit 8,4 % de la population active). L'Espagne est le pays le plus touché (12,8 %) et les Pays-Bas le pays le moins touché (2,4 %).

Départs
171 900 cadres français ont quitté leur entreprise en 2001. Les départs en retraite ne représentent que 10 % du nombre des sorties, essentiellement composées des licenciements et des démissions !

Sécu
La sécurité sociale, avec des cotisations de 304 milliards d'euros, accapare plus de 20 % des richesses françaises. L'impôt sur le revenu, lui, ne prélève que 3,3 % de la richesse nationale


 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Bernard Trémeau

Nous avons actuellement un gouvernement de droite, soutenu par une large majorité parlementaire. Pendant cinq ans, il a donc les moyens de faire évoluer la France du bon côté. Il a, malheureusement, hérité d'une situation très difficile : en particulier, d'un déficit budgétaire bien supérieur à celui que la France s'était engagée à ne pas dépasser.
Il a aussi hérité, grâce à Madame Aubry, non plus d'un seul SMIC, comme tout le monde, mais de plusieurs SMIC… Ces SMIC ont introduit par la loi l'inégalité dans les bas salaires, alors qu'on avait créé le SMIC pour s'opposer aux inégalités. Et tous ces SMIC ont en commun une qualité bien française : ce sont les plus élevés du monde. Rappelons enfin que des études de l'INSEE montrent qu'une augmentation du SMIC de 1 % crée en France 35 000 exclus de plus, alors qu'à l'inverse, une diminution des charges sociales liées au SMIC fait que des exclus retrouvent du travail.
Le gouvernement français est, par ailleurs, totalement d'accord pour que l'Union européenne soit élargie à des pays comme la Pologne ou la Tchéquie. À des pays où le SMIC est plus de cinq fois inférieur au SMIC français ! Les entreprises françaises qui ont besoin de main-d'œuvre non qualifiée délocalisent déjà. L'élargissement de l'Europe va encore aggraver cette dramatique situation.
Enfin, au fil des dernières consultations électorales, les partis de gauche avaient fait de l'augmentation du SMIC un de leurs arguments choc. Les partis de droite s'étaient prudemment abstenus de prendre position. Curieusement, si l'on en croit les instituts d'opinion, l'électorat de gauche à faibles revenus, directement concerné par le SMIC, a massivement abandonné la gauche, en votant Le Pen ou en s'abstenant, tandis que l'électorat de gauche ayant des revenus suffisants pour s'offrir des logements coûteux dans Paris a voté pour la gauche.
Le gouvernement doit remédier à cette grave situation de régression sociale.
À court terme, il devait respecter la loi et augmenter le SMIC en juillet. Il avait alors le choix entre deux solutions. Soit appliquer strictement la loi et augmenter le moins possible le SMIC. C'est la position logique et véritablement sociale défendue par le Ministre des Finances, car c'est celle qui produira le moins d'exclusions et de délocalisations. Soit, pour montrer qu'il est encore plus " social " que la gauche, le gouvernement pouvait décider d'augmenter le SMIC plus que la loi ne l'exige.
À long terme, le problème est beaucoup plus sérieux. Il faut qu'impérativement le SMIC français se situe dans la moyenne des SMIC européens, si nous voulons conserver en France des activités utilisant de la main-d'œuvre non qualifiée. Il faut donc baisser de façon drastique le SMIC français ou élever de façon tout aussi importante le SMIC des autres pays. Europe oblige.
- Le Pen proposait de sortir de l'Europe : c'est une solution que les Français ont repoussée.
- On peut revenir au SMIG de naguère, c'est-à-dire au maintien strict du pouvoir d'achat des bas salaires : il faudra alors des décénies pour que le SMIC français se situe dans la moyenne européenne et, dans cinq ans, les entreprises françaises ne seront toujours pas compétitives ; les exclusions et le chômage resteront importants. Le temps de la médecine douce est passé et la droite ne sera pas réélue.
- On peut aussi décider de supprimer les SMIC de Madame Aubry et confier la " meilleure " répartition des revenus non plus aux entreprises, mais à l'ensemble de la Nation. Ce serait la solution keynésiennet adaptée à l'élargissement de l'Europe et à la mondialisation.
- On peut aussi faire comme aux USA, et avoir un SMIC symbolique de quelques dollars. C'est la solution dite " libérale ". Elle est bonne car, finalement, les revenus dont disposent les " pauvres " américains sont nettement supérieurs à ceux des " pauvres " français et, aux USA, on ne risque pas d'être exclu par le SMIC : il y a beaucoup moins de chômage.
La véritable politique sociale n'est pas celle qui est imposée par le gouvernement ; c'est celle qui donne à tous leurs chances de s'enrichir en travaillant.


 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com