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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Alain Dumait

Entre le 21 avril et le 5 mai 2002, l'ensemble de la classe médiatique s'est livré délibérément à une campagne de propagande effrénée, mettant en oeuvre toute la panoplie des armes psychologique mises au point par les pires régimes totalitaires. Le but était d'exercer une pression massive sur les électeurs français, afin de tenir en lisière de l'exercice du pouvoir, coûte que coûte, un parti, en l'occurrence, le Front National, dont le candidat - à la surprise générale largement feinte - venait de recueillir démocratiquement près de 5 millions de suffrages.
Pendant 15 jours, on a donné la parole à un seul point de vue. On a agité le spectre de la guerre civile en ouverture de tous les journaux télévisés. On a fait défiler les enfants des écoles dans la rue, encadrés par les fonctionnaires de l'Éducation Nationale, approuvés avec enthousiasme par leur ministre.
Tout cela, les Français l'ont vu, l'ont vécu. Mais, il ne faut surtout pas croire qu'avec l'élection de Jacques Chirac, avec un score quasi soviétique de 82 % des suffrages exprimés, et même après la victoire écrasante de l'Union pour la Majorité Présidentielle le 16 juin, tout soit rentré dans l'ordre. Ce qui était visible de façon scandaleuse entre les deux tours de l'élection présidentielle, est redevenu discret et sournois. La propagande massive est redevenue plus douce, ordinaire. Le fleuve de la désinformation est rentré dans son lit. Mais il coule toujours.
On peut, à la rigueur, admettre - même si c'est une insulte à la démocratie - que le Front National ne soit pas représenté à l'Assemblée Nationale, alors que le parti communiste se pavane encore avec un groupe de 21 parlementaires. C'est l'application d'une règle. C'est la conséquence de l'ostracisme de Chirac à l'égard de Le Pen. En asymétrie totale avec la complicité qui, depuis longtemps, unit socialistes et communistes. Mais comment admettre que les médias, encore aujourd'hui, ne tiennent aucun compte du résultat du 21 avril, indiquant clairement, comme le nez au milieu de la figure, que le Front National était, au moins, la deuxième force politique du pays, après le parti de Chirac, mais avant celui de Jospin ? En toute objectivité rigoureuse, pour commenter, par exemple, l'augmentation du SMIC décidée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, c'est d'abord à un représentant du Front National qu'ils devraient tendre le micro au lieu de le faire vers les sempiternels porte-parole de la gauche défaite, François Hollande ou Élisabeth Guigou.
Tout se passe comme si le parti communiste, même avec 3 ou 4 % des suffrages exprimés, avait conservé intact son pouvoir médiatique. Simplement, Marie-Georges Buffet a remplacé Robert Hue sur les plateaux de télévision et les studios de radio.

Avant d'être jugé sur ses résultats, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ne peut l'être que sur ses premières décisions.
Limiter à 2,4 % l'augmentation du SMIC est une décision courageuse, dans la mesure où la gauche réclamait 5 %, tandis qu'un certain nombre de conseillers de l'Élysée poussaient au compromis. Jean-Pierre Raffarin a soutenu son Ministre de l'économie, Francis Mer. Il a fait le minimum dans la stricte application des textes en vigueur. Évidemment, ce serait encore mieux si, au lieu d'annoncer une harmonisation des cinq SMIC inventés par Martine Aubry en prime des 35 heures, il avait le courage d'envisager une suppression pure et simple de cet archaïsme coûteux (voir page 2, l'article de Bernard Trémeau).
Le prochain rendez-vous du gouvernement est avec le budget de l'État, celui de l'année en cours, pour commencer, celui de l'année prochaine, dans la foulée. Si la baisse de 5 % de l'impôt sur le revenu est bien confirmée, la conjonction d'une conjoncture déprimée, d'un héritage socialiste plus lourd que prévu, et d'une surveillance européenne confirmée dimanche dernier à Séville (notre éditorial page 1), va réduire à néant les possibilités de satisfaire les promesses supplémentaires de baisses d'impôts et de charges faites par le candidat Chirac, aux familles et aux entreprises. Pour retrouver une marge de manœuvre, il faudrait un programme résolu de diminution des dépenses, sur lequel Jean-Pierre Raffarin et ses deux ministres de l'économique sont demeurés muets jusqu'à présent.
La politique étrangère de la France redevient le domaine réservé du président de la République, avec Dominique de Villepin, ex-secrétaire général de l'Élysée, comme chef d'orchestre. La première démarche de celui-ci a été de se faire filmer avec Arafat, à nouveau assiégé par les Israéliens dans son QG de Ramallah. C'est à ce jour le principal changement par rapport à la ligne du gouvernement Jospin : avec Chirac, la diplomatie française revient à sa ligne outrageusement pro-arabo-musulmane…


 

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