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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Les socialistes avaient tout faux : non seulement les 35 heures, les emplois-jeunes, mais aussi la retraite à 60 ans et l'augmentation du nombre des fonctionnaires, étaient des billevesées. Aujourd'hui, il faudrait défaire pour reconstruire. Et c'est toute la difficulté à laquelle se trouve confronté le gouvernement Raffarin. Non seulement parce que les assistés, mêmes insatisfaits, s'installent toujours dans leurs mauvaises habitudes, mais surtout parce que, intellectuellement, une partie au moins de la nouvelle majorité partage la même idéologie que ses adversaires. Quant aux autres, tel Chirac, ils tiennent pour intangibles les acquis sociaux, fonds de commerce sur lequel la gauche socialiste compte bien rebondir.
Sans doute a-t-on eu grand tort de développer une culture du non-travail. Mais cette responsabilité, depuis 1974 (première loi d'indemnisation du chômage), est partagée aussi bien par la gauche que par la droite.
Ainsi de l'audit des finances publiques remis au Premier ministre le 26 juin : certes les socialistes ont menti aux Français ; le budget de l'État pour 2002 n'était pas sincère ; les déficits publics sont beaucoup plus graves que ce qui était annoncé. Mais cela ne résulte pas seulement de cinq années de gouvernement socialiste, cela découle de quelque 30 années ininterrompues de budgets de l'État présentés et exécutés en déficit !
En matière de finances publiques, comme d'ailleurs en matière de sécurité, on a bourré le crâne des Français ! On leur a fait prendre des vessies pour des lanternes. On les a désinformés !
Car, si tous nos politiciens ne sont pas socialistes, ils ont tous été formés à l'école d'un certain John Maynard Keynes, dont l'ouvrage " Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie ", a été la bible de tous nos technocrates.
Ce que dit le docteur Keynes se résume ainsi : les pouvoirs publics ont différents moyens à leur disposition pour relancer ou doper la croissance économique. Ils peuvent créer de la monnaie, baisser les taux d'intérêt (faire de l'inflation), ils peuvent augmenter la dépense publique ou encore creuser les déficits publics. Mais, même dans l'esprit du travailliste Keynes, il ne pouvait en aucun cas s'agir d'une politique constante et durable.
Keynes a raison : à la seule condition que les remèdes qu'il préconise, non pas pour soutenir couramment l'économie mais pour sortir d'une crise, soient d'usage exceptionnel. Un peu comme un médicament, qui se transforme en drogue, si on s'y habitue.
Oui, il est possible d'avoir des budgets publics en déficit. À la condition qu'ils succèdent à d'autres budgets en excédent. C'est d'ailleurs le cas dans les onze principaux pays européens, la France constituant, de ce point de vue, une exception.
Et, puisqu'en France, on a usé et abusé des outils formalisés par lord Keynes, mieux vaudrait désormais, et à l'avenir, n'avoir que des budgets en excédent, les déficits accumulés n'étant rien d'autre que des impôts scandaleusement reportés sur la tête de nos enfants et de nos petits-enfants.
Lincoln disait : " Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l'épargne ; vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l'employeur ; vous ne pouvez pas aider les pauvres en ruinant les riches." Cela demeure : le fiscalisme, c'est le déclin !
Les auteurs de l'audit des finances publiques ont mis le doigt sur le dérapage des déficits et de l'endettement. Ils sont demeurés discrets sur l'excès de la dépense publique. Or, sans économies substantielles, il n'y aura pas d'équilibre durable possible.
Ces économies sont possibles. Elles figurent souvent dans des rapports officiels. Actualisées et mises bout à bout, les propositions des meilleurs experts aboutissent à des réductions de coût pour environ 150 milliards d'euros ! Une telle attrition nous ramènerait simplement dans la moyenne des pays européens et occidentaux.
Cette année, selon les chiffres disponibles, validés par l'OCDE et actualisés sur la base de l'audit du 26 juin, la dépense publique va représenter 52,7 % du produit intérieur brut. En moyenne, enfants compris, un citoyen aura donc travaillé pour l'État (ou la Sécu, ou les autres collectivités publiques) jusqu'au 11 juillet, ne commençant à travailler pour lui qu'à partir du 12 juillet. C'est le " jour de libération fiscale du contribuable " que les Contribuables Associés, pour la quatrième année consécutive, appellent les Français à célébrer comme il se doit.
Les Espagnols sont " libérés " le 2 juin, les Britanniques le 3 juin, les Italiens le 28 juin. L'OCDE est en moyenne au 28 mai. Et, si Lionel Jospin s'était contenté de geler la dépense publique au niveau de 1997, les Français auraient, cette année, été libérés le 16 juin

 

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com