Voyons d'abord le positif du " Sommet de la terre " qui s'est
ouvert mardi dernier à Johannesburg.
Chacun d'entre nous est sans doute, pour une part, responsable de l'avenir
de l'univers tel qu'il sera transmis aux générations futures.
Or, non seulement, la planète est fragile (et elle l'a toujours
été) mais encore, on sait mieux aujourd'hui qu'un simple
battement d'ailes de libellule au fin fond d'une île inhabitée
des Philippines est susceptible de provoquer une tornade dans la mer des
Antilles. Nous sommes tous interdépendants. Nous ne pouvons pas
être indifférents à ce qu'il se passe au Sahel ou
au Zambèze, même si notre responsabilité est plus
grande s'agissant de la Corrèze, de la Bretagne ou de la Corse.
La mondialisation des échanges ne fait que renforcer cette réalité.
C'est pourquoi il est bon que nous ayons en tête le plus grand nombre
possible d'informations sur le carnet de santé de la terre : population,
richesse, ressource…
Il est utile que chacun prenne conscience du caractère limité,
et partiellement renouvelable seulement, de toutes les matières
premières naturelles. L'agriculture productiviste à la française,
la pêche industrielle ou les coupes sombres dans la forêt
amazonienne sont bel et bien des crimes contre la planète. Et il
est vrai que l'industrie, en général, comme les transports
publics, sont d'importantes sources de pollution qui, peut-être,
dans une mesure très difficile à apprécier, modifient
le climat et détériorent globalement les conditions de vie
de l'homme sur la terre. Le progrès a un coût. Non seulement
financier et humain, mais aussi écologique. L'objectif raisonnable
doit donc être d'épargner les ressources rares, de les renouveler
autant qu'il est possible, bref de les gérer en bon père
de famille.
Cela relève de techniques et de processus de production. Mais,
cela relève aussi d'une méthode et d'une philosophie.
À Johannesburg, par l'intermédiaire des médias, les
lobbies gauchistes anti-capitalistes ont pour objectif de faire le procès
du libéralisme. C'est pourtant, sans aucune contestation possible,
dans les pays soumis à des régimes socialistes ou totalitaires
que se produisent les plus graves atteintes à l'écologie.
Et, en Occident, dans les pays industriels riches, les atteintes les plus
manifestes à l'environnement résultent de politiques qui
ne sont pas l'illustration du libéralisme mais au contraire, de
son dévoiement. Tel le productivisme agricole déjà
évoqué.
Le capitalisme libéral repose d'abord et avant tout sur le droit
de propriété. Les biens privés sont entretenus et,
en général, se transmettent en bon état de génération
en génération, tandis que les biens publics, ou collectifs,
ou non appropriés du tout, sont laissés à l'abandon
ou pillés.
Les économistes connaissent bien le problème des biens publics
ou collectifs par nature. L'air de l'atmosphère ou l'eau des mers
ne sont pas appropriables. Encore que… Mais, la théorie économique
nous enseigne que c'est en allant vers davantage de droits de propriété
et non pas vers plus de collectivisation qu'on améliore la gestion
de tout système économique ou social. Ce n'est visiblement
pas dans ce sens-là que poussent les énergumènes
de Johannesburg…
Ils essaient, en particulier, de nous faire croire qu'il y aurait une
relation entre la dégradation générale de l'environnement
(qui reste à prouver ou au moins à mesurer), la pauvreté
(relative) dont souffrent les trois quarts de l'humanité, et l'inégalité
évidemment flagrante de la répartition des richesses.
Il s'agit là d'une pure et simple confusion mentale dont la seule
explication est d'ordre idéologique.
D'abord, il n'est pas sûr que la pauvreté augmente globalement.
Ou alors, si cela est vrai, c'est que les taux de croissance qu'on nous
annonce pour des pays comme la Chine et l'Inde, qui à eux seuls
dépassent les deux milliards d'habitants, sont faux.
Ensuite, la pauvreté affligeante d'un trop grand nombre de pays
résulte essentiellement de leur mauvaise gouvernance, et plus particulièrement,
de la corruption de leurs politiciens qui, remarquons-le au passage, ont
tous été formés par nos universités (celle
de Paris ayant pour sa part, par exemple, la responsabilité d'avoir
enfanté les cadres Khmers rouges).
Subventions. Aides. Répartition des richesses. De tout temps, depuis
toujours, les parasites, fourriers de tous les totalitarismes, n'ont que
ces mots-là à la bouche. Or, les parasites sont les pires
ennemis de toute société. C'est vrai aussi bien au niveau
national
qu'au niveau international... Heureusement, sur le terrain, concrètement,
ce sont des entreprises, notamment françaises qui, chaque jour
amènent un peu plus d'eau potable aux plus pauvres des Africains.
Et c'est le Président du Sénégal, le libéral
Abdoulaye Wade, qui appelle chez lui les investisseurs privés à
la rescousse.