Bourses
Depuis deux ans, les principales places boursières ont perdu la
moitié de leurs capitalisations…
Avortement
Le Parlement européen a adopté, le 3 juillet, le rapport
de la députée socialiste belge réclamant la légalisation
de l'avortement dans tous les pays de l'Union européenne, ainsi
que dans ceux candidats à l'élargissement.
Babel
Avec l'élargissement de 15 à 25 pays membres, le nombre
de langues parlées dans l'Union européenne va passer de
11 à 21. La Commission va recruter 500 nouveaux interprètes,
qui s'ajouteront aux 3 500 déjà en fonction.
L'anglais est évidemment la langue de travail de toutes les institutions
européennes. Il serait pratiqué (en première, deuxième
ou troisième langue), par 208 millions d'Européens, alors
que le français et l'allemand, deux autres langues de travail à
Bruxelles et Strasbourg, le seraient par 127 et 118 millions de personnes,
devant l'italien (65 millions), l'espagnol (56) et le néerlandais
(24).
Durée du travail
La durée moyenne hebdomadaire du travail est de 43 heures au Japon
et en Grande-Bretagne. Les États-Unis n'en sont pas loin. Dans
ces pays, il n'y a pas de limitation légale de la durée
du travail. La " France des 35 heures " est, en moyenne, à
37 heures par semaine…
Airbus
En 2003, Airbus pense livrer autant d'avions à ses clients transporteurs
que son grand rival américain Boeing.
Drogue
Selon un laboratoire britannique de recherche sur les transports, la drogue
serait en cause dans 20 % des accidents mortels sur la route. Fumer un
joint et prendre le volant a le même effet que de conduire après
avoir bu quatre pintes de 2,2 litres de bière chacune.
Moins de trois mois après sa nomination, le gouvernement de
M. Raffarin s'est offert plusieurs semaines de vacances. Fatigue précoce
? Nullement. Nos ministres affichent encore la mine détendue
et guillerette de ceux qui ont remporté une victoire électorale
et croient que l'avenir leur appartient. Alors pourquoi cette soudaine
interruption ? Parce que ce gouvernement a d'ores et déjà
compris qu'il ne pourra rien faire. La France est un pays paralysé.
Par ses lois fiscales et sociales, par sa réglementation, par
sa fonction publique, par l'annihilation de tout débat public.
Le traitement de tant de maux ne peut se faire que par la rupture. L'action
à la marge n'a pas la moindre chance de succès. En ne
proposant pas un programme de rupture, M. Chirac s'est condamné
à l'échec. Nous en vivons les premiers moments. D'autres
viendront très vite. La situation politique va connaître
une dégradation aussi rapide que spectaculaire.
L'absence de toute véritable réflexion politique au sein
de la nouvelle majorité a non seulement conduit à l'inaction,
mais aussi à l'aveuglement. Comment peut-on être assez
sot pour offrir aux Français le spectacle de ministres à
peine installés et qui s'octroient une substantielle augmentation
de leur rémunération, tandis qu'ils préparent un
changement de la loi électorale visant à éliminer
toute concurrence ? Au bistrot du coin, on en a déduit que, décidément,
la place est bonne et qu'on va s'y accrocher. C'était donc cela
sauver la République, comme on l'a fait croire aux Français
entre les deux tours de l'élection présidentielle, pendant
cette " Quinzaine de la haine " digne des prophéties
d'Orwell !
Inguérissable ! La fausse droite est définitivement inguérissable.
L'année 2002 aura vu sa dernière victoire électorale.
La nécessité de son élimination va faire, de semaine
en semaine, son chemin dans l'esprit des Français. Les plus lucides
l'ont dit et écrit depuis longtemps. Mais les peuples sont ainsi
faits qu'il leur faut mettre le nez sur l'évidence pour se résoudre
à agir.
Le règne
des médiocres
L'absence de tout débat rend évidemment plus difficile
et donc plus lente la progression de la vérité. C'est
même la raison pour laquelle les politiciens professionnels ont
institué la censure médiatique qui sévit en France.
Mais il faut être bien naïf pour croire qu'à une époque
marquée pour l'essentiel par l'avancée fulgurante des
technologies de l'information, on puisse durablement empêcher
les idées de circuler et de s'échanger. Une équipe
scientifique vient de parvenir, grâce à l'injection de
cellules souches, à rétablir la circulation sanguine dans
des membres gangrenés, et l'on ne serait pas capable de créer
de nouveaux circuits d'information pour revitaliser une société
paralysée par un infarctus médiatique artificiel !
Mais il serait vain de tout attendre du simple remplacement des politiciens
de la fausse droite. La société civile doit faire, elle
aussi, son aggiornamento. Par quelle aberration peut-elle continuer
à faire confiance, pour la représenter, à ses structures
professionnelles, dont l'étroite connivence avec la classe politique
saute aux yeux de l'observateur le moins averti ? Rien ne pourra se
faire tant que chacun, à son niveau, n'aura pas décidé
de reprendre ses affaires en main.
Entre l'émigration des meilleurs éléments de la
jeunesse et le découragement de l'ensemble des entreprenants
semble s'être établi un cercle vicieux qui fait la part
belle aux médiocres, dont le règne sur la société
française est aujourd'hui avéré. Dans toute structure
fermée, hiérarchisée et étroitement contrôlée,
l'élimination des plus capables, loin d'être une catastrophe,
représente une excellente affaire pour l'oligarchie dominante.
Moins elle a de concurrence interne à affronter, plus sa domination
est assurée. Participant récemment à un débat
où j'étais invité à développer mes
critiques du système social français, je fus apostrophé
en ces termes par le représentant d'un institut de conjoncture
économique subventionné par les pouvoirs publics : "
Si le système social français ne vous plaît pas,
quittez la France et allez vivre à l'étranger ! "
Dans un système totalitaire, tout opposant est assimilé
à un dissident et tout dissident doit être éliminé.
Le totalitarisme mou qui règne en France ne fait pas exception
à la règle. Il ne cesse d'ailleurs de se durcir et, si
on ne l'en empêche pas, il ne tardera pas à se transformer
en une authentique dictature.
Voilà des propos peu engageants pour une rentrée. Mais
il ne sert à rien de se dissimuler la réalité.
La société française vit une crise grave, même
si tout, fort heureusement, n'est pas noir dans le tableau. On aurait
tort cependant de croire que les choses iront mieux spontanément.
Seule une action bien conçue et réalisée avec détermination
peut nous faire sortir de l'ornière. Le moment approche où
chacun devra se souvenir qu'il est responsable de son pays.