Sommaire

 

 


Divers Faits

Seguin
On reparle du retour de Philippe Seguin à la Cour des comptes, pour y briguer, dans deux ans, la succession de François Logerot.

Vivendi
Le nouveau pdg de Vivendi, Jean-René Fourtou aurait accepté de ne pas être rémunéré, pendant quelques mois…

Chalet
Jean-Louis Borloo, maire de Valenciennes et nouveau ministre, vient de revendre son grand chalet de Megève, à un marchand de biens parisien.

Défense
Il y a trois ans, les États-Unis dépensaient deux fois plus pour leur défense que tous les Européens réunis. Avec l'effort demandé par Georges W. Bush, c'est maintenant le triple. Et bientôt, selon les prévisions, ce sera quatre fois plus…

Néo-nazis
Selon le ministre socialiste allemand de l'intérieur lui-même, 15 % des 200 dirigeants des groupements néo-nazis allemands sont des indicateurs infiltrés par la police. L'affaire de l'attentat à la bombe contre un groupe d'immigrants juifs perpétré à Düsseldorf, le 27 juillet 2000, toujours non élucidée, pourrait avoir été montée par l'un d'entre eux…

Algérie
En Algérie, où l'Islam est religion d'État, la consommation de bière est en forte augmentation. Deux nouvelles brasseries ont été créées, qui concurrencent les quatre entreprises d'État. L'une, détentrice de la licence Stella-Artois, est dirigée par un ancien député islamiste...

Progrès
Une biologiste de l'Université de Pennsylvannie a réussi à produire des spermatozoïdes de cochon et de bouc en faisant des greffes de tissus testiculaires dans le dos d'une souris de laboratoire (sic). D'après une très sérieuse relation parue dans la revue "Nature" datée du 15 août 2002...

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Claude Reichman

Vivendi Universal, France Telecom : deux catastrophes économiques majeures. L'une concerne un groupe privé, l'autre une entreprise publique. Mais, leur point commun était d'être dirigées chacune par un énarque. À l'origine de leurs difficultés, il y a surtout un endettement colossal. Celui de France Telecom est environ le double de celui de Vivendi et se monte à 70 milliards d'euros, soit près du tiers du budget de l'État français. Quand la conjoncture s'est retournée, elles n'ont pu, ni l'une ni l'autre, faire face à leurs remboursements d'emprunts. Au point de se trouver en panne de trésorerie. Bref, la faillite était en vue. Pour Vivendi, qui dispose d'actifs importants et de bonne valeur, une politique de vente accélérée permettra peut-être de sauver l'entreprise en la recentrant sur ses métiers principaux. Pour France Telecom, l'État va devoir mettre la main à la poche. De ces deux désastres, l'un va faire perdre de l'argent aux actionnaires, l'autre aux contribuables. Dans le premier cas, il s'agit des risques du métier, dans le second de l'impéritie des hommes de l'État. Pour Vivendi, les sanctions ont été immédiates. Le PDG, Jean-Marie Messier, a été évincé, un nouveau dirigeant a été nommé, il va s'entourer de collaborateurs différents, mener une autre politique et tenter de regagner la confiance des marchés. À France Telecom, le PDG, Michel Bon, est en passe de se voir éjecté. L'État va nommer un nouveau président qui tentera d'améliorer la situation de l'entreprise, mais dont les décisions seront soumises à la volonté du pouvoir politique et ne seront donc pas fondées sur des considérations économiques. On peut, dès lors, prévoir sans grand risque d'erreur que cette crise ne sera pas la dernière et qu'à chacune de celles qui suivront, nous devrons à nouveau cracher au bassinet. Si l'on voulait chercher une justification aux privatisations, cet exemple suffirait à l'administrer de manière irréfutable.
Comme je l'écrivais dans un article récent, la crise est, pour le capitalisme, un moyen de remettre les choses en place. Les canards boiteux sont condamnés et disparaissent au profit d'entreprises mieux gérées, qui apportent de la prospérité aux actionnaires et aux salariés. Au contraire, la crise dans le domaine géré par l'État appauvrit le bien public et le contribuable et, si elle maintient un certain niveau d'emploi dans les entreprises concernées, c'est au détriment des réalités économiques et donc de l'emploi global, puisque l'argent, consacré à réparer les fautes de gestion et à maintenir en vie artificielle des entités qui normalement devraient être profondément réformées ou disparaître, est dérobé à ceux qui voudraient développer des projets rentables, créateurs d'emplois et de richesse, et qui en sont de ce fait empêchés.

Une coterie malfaisante

L'énarchie est une véritable calamité nationale. Non contents de gérer l'État de façon désastreuse, les hauts fonctionnaires se sont propulsés à la tête de nos plus belles entreprises où ils ont transporté leur morgue et leur folie des grandeurs, jointes à une absence totale du sens des responsabilités. Un énarque, c'est quelqu'un qui n'est jamais sanctionné, sauf par une promotion destinée à l'écarter du théâtre de ses exploits et à lui permettre de sévir ailleurs. Si on en retrouve autant dans le secteur privé, c'est en raison de leur carnet d'adresses, censé ouvrir toutes les portes. Oui, mais quelles portes ? Celles de l'administration et des énarques qui sont devenus politiciens. C'est donc bien le problème de l'État qu'on retrouve à l'occasion de tous les drames économiques en France, même lorsqu'ils frappent des entreprises privées. Et qu'on ne compte pas trop sur les médias pour stigmatiser ces liens incestueux et délétères : les plus importants d'entre eux sont aux mains de groupes industriels qui ont l'État ou les collectivités territoriales pour principaux clients.
Faire reculer l'emprise de l'État est donc un objectif vital pour notre pays. Sa prospérité en dépend, ainsi que sa vie démocratique. Le dernier sondage paru dans " Le Figaro Magazine " enregistre un effondrement de la cote de toute la classe politique. Les Français commencent enfin à comprendre que la solution de leurs problèmes passe par l'éviction de cette coterie malfaisante qui a perdu toute notion de patriotisme et qui ne fait de la politique que pour satisfaire ses intérêts personnels. L'épisode peu glorieux de l'augmentation du traitement des ministres n'a pas peu fait pour accroître le discrédit de l'ensemble des politiciens. Les observateurs les plus avisés ont, depuis longtemps, noté que les changements de majorité à chaque consultation électorale témoignaient d'un profond malaise. Les Français ne sont ni satisfaits de leurs dirigeants, ni convaincus de leur honnêteté et de leur désintéressement. Tous les ingrédients d'une crise majeure sont réunis, pour peu que des incidents éclatent ici ou là et que les gouvernants se montrent incapables de maîtriser la situation. Or, de tels événements ne manquent jamais de survenir quand le pouvoir est fragile. La seule incertitude concerne leur date.

 



 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com