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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Alain Dumait

Certes, l'augmentation incontrôlée des phénomènes migratoires est un phénomène contemporain général. L'Europe est touchée plus qu'aucune autre région par ce phénomène, non seulement, à cause de sa richesse relative, du laxisme général qui préside à la surveillance de ses territoires, du fait de la présence de zones à haute pression démographique (Afrique du Nord, Afrique Noire) situées à quelques centaines de kilomètres de ses rives méridionales, mais encore, et fondamentalement, à cause de son propre hiver démographique dans lequel elle est entrée pour longtemps, avec des taux de natalité qui ne permettent que très partiellement le renouvellement des générations des populations de souche européenne.
La France n'échappe pas à cette situation, sans pour autant être logée à la même enseigne que ses voisins. Car, là encore, nous avons droit à une drôle d'exception française. Elle consiste à tenir ce sujet majeur pour l'avenir du pays pour un tabou dont il n'est permis de parler qu'avec circonspection.
Que ce soit la question sans doute la plus importante qui soit posée au pays, en tout cas au plan politique, est une chose qui crève les yeux. Quand on sait qu'il y a, sans doute, dans l'hexagone quelque 500 000 immigrés clandestins, " sans-papiers " (les estimations vont de 300 000 à 1 000 000) et qu'environ 150 000 nouveaux immigrés, réguliers ou irréguliers, entrent chez nous et s'y installent chaque année, quand on ajoute le fait que ces chiffres sont en constante augmentation, il suffit de faire une projection sur 20 ou
30 ans pour imaginer les bouleversements que cela implique.
Et, si on considère, non pas les 20 ou 30 ans à venir, mais les 20 ou
30 ans qui viennent de s'écouler, c'est déjà un bouleversement tel qu'il a modifié l'aspect de nos cités, les relations entre les citoyens, qu'il a abouti aussi à un changement complet du fonctionnement de nos institutions.
Cette évolution, en effet, s'est accomplie sans qu'à aucun moment, le peuple souverain n'ait été consulté. Le changement le plus essentiel qui s'est produit dans notre société, lui a échappé. Parce que les politiciens, de droite comme de gauche, ont refusé de lui donner la parole. Du coup, c'est l'ensemble de notre système démocratique représentatif qui en a été vicié et, peu à peu, vidé de tout sens.
La situation est sensiblement différente dans les autres pays d'Europe, où l'on peut considérer qu'il y a un relatif consensus à l'égard d'une politique de l'immigration presque toujours plus claire que celle que nous avons en France.
Actuellement, le gouvernement italien procède à la régularisation de ses " sans-papiers ", opération qui portera in fine sur plusieurs centaines de milliers de personnes. L'Italie fait le choix de régulariser tout immigré qui a un travail régulier. Et c'est l'employeur qui est invité à effectuer les démarches administratives moyennant une amnistie sur les cotisations sociales. Le clandestin régularisé doit se faire enregistrer. Ses empreintes digitales sont relevées. Et il s'engage à quitter le pays dès qu'il cesserait d'avoir un travail régulier. C'est à peu près la même politique qui est suivie en Suisse, où les travailleurs immigrés ne peuvent percevoir leur pension de retraite qu'à la condition d'être retournés dans leur pays d'origine. C'est le même esprit qui préside à la politique de l'immigration en Allemagne.
En tout cas, même en Espagne ou en Grande-Bretagne, l'immigration n'est pas un sujet tabou comme il l'est chez nous.
Les dernières élections générales ont montré qu'un grand nombre d'électeurs établissait un lien direct entre insécurité et immigration. Ce lien crève les yeux : il suffit de regarder les statistiques de la population carcérale où les personnes issues de l'immigration sont largement majoritaires.
Un autre lien est moins souvent fait : c'est celui qui relie socialisme et immigration. Pourtant, lui aussi crève les yeux. Aujourd'hui, notre État-providence, qui nous coûte si cher, et qui plombe notre économie, fonctionne sans doute à hauteur de 80 %, au seul bénéfice de l'immigration. Qui en douterait n'aurait qu'à aller faire un tour du côté des bureaux d'aides sociales de Paris, Marseille ou Lyon. Réduire le poids de l'État-providence aboutirait physiquement à réduire l'aspiration migratoire. Car, au niveau européen, les nouveaux immigrés font leur choix, comme dans les rayons d'un supermarché, entre les avantages qu'ils trouvent ici ou là : des services éducatifs et des aides sociales immédiates chez nous, un logement social plus rapidement accordé en Belgique, un pécule et le droit de travailler pour les réfugiés politiques en Grande-Bretagne…
À ma connaissance, cet argument - réduire l'État-providence pour réduire l'immigration - n'a encore été utilisé par aucun homme politique de droite, ni par un représentant de la fausse droite, parce que cela ne serait pas du tout correct, ni par un représentant du Front National, qui lui préfère le dogme de la préférence nationale. C'est dommage.



 

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