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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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La chronique politque d'Alain Dumait

 

L'immense majorité des citoyens français, quel qu'ait été leur choix au premier tour de l'élection présidentielle du 21 avril, y compris parmi les électeurs de gauche ou les abstentionnistes, était sans doute très désireuse de voir mis en place, par le nouveau gouvernement, un programme sérieux et pluriannuel en vue d'améliorer la sécurité générale des biens et des personnes, dans l'ensemble du pays. Au lieu de quoi, ils ont eu un plan pluriannuel pour la sécurité… routière.
Non pas que le sujet soit négligeable, bien sûr, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne représente qu'une toute petite partie du tout.
En outre, il est dangereux de séparer les problèmes de sécurité en général et les problèmes particuliers comme celui de la sécurité routière. Car, si on examine de près les situations délictueuses concernées, on s'aperçoit rapidement qu'elles ne peuvent presque jamais être ainsi circonscrites. Les jeunes, en particulier de banlieue, et tout spécialement issus de l'immigration, sont à la fois les premières victimes et les principaux auteurs des faits incriminés. Et il est parfaitement impossible d'apprécier un excès de vitesse hors de son contexte : vol de la voiture, conduite en état d'ivresse ou sous l'emprise de stupéfiants, rodéo au milieu de la nuit, casse du supermarché du coin...
Heureusement, il semble qu'on ait échappé à la fausse bonne idée d'une police de la route spécialisée. C'eût été une erreur. Non seulement, parce que cette police de la route existe déjà largement, soit au sein de la gendarmerie, soit au sein de la police nationale. Mais aussi, et surtout, parce que l'organisation de la police, en France, souffre déjà beaucoup trop d'une spécialisation excessive de ses services, qui aboutit à un saucissonnage des compétences et des missions, ce qui la pousse à l'irresponsabilité, alors qu'une police efficace (comme on en trouve, non seulement à New York, cas souvent cité, mais aussi, à Tokyo, exemple moins souvent pris en compte, mais pourtant beaucoup plus intéressant…) est avant tout constituée avec, à la base, des services et des personnels polyvalents, ne s'appuyant que quand besoin est sur des services spécialisés.
Cette affaire est emblématique de la méthode Chirac-Raffarin. On lance des réformes qui ne sont pas exactement celles qu'attendent profondément les Français, et, après une réflexion en forme de petit remue-ménage, on y renonce.
C'est ainsi qu'avec le cabinet du ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, le Premier ministre avait envisagé une réforme des lois électorales qui président à l'organisation des scrutins aux différents niveaux de la pyramide des pouvoirs que nous connaissons en France. L'objectif avoué était de réduire encore la représentation des petites formations politiques, mais surtout, d'écarter ou de réduire autant se faire se peut, la représentation du Front National, en particulier, dans les régions et au Parlement Européen. Car, le Front National, qui n'a eu droit à aucun député aux dernières législatives, continue bien sûr à hanter les esprits des stratèges des autres partis politiques...
Or, il se trouve que le principal message envoyé par les électeurs à l'occasion du premier tour des élections présidentielles est un message de défiance croissante à l'égard des deux formations dominantes qui, à elles deux, ont rassemblé nettement moins des 40 % des suffrages exprimés. Et, quand on interroge les Français par sondage (CSA, pour " Le Parisien " du
2 septembre), ils répondent, avec beaucoup de bon sens, qu'ils souhaitent, non pas, une moindre représentation des petites formations politiques, mais au contraire, pour celles-ci, un meilleur et plus juste traitement. Les spécialistes des tripatouillages politiques, qui avaient été mis au travail par leur patron, avaient tout faux. Il semble que Jean-Pierre Raffarin vient d'y mettre le holà. Il se contentera, sans doute, d'une réforme électorale relevant un peu la barre en deçà de laquelle une liste ne participe pas à une distribution des sièges au niveau régional. Tandis que, pour les élections européennes, on aura droit à un découpage en plusieurs circonscriptions inter-régionales qui aboutira à réduire de moitié la représentation du Front National.
À l'UMP, où l'autorité auto-proclamée d'Alain Juppé ne semble contestée par personne, le grand débat est donc de savoir si on gardera durablement ce sigle de circonstance, ou si, on adoptera " L'Union " pour enseigne, ou bien, si, sur le modèle italien du sulfureux Berlusconi, on osera dénommer le vieux parti gaulliste " La Maison bleue ".
Pour ne pas être négligeable, l'affaire paraît quand même accessoire. Mais, c'est promis, les militants de l'UMP seront consultés et c'est eux qui choisiront. C'est même sur ce seul point qu'ils seront consultés. Et, c'est le seul choix qu'ils auront à faire…


 

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