Sommaire

 

 


Sic

Nouveau PS
" Moi, je souhaite un réformisme radical. " (Élisabeth Guigou)

Euro
" Il est évident que si la Bundesbank était encore autonome aujourd'hui, elle aurait des taux d'intérêt nettement plus bas que ceux de la Banque centrale européenne. " (Michel Aglietta, professeur d'économie)
Avertissement de Maurice Allais, prix Nobel français d'économie : " Les taux d'intérêt réels ne doivent jamais dépasser le taux de croissance annuel d'un pays, sinon la politique monétaire devient déflationniste. "

UMP
" La nouvelle confédération reconnaît la validité de la division droite-gauche. C'est tout à fait contraire à la conception du général. Sarkozy et Juppé s'inscrivent dans la tradition de la droite libérale, peu différente de ce que fut le CNIP sous la IVe République. " (René Rémond)
Antoine Pinay doit se retourner dans sa tombe…

Mixité
" Il faut veiller à maintenir une mixité sociale à Paris. Je prône le concept de " logement social diffus ", dans lequel plusieurs catégories sociales se partagent le même immeuble. " (Yves Contassot, adjoint écologiste au maire de Paris)

Développement
" Nous ne voulons pas d'une privatisation du développement durable. " (Yannick Jadot, directeur général de Greenpeace France)

État
" Nous sommes de plus en plus insatisfaits des interventions de l'État, qui sont de moins en moins efficaces pour diminuer l'inégalité et dont le coût devient insupportable. Trop souvent, l'État est, avant tout, au service de lui-même, de ses grands projets et des salariés du secteur public. En France, il semble même que la définition pratique la plus exacte de la gauche soit la défense du service public pour lui-même. " (Alain Touraine, sociologue)

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Guy Millière

L'Europe avance, c'est sûr. Et, on va en reparler très prochainement. Mais, la question essentielle serait : vers quoi l'Europe avance ?
Quarante-cinq années après le traité de Rome, le libre échange économique intérieur n'est, quoi qu'on en dise, toujours pas pleinement réalisé et des réglementations innombrables ont été émises depuis Bruxelles, qui font que chaque pays de l'Europe des quinze dispose de moins d'autonomie que chacun des cinquante états américains par rapport au gouvernement fédéral.
Et, mieux vaut ne pas évoquer la politique agricole commune, qui absorbe, à elle seule, la moitié du budget européen, fait de l'agriculture européenne la plus subventionnée du monde après celle du Japon, et " permet " aux consommateurs européens de payer tout ce qu'ils consomment deux ou trois fois plus cher que les prix pratiqués sur les marchés mondiaux !
Mieux vaut ne pas évoquer la monnaie, non plus : si l'euro remonte un peu, et de façon purement conjoncturelle, il n'en reste pas moins à un niveau inférieur de 20 % à son cours d'introduction - et on entend déjà dire que cette remontée va nuire à la balance commerciale de plusieurs pays de l'Union…
Cela irait-il mieux sur un plan politique ? Non, à l'évidence. La Commission Prodi entend maintenir ses prérogatives. L'Allemagne insiste sur une perspective strictement fédérale. La France persiste à défendre le principe d'une fédération d'États-nations. La Grande-Bretagne et l'Italie regardent le débat de loin. La Convention sur le futur de l'Europe et son président, Valéry Giscard d'Estaing, consultent beaucoup, mais tout indique déjà qu'il leur sera difficile de prendre une position claire. Rien ne semble venir combler l'immense déficit démocratique qui s'est creusé peu à peu, et qui fait que les électeurs européens élisent désormais des gens qui comptent de moins en moins, sans pouvoir voter pour d'autres gens qui, eux, comptent de plus en plus, et surtout sans pouvoir influer sur des décisions prises de façon toujours plus opaque.

La fatuité d'une puissance irréelle

Que reste-t-il alors ? Ce qui reste quand on a presque tout perdu et qu'on ne s'en rend pas compte. Une outrecuidance qui ne repose sur rien, sinon le souvenir d'un passé que des historiens domestiques réécrivent avantageusement. L'Europe a, dit-on, des leçons de démocratie à donner, elle qui est composée de pays qui, par deux fois au XXe siècle, se sont fait la guerre et ont eu besoin que les États-Unis viennent mettre fin au tumulte destructeur. Elle a, ajoute-t-on, des leçons de liberté à administrer, elle qui, voici soixante années, était couverte de dictatures plus ou moins glauques.
Le traité de Nice s'est achevé sur un accord consistant à dire qu'on ne s'était mis d'accord sur rien. Quelle prouesse ! Il a vu naître une Déclaration des droits de l'homme imprégnée de marxisme. Il a vu réaffirmer, aussi, les principes directeurs pour les prochaines années. Approfondissement. Comment ? Vers quoi ? Le mystère reste entier…
Élargissement. Là, au moins, on connaît la liste des postulants, et on peut mesurer l'étendue des difficultés qui s'annoncent - mais dont personne ne parle. D'ici deux ans tout au plus, dix pays vont entrer dans l'Union. C'est déjà décidé. La population de l'Union va augmenter de 20 % et passer à 450 millions d'habitants. Le produit intérieur brut moyen par tête va, dans le même temps, reculer de 13 %. Les nouveaux entrants, en effet, sont pauvres. Voire très pauvres. Quand on sait que l'Allemagne n'en a toujours pas fini avec l'absorption de l'ex-Allemagne de l'Est… Va-t-on conserver, dans ce nouveau cadre, les mécanismes de redistribution qui existent aujourd'hui ? Les nouveaux entrants aimeraient que ce soit le cas, c'est évident. Les quinze membres actuels accepteront-ils les sacrifices impliqués ? Comment vont se gérer les flux de population si, comme ce devrait être le cas, les frontières s'ouvrent ? Et, si les frontières ne s'ouvrent pas, comment gérer la situation de ceux qui seront, de facto, des " Européens " de seconde zone ? Comment la Commission sera-t-elle composée ? Qu'en sera-t-il du droit de veto ?
Quant aux problèmes de langue… L'ensemble des combinaisons de traduction de langue à langue se monte aujourd'hui à 110, le chiffre dans deux ans, se trouvera multiplié par quatre. Faudra-t-il étoffer le budget traduction, ou certains pays devront-ils faire le deuil de leur propre langue ? Comme le dit pudiquement un document européen disponible sur internet, il n'existe pas à l'heure actuelle de propositions concrètes concernant la façon de gérer les réunions qui nécessitent le recours à la traduction simultanée. Élargissement ? Fuite en avant plutôt…



 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com