PEA
" J'ai un PEA, un plan d'épargne en actions. J'y mets 45 euros
par mois. Je le regarde de temps en temps. Cela ne va pas fort en ce moment…
" (Jean-Pierre Raffarin, le 26 septembre 2002). On voit bien qu'il
n'a pas à s'inquiéter de sa retraite…
Shoah
" Ne me parlez pas de Lanzmann, ça réveille ma paranoïa,
je ne peux pas le voir en peinture. Il a acheté le génocide,
des millions de juifs morts, pour en faire sa propriété…
Et je lui en veux pour avoir fait passer les Polonais chrétiens
pour plus monstrueux que les
Allemands. " (Stanislas Tomkiewicz, psychiatre)
Justice
" Un juge est là pour appliquer la loi, pas pour s'y substituer.
" (Gilbert Azibert, nouveau directeur de l'École supérieure
de la magistrature)
Sécurité
" Le premier des droits de l'homme est le droit à la sûreté
: celui de se promener librement sans craindre pour sa vie ou son intégrité
corporelle. " (Blandine Kriegel, conseillère de Jacques
Chirac)
Réformes
" Il y a un seuil de réformes qu'on ne peut franchir qu'en
acceptant le conflit. On ne peut pas faire de politique sans se faire
des ennemis. " (Jean-Francois Revel)
Islam
" L'État islamique moderne devrait se fonder sur le pluralisme
et le respect de la diversité. " (Prince Hassan de Jordanie)
Vaste programme…
Isolement
" Si, de nos jours, tant d'Européens ne veulent pas d'une
intervention en Irak, c'est qu'ils s'imaginent encore que Bagdad, c'est
un peu le Zambèze. Pathétique déni de l'expérience
de Mannathan, des leçons cuisantes d'un terrorisme universel très
peu coûteux et trop efficace. " (André Glucksmann)
Démocratie
" Nous ne laisserons pas la droite bafouer la démocratie dans
l'entreprise ou dans la cité. " (Marie-Georges Buffet, secrétaire
nationale du Parti communiste)
On peut lui faire confiance ; les communistes sont orfèvres en
matière de démocratie !
Pour se faire réélire, M. Schröder et son entourage
n'ont reculé devant rien, et surtout pas devant la défense
du régime irakien en place et devant les attaques contre le gouvernement
américain. Le but était, entre autres, d'attirer les voix
musulmanes. Mission accomplie. Mais à quel prix ? Schröder
est désormais clairement l'otage des écologistes, de l'extrême-gauche
et de tous ceux pour qui la perspective de voir l'Allemagne s'islamiser
davantage est un bon signe.
En France, ce n'est guère mieux. Si la gauche et l'extrême-droite
affirment, comme à leur habitude, une préférence
instinctive pour le dictateur, la droite mal-à-droite au pouvoir
et les derniers gaullistes profèrent des paroles étranges
où circulent de vieilles haines remontant à l'époque
où il fallait dire, pour être politiquement correct, que
la France s'était libérée toute seule et que le
divin général nous avait évité de tomber
sous la dictature arbitraire d'affreux yankees bouffeurs de chewing-gum.
Il m'arrive de penser que le monde libre, c'est-à-dire le monde
attaché encore aux valeurs de la liberté, se limite à
deux ou trois pays où l'on parle anglais et où on se souvient
des leçons de John Locke et de Alexander Hamilton. Pays auxquels
on peut ajouter Israël. La liberté allant de pair avec le
sens des responsabilités, il m'arrive aussi de penser que ces
pays sont les derniers où on ait encore le sens des responsabilités.
Le problème n'est pas de savoir si Saddam Hussein a des liens
ou non avec Oussama Ben Laden. Le problème est que, dans le cadre
d'une lutte contre les menaces terroristes, Saddam Hussein a financé
et abrité des terroristes, et en abrite encore.
Le problème n'est pas de savoir si des inspecteurs de l'Organisation
des Nations Unies pourront ou non revenir en Irak. Le problème
est que, quand ces inspecteurs pouvaient se rendre en Irak, ils pouvaient
déjà se rendre partout, strictement partout, sauf dans
des endroits appelés " sites présidentiels "
et qui, pour certains avaient la taille d'un département français…
Le problème est que cela a, sans aucun doute, été
une grave erreur de laisser Saddam Hussein au pouvoir voici onze ans.
L'erreur commise par Bush père s'est trouvée prolongée
par le comportement velléitaire de Bill Clinton qui, après
même qu'il ait été démontré que Saddam
Hussein avait contribué au financement et à l'organisation
du premier attentat contre le World Trade Center en 1993, s'est contenté
de vagues ripostes. Dans un contexte nouveau, où il s'agit non
seulement de traiter les effets du mal, mais de remédier aussi
à ses causes, Bush fils entend réparer enfin l'erreur
de son père. Plutôt que de voir dans l'administration américaine
une " menace pour la paix du monde ", ne faudrait-il pas plutôt
poser d'autres questions. Pourquoi Saddam Hussein a-t-il continué
à stocker et à faire fabriquer des armes chimiques (gaz
moutarde, sarin, vx) et des armes bactériologiques (anthrax,
botuline, ricine) ? Pourquoi Saddam Hussein a-t-il cherché à
se doter de l'arme atomique ? Pourquoi continue-t-il, dans ses discours,
à proclamer sa haine du monde occidental, sa volonté de
détruire Israël et son rêve de devenir un nouveau
Saladin ? Pourquoi détourne-t-il vers le marché noir,
des médicaments qui seraient utiles à sa population ?
Pourquoi l'argent qu'il tire de la vente sur ce même marché
noir de pétrole, en supplément de celui qu'il peut exporter
dans le cadre des accords pétrole contre nourriture et médicaments,
est-il consacré à ses projets militaires et non au bien-être
de sa population ? Les réponses à toutes ces questions
figurent dans le rapport que Tony Blair vient de rendre public, tous
détails à l'appui. Le document est disponible sur internet,
comme tous les rapports, étayés, des services secrets
américains. Que des dictateurs du monde arabo-musulman fassent
comme s'ils n'avaient rien vu passe encore, mais que les gouvernements
de France et d'Allemagne fassent la même chose montre que nous
sommes tombés bien bas.
Nous ne nous alignons pas sur les États-Unis, non, nous nous
alignons sur des potentats qui trônent sur la misère de
leurs peuples.
Puis-je le dire, c'est une honte pour la France et pour l'Allemagne
de vouloir que le peuple irakien continue à subir un dictateur
abject. C'est une honte pour la France et l'Allemagne de faire semblant
de ne pas voir que c'est une recomposition de toute la région
proche-orientale qui se profile.
Saddam ne sera, c'est une évidence, que le premier à se
trouver éjecté. En voulant le sauver à toutes forces,
la France et l'Allemagne veulent en fait préserver tous les dictateurs
de la région. Pour quoi ? Pour quelques contrats, quelques prébendes,
quelques affaires sales qui transitent par des entreprises-écran.
Sommes-nous tombés si bas que nous soyons prêts à
vendre tous nos principes pour une poignée de pois chiches ?