Notre ligne éditoriale repose sur l'idée que le clivage
droite-gauche l'emporte durablement sur tout autre dans la structuration
de la vie politique française et de son fonctionnement. Et que
c'est une erreur grave d'enfreindre les conséquences qui en découlent.
Pour être concrets, nous estimons qu'à Vitrolles, dimanche
prochain, les électeurs de droite devraient apporter leur suffrage
à Catherine Mégret, plutôt qu'à son concurrent
socialiste, malgré le soutien reçu par celui-ci, d'Alain
Juppé.
Cette ligne éditoriale constante depuis plus de sept ans ne méconnaît
pas au contraire, la grande diversité des opinions et des positions,
souvent contradictoires, défendues à droite. Cette diversité,
c'est la vie, y compris la passion que véhiculent leurs expressions.
C'est pourquoi, nous tenons compte, d'une façon ou d'une autre,
à l'intérieur de nos modestes colonnes, de la diversité
des opinions de droite.
Ce qui ne nous empêchent pas de prendre partie, car nous aussi,
avons, souvent, de fortes convictions.
Actuellement, l'affaire irakienne divise fortement la droite. Avec le
Front National, on trouve des partisans déclarés, ou presque,
de Saddam Hussein ; tandis qu'avec Guy Millière, contributeur régulier
à notre revue, nous avons un soutien sans faille à la position
actuelle du gouvernement américain.
Notre opinion personnelle penche clairement de ce côté-ci.
Avec des nuances. Finalement, la position officielle de la France, exprimée
par le Ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin,
nous paraît bonne : l'objectif doit être le désarmement
de l'Irak, et non pas l'élimination du dictateur sanguinaire qui
dirige ce pays ; une attaque, qui ne pourrait être qu'américaine,
doit être couverte par une résolution spécifique et
explicite du Conseil de Sécurité des Nations Unies ; et
il serait préférable, sur cette affaire, que les principaux
pays de l'Union Européenne accordent leurs violons.
Nous avons un point de vue. Nous l'exprimons. Mais, nous laissons aussi
la parole - notamment dans le courrier des lecteurs - à des points
de vue différents et même diamétralement opposés.
Je rappelle, notamment pour nos correspondants les plus récents,
qu'il en a toujours été ainsi dans les colonnes de cette
publication. Déjà, en 1995, nos collaborateurs étaient
unanimes à soutenir la candidature de Jacques Chirac au deuxième
tour des élections présidentielles. Mais, ce n'était
pas le cas au premier tour…
Pour les élections européennes qui suivirent, en 1998, j'ai
indiqué que, pour ma part, j'apporterai mon bulletin de vote à
la liste emmenée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, afin
de sanctionner l'inquiétante dérive technocratique d'une
construction européenne qui s'effectue sans consultation populaire,
et donc, largement, contre la volonté du peuple souverain. Mais,
d'autres choix ont été accueillis, en même temps,
dans nos colonnes.
Dans l'affaire du Kosovo, sans pour autant soutenir le dictateur Milosevic,
nous étions opposés aux bombardements de l'Otan, dirigés
sur des objectifs à la fois militaires et civils. Mais, Guy Millière
y était favorable.
À l'occasion de la dernière élection présidentielle,
après avoir annoncé que Jean-Marie le Pen était susceptible
de recueillir un grand nombre de votes de Français " écœurés
", j'ai indiqué que, pour ma part, je lui apporterai mon suffrage.
D'autres rédacteurs de cette publication ont fait des choix différents
et ils l'ont dit ! Nous avons même donné la parole à
certains de nos correspondants qui allaient voter pour Jean-Pierre Chevènement,
non pas que celui-ci puisse être tenu pour un homme de droite, mais
pour la raison que certains de ses partisans, à ce moment-là,
étaient bel et bien des hommes de droite.
Cette façon d'être à la fois engagés et ouverts
à une diversité de points de vue désarçonne
un certain nombre de nos abonnés qui nous le disent ou qui l'écrivent.
C'est ainsi que l'éditorial de Jean Rouxel du 14 septembre 2002,
intitulé " Saddam Hussein n'est pas défendable "
est resté en travers de la gorge d'un grand nombre de nos correspondants.
Nous en tenons compte, et nous donnons la parole à cette opinion,
aussi largement que possible dans les pages centrales. Néanmoins,
sur toutes les questions importantes, nous continuerons à donner
un point de vue, en priant courtoisement ceux qui pensent le contraire
de bien vouloir l'entendre : pour la principale raison que l'Entente à
droite suppose que l'on soit au minimum capable de supporter l'expression
d'un point de vue opposé.
Attention, et il me semble que c'est fondamental : toutes les questions,
selon nous, en tout cas, dans le cadre de notre propre ligne éditoriale,
ne justifient pas l'expression d'une diversité de points de vue.
Ce n'est pas de si tôt que vous trouverez dans les colonnes des
" 4 Vérités Hebdo " un article vantant les mérites
de l'augmentation généralisée de la dépense
publique, du déficit ou de la dette de l'État !…