Discrimination
L'association qui gère le restaurant du Moulin Rouge risque d'être
condamnée à une lourde amende pour avoir refusé d'employer
un garçon de salle d'origine sénégalaise…
Laisse
La princesse Anne d'Angleterre, 52 ans, a été convoquée
au tribunal parce que son chien, un bull terrier, aurait attaqué
et mordu un couple d'immigrés dans le parc du château de
Windsor.
Seguin
Philippe Seguin, qui a réintégré la Cour des Comptes
depuis le 19 juin, comme conseiller de 1re classe, continue de bénéficier
d'une voiture avec chauffeur, d'un bureau et d'un secrétariat à
l'Assemblée nationale, comme tous les anciens présidents
de l'Assemblée. Mais, il a aussi les mêmes avantages comme
président de groupe au Conseil de Paris…
Paradis
Les îles de Sainte-Lucie et de Grenade ayant pris l'engagement de
coopérer avec l'OCDE à partir du 1er janvier 2006 sur les
dossiers de blanchiment d'argent sale, ces deux pays viennent d'être
retirés de la liste noire des paradis fiscaux.
Papon
Une commune de l'Essonne, Sainte-Geneviève-des-Bois, a attribué
le nom d'une rue à M. Maurice-David Matisson, décédé
en juin 2000, pour avoir été le premier à porter
plainte contre
Maurice Papon…
Misogynie
Depuis 25 ans que le G7 existe, on n'y a jamais vu une femme ministre
des finances, ni même gouverneur de banque centrale.
Europe
L'Union Européenne devrait compter 25 membres en 2004, 27 en 2007
avec la Bulgarie et la Roumanie. Aucune date n'est encore fixée
pour l'adhésion de la Turquie.
Et si en politique aussi on refaisait le match ? Chaque semaine, sur
RTL et LCI, une brochette de journalistes sportifs menée par
Eugène Saccomano, juvénile vétéran du reportage
de football, offre aux amateurs de ce sport, un véritable régal.
De quoi s'agit-il ? Tout simplement de commenter librement les dernières
rencontres du championnat, sans s'embarrasser de prudences excessives
ni se garder d'opinions trop tranchées. Et sans éviter
non plus de se marcher sur les pieds, c'est-à-dire de se couper
la parole sans ménagement, au risque de voir l'auditeur peiner
à suivre le débat. Qu'importe. Tonton Eugène, l'oeil
rigolard et la gouaille aux lèvres se contente de lancer les
sujets et se mêle allégrement à la pagaille ambiante,
tout en poussant de petits cris aigus qui sont devenus une sorte d'indicatif
de l'émission. Un régal, on vous le dit. Pourquoi ? Parce
que dans le monde étouffant de l'audiovisuel, c'est un grand
souffle d'air administré non par des quidams racontant n'importe
quoi au nom du principe démagogique qui veut que tout le monde
soit intéressant, mais par d'excellents spécialistes de
leur discipline ne se prenant pas au sérieux et gais comme des
collégiens à leur première farce.
" On refait le match ", puisque tel est le titre de l'émission,
nous fait rêver à ce que serait une télévision
digne d'une société démocratique.
" Faites emmerdant ! ", recommandait à ses journalistes
Hubert Beuve-Méry, le fondateur du journal Le Monde. Le conseil
a été suivi à la lettre par les responsables des
émissions politiques de la radio et de la télévision.
C'est bien simple : on a le sentiment d'assister tout le temps à
la même émission. Mêmes interviewers sinistres et
compassés posant éternellement les mêmes questions,
mêmes invités passant à tour de rôle sur le
plateau, comme dans ces minables tournées théâtrales
qui ne disposent que d'un seul acteur pour jouer à la fois le
hallebardier, un juge et le maître d'hôtel, mêmes
commentateurs épuisés de déjeuners " de travail
" avec toujours les mêmes politiciens et trouvant de l'importance
à la moindre inflexion de la voix de ces derniers, mêmes
meneurs de jeu n'accordant finalement d'importance qu'à la pendule
du studio afin de ne pas déborder du " temps imparti ".
Que ceux qui ne s'endorment pas à ce spectacle se dénoncent
: on les décorera de l'ordre du bon citoyen, qu'il faut créer
pour l'occasion.
Incroyable lavage
de cerveau
Mais ne rêvons pas. Le débat restera cantonné au
football. Dans le régime de dictature sous lequel nous vivons,
la liberté de la presse est impossible. Le citoyen n'est pas invité
à participer à la politique, il doit se contenter de subir
sans broncher les décisions des maîtres du pays et le sommeil
réparateur qui l'envahit pendant les émissions dites d'"
information " lui est administré intentionnellement par des
marchands de sable préposés à cet office, triés
sur le volet pour leur instinct de soumission et reconnaissables physiquement
à leur sourire torve et à leurs fesses rougies par les coups
de pied au cul reçus sans broncher tout au long de leur interminable
carrière.
Inutile d'aller chercher très loin les marques d'une dictature.
Ne tentez pas d'apercevoir des uniformes au coin des rues ni d'entendre
des bruits de bottes : il suffit de regarder la télévision
et d'écouter la radio pour être fixé. La seule question
qui vaille est celle-ci : jusqu'à quand les Français subiront-ils
sans se rebeller l'incroyable lavage de cerveau qu'on leur administre
? Toutes les révolutions techniques qui auraient pu rendre obsolète
et dérisoire l'endoctrinement diffusé par les chaînes
officielles et officieuses ont jusqu'à présent tourné
court. Les radios libres ne se consacrent plus qu'à la diffusion
d'insanités verbales, de rock et de rap, les télévisions
indépendantes ne se développeront qu'avec l'avènement
généralisé de l'internet rapide, et la diffusion
par satellite ne peut concerner que des groupes puissants, donc intimement
liés au pouvoir dictatorial. Si l'on ne veut pas que nos dernières
libertés succombent sous la répression d'un régime
désormais aux abois, puisqu'il ne peut plus faire face aux besoins
sans cesse croissants de la société d'assistance qu'il a
créée, il faut d'urgence reconquérir l'espace médiatique
afin de le rendre à sa vocation et à ses devoirs démocratiques.
Ce n'est même pas une mission qu'il faut entreprendre, c'est une
croisade. Avec désignation des Infidèles, un nom que les
" animateurs " politiques des médias méritent
amplement tant ils trahissent les principes qui fondent la République.
En vérité, leur système est
fragile. Il repose tout entier sur le consentement silencieux du troupeau.
Le moindre vent de révolte peut les faire trembler. D'ailleurs,
ils ont commencé de le faire. Avez-vous observé comme on
tend à donner la parole aux auditeurs cet automne sur les radios
?
Et pourtant, il n'y a pas eu de manifestations de protestation contre
elles. Simplement, leurs
auditeurs sont en train de les quitter pour cause d'ennui. Moins d'écoute,
c'est moins de publicité et moins d'argent. Saint Pognon, exaucez
vos fidèles serviteurs !