Fonctionnaires
" Trop souvent l'État est au service de lui-même, de
ses grands projets et des salariés du secteur public. En France,
il semble même que la définition pratique la plus exacte
de la gauche soit la défense du service public pour lui-même.
" (Alain Tourraine)
Légitimité
" Ce gouvernement (de M. Berlusconi) a été légitimé
par les élections de mai 2001, mais il n'a pas de légitimité
morale. " (Nanni Moretti, cinéaste, grand opposant à
M. Berlusconi)
Islamophobie
Signe des temps, le nouveau Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits
de l'homme, nommé par Kofi Annam, le brésilien Sergio Vieira
de Mello, veut non seulement lutter contre " toutes les formes de
l'antisémitisme ", mais aussi contre " l'islamophobie
".
Troisième voie
" La tâche prioritaire du monde d'aujourd'hui est de passer
de l'interdépendance à une communauté mondiale intégrée
dans laquelle l'avenir, les responsabilités, la prospérité
et, plus que tout, les valeurs sont partagés. " (Bill Clinton)
Révérence
" Nous avions peur de parler à Lionel Jospin. Il ne fallait
pas se fâcher avec le futur président de la République…
" (Claude Bartolone)
Université
" Tous les enseignants se plaignent que les étudiants (en
Deug) ne sont pas au niveau, qu'ils n'ont pas la culture permettant à
l'enseignement de la discipline de se faire dans de bonnes conditions.
" (Luc Ferry)
Fumeurs
" Si un grand défilé de fumeurs s'organise, je m'y
joindrais de bon cœur. On pourrait demander à mon ami, Charrasse
d'en prendre la tête, Havane aux lèvres. Peut-être,
alors, voudra-t-on bien nous prêter autant de considération
et d'égards qu'on en accorde aux homosexuels. " (Maurice Druon)
Dans un contexte où les esprits s'échauffent
vite, essayons de procéder de façon pédagogique.
1. Sommes-nous entrés dans une autre ère le 11 septembre
2001 ?
La réponse est oui. Pour la première fois, les États-Unis
ont été frappés sur leur sol par un acte de guerre
d'une barbarie inouïe. Du terrorisme tout court on est passé
à ce que François Hesbourg a appelé l'hyper terrorisme.
L'ensemble du monde occidental a commencé à comprendre
que l'islamisme radical avait tissé des réseaux potentiellement
meurtriers sur les cinq continents.
2. La stratégie de George W. Bush en ce nouveau contexte est-elle
pertinente ?
La réponse est oui, là encore. Très vite, le Président
actuel des États-Unis et son équipe ont vu que le monde
occidental était confronté à une menace subversive
et totalitaire d'un type nouveau, et qu'il fallait inventer, face à
cette menace, une riposte d'un type nouveau. La menace totalitaire hitlérienne
avait pris la forme d'une guerre conventionnelle, et avait été
écrasée par des armées régulières.
La menace totalitaire soviétique avait reposé sur l'intimidation
militaire et avait pu être vaincue par un effort de réarmement
matériel et moral. La menace totalitaire islamiste est différente
: elle ne repose pas sur des armes conventionnelles, mais sur l'action
terroriste et le recours envisagé à des armes chimiques,
bactériologiques, nucléaires. L'apaisement ne marche pas
face au totalitarisme : les démarches de Chamberlain et de Daladier
face à Hitler l'ont montré. La dissuasion marche face
à un totalitarisme reposant sur un appareil d'État et
qui fonctionne selon une logique de puissance. Elle ne peut marcher
dans la situation présente où on a affaire à des
groupes non identifiables, à des États, ou à des
dictateurs imprévisibles et mégalomanes. La dissuasion
étant inutilisable, il faut un autre choix. La prévention
s'impose. Bush entend couper le mal à la racine, et il a raison.
3. Les Européens comprennent-ils ce que veut Bush ?
La réponse, là, à l'évidence, est non. On
pourrait même penser qu'ils reviennent, mentalement, soixante-deux
années en arrière et veulent se persuader que, cette fois,
l'apaisement marchera. Pour étayer leurs arguments, ils semblent
d'ailleurs prêts à tout. Trouver un dictateur sympathique.
Penser qu'après la campagne d'Afghanistan, la guerre est finie.
Lâcher à l'adversaire quelques proies en espérant
que cela le calmera : le Liban hier, Israël aujourd'hui. Cracher
sur les États-Unis en espérant séduire le monde
musulman. Le résultat est qu'un fossé se creuse entre
l'Amérique et l'Europe. Et, si les Européens voient les
Américains comme des brutes prêtes à mettre le monde
à feu et à sang, les Américains voient, eux, les
Européens comme des lâches, qui ont peur de leur ombre
et se bouchent les yeux pour ne pas voir l'évidence.
4. L'ONU est-elle encore un lieu où peuvent se résoudre
les conflits ?
La réponse, là encore, est non, trois fois non. L'ONU
n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était au moment de
sa fondation. Le nombre des pays qui y siègent s'est multiplié
par cinq, et la quasi-totalité des nouveaux pays sont des dictatures.
L'ONU ne prend plus, depuis longtemps, de décisions respectables.
C'est un club de voyous et de tyrans et un lieu de combinaisons occultes.
Quand Bush lui demande de revenir à ses principes fondateurs,
force est de dire qu'il a raison. Quand la France fait semblant de ne
pas s'apercevoir que l'ONU s'est éloignée de ses principes
fondateurs, elle se comporte en schizophrène. Il y a une raison
à la schizophrénie française bien sûr : la
France a un siège au Conseil de sécurité, et cela
lui donne l'illusion qu'elle est encore une puissance qui compte, alors
que son poids dans le monde est, c'est un fait, devenu insignifiant.
5. Dans ce contexte, que faut-il penser de Saddam Hussein ?
Il paraît difficile de dire que ce n'est pas un dictateur. Il
paraît difficile aussi de dire qu'il n'est pas le seul dictateur
aujourd'hui à avoir concrètement utilisé des armes
chimiques contre sa propre population, ce qui le place dans une catégorie
très particulière. Il paraît difficile enfin de
penser que ses efforts pour se doter d'armes chimiques, bactériologiques
et nucléaires sont anodins. Quand un dictateur fait un tel effort
d'armement, c'est rarement en raison d'un simple penchant esthétique
pour les armes ou par philanthropie. Quelle attitude adopter dès
lors ? L'attitude européenne ? Nier l'évidence et dire
que Saddam n'est pas seul de son espèce ? Feindre de défendre
des populations civiles qui souffrent d'une dictature abominable et
dire que le peuple irakien aime son bourreau ? Ou l'attitude américaine
? Regarder l'évidence et les preuves, et penser aux populations
civiles. Onze ans ont passé depuis la guerre du Golfe, c'est
onze ans de trop !
6. Un dernier point
On dit en Europe que Bush veut faire la guerre pour le pétrole.
C'est exact, bien sûr ! Le monde occidental ne peut dépendre
plus longtemps pour ses approvisionnements énergétiques
de dictateurs et de fanatiques. L'argent du pétrole devrait servir
à la prospérité des peuples et non à financer
la terreur.