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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Alain Dumait

La " grande réforme " de la décentralisation est, sans doute, le seul espace de liberté d'action politique que veut bien concéder l'aile gauche de la majorité présidentielle du 21 avril au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
En outre, renforcer les pouvoirs des responsables des collectivités publiques territoriales - qui portent l'étiquette UMP dans la proportion de 70 % - ne peut que conforter les soutiens personnels du Premier ministre.
Ces remarques, qui ramènent à de plus modestes proportions le projet gouvernemental, ne constituent pas pour autant un jugement sur le principe même de la décentralisation. Celui-ci est, en effet, le b.a.-ba de la bonne gestion. Les grandes organisations, pour être efficaces, doivent être divisées et subdivisées en un nombre infini de petites, voire de micro structures. Le management moderne tend à écraser les hiérarchies, en misant sur l'autonomie des services et la responsabilité, par l'intéressement, de tous les collaborateurs. Une économie puissante le doit moins à ses grands groupes qu'à la foule de ses PME performantes.
C'est certainement un projet important que de vouloir appliquer au monstre de l'État centralisé français une partie des règles de bonne gestion qui ont prouvé, ailleurs, dans la sphère privée, leur efficacité. De surcroît, plus que jamais, la France a besoin de faire des économies sur la gestion de l'ensemble de la sphère publique. Le chantier de la décentralisation lancé par Jean-Pierre Raffarin pourrait en être l'occasion.
Encore faudrait-il, pour y croire, qu'il soit piloté et géré par des hommes nouveaux imprégnés d'une culture qui ne soit pas la vieille culture énarchique. Car, si la décentralisation peut être une chance, elle est aussi un risque, comme on l'a vu avec la mise en œuvre des réformes de Gaston Deferre, dans les années 80, qui ont abouti à la multiplication des doubles emplois publics, avec priorité pour les dépenses somptuaires, destinées à satisfaire l'ego des nouveaux barons.
Dans les pays où la décentralisation fonctionne bien, et dont le modèle est certainement la Suisse, ce sont les citoyens eux-mêmes qui défendent, pied à pied, les libertés locales. Mais, cela suppose que la légitimité soit tout entière dans les mains du peuple souverain, et non pas confisquée par une classe politique largement coupée du peuple.
Il n'y aura pas de décentralisation réussie en France sans rétablissement préalable de la démocratie, laquelle, quelles que soient ses modalités d'application, nécessite d'une part, que les principes d'ordre supérieur soient fixés par une Constitution, et d'autre part, qu'il soit tenu compte, dans le cadre de ces principes, de ce que veut la majorité de l'opinion.
La décentralisation suppose, en préalable, la démocratie, laquelle permet la réforme. C'est ainsi et pas autrement que de la République helvétique décentralisée, il y a quelques mois, par un référendum populaire, a décidé la suppression pure et simple du statut de la fonction publique…
Si Jean-Pierre Raffarin, avec son projet de loi constitutionnelle sur la décentralisation introduisait, même en l'encadrant, le principe de la consultation des Français par référendum, aussi bien au niveau local qu'au niveau national, sur les questions essentielles qui les préoccupent, alors un véritable soutien populaire serait envisageable.
Mais, dans le emps même où on parle de décentralisation, on continue à tourner le dos à la politique que souhaite la majorité des citoyens français. Par exemple, sur la question de l'immigration.
Bien qu'ils ne soient jamais consultés sur cette question, ni par référendum, ni même par sondage, les Français, qui sont, en général, raisonnables et modérés, souhaitent très certainement que l'on contrôle les flux migratoires et que ceux-ci soient limités, pour être adaptés à la capacité réelle d'accueil et d'intégration de notre pays. L'immigration clandestine est évidemment celle qui est la moins bien supportée et la moins supportable. Des hommes d'État sérieux s'efforceraient d'apporter des réponses à ces problèmes. Ils le feraient à la lumière de l'expérience des années passées qui révèlent un échec complet s'agissant de l'intégration des populations d'origine musulmane mis à part d'heureuses exceptions individuelles .
Il y a des aspects positifs dans le " contrat d'intégration " que Jacques Chirac propose de présenter aux étrangers arrivant en France. Par exemple, comme le font déjà plusieurs de nos voisins, les obliger à pratiquer les rudiments de notre langue dans un délai raisonnable. Mais un tel contrat ne s'appliquerait qu'aux immigrés réguliers. Les moyens de formation qui leur seraient réservés reviendraient à une " discrimination positive ", une de plus. Tandis que les professionnels de l'antiracisme seraient chargés de la protection des nouveaux entrants. Lesquels ne manqueraient pas, sachant mieux que personne reconnaître leurs intérêts, d'affluer chez nous plutôt que d'aller ailleurs. Pour maîtriser l'immigration incontrôlée, on a fait mieux…



 

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