Sommaire

 

 


Sic

Programme
" La lutte contre les exclusions reste plus que jamais un devoir et un impératif pour notre pays " (Jacques Chirac).

Islam
" Les divisions ne doivent pas conduire à l'impossibilité aux musulmans de France d'avoir une instance qui puisse représenter leur culte " (Nicolas
Sarkozy).

Souverainisme
" Je ne crois absolument pas à l'émergence d'un courant souverainiste puissant au sein de l'UMP " (Charles Pasqua, qui restera donc en dehors, mais qui souhaite, pour son parti, le RPF, bénéficier d'un " accord de coopération ").
" Faire un courant souverainiste au sein de l'UMP, c'est comme faire un courant pro-américain au sein d'Al Qaida " (William Abitbol, député europée souverainiste).

Vivendi
" Mon succès sera ma seule revanche " (Jean-Marie Messier, qui vient de se mettre à son compte dans l'État du Delaware).

Un grand acteur
" Mon métier a fait mon éducation, et je me suis sans cesse amélioré " (Charlton Heston).

Haut-Brion
" Mon vin préféré est le Haut-Brion, de Pessac Léognan " (Robert Parker, pape américain du vin).

Mobilisation
" Cet été, pour la première fois, on a fait des assemblées générales dans les centres de vacances du personnel " (Didier, responsable CGT Edf de Rhône-Alpes). Du bon boulot…

Juif
La définition juridique de l'identité juive a été donnée lors de la création d'Israël en 1948 et figure dans la loi dite du retour : " est juif celui qui est né d'une mère juive ou qui est converti au judaïsme et qui n'appartient pas à une autre religion ". Pourtant, pour être envoyé dans un camp de la mort un quart de sang juif suffisait…

 

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Guy Millière

Certains lecteurs se sont peut-être déjà égarés dans les salles de cinéma où passe le film " 11'09''01 September 11 ". L'idée de départ était bonne. Proposer à onze cinéastes de réaliser onze courts-métrages concernant ce qu'ils ont ressenti après les attentats du 11 septembre 2001. Quand on lit la liste des réalisateurs choisis, on craint le pire. Quand on voit le résultat, on est partagé entre la consternation et le dégoût. Les enfants d'Iran n'en ont rien à faire du terrorisme : on s'en serait douté. Le réalisateur égyptien Youssef Chahine cache la haine criminelle qui l'anime derrière un sourire narcissique et désigne les vrais coupables : les Américains et les Israéliens, bien sûr. On voit même un jeune arabe revêtir sous le regard attendri de sa mère une ceinture d'explosifs avec laquelle il va gentiment mutiler une douzaine d'enfants juifs. Shohei Imamura nous montre un soldat japonais broyé par la guerre au moment où les États-Unis commettent un crime bien plus abominable que l'attentat du World Trade Center contre ces braves gens pacifiques de l'empire du soleil levant. Il y a aussi un cinéaste de gauche israélien qui pratique la haine de soi, un cinéaste d'extrême-gauche américain qui voit dans l'effondrement des tours jumelles le passage de l'ombre à la lumière. Et l'amour et la dignité humaine dans tout cela ? Neuf minutes honorables de Claude
Lelouch. C'est bien peu.
On a envie, en sortant de la salle, d'autre chose. Il suffit de faire quelques pas et d'entrer dans la salle où passe " Le Pianiste " de Roman Polanski. On a dit au moment de sa présentation à Cannes que le film était d'un classicisime convenu. Je dirai quant à moi qu'il est, au contraire, superbe de retenue, de pudeur, de dignité, et porteur d'un bout à l'autre d'une élévation d'âme exemplaire. Je dirai qu'il faut voir ce film sans attendre. Ce n'est pas la première fois que l'abjection nazie vis-à-vis des Juifs est montrée au cinéma. Mais certaines dimensions des choses, la cruauté ignoble et tranquille des soldats allemands, l'avilissement graduel des gens enfermés dans le ghetto, les cadavres des morts de faim et de froid qui jonchent les rues, sont mises au jour, là, comme elles ne l'avaient jamais été auparavant. En suivant les étapes du supplice subi par le personnage central, en voyant son opiniâtreté à survivre, on comprend un peu davantage ce qu'a vécu le peuple juif en Europe dans les années quarante du vingtième siècle.
Il n'y a rien, strictement rien, qui se compare à la shoah. Il y a eu d'autres massacres, d'autres génocides. Mais là, ce fut la tentative au sein de l'Europe civilisée, d'anéantir totalement un peuple, méthodiquement, cyniquement. Ce fut la tentative au sein de l'Europe civilisée de conduire ce peuple vers le dénuement le plus abject. Cela se passa dans l'indifférence quasi-générale car l'antisémitisme n'était, à l'époque, pas seulement l'apanage des nazis.
On comprend en voyant " Le Pianiste " que la plupart des Juifs d'Europe aient choisi de partir, vers l'Amérique ou vers Israël. On comprend que c'est l'Europe qui a chassé les Juifs. On comprend que les Juifs voulaient retrouver, au bord de la mort collective, un territoire où ils seraient enfin à nouveau chez eux et en sécurité. On mesure l'ignominie des Arabes qui, à l'époque, bien que sauvés depuis peu du joug ottoman par l'Occident, ne voulaient pas même céder quelques arpents de désert aux rescapés et préféraient l'idée d'achever le travail commencé par Hitler, dont certains d'entre eux s'étaient faits les fervents disciples.
On mesure l'ignominie des Européens jusqu'à ce jour. Les Européens ne peuvent se laver les mains de la destinée du peuple juif. Ce sont eux, Européens, il faut le dire, qui ont assassiné ou laissé assassiner les Juifs. Comment peuvent-ils aujourd'hui encore se faire complices des assassins et des lecteurs de " Mein Kampf " ? La moindre des décences pour les Européens, la moindre des décences, oui, ce serait de demander pardon. Ce serait de tout faire pour se racheter. Ce serait d'aider Israël. Pour de simples, très simples, raisons d'honneur et de mémoire. La moindre des décences pour les Européens, ce serait de se montrer scrupuleux, très scrupuleux, concernant l'histoire du Moyen-Orient, et de tenir aux Arabes le langage de l'humanité. Qu'avez-vous à faire, vous Arabes, de terres qui, avant le retour des Juifs, étaient inhabitées et incultes ? Plutôt que d'envier ceux qui ont fait fleurir le désert et de vouloir détruire, ne feriez-vous pas mieux d'essayer, vous aussi, de faire fleurir le désert ? Ne feriez-vous pas mieux de créer démocratie et prospérité sur vos terres plutôt que de faire des Juifs le boucémissaire des malheurs que vous vous infligez à vous-même ?
Les Européens, hélas, ne semblent connaître ni la décence ni le langage de l'humanité. En voyant comment ils gobent les mensonges de la propagande arabe, je ne puis m'empêcher de me dire qu'ils n'ont pas beaucoup changé depuis le temps puant où le grand Reich s'édifiait et trouvait des complices un peu partout en Europe…


 
 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com