Nous ne sommes pas seulement confrontés au terrorisme islamiste
mondial, qui frappe, impunément, depuis le 11 septembre (et même
avant), au rythme de deux fois par mois. Nous sommes aussi concernés
par un envahissement à caractère religieux. Pour être
non violent, le second phénomène n'est pas, pour autant,
moins inquiétant…
Tous les pays occidentaux ont désormais, chez eux, de fortes minorités
musulmanes. De l'ordre de 6 millions de personnes en France, et autant
aux États-Unis, pour une population totale, il est vrai, cinq fois
plus importante. Jusqu'à présent, de bons connaisseurs de
la sociologie de ces minorités faisaient observer que la pratique
religieuse y était en forte baisse. Mais cette tendance s'est renversée
depuis quelques années et tout spécialement depuis le 11
septembre 2001, événement qui s'est traduit dans nos banlieues,
comme dans celles de Londres, de New York ou de Washington, par un retour
à une pratique religieuse plus stricte et plus démonstrative.
Cela se voit d'ailleurs à l'śil nu : non seulement les mosquées
sont pleines, mais encore les habitudes vestimentaires ont changé.
Les musulmans, pour un grand nombre d'entre eux, éprouvent aujourd'hui
le besoin de manifester clairement leur appartenance religieuse.
Face à ce phénomène dont ils ont conscience, nos
politiciens, en France comme ailleurs, font le pari de la cohabitation.
Ils parlent même d'intégration, sans certainement y croire
eux-mêmes…
C'est ainsi que Nicolas Sarkozy met sur pied, à marche forcée,
le Conseil français du culte musulman qui, à la demande
expresse de Jacques Chirac, sera présidé par le recteur
de la mosquée de Paris, Dalil Boubaker. La volonté de ce
dernier de s'opposer avec fermeté aux dérives intégristes
de ses co-religionnaires ne peut pas être mise en doute. Mais on
peut compter aussi sur ses compétiteurs extrémistes pour
demain le contester et après-demain essayer de le remplacer, au
nom d'une pseudo représentativité, mise en place par le
ministre des cultes lui-même.
Les pères fondateurs de la démocratie représentative,
au siècle des lumières comme au suivant, considéraient
qu'il ne pouvait pas y avoir de démocratie durable sans cohérence
et continuité culturelle. C'est en application de cette pensée
qu'a été conduite, tout au long de la troisième république,
une politique d'éducation qui constituait pour tous un creuset.
L'école devait former aussi bien des hommes que des citoyens, libres
de leurs opinions et de leur religion, mais tous tolérants, adeptes
de la laïcité républicaine.
Nos politiciens se mentent et nous trompent !
C'est évidemment cette idéologie qui a permis l'intégration
de générations et de générations d'immigrés
tout au long des xixe et xxe siècle en France.
Aujourd'hui, la doctrine officielle n'est plus celle-ci - elle n'est plus
défendue que par les francs-maçons du Grand Orient de France
et son grand maître, Alain Bauer - elle est à l'inverse,
avec le multiculturalisme.
La capacité intégratrice de cette nouvelle formule est évidemment
moindre, surtout s'agissant de l'Islam, dont on ne peut citer, dans toute
l'histoire, aucun exemple de juxtaposition pacifique avec quelqu'autre
religion que ce soit.
Et cela résulte non pas tant de cette religion elle-même
que du fait que l'Islam, avant d'être une religion, est un projet
social et politique. C'est l'ayatollah Khomeyni, qui ne pouvait pas être
suspecté d'ignorance en matière d'Islam, qui disait que
dans une bibliothèque islamique, les livres traitant du gouvernement
représentaient 90 % du total, tandis que ceux abordant les questions
de morale et de foi ne formaient qu'un dixième du tout.
Demain, la guerre civile …
Ce n'est pas la pratique religieuse des musulmans qui pose problème
en Occident, mais bien sûr le statut de la femme ou l'application
de la charia.
C'est aussi la négation de toute sphère privée, de
toute référence à une souveraineté individuelle.
C'est ainsi que maître Jean-Marc Varaut - non seulement défenseur
de Maurice Papon mais aussi avocat de la mosquée de Paris - a pu
indiquer qu'il ferait appel du jugement relaxant mardi dernier, l'écrivain
Michel Houellebecq (accusé de " provocation à la haine
raciale " et " injures raciales " pour avoir dit que l'Islam
était " la religion la plus con "), sur l'argument que
" dans une société où le privé et le
public ne sont pas distingués, outrager le Coran, c'est outrager
l'Islam et tous les musulmans ".
De bonne foi ou non, il est fort probable que nos politiciens s'illusionnent
sur leur capacité à organiser, dans nos pays, durablement,
une juxtaposition paisible avec une minorité musulmane de plus
en plus importante. À court terme, c'est un terreau fertile pour
les entreprises terroristes. À plus long terme, c'est un risque
de guerre civile.