Jospin
" C'est à l'incapacité du Parti socialiste à
prendre en considération le potentiel de renouveau des Verts qu'on
doit le séisme électoral du 21 avril et l'échec de
la gauche française aux législatives " (Dominique Voynet,
ancien ministre de l'environnement).
FN
" Le Front National a l'art de trouver le mot qui interpelle le Français,
et qui lui fait dire qu'il n'a pas tort " (Gérard Hamel, député-maire
UMP de Dreux).
Islam
" En l'état actuel des choses, l'Islam ne peut pas s'adapter
à la République française " (Rachid Kaci).
Insécurité
" Si ce gouvernement échoue à réduire l'insécurité
par une politique alliant prévention efficace et sanction effective,
c'est l'extrême droite qui prendra le relais " (Jean-François
Copé, Secrétaire d'État aux relations avec le Parlement).
Racisme
"Il ne faut pas avoir peur d'appliquer les lois anti-racistes aux
racistes musulmans. De dissoudre ces milliers d'Unité radicale
qui prospèrent dans l'islamisme " (Alexandre Del Valle).
Racolage
" Tous les droits-de-l'hommistes de la création passent devant
la porte de Saint-Ouen en disant : " Mon dieu, les pauvres "
puis s'en vont pour aller dîner en ville. En pénalisant le
racolage passif, nous sortons ces malheureuses esclaves du réseau
qui les exploite " (Nicolas Sarkozy).
Corruption
" Il y a des problèmes de corruption aussi bien dans les administrations
publiques que dans les Conseils municipaux " (Jean-Pierre Fourcade,
député maire UMP de Boulogne-Billancourt).
Il n'y a rien à attendre de l'ONU, on le sait.
Les décisions qui y sont prises reflètent un fonctionnement
ubuesque, où une majorité de dictatures et de satrapies
finit toujours par se mettre d'accord pour condamner les pays occidentaux,
et, bien sûr, leur demander de payer l'addition. Parfois, pourtant,
un rapport contient des éléments utilisables et vérifiés.
C'est le cas avec le " Rapport sur le développement des
pays arabes ", rédigé sous l'égide de Rima
Khalaf Hunaidi, ancien Premier ministre de Jordanie.
Se trouve décrite une situation alarmante. Au cours des vingt
dernières années, la croissance moyenne dans le monde
arabe n'a été que de 0,5 % l'an, la seule région
pour laquelle les chiffres sont pires est l'Afrique sub-saharienne.
Situation là encore unique sur la planète, la productivité
du travail pendant la même période a nettement diminué,
le chômage lui s'est maintenu de façon constante au-dessus
de 15 %, soit trois fois la moyenne pour les cinq continents.
Comme il est noté dans le rapport, la situation serait pire encore
si le monde arabe n'était pas exportateur de matières
premières. Et celles-ci constituent, en fait, quasiment la seule
source d'exportation. " Ses richesses naturelles font que le monde
arabe pourrait, s'il n'y avait pas d'obstacles, atteindre la prospérité
en moins d'une génération ".
Les obstacles ? Le rapport en énonce trois : l'absence de liberté.
La discrimination envers les femmes. La non dissémination de
la connaissance. En termes de liberté, et si on prend un indice
qui combine les droits politiques, la liberté de penser et d'aller
et venir, la liberté de la presse, et le respect des droits de
propriété, le monde arabe finit bon dernier quelle que
soit la région avec laquelle on le compare. La situation là,
note le rapport, est pire même qu'en Afrique sub-saharienne. Pour
ce qui est des femmes, il n'est pas un pays arabe où elles ne
subissent une discrimination forte qui, dans de nombreux cas, va jusqu'à
de graves difficultés d'accès aux soins médicaux.
Pour ce qui est de la connaissance, un chiffre parle de lui-même
: un peu plus du tiers des habitants du monde arabe sont totalement
illettrés. Si on compte seulement les femmes, bien sûr,
la proportion atteint en ce domaine des hauteurs vertigineuses. Le rapport
se conclut, comme on pouvait s'y attendre, par des vœux pieux.
On peut s'attendre à ce que cela ne suffise pas. Si on veut comprendre
" pourquoi ", il faudrait souligner en effet un autre obstacle,
massif, qui, à lui seul, explique tous les autres et leur permet
de durer et de s'amplifier : l'absence de toute forme de liberté
de conscience. Comme le notait en 2000 un rapport consacré lui
aussi au monde arabe publié par la Freedom House : " cette
région du monde est celle où ont lieu les plus graves
atteintes à la liberté de culte et à la liberté
de ne pas croire ".
On ne peut être athée déclaré dans le monde
arabe sans risquer la mort. On ne peut être chrétien qu'à
ses risques et périls, et dans la plus grande discrétion.
On peut être juif de façon très discrète
au Maroc et en Tunisie, et pas du tout ailleurs. Les pays arabes, ajoute
la Freedom House, sont désormais les seuls où on exerce
la violence au nom de la religion. Dans plusieurs d'entre eux, existent
même des polices religieuses. Plusieurs gouvernements, précise
le rapport, ont mis en place des appareils d'endoctrinement qui procèdent
à un véritable " lavage de cerveau " des populations.
L'absence de séparation entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel
mène les dirigeants politiques à se placer sous le contrôle
des docteurs de la foi et à nommer des dignitaires religieux
qui pourront régulièrement appeler au meurtre. Le nouveau
mufti d'Égypte, Sheik Ahmad Al-Tayyeb, nommé par Moubarak
et écouté dans tout le monde arabe, prononce ainsi régulièrement
les louanges des terroristes " martyrs " arabes du Proche-Orient
et appelle tous les bons musulmans à suivre leur exemple.
Le monde arabe en oblitérant la liberté de conscience
se condamne lui-même à la stérilité intellectuelle
et créative, et ne pourrait sortir de cette stérilité
que par une mue extraordinaire, que rien n'annonce aujourd'hui. Les
supposés " réformateurs " de l'islam cherchent
tous des réponses islamo-compatibles. Leurs démarches
font l'objet d'une attention fébrile dans le monde occidental,
mais ne rencontre aucun écho en terre arabe, où au contraire
rigidité et fanatisme s'intensifient. Quiconque veut comprendre
ce qui se passe devrait se pencher sur le dernier livre publié
par le grand islamologue Bernard Lewis. What went wrong ? Qu'est-ce
qui n'a pas fonctionné ? demande le titre. Et Lewis décrit
la décrépitude inexorable qui a commencé à
gagner le monde arabe et musulman à partir du douzième
siècle. Lewis note aussi l'incapacité des dirigeants arabes
et musulmans à comprendre ce qui leur arrivait, leur volonté
de trouver les causes à l'extérieur de leur propre civilisation
pour, surtout, ne pas avoir à se dire qu'il y avait quelque chose
de profondément pourri à l'intérieur.