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Chiffres Significatifs
UMP
L'UMP, qui, pour son congrès fondateur, dimanche prochain, 17 novembre,
au Bourget, attend quelque 10 000 militants, déclare avoir envoyé
par la Poste quelque 159 000 cartes d'adhérents.
Zones sensibles
60 % des jeunes professeurs de
l'Éducation Nationale sont nommés, pour leur première
affectation, dans des académies réputées difficiles.
En contrepartie, ils bénéficient d'avantages, en particulier,
pour le choix de leurs affectations futures.
Armées
40 % des matériels militaires français sont indisponibles,
faute d'entretien. Pour nos hélicoptères, la disponibilité
moyenne tombe en dessous de 50 %. La situation s'est dégradée
depuis cinq ans.
UE
La bureaucratie bruxelloise compte 24 000 fonctionnaires. Au sommet de
la pyramide : les fonctionnaires européens de catégorie
A. 858 sont français, 675 sont allemands, et 638 sont belges…
Déminage
Chaque jour, les centres de déminage reçoivent plusieurs
dizaines d'appels téléphoniques concernant toutes sortes
d'engins explosifs dont la plupart datent des deux dernières guerres
mondiales. Selon les spécialistes, vu la quantité fabriquée,
enterrée et larguée par l'aviation, il reste au moins sept
siècles de travail dans les départements du Nord et de l'Est
de la France.
Chine
En 2001, les États-Unis ont absorbé le quart des exportations
chinoises. 60 000 étudiants boursiers de la République populaire
suivent leurs études en Amérique, dans des universités
ou des instituts technologiques.
Une étude sur l'évolution de la productivité en
fonction de la concurrence vient de paraître, étude faite
non pas globalement par pays, mais secteur par secteur. Cette étude
montre que là où la concurrence existe, la productivité
augmente rapidement. Par contre, là où les monopoles règnent,
la productivité n'avance plus. La productivité des aciéries
américaines protégées par leur État est
médiocre, tout autant que la productivité de la SNCF ou
de la RATP en France, protégées par un monopole public.
Par contre, la productivité des transports maritimes a augmenté
avec une très grande rapidité, la concurrence étant
mondiale.
Une étude de la productivité du transport fluvial sur
la Saône entre 1823 et 1855 est tout aussi intéressante.
Avant l'arrivée de la vapeur, les " Messageries Royales
" avaient le monopole du transport sur la Saône de Chalon
à Lyon. Depuis des décades, ses chevaux tiraient les bateaux
et le prix du billet était de 8 francs pour aller de Chalon à
Lyon, soit 130 km.
En 1823, un ingénieur chalonnais met à l'eau le "
Ville de Chalon ", le premier bateau à vapeur reliant Chalon
à Lyon. La vapeur commence à concurrencer le cheval. Après
trois mois de bons et loyaux services, le " Ville de Chalon "
tombe définitivement en panne, mais d'autres entrepreneurs prennent
le relais. Les Messageries Royales sortent de leur torpeur. Elles réagissent
en baissant les prix, tout en augmentant le nombre des chevaux par bateau,
le nombre des relais le long de la Saône et en faisant claquer
les fouets avec plus de violence. Heureusement pour les Messageries,
les pannes sur les bateaux à vapeur sont très fréquentes.
Un bateau à vapeur explose même un jour, tuant neuf personnes.
Dans les cafés chalonnais, on organise des paris : quel bateau
arrivera demain le premier : celui des Messageries Royales tiré
par ses chevaux ou celui qui marche à la vapeur avec ou sans
panne ?
En 1830, les Messageries Royales ont compris : elles arment deux bateaux
à vapeur. Une dizaine de compagnies se font concurrence. Les
faillites sont monnaie courante. Le temps de transport passe de deux
jours à moins d'un jour. Le confort et la capacité des
bateaux augmentent, le nombre des passagers transportés augmente
encore plus vite : les prix passent de 8 F à 0,50 F.
Lamartine veille
Plus de mille Chalonnais sont mis au chômage par l'irruption
de la vapeur dans le transport fluvial. En 1707, les bateliers de la
Fulda avaient eu raison de détruire le premier bateau à
vapeur ayant avancé sur une rivière, celui de Denis Papin.
Ils avaient compris que ce monstre allait les mettre au chômage.
Mais, en 1839, les usines Schneider du Creusot installent à Chalon
un atelier fabriquant des bateaux à vapeur qui vogueront sur
le Nil ou la Volga, et des ponts métalliques qui équiperont
l'Indochine ou le Brésil. Plus de 2000 emplois sont créés
en quelques années à Chalon. D'autres usines utilisant
la vapeur procurent bien d'autres emplois en ville. Ce qui n'empêche
pas de nombreuses critiques de s'élever contre les fumées
qui noircissent parfois le ciel de la ville.
En 1849, la voie du chemin de fer à vapeur Paris-Chalon est inaugurée.
Une activité fébrile anime alors les quais de la ville
: plus de 500 voyageurs débarquent tous les jours du train et
prennent le coche d'eau. Les hôtels fleurissent à tous
les coins de rue. La richesse envahit la ville.
Mais les projets de chemin de fer Chalon-Lyon existent et les études
sont déjà commencées. Les Chalonnais réalisent
que si la voie ferrée est prolongée jusqu'à Lyon,
toute cette richesse va immédiatement disparaître. Le conseil
municipal de Chalon, appuyé par le Sous-Préfet, prend
une résolution historique : il demande qu'on interdise la prolongation
de la voie ferrée sur Lyon, qu'on maintienne le monopole du transport
par eau. La résolution est présentée à la
Chambre des Députés. Mais le député de Mâcon,
Lamartine, veille : il veut que le train passe aussi dans sa circonscription.
" L'amendement de Chalon, soutenu par le Général
Thiard, fut rejeté sur quelques paroles de moi " écrit-il
en toute modestie. Le monopole du transport par eau Chalon-Lyon disparaît
en 1855 quand le premier train venant de Chalon arrive à Lyon.
Plus de 90 bateaux à vapeur rouillent et s'enfoncent dans la
boue le long de la Saône entre Lyon et Chalon. À Chalon,
les hôtels ferment en quelques années. Des centaines de
Chalonnais sont mis au chômage. Mais le train va amener de nouvelles
activités, offrant de nouveaux emplois.
La concurrence stimule et enrichit, le monopole endort et appauvrit.