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Sic
Ben Laden
" Tant qu'on ne me prouvera pas le contraire, je considérerai
Oussama Ben Laden comme un fugitif bien en vie " (Ronald Noble, secrétaire
général américain d'Interpol).
Prostitution
" Je suis pour l'interdiction de la prostitution, mais contre un
arrêté anti-prostitution. Ce qu'il faut, c'est combattre
le proxénétisme et insécuriser les clients "
(Martine Aubry). Comprenne qui peut…
Insécurité
" En tant que maire, une lettre sur deux qui m'est adressée
concerne la sécurité. C'est sur ce sujet que nous serons
jugés et pas sur la décentralisation " (Thierry Mariani,
député-maire de Valréas, Vaucluse).
Simplification
" La première chose dont les Français ont besoin en
matière de décentralisation, ce n'est pas tant de réformes
constitutionnelles que de simplifications " (François Bayrou).
Démocratie
" Les constituantes doivent se conclure par le vote du peuple souverain
"
(Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste chargé des affaires
européennes).
Europe
" Aujourd'hui, les grands pays de l'Union européenne ont,
ensemble, 55 % des voix lors des décisions du Conseil des Ministres
; dans l'Europe des 27, ils n'en auront plus que 49 %, bien qu'ils compteront
70 % de la population totale " (Pat Cox, Président irlandais
du Parlement européen).
Cinéma
" Je m'étonne que les hommes politiques ne s'intéressent
pas davantage au cinéma, qui offre constamment des occasions de
réfléchir sur l'état de la société
" (Bertrand Tavernier).
McDo
Plus de la moitié des employés du groupe McDo poursuivent
parallèlement leurs études.
L'année prochaine sera en France l'année de l'Algérie,
et je me prends à songer… 19 mars 1962. C'était il y a
quarante ans déjà. Le gouvernement français accordait
l'indépendance à l'Algérie au terme de six années
de guerre. À gauche et dans la droite mal-à-droite, on
dit que le temps de la réconciliation est venu. Des reportages
passent à la télévision qui nous montrent, en images
noir et blanc d'époque, la douleur des uns et la joie des autres.
Si on évoque la violence, c'est pour incriminer surtout, l'armée
française. C'était une armée coloniale, n'est-ce
pas ? Elle avait donc tort !
Un livre à très largement diffuser reste à écrire
qui expliquerait l'ignoble barbarie, la violence, la cruauté
abjecte dont le FLN a fait preuve depuis les premiers jours de ses exactions.
Le livre devrait dire que c'était la première fois que
des soldats se trouvaient confrontés à autant d'abjection
depuis la découverte des camps de la mort dans l'Europe libérée
du nazisme.
Le livre devrait demander ce que pouvaient ressentir de jeunes soldats
confrontés non seulement à la mort, mais à la mort
ignoble, dégradante, obscène, et expliquer, sur cette
base, et sur cette base seulement, les actions de représailles.
Le livre devrait aussi, pour faire bonne mesure, dire l'œuvre française
en Algérie, rappeler que la France a construit les villes et
les routes, les hôpitaux et les écoles, souligner que les
pieds-noirs n'étaient pas tous, loin s'en faut, des gens riches
et arrogants, mais bien plus souvent des gens simples, fraternels, qui
avaient appris l'arabe, défriché les terres et permis
aux Arabes d'Algérie d'accéder à la liberté,
à la culture, à un niveau de vie plus élevé.
Le livre devrait s'interroger sur les événements de 1962.
L'Algérie était-elle perdue pour la France ? Et, même
si on répond par l'affirmative, devait-on la confier à
un mouvement terroriste au passé fort trouble, plutôt national-socialiste,
et nettement sanguinaire ? L'OAS, même si on peut discuter des
moyens par elle utilisés, avait-elle tort de parler de déshonneur
et de crime, et de vouloir une issue plus digne ? Des gestes tels la
décision de tirer dans la foule rue d'Isly se justifiaient-ils,
ou incarnaient-ils la manifestation cynique et méprisante de
la volonté d'en finir une fois pour toutes et de passer par pertes
et profits des gens encombrants, qu'ils soient Arabes attachés
à la France ou pieds-noirs attachés à un pays que
leurs ancêtres avaient créé et qui avant n'existait
pas ?
La France en 1962 a, en tout cas, pour la première fois au vingtième
siècle fait tirer dans le tas sur des Français désarmés.
Elle a, peu de temps plus tard, abandonné corps et bien un pays
entier à des barbares en leur laissant les pleins pouvoirs. Elle
a laissé assassiner pendant les mois qui ont suivi des Français
par milliers qui avaient pour seul tort d'être Français,
et ce sous le regard même de militaires à qui on avait
demandé de garder l'arme au pied. Elle a livré à
leurs bourreaux, aux fins qu'ils en fassent ce qu'ils en veulent, des
milliers d'Algériens qui ont compris trop tard qu'ils avaient
tort d'avoir choisi la France.
Le livre devrait en venir aux conclusions, depuis lors. La France a
tout trahi en 1962. Tout. Les Algériens comme les Français
d'Algérie, l'armée française, ceux qui espéraient
peut-être une indépendance digne, les règles les
plus élémentaires de l'honneur, du respect de la parole
donnée. La France a pratiqué en 1962 une politique indigne
d'un pays qui se prétend démocratique et respectable.
Quarante ans après, il y a les conséquences. Des gens,
les " pieds noirs ", qui ne se sont jamais pleinement remis
de l'humiliation et de la spoliation, et des violences gratuites qu'on
leur a fait subir. D'autres gens, les " harkis ", qui ne pourront
jamais oublier ou pardonner cet abandon des leurs à la mort aux
heures décisives et qui, aujourd'hui encore, marginalisés,
traités en citoyens de seconde zone par la France peuvent à
bon droit se demander ce que c'est que ce pays où ils vivent
désormais ce qui leur reste de vie…
De l'autre côté de la Méditerranée, le mouvement
terroriste de l'époque, lui, va bien, et a réussi à
détruire l'économie algérienne, à rendre
des terres fertiles au désert, et à supprimer la démocratie
avant de la réduire à une farce. L'islamisme rôde
et assassine comme on assassinait il y a quarante ans. Les assassins
d'il y a quarante ans, eux, gouvernent sur les décombres et se
remplissent les poches sans honte ni scrupules.
Dans le petit peuple, on regrette la France sans comprendre que, depuis
quarante ans, la France n'est plus la France, et on se demande en vain
pourquoi il y a eu ce grand gâchis qui n'en finit pas. Il faudrait
demander à ceux qui gouvernaient la France en 1962. Quelques-uns
vivent encore. Soyons sûrs que la question ne leur sera pas posée.
Soyons sûrs qu'ils savent qu'il n'y a vraiment pas de quoi être
fiers.