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Décentralisation et recentrage
de l'État
Bruno Peltier
On croit voir la direction dans laquelle s'engage le gouvernement :
concéder un certain nombre de ses taches aux différents
pouvoirs locaux.
Bien entendu, la question ne devrait pas être là : il devrait
s'agit d'abord, pour l'État, de revenir à son seul domaine
de compétences :
o La justice, besoin fondamental. L'État doit être capable
de faire régner la même justice sur toute l'étendue
du territoire, de protéger le citoyen, de tous les " potentats
" locaux notamment. Le syndicat de la magistrature ne défend
que lui-même.
o La Finance : faites-moi une bonne finance, je vous ferai une bonne
politique. C'est - entre autres - l'aspect fiscal de la justice.
o Les Armées et la Politique Étrangère : l'ordre
et la paix à l'extérieur.
o La Police et la Gendarmerie : l'ordre et la paix à l'intérieur.
o L'aménagement du territoire, pour harmoniser l'infrastructure
du pays.
Et c'est tout.
Rien n'interdit d'accorder des délégations, qui sont évidemment
contrôlées…
Les services publics ? Ils seront très bien assurés par
des passations de marché à des entreprises privées,
des concessions, ... grâce auxquelles l'État, délivré
de sa double casquette de juge et de partie sera enfin en mesure de
faire respecter le bien commun.
L'enseignement ? Seuls les états à vocation totalitaire
peuvent prétendre au monopole de la formation des esprits. Peut-être
est-il judicieux que l'État définisse les programmes et
garantisse la compétence des maîtres, mais même cela
demande à être examiné très sérieusement.
La santé ? Que l'État reste libre de fixer les remboursements
indispensables - solidarité nationale
oblige - qu'il consent, et qui ne sont rien d'autre qu'une forme d'impôt.
Les assurances et les mutuelles feront le reste, sans que personne ne
puisse plus se prévaloir de dépenser indéfiniment,
et sans responsabilité, sur le dos de la collectivité.
Que l'État se retire d'urgence de toutes ces taches industrielles,
dans lesquelles il a largement démontré son incurie (plan
machine-outils, plan calcul, plan acier, Charbonnages, Crédit
Lyonnais, France Telecom… la litanie prendrait des pages). Qu'il abolisse
toutes ces sociétés mixtes, qui n'exercent pas leur activité
pour le bien du citoyen, mais pour celui d'une clientèle électorale
: elles cumulent non pas les avantages des deux systèmes capitaliste
et socialiste, mais leurs inconvénients, le moindre n'étant
pas l'irresponsabilité.
Il y en a bien pour cinq ans, à condition de commencer tout de
suite.
L'année de l'Algérie
Norbert Multeau
Plus le temps passe (quarante ans !), plus l'indépendance de l'Algérie
apparaît comme un désastre, et plus les intellectuels de
gauche, instigateurs et complices de ce désastre, éprouvent
le besoin de justifier leur position et leur action.
Ils le font par une dénonciation récurrente de la torture
pour culpabiliser l'armée qui avait reçu, du pouvoir civil
socialiste, l'ordre de maintenir l'Algérie dans la France et, plus
concrètement, de faire cesser les massacres du F.L.N. Il ne faut
pas oublier que la politique de la France en Algérie était
définie à Paris, en conseil des ministres, et non à
Alger. L'armée a obéi et, aujourd'hui, d'autres socialistes
lui reprochent cette obéissance.
Ils le font par des manifestations comme cette " Année de
l'Algérie en France ", prévue en 2003, et dont le but
avoué est d'exalter un bilan qu'ils jugent " globalement positif
" malgré les 200 000 morts de la guerre civile, la mise en
coupe réglée du pays par les apparatchiks de la dictature
militaire et la misère endémique où croupit le peuple,
ce peuple qui ne réclame pas une quelconque " repentance "
de la France honnie, mais seulement des visas pour venir s'y faire "
exploiter " derechef.
Puisque cette " Année de l'Algérie en France "
n'aura aucune réciprocité (une " Année de la
France en Algérie " relèverait d'un néo-colonialisme
impensable) et puisqu'on n'en finira jamais avec la bonne conscience proclamée
de ceux qui l'ont mauvaise, rappelons trois ou quatre vérités
têtues : il y a eu plus de nationalistes algériens tués
par d'autres nationalistes algériens que par les Français
; les soldats musulmans étaient plus nombreux dans les rangs de
l'armée française que dans ceux du F.L.N. Le massacre des
harkis abandonnés par la France est un crime et une infamie d'État
; le désespoir des pieds-noirs contraints de quitter leur terre
natale est une honte nationale.
Demandons-nous si l'Algérie d'aujourd'hui n'expie pas son péché
originel : la légitimation de la barbarie. L'actuelle guerre civile
continue la précédente : l'intégrisme islamiste et
terroriste est né sur le terreau de la corruption et du terrorisme
des " libérateurs " d'hier.
Observons que les mêmes qui refusaient l'Algérie française,
réputée impossible, s'accommodent aujourd'hui d'une France
de plus en plus algérienne où l'intégration se fera
bientôt en sens inverse, et s'accommoderont demain d'une Turquie
islamiste intégrée à l'Europe chrétienne.
Reconnaissons que l'indépendance de l'Algérie n'a pas fait
le bonheur des Algériens. Et laissons les fantômes enterrer
les fantômes.
Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
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