Sommaire

 

 

C'est gratuit !
Notre publication est disponible en version papier et en version électronique!

Nos correspondants, qui souhaitent la recevoir, gratuitement, à l'essai,
doivent simplement remplir un formulaire

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

.....................................................................................................................................................
Les 4 vérités hebdo est un hebdomadaire papier
et le recevoir ainsi par la poste pendant 1 mois.
.......................................................................................................................................................

Décentralisation et recentrage de l'État
Bruno Peltier


On croit voir la direction dans laquelle s'engage le gouvernement : concéder un certain nombre de ses taches aux différents pouvoirs locaux.
Bien entendu, la question ne devrait pas être là : il devrait s'agit d'abord, pour l'État, de revenir à son seul domaine de compétences :
o La justice, besoin fondamental. L'État doit être capable de faire régner la même justice sur toute l'étendue du territoire, de protéger le citoyen, de tous les " potentats " locaux notamment. Le syndicat de la magistrature ne défend que lui-même.
o La Finance : faites-moi une bonne finance, je vous ferai une bonne politique. C'est - entre autres - l'aspect fiscal de la justice.
o Les Armées et la Politique Étrangère : l'ordre et la paix à l'extérieur.
o La Police et la Gendarmerie : l'ordre et la paix à l'intérieur.
o L'aménagement du territoire, pour harmoniser l'infrastructure du pays.
Et c'est tout.
Rien n'interdit d'accorder des délégations, qui sont évidemment contrôlées…
Les services publics ? Ils seront très bien assurés par des passations de marché à des entreprises privées, des concessions, ... grâce auxquelles l'État, délivré de sa double casquette de juge et de partie sera enfin en mesure de faire respecter le bien commun.
L'enseignement ? Seuls les états à vocation totalitaire peuvent prétendre au monopole de la formation des esprits. Peut-être est-il judicieux que l'État définisse les programmes et garantisse la compétence des maîtres, mais même cela demande à être examiné très sérieusement.
La santé ? Que l'État reste libre de fixer les remboursements indispensables - solidarité nationale
oblige - qu'il consent, et qui ne sont rien d'autre qu'une forme d'impôt. Les assurances et les mutuelles feront le reste, sans que personne ne puisse plus se prévaloir de dépenser indéfiniment, et sans responsabilité, sur le dos de la collectivité.
Que l'État se retire d'urgence de toutes ces taches industrielles, dans lesquelles il a largement démontré son incurie (plan machine-outils, plan calcul, plan acier, Charbonnages, Crédit Lyonnais, France Telecom… la litanie prendrait des pages). Qu'il abolisse toutes ces sociétés mixtes, qui n'exercent pas leur activité pour le bien du citoyen, mais pour celui d'une clientèle électorale : elles cumulent non pas les avantages des deux systèmes capitaliste et socialiste, mais leurs inconvénients, le moindre n'étant pas l'irresponsabilité.
Il y en a bien pour cinq ans, à condition de commencer tout de suite.

L'année de l'Algérie
Norbert Multeau

Plus le temps passe (quarante ans !), plus l'indépendance de l'Algérie apparaît comme un désastre, et plus les intellectuels de gauche, instigateurs et complices de ce désastre, éprouvent le besoin de justifier leur position et leur action.
Ils le font par une dénonciation récurrente de la torture pour culpabiliser l'armée qui avait reçu, du pouvoir civil socialiste, l'ordre de maintenir l'Algérie dans la France et, plus concrètement, de faire cesser les massacres du F.L.N. Il ne faut pas oublier que la politique de la France en Algérie était définie à Paris, en conseil des ministres, et non à Alger. L'armée a obéi et, aujourd'hui, d'autres socialistes lui reprochent cette obéissance.
Ils le font par des manifestations comme cette " Année de l'Algérie en France ", prévue en 2003, et dont le but avoué est d'exalter un bilan qu'ils jugent " globalement positif " malgré les 200 000 morts de la guerre civile, la mise en coupe réglée du pays par les apparatchiks de la dictature militaire et la misère endémique où croupit le peuple, ce peuple qui ne réclame pas une quelconque " repentance " de la France honnie, mais seulement des visas pour venir s'y faire " exploiter " derechef.
Puisque cette " Année de l'Algérie en France " n'aura aucune réciprocité (une " Année de la France en Algérie " relèverait d'un néo-colonialisme impensable) et puisqu'on n'en finira jamais avec la bonne conscience proclamée de ceux qui l'ont mauvaise, rappelons trois ou quatre vérités têtues : il y a eu plus de nationalistes algériens tués par d'autres nationalistes algériens que par les Français ; les soldats musulmans étaient plus nombreux dans les rangs de l'armée française que dans ceux du F.L.N. Le massacre des harkis abandonnés par la France est un crime et une infamie d'État ; le désespoir des pieds-noirs contraints de quitter leur terre natale est une honte nationale.
Demandons-nous si l'Algérie d'aujourd'hui n'expie pas son péché originel : la légitimation de la barbarie. L'actuelle guerre civile continue la précédente : l'intégrisme islamiste et terroriste est né sur le terreau de la corruption et du terrorisme des " libérateurs " d'hier.
Observons que les mêmes qui refusaient l'Algérie française, réputée impossible, s'accommodent aujourd'hui d'une France de plus en plus algérienne où l'intégration se fera bientôt en sens inverse, et s'accommoderont demain d'une Turquie islamiste intégrée à l'Europe chrétienne.
Reconnaissons que l'indépendance de l'Algérie n'a pas fait le bonheur des Algériens. Et laissons les fantômes enterrer les fantômes.

 


 
 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com