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" Les 4 Vérités-Hebdo "
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De sérieux motifs de pessimisme, et même de désespérance,
nous parviennent chaque jour. La prospérité est toujours
précaire. La faillite retentissante d'une seule entreprise, surtout
si elle est frauduleuse, ébranle la confiance de tout le système
capitaliste mondial. L'univers et notre environnement, sont fragiles.
Un seul bateau-poubelle transportant du pétrole, pourtant de
capacité moyenne, peut endeuiller des centaines de kilomètres
de nos rivages. Et en plus, loin de disparaître, les menaces de
guerre sont constantes.
Dans ce monde fragile, les individus, les entreprises, les nations ne
peuvent finalement que faire de leur mieux pour progresser : en améliorant
leurs connaissances, afin de transmettre à nos enfants un monde
meilleur, puisque telle est la loi qui préside à notre
présence sur la terre.
Or, souvent, et en particulier, au niveau des décisions politiques,
les choix qui sont faits vont exactement à l'inverse de cette
ambition. C'est en particulier le cas en France s'agissant de la gestion
des dépenses publiques, de la sphère publique en général,
et au-delà, des questions engageant l'avenir sur plusieurs générations.
Ainsi, transmettre aux générations futures une dette publique
représentant plus de 15 000 euros par personne, ou encore un
système de retraite par répartition, sans réserve
financière aucune, sont des crimes contre la postérité.
Les solutions existent. On les connaît. Même si elles ne
sont pas enseignées à l'ENA. Elles reviennent à
tourner le dos aux errements qui ont présidé à
la gestion des affaires publiques depuis trente ans. À revenir
au principe élémentaire de la responsabilité individuelle
et à démanteler l'État-providence qui attire chez
nous la misère du monde. Même avec le bon sens d'un Jean-Pierre
Raffarin et l'énergie d'un Nicolas Sarkozy, le moins qu'on puisse
dire est que nous ne prenons pas exactement ce chemin.
Certaines réformes pourtant indispensables peuvent même
sembler aujourd'hui irrémédiablement compromises. Par
exemple, quand l'inscription au bilan d'une entreprise publique de provision
au titre des retraites qu'elle aura à verser dans l'avenir se
traduit par une charge telle qu'elle ramène ses fonds propres
à un chiffre négatif (exemple d'EDF), on peut craindre
que toute tentative de privatisation soit irrémédiablement
compromise…
Au regard de toutes ces raisons d'être inquiet sur l'avenir de
notre pays - dont on a assez dit qu'il recule à la vitesse grand
V par rapport aux autres pays développés - il y en a une
autre, et elle est de taille, qui nous incite à garder l'espoir.
C'est l'élargissement et la généralisation à
tous les secteurs d'activité, envers et contre tout, depuis au
moins vingt ans, de la concurrence internationale.
Le long chemin de la libéralisation des échanges au niveau
international, engagé au milieu du xixe siècle, par les
économistes anglais, touche à sa fin. La dernière
proposition des États-Unis présentée devant l'Organisation
Mondiale du Commerce, tend à supprimer purement et simplement
les droits de douane sur les produits industriels d'ici à 2010
ou 2012. Les deux Amériques, l'Europe avec les pays qui y sont
déjà associés, et les deux milliards d'Asiatiques
(y compris la Chine, le Japon et l'Inde), constituent déjà
ou sont en train de constituer, pour le troisième ensemble, de
vastes zones de libre-échange. Des résistances sectorielles
ne manqueront pas de se produire. Tel ou tel pays, y compris les États-Unis,
pourra bien mettre en œuvre provisoirement des clauses de sauvegarde.
Qui ne voit que d'ici quinze ou vingt ans, l'ensemble des échanges
internationaux, de biens et de services, sera certainement libéré
de tout droit de douane et de l'essentiel des entraves encore en usage
aujourd'hui.
C'est déjà beaucoup, mais ce n'est pas tout. Depuis quinze
ans, et tout particulièrement en Europe, orchestrée par
la Commission de Bruxelles, on est allé vers une généralisation
de la concurrence qui, bon gré mal gré, s'est étendue
aux services publics et a dû être inscrite dans les lois
nationales. Il suffit de regarder en arrière et de faire les
comptes : le secteur des télécommunications a été
entièrement libéré, après celui des transports
aériens. Le secteur des assurances a été soumis
à la concurrence dès 1994. Le secteur de l'énergie
sera à son tour entièrement libéré d'ici
à 2007. Le monopole de la Poste, déjà entamé,
va voler en éclats. Ensuite, ce seront les vastes secteurs de
la santé, de l'éducation et de la prévoyance qui
devront se faire à l'idée de vivre eux-aussi dans des
environnements concurrentiels.
Or les bienfaits de la concurrence sont parfaitement connus. Non seulement,
elle incite à réduire les coûts, mais en plus, elle
permet l'amélioration de la qualité des produits existants,
l'introduction plus rapide de nouveaux produits, de nouveaux moyens
de production. C'est l'éperon de l'innovation et du progrès.
Sur cette route, les politiciens français, tous protecteurs des
droits acquis, traînent les pieds. Mais, ils ne peuvent reculer
sans remettre en cause toute la construction européenne. À
Paris, ils se plaignent de cette conception européenne de la
généralisation de la concurrence, mais à Bruxelles,
ils l'approuvent ! C'est pourquoi, malgré eux, et en dépit
de toutes les difficultés auxquelles nous nous heurtons, nous
sommes quand même bel et bien sur le chemin de la liberté.