Islam
" Pourquoi vouloir doter les musulmans d'une représentation
presque malgré eux ? Un conseil de réflexion me paraît
être plus essentiel pour adapter l'Islam aux spécificités
de la société. Un conseil représentatif ne doit être
que la dernière étape d'un long processus. On ne peut pas
décider d'une représentation musulmane au même titre,
par exemple, qu'une représentation catholique plus vieille que
l'État lui-même " (Soheib Bencheikh, grand mufti de
Marseille).
France Telecom
Les mauvais investissements de France Telecom coûteront aux contribuables
quatre fois plus cher que la facture du Crédit Lyonnais, selon
Pierre Lestrade, économiste et ancien administrateur de France
Telecom.
Archaïsme
" Nous devons faire face à un véritable décalage
de modernité entre les entreprises et l'État. La France
possède plusieurs champions de dimension mondiale, alors que les
services publics et la fiscalité se distinguent par leurs archaïsmes.
Le vrai risque à terme, c'est que les champions français
ne délocalisent leur centre de décision " (Michel Pébereau,
Président de PNB Paribas).
Privilèges
" Je doute que les Parisiens trouvent anormal qu'un Conseiller de
Paris perçoive une indemnité nette mensuelle de 2 470 euros
(après impôt), qu'un Adjoint au Maire de Paris, ou un Maire
d'arrondissement, reçoive 2 750 euros net (après impôt)
et que le premier magistrat de la capitale touche chaque mois, 3 500 euros
net (après impôt) "
(Bertrand Delanoë).
Les élus touchent donc bel et bien des indemnités nettes
de tout impôt !
IMMIGRATION
" Aucune raison d'ordre démographique ne justifie que l'on
encourage le développement massif de l'immigration dans les années
à venir. L'immigration ne résoudra pas davantage le problème
du vieillisement ni le déficit prévisible de nos caisses
de retraite " (Extrait d'un rapport du Commissariat général
au Plan).
Aujourd'hui est un jour sans gaieté. Des lecteurs m'ont écrit
pour me remercier de mes textes. D'autres pour me critiquer ou m'insulter.
C'est normal. Nul ne peut faire l'unanimité. Mais ceux qui me critiquent
et m'insultent laissent souvent de côté la connaissance et
le scrupule intellectuel, et il m'arrive de me dire que bientôt
la connaissance et le scrupule ne serviront plus à rien, et que
tout reposera sur l'opinion.
Ce jour-là, nous aurons tout perdu, car sans le recours à
la connaissance, il ne reste plus de place pour autre chose que l'adhésion
affective, qui se cache toujours derrière l'opinion. L'envers noir
et rouge de l'adhésion affective est la violence. Même si
j'aimerais penser autre chose, je vois tant et tant autour de moi reculer
le respect qui nimbait autrefois celui qui sait que je pense désormais
qu'il ne restera bientôt plus que cela : les affects et la violence.
Et je le dis : j'espère ne pas vivre assez longtemps pour connaître
un monde qui prendrait cette direction.
Mais puisque je vis encore et que je ne suis pas très âgé,
il m'arrive de me demander à quoi servent encore des gens comme
moi qui passent leurs journées et parfois leurs nuits à
écrire, à se documenter, à lire des milliers de livres.
J'appartiens, moi et mes semblables, c'est clair, à une ère
définitivement révolue.
Et le dernier rap (anti-capitaliste, mais financé par des multinationales
capitalistes) de MC Solaar, où FMI rime avec RMI, et où
le gauchisme le plus débridé se donne libre cours, rapportera
à son auteur bien davantage d'adulation et de notoriété
que mon prochain livre ou celui d'un de mes confrères libéraux.
Pour réussir dans le monde acéphale et décadent qui
est désormais le nôtre, pour y être influent et respecté,
voire pour réussir en affaires, rien ne vaut le discours anti-capitaliste.
Ceux qui portent en bandoulière un cœur à gauche et ouvrent
en même temps de la main droite un compte en Suisse ont tout compris.
L'éthique et la droiture sont des vieilleries ringardes et risibles,
justes bonnes pour le rebut. Nous sommes dans une ère où
cynisme et mensonge sont rois…
Hélas, je ne sais pas mentir, je ne parviens pas à être
cynique : et je ne peux donc vraisemblablement que me marginaliser…
Récemment, j'ai dû faire cours dans un amphithéâtre
d'université
couvert d'inscriptions à la gloire d'Oussama Ben Laden et j'ai
dû
me taire : il en allait de
ma " réputation ", et si j'avais
émis des réserves, des rumeurs de " racisme "
auraient couru me concernant. Comme ma vie serait simple si j'adulais
Ben Laden, et si je trouvais son sourire sympathique ! Comme elle serait
simple aussi si je trouvais du charme aux jeunes gens généreux
qui se font exploser chaque semaine en Israël. Comme elle serait
simple si je pratiquais l'antisémitisme soft à la mode aujourd'hui.
Il faut, pour être heureux, sentir de quel côté le
vent souffle, et ne plus se poser de questions…
Il faut aussi en savoir peu. Voici quelques jours, j'ai fait des conférences
pour des hauts fonctionnaires européens, et il me fut dit qu'il
ne fallait pas donner de références trop précises
: cela peut être humiliant, m'a-t-on dit, pour des gens habitués
aux conversations de café du commerce : il ne faut pas oublier
désormais qu'inciter les gens à en savoir davantage est
blessant. Les gens ont mieux à faire : écouter Jacques Chirac
ou MC Solaar, par exemple.
Je devrais me reconvertir, je sais, tenter de me vider la tête,
abandonner mes scrupules : tant d'éditeurs m'ont dit que j'avais
du style, mais que malheureusement, mes idées, normales et logiques
il y a trente ans, dérangeaient aujourd'hui où, si l'on
veut être entendu, il vaut mieux parler de fientes et de décadence
joyeuse (ou, à la rigueur d'anti-capitalisme) que d'éthique
et de civilisation…
Je devrais me dire qu'il n'y a qu'une seule vie, que dans trente ans je
serai vieux, et qu'en attendant, il vaudrait mieux que je mise sur l'imbécillité
de millions de gens plutôt que sur l'intelligence de quelques-uns.
Peut-être, par pur désespoir, y viendrai-je… Je n'en suis
pas là.
Je préfère encore, aujourd'hui, continuer à collaborer
aux organes de presse, désormais rares, qui me laissent la parole
sans la moindre censure. Je participerai à des colloques ou à
l'Université d'été de la Nouvelle économie,
organisés avec efficacité, rigueur, brillance et générosité
(je le répète et je signe) par Jacques Garello, cet homme
que j'estime profondément, et je regretterai qu'un événement
aussi riche culturellement ne bénéficie pas d'une couverture
médiatique nationale.
Je me dirai que si nous ne voulons pas tous continuer à courir
vers la mort collective, c'est de ce type d'action que viendra la renaissance,
si renaissance il doit y avoir, avant que tout soit définitivement
perdu et que les barbares de tous ordres et de toutes espèces n'achèvent
le saccage d'une civilisation qui fut grande…