Sommaire

 

Communication


Service public
Dans son rapport remis le 10 décembre, Catherine Clément, 63 ans, philosophe et femme d'ambassadeur, propose d'inscrire dans le préambule de la Constitution, l'existence d'un service public de l'audiovisuel en France. Au même titre que l'enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés.

France 2
Il y avait 5,77 millions de téléspectateurs (25 % de part d'audience) pour regarder Nicolas Sarkozy, invité de l'émission " 100 minutes pour convaincre " sur France 2, le lundi 9 décembre.

Elkabbach
Jean-Pierre Elkabbach, 65 ans, vient d'être renouvelé pour trois ans comme président de la chaîne parlementaire Public Sénat. Il reste, par ailleurs, sur Europe 1.

Dassault
La Socpresse, société éditrice du " Figaro ", et détenue à 30 % par Serge Dassault, pourrait prendre le contrôle du quotidien belge
" Le Soir ".

Corruption
En Algérie, les hommes d'affaires pratiquent la corruption à grande échelle. Le plus connu d'entre eux, Raffik Khalifa, invite journalistes et patrons de presse pour des voyages et des séjours de rêve, avec des enveloppes de billets de banque à la clé. Gérard Depardieu est en relation d'affaires avec lui. " J'ai une vraie amitié pour lui " a-t-il déclaré dans un entretien au" Parisien " le 13 décembre. À Tébessa, les correspondants de presse ont demandé au préfet l'autorisation de porter des armes…

Publicité
Après une mauvaise année 2002, marquée par une baisse du chiffre d'affaires des médias, en recettes publicitaires, les grandes agences s'attendent, en 2003, à une nouvelle année de baisse…

 

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Euthanasie et démocratie
Pierre Lance

Je commencerai par un témoignage personnel. Mon père, chef de cuisine réputé, qui travailla dur toute sa vie, mourut dans mes bras d'un infarctus massif à l'âge de 63 ans. Lorsqu'elle atteignit ses 80 ans, ma mère me dit : " Ton père est mort trop tôt, mais du moins la vieillesse lui a-t-elle été épargnée ". Elle ressentait alors les premières atteintes de la maladie d'Alzheimer. Deux ans plus tard, j'étais le seul de ses proches qu'elle reconnaissait encore. Elle ne pouvait plus s'exprimer et me tenait la main durant des heures sans dire un mot. Elle ne savait plus dire que ceci : " Je veux mort ! " et ne le disait pas en suppliant, mais en dressant un poing vengeur vers d'invisibles tortionnaires. C'était une femme de caractère. Un médecin compréhensif, de ces vrais compatissants comme il en existe heureusement, lui donna avec mon accord la dose de morphine libératrice. Elle s'endormit en me souriant et ne se réveilla pas. Des milliers d'euthanasies clandestines ont lieu, en France, chaque année.
Dieu merci, les Français font ce qu'ils veulent, malgré les dictateurs sournois qui les entravent autant qu'ils peuvent.
Je pris ensuite en charge ma tante de 86 ans, qui n'avait pas d'enfants. Elle n'avait pas pu en avoir, à la suite d'un avortement clandestin mal effectué dans sa jeunesse et imposé par la dictature de l'époque, par ces fameux " respectueux de la vie " coupables de la stérilité ou de la mort de nombreuses jeunes femmes. Se sont-ils seulement aperçus que la natalité française remonte régulièrement depuis la loi sur l'IVG ? Croient-ils que c'est une " coïncidence " ?
Ma tante quitta donc sa Normandie natale pour venir habiter chez moi à Cannes. Elle était en bonne santé, mais très fatiguée et ne pouvait plus marcher seule. " Oh, je ne t'embarrasserai pas longtemps mon petit Pierre ", me dit-elle. " Je ne passerai sûrement pas l'hiver ". Et elle me tendit un papier sur lequel elle avait écrit qu'en cas de besoin, elle voulait être soignée à domicile, qu'elle refusait toute hospitalisation et tout acharnement thérapeutique. Mais le climat de la Côte d'Azur fit merveille, avec deux promenades par jour au bras de son neveu. Des hivers, elle en a passé six. Mais après ses 92 ans sonnés, je la vis diminuer de jour en jour. Elle disait qu'elle en avait assez. Les derniers temps, elle ne savait plus avaler, pas même la boisson. Je devais lui donner du lait avec un compte-gouttes au coin des lèvres. Son médecin était aussi un homme compréhensif. Elle est partie en dormant, le 6 novembre dernier.
88 % des Français sont pour. Depuis des années, les partisans de l'euthanasie volontaire sont en France (et en Europe) de plus en plus nombreux. Le récent sondage IFOP donne chez nous 88 % de pour et 9 % de contre, 3 % étant indécis. Mais qui sont donc ces 9 % qui imposent à leurs concitoyens une loi barbare, par le truchement de politiciens qui se prétendent démocrates, mais qui sont tous englués dans des idéologies obsolètes ? Ce sont des bourreaux inconscients qui mettent l'enfer sur terre. Ce sont
des " coupables pas responsables " et qui se croient " moraux ", victimes d'une éducation erronée qui leur a mis une pierre à la place du cœur et un dogme à la place de l'âme.
Mme Mireille Jospin, mère de notre ex-Premier ministre, ancienne sage-femme, s'est euthanasiée elle-même à l'âge de 92 ans voici quelques jours. Elle était depuis longtemps militante de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité. Son propre fils, durant tout son mandat, n'a pas levé le petit doigt pour favoriser l'adoption d'une loi sur l'euthanasie volontaire que les Français attendent avec de plus en plus d'impatience. Son ministre de la Maladie, l'hypocrite Dr Kouchner, se contenta d'un discours-fleuve aux assises de l'ADMD, sans faire aucune proposition concrète.
Jacques Chirac vient de recevoir, à l'Élysée, la mère d'un jeune homme presque complètement paralysé sans espoir de guérison, qui lui avait écrit d'un doigt sur ordinateur pour lui demander de lui accorder le droit de mourir. M. Chirac a déclaré à sa mère qu'il était très sensible à la souffrance de son fils. Et que fera-t-il ? Rien sans doute, puisque notre nouveau ministre de la Maladie, le Dr Mattéi, catholique pratiquant et pseudo-libéral, a récemment répondu à la question d'un journaliste évoquant le sujet que " la question de l'euthanasie n'était pas à l'ordre du jour ". Mais qui donc dans notre pays doit décider de l'ordre du jour ? Le peuple souverain ou les guignols infatués qui se targuent de le représenter et qui ne cessent de le trahir, par la droite comme par la gauche ? Car la question de l'euthanasie ne pose pas seulement celle de notre " dernière liberté ", comme l'appelle François de Closets, mais celle de la démocratie française tout entière.

* Site Internet de Pierre Lance : http://assoc.wanadoo.fr/lerenouvelle/pub/

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 


 
 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com