Canal +
Le groupe de télévision payante Canal + a consacré,
cette année, 335 millions d'euros à des achats cinématographiques
dont 150 millions d'euros pour des films étrangers. Le bouquet
numérique CanalSatellite a franchi le cap des deux millions de
foyers abonnés.
TDF
France Telecom a revendu pour 1,34 milliard d'euros sa filiale Télé
Diffusion de France (TDF).
Cinéma
La France est le partenaire privilégié de Cuba pour la production
cinématographique. Un nouvel accord vient d'être conclu entre
le Centre national de la cinématographie (CNC) et son homologue
cubain, l'Institut Cubain d'art et d'industrie cinématographique.
Albums
Un disque vendu à un million d'exemplaires rapporte dix millions
de dollars : trois fois ce qu'il coûte à produire, coûts
de marketing compris. Ces chiffres valent aussi bien pour Sony-Columbia
que pour Universal.
Bandes dessinées
1 494 nouveaux albums de bandes dessinées ont été
publiés cette année (1 292 l'an dernier). Le titre le plus
vendu, " Titeuf " qui s'adresse à des pré-adolescents,
a été tiré à 1 450 000 exemplaires. Un tiers
des Français lisent des bandes dessinées. Le secteur compte
180 éditeurs. Le leader est le groupe Dargaud (234 titres cette
année). 1 240 auteurs, dessinateurs ou scénaristes sont
officiellement recensés.
Soljenitsyne
Alexandre Soljenitsyne, 84 ans, vient de publier, à Moscou, le
deuxième tome de son Histoire des Juifs en Russie.
Internet
Amazon, numéro un des sites marchands sur internet, lancé
en 1997, commence à être bénéficiaire en exploitation...
À ceux de nos lecteurs qui pourraient se demander
ce que vient faire un article sur l'athéisme dans un journal
essentiellement politique, je répondrai qu'aucune politique ne
peut réussir si elle n'a pas une base philosophique solide, si
elle ne peut pas s'appuyer sur une éthique et sur une conception
cohérente de l'univers et du rôle de l'être humain
sur cette planète. Or, c'est précisément ce qui
nous manque, et je suis convaincu que tous les désordres politiques
et sociaux du monde moderne résultent en dernier ressort de cette
carence dramatique. J'estime que, sur ce point, les croyants peuvent
s'accorder avec moi.
Là où nous nous séparons, c'est qu'ils veulent
résoudre cette carence en perpétuant des réponses
religieuses archaïques qui étaient peut-être acceptables
encore au xve siècle par un paysan du Danube ou un fellah de
Basse-Égypte, mais ne peuvent l'être aujourd'hui que par
des gens incultes, naïfs et superstitieux, notamment dans le tiers-monde.
Quant aux personnes évoluées et cultivées des nations
modernes qui s'y cramponnent encore, ce ne peut être que par l'effet,
soit d'une imprégnation
affective de leur petite enfance qu'ils ne parviennent pas à
surmonter, ce qui est très compréhensible, soit d'une
démarche " stratégique " erronée de nature
politique, semblable à celle qu'adopta autrefois Charles Maurras,
agnostique notoire qui soutint pourtant le catholicisme. Or, cette démarche
est non seulement vouée à l'échec, mais, ce qui
est plus grave, elle empêche au sein des partis de droite l'émergence
d'une philosophie digne de ce nom. Si notre pays ne parvient pas à
évoluer correctement, c'est, à mon sens, parce qu'il est
écrasé entre la gauche marxiste et la droite chrétienne
comme entre le marteau et l'enclume. Aujourd'hui, les Français,
dans leur immense majorité, ne sont plus ni chrétiens,
ni marxistes, mais leurs députés, pour la plupart, sont
encore l'un ou l'autre. De sorte que les " représentants
du peuple " ne représentent plus que des idéologies
obsolètes et des partis caducs, mais non pas le peuple souverain.
Aussi devons-nous affirmer hautement une philosophie prométhéenne
d'esprits libres débarrassés de toute dogmatique politico-religieuse,
une philosophie capable de replacer l'être humain au cœur des
réalités de la nature, des avancées de la science
et des constats de la psychologie. Si nous n'en sommes pas capables,
aucun dieu ne viendra nous sauver de la décadence issue de nos
vieilles chimères.
L'athéisme, tel que je le conçois, n'est que la revendication
légitime de la liberté, de la responsabilité et
de la dignité de l'être humain, de cet être qui est
l'aboutissement terrestre de la patiente élaboration d'organismes
complexes, au cours des millénaires de l'évolution, par
les êtres infinitésimaux qui nous édifièrent
et qui nous constituent.
Chacun de nous est composé d'environ 80 000 milliards de cellules
associées auxquelles nous devons respect, admiration et reconnaissance.
C'est pourquoi la santé, la force et le bonheur sont des devoirs
plus que des droits.
Chacun de nous est responsable devant lui-même de ce qu'il est,
de ce qu'il fait et de ce qu'il devient. Chacun de nous est à
son tour une " cellule " du grand corps de l'humanité,
de cette planète vivante que nous avons à charge de construire,
dans la santé, dans l'harmonie et dans la force.
Le faisons-nous ? Les religions qui règnent sur nous depuis tant
de siècles nous ont-elles conduits à le faire ? Je ne
le crois pas. Pourquoi ? Parce qu'elles ont mis au-dessus des hommes
un seigneur imaginaire dont le mirage ne pouvait qu'anémier leur
conscience, intimider leur fierté, inhiber leur autonomie, rendre
les faibles craintifs et soumis, les forts arrogants et despotiques,
dès lors qu'ils se croyaient investis par un dieu.
L'athéisme se déduit logiquement de la conception d'un
univers éternel et infini, dans lequel, selon la formule célèbre
" rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ".
L'univers ne peut être qu'éternel et infini, puisqu'il
est impossible d'imaginer, dans le temps comme dans l'espace, un avant,
un après et un autour qui ne fassent pas partie de lui-même,
et moins encore un créateur qui devrait lui être préexistant.
Il en résulte que chaque être vivant est responsable de
son destin et responsable pour une part du destin de la communauté
dans laquelle il s'intègre ; que s'agenouiller, prier, se prosterner
sont des attitudes de fuite et de démission psychiquement autodestructrices,
dont la pratique séculaire explique pour une large part, à
mes yeux, le délabrement moral de tant d'hommes d'aujourd'hui,
même s'ils ont cessé, trop tard, de pratiquer.
Il est temps de nous ressaisir et de comprendre que notre avenir sera
ce que nous l'aurons fait, sans appel, sans recours et sans absolution.