Courageux, travailleur, efficace, Nicolas Sarkozy semble être
un politicien avisé et pragmatique. Sur l'immigration clandestine,
son discours revient à dire, à peu près : "
Beaucoup d'étrangers se trouvant chez nous illégalement,
ne sont pas expulsables ; il faut leur donner des papiers, les accueillir
et les intégrer ". Il s'oppose ainsi, notamment, à
la position du Front National, partisan non seulement d'expulser les
étrangers en situation irrégulière, mais également,
certains étrangers en situation régulière et même
des Français ayant acquis notre nationalité récemment,
en application du droit du sol, que conteste cette formation politique.
La position du ministre de l'Intérieur peut sembler réaliste.
Mais un contrôle beaucoup plus strict de nos frontières
est un préalable incontournable à la mise en œuvre d'une
politique généreuse d'intégration des populations
allogènes. C'est évident comme un simple problème
de plomberie : pas moyen de réparer une fuite de baignoire sans
commencer par fermer les robinets d'alimentation !…
L'intégration des étrangers en France - si elle est possible
- concerne, en premier lieu, les six millions de musulmans que compte
désormais notre pays, même si ceux-ci, pour une bonne part,
disposent d'un passeport français.
C'est un problème qui comporte de nombreux aspects non religieux,
en particulier démographique compte-tenu du fort différentiel
de fécondité observé, en France, entre les femmes
musulmanes et les autres. Différentiel qui, même s'il devait
diminuer, sera sans doute durable si l'on veut bien observer les exemples
que nous avons sous les yeux, d'une part de la population des Harkis,
arrivés en France il y a quarante ans, ou bien encore, celui
du Liban, où les populations musulmanes, parfaitement intégrées,
ont une natalité nettement supérieure à celle des
autres.
Avec un certain cran, Nicolas Sarkozy - comme pour plusieurs autres
dossiers d'ailleurs - a repris le travail entamé par ses trois
ou quatre prédécesseurs afin d'aboutir à la mise
sur pied d'une organisation représentative de tous les musulmans
de France, s'exprimant en son nom et ayant, espère-t-il, une
certaine autorité, non seulement, sur les fidèles, mais
également sur les imams.
On voit bien l'intérêt des parties prenantes côté
islamique. Chez nous, toute reconnaissance de " représentativité
" est assortie d'avantages sonnants et trébuchants…
On voit moins bien les avantages pour les pouvoirs publics et au-delà,
du point de vue de la paix civile, pour l'ensemble de la collectivité
nationale.
Le Coran
ne peut pas évoluer
Passons sur la représentativité des personnalités
conviées à la concertation. Certaines sont réputées
proches de courants intégristes, apparus au début du siècle
dernier, soit en Égypte, soit en Arabie Saoudite. Mais, admettons
que ce n'était pas au ministre de l'Intérieur de faire le
tri entre ses possibles interlocuteurs.
Demeure la principale question, l'Islam est-il oui ou non soluble dans
les règles de la République laïque française
?
La réponse est probablement et définitivement non. Car la
question de l'Islam renvoie bien sûr à celle du Coran, à
ses règles, ses principes, ses dogmes et ses ordres, parfaitement
incompatibles avec ceux, élaborés au fil des siècles
sur lesquels reposent nos sociétés occidentales, la France
laïque et républicaine en particulier.
Car une différence essentielle sépare l'Islam de toutes
les autres religions monothéistes. Les versets du Coran son réputés
avoir été dictés par Dieu lui-même à
Mahomet, par l'intermédiaire de l'Ange Gabriel. Ce qui entraîne
une double conséquence : non seulement, il y a confusion entre
le temporel et le spirituel, mais encore, c'est le second qui commande
au premier ; dans ces conditions, il n'est pas concevable qu'il puisse
y avoir la moindre évolution, à l'inverse de ce qui s'est
passé tout au long des deux milles ans de christianisme. La morale,
les structures sociales et politiques, les conceptions de l'homme et de
Dieu sont conçues une fois pour toute. Le seul progrès concevable
est de s'approcher le plus possible d'une norme connue... Nous avons à
faire à une religion " fixiste ". Cela vaut pour la Charria
comme pour le statut des femmes.
Plutôt que d'emboîter le pas à ses prédécesseurs,
Nicolas Sarkozy aurait mieux fait de s'arc-bouter sur notre constitution
et les principes généraux de notre droit, seul creuset possible
à toute intégration durable.
Ce faisant, il n'est pas sûr que le succès aurait eu plus
de chance d'être au rendez-vous dans quelques années. Mais,
son image de fermeté y aurait gagné. Sa popularité
aussi, non seulement dans les couches les plus populaires de la population,
auxquelles il sait si bien parler, mais aussi parmi les immigrés
musulmans eux-mêmes. Et, en particulier, les femmes qui, chez nous
comme ailleurs, attendent certainement autre chose des pouvoirs publics
que la confortation des prérogatives souvent abusives des barbus
!