Trotskistes
" Depuis 1968, 30 000 militants sont passés par la Ligue communiste.
Beaucoup sont aujourd'hui dans la presse et la communication " (Alain
Krivine).
Formation
Mise en place en 1971, la formation professionnelle obligatoire, alimentée
par les cotisations des entreprises, représente un budget d'un
peu plus de 22 milliards d'euros. " Ce sont ceux qui en ont le moins
besoin qui en bénéficient le plus " résume Jean-Michel
Martin, un responsable de la CFDT…
Dollars
" Je considère qu'il n'y a désormais plus de lien entre
le déficit extérieur et le cours des changes, car le monde
entier a besoin de dollars et notamment les pays d'Asie pour leur commerce
et leurs investissements à l'intérieur de leur propre espace
" (Gail Fosler, économiste du patronat américain).
Sharon
" Sharon a simplement représenté le consensus né
en réaction au rejet par Arafat des propositions d'Ehud Barak,
et au déclenchement de l'Intifada, dans le but de détruire
les acquis d'Oslo " (Tommy Lapid, leader du Shinouï, parti israélien
du ?changement?).
Antisémitisme
" Je suis préoccupé par des intellectuels comme Alain
Minc, qui traite le premier Ministre d'Israël de Soudard, et se qualifie
lui-même de mauvais juif " (Roger Cukierman, Président
du Crif).
Télé-Matignon
" La droite acapare les médias. Certains de ses membres campent
littéralement dans les studios. Sur certaines émissions,
c'est Télé-Matignon qui prend l'antenne... " (Jack
Lang).
Corée du Nord
" À tous égards, le danger nord-coréen semble
plus imminent que le danger irakien " (Madeleine Albright).
Intégrité
" On n'achète pas les gens de qualité " (François
Bayrou).
Quelle est la situation planétaire en ce début d'année
2003 ? Tout en s'élargissant, l'Europe montre chaque jour davantage
ses faiblesses. En son centre, une Allemagne malade, sclérosée,
vieillissante, croulant sous les charges, incapable, semble-t-il, du
moindre sursaut, et engluée dans une croissance nulle et un chômage
qui ne cesse de monter.
La France, juste à côté ne va guère mieux,
et l'omniprésence fébrile de Nicolas Sarkozy ne pourra
cacher longtemps l'immobilisme de Raffarin et le refus d'affronter vraiment
les problèmes de fond.
La Grande-Bretagne pourrait sembler mieux lotie, mais un court voyage
à Londres suffit à montrer qu'en franchissant la Manche,
on entre dans un pays qui, après le sursaut des années
Thatcher, renoue peu à peu avec le crépuscule…
On parle d'Europe de la défense, mais force est de constater
que toutes les armées européennes mises bout à
bout ne suffiraient pas à faire une armée crédible.
Inutile en ces conditions de parler de politique étrangère
européenne.
Restent la monnaie, construite par volontarisme mégalomaniaque,
et une bureaucratie technocratique coupée des peuples. Reste
une sous-pensée politiquement correcte teintée de résidus
de socialisme qui prône l'ouverture à tous vents, la tolérance
à tous crins et s'indigne à la simple évocation
des valeurs et des apports de l'Occident.
Si on porte le regard plus loin, vers le Sud de la Méditerranée
et vers le Proche-Orient, on voit l'Islam se teinter toujours davantage
d'islamisme, et la frustration de populations qui croupissent dans le
sous-développement, envient la richesse des sociétés
décadentes où nous vivons et s'imprègnent d'une
haine antisémite et anti-occidentale.
Nombreux sont les jeunes gens qui, là-bas, rêvent de djihad,
d'explosions, de reconquête, et de violence meurtrière.
L'Europe leur apparaît prête à tomber bientôt,
comme un fruit pourrissant et flasque. L'existence, et la réussite,
d'Israël leur est d'autant plus intolérable qu'elle leur
renvoie en miroir l'image insupportable de leur propre échec.
Pour trouver une lueur d'espoir, il faut porter le regard plus loin,
bien plus loin : pas du côté de l'Afrique sub-saharienne,
région sinistrée qui sort de l'histoire et des échanges
économiques planétaires, pas du côté de l'Amérique
du Sud non plus où, après une dizaine d'années
d'espoir, les vieux démons de l'autoritarisme de gauche, de la
corruption et de l'effondrement économique reviennent sur le
devant de la scène, pas du côté du Japon qui, tout
en restant un pays riche, ressemble plutôt à un astre mort,
pas du côté de la Chine qui ne s'ouvre au développement
qu'à doses homéopathiques et réinvente l'esclavage
tout en renforçant son armée, et tout en maintenant un
autoritarisme politique teinté d'un nationalisme ressentimental
de mauvais augure… Pas du côté de la Corée du Nord,
bien sûr, où un dictateur paranoïaque s'achète
une survie grâce au chantage nucléaire…
Du côté de la Russie, plutôt, où Poutine semble
avoir réussi à arrêter ce qui ressemblait à
un glissement inexorable vers le désastre, du côté
de la Russie aussi parce que Poutine a compris que le désastre
ne serait évité qu'en opérant un renversement d'alliance
et en se rapprochant durablement de l'Occident…
Du côté de ces minorités chinoises industrieuses,
influentes, qui font la richesse de toutes les sociétés
d'Asie où elles sont installées, et qui nouent entre elles
des réseaux commerciaux et financiers faisant du Bassin Pacifique
la zone la plus économiquement prometteuse aujourd'hui.
On peut avoir aussi, bien sûr, une lueur d'espoir, en regardant
du côté des États-Unis, n'en déplaise aux
aigres et aux rances. Dans les moments cruciaux, ce pays a toujours
su trouver des dirigeants à la hauteur des enjeux auxquels ils
étaient confrontés. George W. Bush est l'un de ces hommes.
Il sait que le monde n'échappera à la désorganisation
économique et politique que si les États-Unis assument
leurs responsabilités, et il fait tout pour que les États-Unis
assument leurs responsabilités. Il sait que les États-Unis
sont le seul rempart contre l'islamisme et le terrorisme, et il agit
en conséquence.
Largement voués à l'obsession anti-américaine que
Jean-François Revel dénonce magistralement dans son dernier
livre, les Européens, qui devraient remercier Bush, préfèrent
le critiquer. J'ai déjà écrit voici quelques mois
que les peuples qui agonisent n'aiment pas qu'on perturbe leur agonie.
Les peuples européens vont, en cette année qui commence,
poursuivre le cours de leur agonie, j'en ai peur.
Conscients de ce qui se passe, les dirigeants américains délaisseront
l'Europe et s'occuperont de ce qui importe. Les Européens tenteront
de freiner la recomposition du monde qui s'amorce, mais ne
freineront rien.