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Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Alain Dumait

Même élu en octobre 2000 dans des conditions discutables, le Président ivoirien Laurent Gbagbo n'en était pas moins le chef d'État légitime d'un pays lié à la France. L'intervention de l'armée française, immédiatement réclamée par les autorités d'Abidjan, pouvait être engagée dans les jours qui suivirent la tentative de coup d'État manqué le 19 septembre dernier. En vertu de nos accord de défense.
Alors, le Nord et l'Ouest du pays n'étaient pas encore aux mains de soldats rebelles et comme maintenant de pillards venus en particulier du Liberia et de la Sierra Leone. Tous les experts s'accordent à dire que l'ordre aurait sans doute été rétabli en quelques jours avec des moyens militaires réduits, en tout cas, pas supérieurs aux 2 500 hommes d'élite actuellement en faction sur une ligne qui va de l'Est à l'Ouest du pays.
En de nombreuses autres occasions, ces accords de défense, vestiges de feu la Communauté française, ont été mis en oeuvre souvent avec succès. En contrepartie, la France pouvait exiger que les prochaines consultations électorales prévues pour 2005, se déroulent dans des conditions un peu plus démocratiques.
Comme paralysé par un syndrome d'échec africain, le gouvernement, en l'occurrence le tandem Chirac-Villepin, a préféré reconnaître d'emblée les jeunes chefs rebelles du Nord et de l'Ouest comme des interlocuteurs à part entière, le ministre français des Affaires étrangères n'hésitant pas, le 27 novembre dernier, à leur accorder une quasi-reconnaissance officielle en se rendant lui-même dans la ville de Bouaké, tombée aux mains des insurgés cinq semaines auparavant.
Outre une absence initiale évidente de résolution, cette façon propre à la diplomatie française de mettre souvent sur le même plan des responsables élus et des responsables auto-proclamés, des élus et des rebelles, des dirigeants légitimes et des terroristes, est la principale caractéristique de la façon dont a été traité le dossier ivoirien.
Ensuite, réunir en banlieue parisienne, du 15 au 23 janvier, l'ensemble des forces politiques parties prenantes à la crise qui secoue ce pays, soit les représentants de dix formations politiques, à la représentativité réelle ou douteuse, était déjà une petite prouesse. Mais, la mise en oeuvre de l'accord signé le 24 janvier à Linas-Marcoussis est une autre paire de manches !
La population d'Abidjan, agglomération de quelque trois millions d'habitants, est entièrement acquise à l'idée de l'affrontement avec les rebelles du Nord et de l'Ouest. Pour sa part, le Président Gbagbo a fait remarquer qu'il n'avait pas les moyens militaires de gagner la guerre engagée par ses adversaires. Mais, la stricte application des accords de la semaine dernière nécessiterait l'intervention sur place d'une force d'interposition que la France se refuse très officiellement à engager.
Dans ces conditions, et malgré l'accord signé, le gouvernement de réconciliation nationale ne peut pas être constitué. La guerre civile ne peut que se poursuivre, sans doute s'étendre. Nouvel échec de la flamboyante diplomatie française, hélas !

Il faut relativiser la mobilisation générale des pacifistes pour surseoir à une confrontation militaire entre l'Amérique et l'Irak. Les manifestants peuvent être aussi nombreux qu'ils veulent ; les sondages d'opinion aller presque tous dans le même sens ; cela ne prouve en rien la pertinence de la position anti-américaine. On sait bien, en effet, que l'opinion publique est toujours contre la guerre, toujours prête à défendre la paix, soi-disant, même au prix de compromissions qui doivent se payer cher rapidement. Les accords de Munich sont dans toutes les mémoires.
À ce jour, le gouvernement irakien de Saddam Hussein, et lui
seul, peut encore éviter le déclenchement d'une guerre aux
conséquences effectivement incalculables. Il lui suffit de faire ce que son vice premier Ministre Tarek Aziz (un Chrétien) s'est engagé à faire, à savoir coopérer plus étroitement avec les experts en armement de l'ONU qui, sur place, ont déjà procédé à plus de 500 inspections.
Car l'ONU a bel et bien décidé, à la quasi-unanimité, en assemblée générale, que l'Irak devait détruire son stock d'armements chimiques, bactériologiques et nucléaires. L'acceptation de cette résolution implique une coopération qui, jusqu'à présent, fait manifestement défaut. C'est ce qui constitue, au regard de la loi internationale, un casus belli, même sans repérage d'armes prohibées par les inspecteurs en désarmement.
Le gouvernement américain estime avoir le droit de mettre en oeuvre, même isolément, contre l'Irak cette justice internationale. De belles âmes peuvent en être choquées. C'est ne pas accepter ou reconnaître que l'Amérique est aujourd'hui le seul gendarme du monde. Et qui peut nier, de bonne foi, que dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec des dictateurs et des terroristes partout, nous avons tous grand besoin d'un gendarme, que ses allures ou ses manières nous plaisent ou non ? À la seule condition qu'il ait le droit pour lui. Ce qui est le cas de George Bush dans l'affaire irakienne.

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com