Sommaire

 

Chiffres Significatifs

Offres d'emploi
Selon le baromètre Manpower, les offres d'emploi parues dans la presse française auraient diminué de 30 % en 2001. Et même de 36 % pour les cadres.

Espérances
L'espérance de vie à la naissance a continué à progresser, en 2002, pour les hommes, et aurait stagné pour les femmes. Les premiers peuvent espérer vivre jusqu'à 75,6 ans en moyenne, les secondes jusqu'à 82,8 ans. Depuis 1994, selon l'Insee, l'espérance de vie a augmenté de deux ans pour les hommes et d'un an seulement pour les femmes.

Pacs
Selon le bilan démographique 2002 établi par l'Insee, 17 000 Pacs (Pacte civil de solidarité) ont été enregistrés par les tribunaux durant les neuf premiers mois de l'année (+ 25 % par rapport à 2001). Depuis la mise en place de ce dispositif par Lionel Jospin, 65 000 Pacs ont été conclus. Pour cent mariages célébrés, huit Pacs sont signés...

TOC TOC
Quelque 200 000 adolescents français seraient victimes de troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Routes
Malgré une diminution de 6,3 % du nombre de morts sur les routes françaises en 2002, on déplore encore un peu plus de 7 000 victimes.

Kibboutz
Il y aurait encore 269 villages communautaires ou kibboutz en Israël, rassemblant 130 000 salariés kibboutzniks, qui assurent 7 % de la production industrielle du pays.

AOL Time Warner
La perte de 100 milliards de dollars, annoncée le 30 janvier, par le Groupe multimédia américain AOL Time Warner, fait de lui le champion de tous les temps en matière d'endettement...

 

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Bernard Trémeau

Il y a trois ans, l'économie américaine marchait bien depuis des années. Le PIB progressait de plus de 3 % par an, le chômage et la pauvreté disparaissaient du pays et le colossal déficit budgétaire s'était transformé en un solide excédent, les responsables américains ayant sagement décidé de ne plus augmenter les dépenses du pays. Mais une bulle financière spéculative avait fortement gonflé la valeur de nombreuses actions. Pour lutter contre cette bulle spéculative, et alors qu'il n'y avait pas d'inflation, la Banque Centrale américaine décide de réduire de façon drastique la création monétaire aux USA, en augmentant ses taux courts. La bulle spéculative a été brutalement réduite, mais l'ensemble de l'économie américaine se trouve très fortement ralenti. La croissance du PIB n'est plus que de 2,8 %, le chômage remonte légèrement au-dessus de 5 % et l'excédent budgétaire se transforme à nouveau en déficit, déficit d'autant plus important qu'après l'attentat du 11 septembre 2001, les Américains ont décidé d'augmenter de façon importante leurs dépenses militaires. La Banque Centrale baisse à nouveau ses taux pour relancer la création monétaire et malgré le déficit budgétaire, le gouvernement américain vient de décider une réduction d'impôts de 674 milliards, échelonnée sur dix années, pour relancer l'économie. Telle apparaît la réalité économique et monétaire américaine. La réduction d'impôts, voulue par Bush, ne s'est faite qu'après un changement des responsables de l'économie américaine.
Il y a trois ans, l'économie de l'Europe marchait bien depuis des années, en grande partie du fait de la bonne santé de l'économie américaine. Le chômage et la pauvreté régressaient en Europe. Les caisses de l'État se remplissaient. Mais, au lieu d'utiliser comme les Américains ces rentrées fiscales pour réduire leur déficit budgétaire, les gouvernements européens ont utilisé ces " cagnottes " pour financer de folles dépenses nouvelles. La France a financé en particulier les 35 heures " payées comme 39 ".
La rupture de la bulle spéculative s'est aussi accompagnée en Europe d'un fort ralentissement de l'économie. Le PIB européen ne progresse plus en moyenne que de 0,8 % et il y a même récession en Allemagne. Ceci se traduit par une très forte augmentation du chômage : il dépasse aujourd'hui 10 % en Allemagne et atteint 9 % en France. Pour la même raison, les déficits budgétaires se creusent dangereusement. Il faut bien financer les folles dépenses décidées dans l'euphorie d'une économie prospère, malgré de moindres rentrées fiscales.

Ils savent gérer

Les Européens ont confié à la Banque Centrale européenne le soin de gérer la création monétaire : la Banque Centrale a pour mission de maintenir l'inflation en-dessous de 2 %. Elle fait correctement son travail. Comme l'inflation est voisine de 2 %, elle refuse d'augmenter la création monétaire, ce qui relancerait l'économie. Elle refuse donc de baisser ses taux courts, malgré les pressions qu'elle subit de la part des gouvernements. Les pouvoirs politiques européens ne peuvent plus utiliser la création monétaire pour relancer l'économie.
Par contre, les gouvernements européens se sont engagés à ne pas avoir de déficit budgétaire supérieur à 3 %. Or, différence fondamentale avec les USA, du fait de la politique qu'ils ont choisie, ils entrent dans le ralentissement économique avec un déficit budgétaire déjà proche de 3 %. Ils n'ont aucune marge de manœuvre pour essayer de relancer l'économie en augmentant le déficit budgétaire. Quant à la réduction massive des impôts, elle est impossible, chaque gouvernement ayant sa petite idée sur le problème.
L'Amérique qui est dans une situation économique encore assez favorable réagit de façon puissante à la crise et elle a toutes les chances de réussir. L'Europe, qui est dans une situation bien moins favorable (croissance de 0,8 % et chômage de 10 %) est incapable de réagir du fait de ses déficits budgétaires ou du fait de ses divisions politiques. Elle va attendre dans l'inaction les retombées de la reprise américaine.
Les Américains savent beaucoup mieux que nous gérer l'économie : pourquoi ne pas les imiter ?

 

 
 
 
 
 
 
 

 

 

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