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Article du journal Les 4 vérités Hebdo ,
http://www.les4verites.com
Les
amis de Jacques Chirac m'inquiètent...
Alain
Dumait
Le tyran Saddam Hussein a encore la possibilité d'éviter
à son pays les dévastations de la guerre qui le menacent
: soit en quittant le pouvoir pour un exil doré, que les États-Unis
sont prêts à lui garantir, soit en acceptant enfin de coopérer
en vue de démontrer la réalité du désarmement
de ses forces de destruction massive. La première hypothèse
est peu probable, non seulement à cause du caractère du
personnage, mais encore, parce qu'on n'a jamais vu un dictateur s'enfuir
autrement que sous l'effet de la poussée insurrectionnelle de ses
sujets révoltés. Ce qui, en tout cas pour l'instant, n'est
pas le cas à Bagdad. Et la seconde hypothèse est également
improbable car rien n'indique à ce jour que le maître de
l'Irak n'ait jamais voulu sincèrement démilitariser son
pays.
On peut discuter à l'infini des obstacles mis ces derniers mois
par les autorités irakiennes au travail des inspecteurs en désarmement
de l'ONU, ou au contraire des facilités apportées par elles.
Il est possible, comme l'affirme le gouvernement français, qu'un
renforcement des moyens des inspections, et des objectifs plus précis
qui leur seraient fixés, permettent de découvrir un plus
grand nombre d'éléments. Mais l'essentiel de la mission
des inspecteurs, telle qu'elle est fixée par la résolution
1441 des Nations unies, n'est pas là. Elle est de s'assurer que
le régime de Saddam Hussein coopère à la destruction
de ses propres armes. L'esprit de la résolution 1441 voudrait que
Saddam Hussein dise, en les montrant : " voici les armes que j'ai
; aidez-moi à les détruire convenablement. Et pour celles
que j'ai déjà détruites : voici les preuves et les
rapports d'exécution ". Qui ne voit qu'on est très
loin d'un tel comportement ?
Dans ces conditions, nier que le gouvernement de Saddam Hussein s'est
mis dans une situation d'illégalité internationale, et qu'il
encoure, de ce fait, dans quelques jours, les frappes américaines,
c'est nier l'ordre et le droit international tel qu'il est. C'est-à-dire
avec des lois constituées par les résolutions de l'ONU,
et un gendarme qui s'appelle les États-Unis. Faire remarquer que
certaines résolutions de l'ONU visant notamment Israël - mais
qu'hier visait par exemple la France coloniale - n'ont jamais, elles non
plus, été ni appliquées, ni sanctionnées,
n'est pas un argument recevable, en application du principe qu'on ne peut
jamais se prévaloir de la turpitude d'autrui pour justifier la
sienne propre. Et puis, quand même ! mettre sur le même plan,
avant-hier la France de la IVè république et du Général
de Gaulle, hier Israël, et aujourd'hui l'Irak, revient à
amalgamer des systèmes politiques dont les premiers sont "
démocratiques " et les autres, à l'inverse, "
totalitaires ".
En déposant un projet de texte dans la nuit de lundi à mardi
dernier, le gouvernement de George Bush met, ni plus ni moins, la communauté
internationale au pied du mur. Soit une majorité qualifiée
se retrouve au sein du Conseil de sécurité pour soutenir
sa position, soit celle-ci demeure relativement isolée. Dans le
premier cas, l'ONU continuera d'exister comme une assemblée mondiale
lourde mais légitime. Dans le deuxième cas, il est à
craindre qu'elle devienne ce qu'elle risque d'être depuis le premier
jour de son existence : un rassemblement inefficace et hétéroclite
de pays dont la principale caractéristique n'est pas le bon fonctionnement
démocratique…
Car, s'il est permis d'avoir des doutes sur la stratégie américaine,
sur les conséquences régionales d'une guerre en Irak, sur
la capacité de l'Occident à faire face demain à d'autres
conflits peut-être plus graves, sur des terrains encore plus difficiles,
en Asie Centrale ou en Extrême-Orient, il est clair que la diplomatie
française emmenée par Jacques Chirac et manœuvrée
par son âme damnée Dominique de Villepin, aura beaucoup fait
pour accentuer la césure du monde entre les amis de l'Amérique
et les autres. Quand on dresse la liste des pays appartenant au premier
camp et celle des pays appartenant au second, on est frappé par
la coïncidence avec ce que George Bush appelait un jour, de façon
provocatrice mais prémonitoire, la confrontation entre l'axe du
bien et l'axe du mal.
Il se trouve, et sans remonter à la première ou la deuxième
guerre mondiale, que tout au long des cinquante années de la guerre
froide, entre l'Occident et l'URSS, nous avons eu besoin de la protection
américaine sans laquelle nous serions devenus sans aucun doute,
une démocratie populaire communiste. De cette protection militaire
étrangère, nous avons encore besoin d'une part parce que
nous sommes quasiment désarmés, au plan national comme au
plan européen, d'autre part, parce que les menaces extérieures
sont loin d'avoir disparues.
Aussi longtemps que nous avons besoin de cette protection, sauf à
l'échanger contre celle de l'Allemagne (?), de la Russie (?), ou
demain de la Chine (?), sauf à accepter que des régimes
du type de celui de Saddam Hussein subsistent et prospèrent, il
n'est pas du tout raisonnable d'affaiblir la pression des États-Unis
sur l'Irak. Il est vrai que lorsque l'on reçoit à Paris
le sinistre Robert Mugabe, sans doute pour glaner quelques inavouables
soutiens supplémentaires à l'ONU, tout est possible, tout
est dit...
Article du journal
Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
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