Sommaire

Sic

Outrance
" George Bush, Ben Laden, même combat ! Et je pèse mes mots ! " (Jack Lang).

Europe
" Aussi loin qu'on remonte en arrière, jusqu'à la période autrement périlleuse de la guerre froide, on ne trouve l'exemple d'une Europe qui affiche aussi ouvertement ses désaccords sur la scène internationale " (Valéry Giscard d'Estaing).

Terrorisme
" Au vu de la rapidité avec laquelle les formations terroristes tissent leur toile et étendent leur champ d'action, nous avons de sérieuses raisons de nous inquiéter pour l'avenir de notre région mais aussi pour celui du monde entier " (Atal Behari Vajpayee, Premier ministre indien).

Communautarisme
" Nous payons très cher une dérive de l'ensemble de la société française vers le communautarisme. On ne peut pas se lancer dans la voie de l'"affirmative action", à l'américaine, et en même temps maintenir les principes républicains à la Française. Il faut choisir " (Luc Ferry, ministre de la Jeunesse et de l'Éducation nationale).

Retraites
" Il n'y a pas d'égoïsme à défendre un régime de retraite qui reste un référent. Nous ne tomberons pas dans l'opposition public-privé dans laquelle on cherche à nous enfermer " (Bernard Lhubert, secrétaire général de l'Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT).

Jospin
" Lionel Jospin n'est pas la victime de l'émiettement de la gauche plurielle. Il en est le responsable essentiel. J'ai moi-même pris plus de voix à Chirac qu'à Jospin. Si Chirac avait été devancé par Le Pen, eût-il incriminé Bayrou ? Jospin, d'un mot, eût pu obtenir le retrait de Christiane Taubira. Il ne l'a pas fait. Il eût suffi aussi qu'il ne procurât pas à Olivier Besancenot les parrainages nécessaires… (Jean-Pierre Chevènement).

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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L'Irak sera libéré dans quelques semaines
Guy Millière


Je n'étais pas en France ces dernières semaines, mais en Californie. Je n'ai donc pu assister à la grande parade offerte à Paris par les amis de Saddam Hussein le 15 février. C'est dommage. J'aurais pu me déplacer pour leur lancer des cacahuètes.
Il y a pire que subir une dictature, c'est, de l'extérieur, bien à l'abri, faire le singe pour essayer de plaire à un dictateur. Saddam n'est pas le premier dictateur à séduire les Français, je sais. Hitler en son temps en a fait chavirer plus d'un. Staline, Castro et Mao ont eu leurs fans eux aussi. Arafat compte à Paris de nombreux admirateurs. Il n'a néanmoins pas été courant de rencontrer une pareille unanimité. De Jean-Marie Le Pen à Olivier Besancennot, de Jean-Pierre Chevènement à Jacques Chirac, n'est-ce pas touchant ? N'est-ce pas significatif aussi…
On entend parler à Paris de grands principes et d'honneur, de respect du droit et de communauté internationale. Ces mots me semblent autant à leur place dans la bouche d'un diplomate français que du rouge à lèvres sur la lippe d'un babouin.
Qui est dupe ? Les dirigeants français raisonnent à la petite semaine et veulent sauver quelques contrats honteux passés avec le bourreau de Bagdad. Ils sont blêmes de peur à l'idée de faire quoi que ce soit qui pourrait déplaire aux musulmans installés en France devant qui ils ont déjà capitulé et renoncé à ce qu'il leur restait d'âme. Ils veulent se donner l'impression d'exister parce qu'il leur reste - vestige d'un temps définitivement révolu - un siège permanent au conseil de sécurité de l'ONU.
L'arrogance quand on n'a pas le sou et pas les moyens de peser est tout simplement ridicule. Surtout quand elle s'accompagne d'une cécité et d'une surdité volontaires dignes de mauvais acteurs de vaudeville. Nombre de Français ne s'apercevront de rien, bien sûr… Ils se contenteront du journal télévisé débile et indigent qu'on leur donne chaque soir à ingurgiter. Ils croiront que George Bush est un imbécile parce qu'on le leur répète à longueur de journée. Ils se diront qu'ils ont un Président dont ils peuvent être fiers : on le leur répète tellement aussi… Et si on leur dit que Chirac est la risée du monde entier, ils se diront que le monde entier à tort…
Dans quelques semaines, l'Irak sera libéré de Saddam. Dans quelques semaines, la population irakienne sortira de l'enfer dans lequel elle est plongée depuis trop longtemps et dans lequel les dirigeants français étaient prêts à la voir croupir indéfiniment. Dans quelques semaines, les jours de Yasser Arafat seront comptés. La France assistera à tout cela de l'extérieur. Impuissante. Grotesque. Elle aura néanmoins obtenu quelques résultats…
L'incompréhension entre elle et les États-Unis se sera creusée. Il faudra du temps, j'en parle en connaissance de cause, avant que les Américains ne voient en les Français autre chose que des couards opportunistes et sans scrupules et des " singes capitulards bouffeurs de fromage ". Les Français pourront rétorquer des phrases creuses : les faits parleront. La France ne sera même plus le parent pauvre de l'Amérique, mais la mouche à fiente qu'on chasse du revers de la main.
L'OTAN aura subi une crise peut-être fatale. Les simagrées françaises font qu'on se demande aujourd'hui à Washington à quoi sert encore une Alliance atlantique dont la France et l'Allemagne seraient membres : une nouvelle alliance pourrait se faire avec des partenaires plus fiables, plus dignes, et moins ingrats : Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Pologne, Tchéquie… L'Union Européenne n'aura plus d'Union que le nom (les pays d'Europe de l'Est à qui Chirac a intimidé l'ordre de se taire voudront-ils toujours entrer dans une Europe où la France joue à l'adjudant ?). Et la défense européenne, hors de France, semblera aussi efficace qu'un pétard laissé trop longtemps sous la pluie. Quant à l'ONU, ce club de dictateurs et de crapules : il est vraisemblable que les États-Unis songent à s'en passer. George Bush a dit, déjà, qu'il voulait voir si l'ONU pouvait encore être à la hauteur de ses principes fondateurs. Il a vu. Colin Powell a vu lui aussi. Les États-Unis agiront sans l'ONU, les Villepin et Chirac pourront y pérorer dans le vide. Les États-Unis éteindront la lumière quand la récréation sera terminée.
Chirac devenu fossoyeur de l'OTAN, de la défense européenne et de l'ONU aura trouvé sa place dans l'histoire… L'histoire continuera sans lui. Dans vingt ans ou peut être moins, on verra que George Bush était l'homme qu'il fallait, celui qui aura recomposé un monde plus favorable au droit et à la liberté. Les Irakiens seront libres. Le Proche-Orient sera recomposé, les Français, j'en ai peur, n'auront, pour la plupart, toujours pas compris.

 

 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

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