Sommaire

 

Sic
Luc Ferry
" J'ai étudié pendant des années le grec et le latin sans savoir au juste pourquoi. Notre seul bonheur quand nous faisions une version, c'était de trouver un passage tout traduit dans le Gaffiot ou le Bailly " (Luc Ferry, ministre de l'Éducation nationale).

Gendarme
" Aujourd'hui, la responsabilité des États-Unis pour la sécurité du monde est extrêmement importante : il n'y a pas d'alternative " (José-Maria Aznar). Quand on interroge le premier Ministre espagnol sur le sort des urnes à l'occasion des prochaines élections, il répond : " les citoyens exprimeront leur responsabilité dans les urnes, pas dans la rue ! ".

Prisons
" Plus le niveau de sécurité des prisons augmente, plus les attaques sont violentes " (Pierre Bédier).

Israël
" À quoi bon posséder, comme nous, 200 têtes nucléaires, si c'est pour avoir peur dans la rue. Car, depuis trois ans, un père de famille ne peut plus se promener tranquillement dans les rues de Jérusalem avec ses enfants " (David Grossman, pacifiste israélien).

Licenciements
" Vouloir empêcher les entreprises de licencier, c'est comme vouloir empêcher la maladie " (François Fillon).

Maurice Papon
" Mon objectif est que ne soit pas reconnue, par l'histoire, la responsabilité de la France, donc de tous les Français, dans le génocide perpétré par les Nazis. Il en va de la réalité des faits et de l'honneur de la Résistance " (Maurice Papon, courrier personnel).

Divorce
Loïk le Floch-Prigent a indiqué le 15 avril au Tribunal de Grande Instance de Paris que son divorce d'avec Fatima Belaïd, après quelques mois de vie commune, avait coûté 32 millions de F., pris en charge, avec l'accord de François Mitterrand, par le Groupe Elf.

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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George W. Bush et Ronald Reagan
Guy Millière

 

En observant jour après jour la façon dont George W. Bush définit sa politique, dit ce qu'il va faire et fait ce qu'il dit, je ne peux m'empêcher de penser qu'il est le fils spirituel de Ronald Reagan.
Reagan est arrivé au pouvoir dans des conditions extraordinairement difficiles. En 1980, l'Union Soviétique semblait devoir dominer la planète, les États-Unis étaient plongés dans une crise morale sans véritable précédent, l'Europe
se résignait à succomber et on y scandait des slogans tels que
" plutôt rouge que mort ". En quelques années, tout a changé : les États-Unis ont retrouvé l'esprit
d'entreprise, inventé la micro-informatique, Internet et les biotechnologies, et sont revenus sur le devant de la scène ; le communisme a pris peu à peu les couleurs d'un dogme agonisant. Au bout de huit années de présidence, avec une légitime fierté, Reagan pouvait dire en quittant la Maison Blanche : " Nous voulions changer le pays : en fait, nous avons changé le monde ". Les journalistes européens, à l'époque, n'avaient rien compris.
George W. Bush est, ce doit être dit, arrivé au pouvoir dans des conditions pour le moins aussi difficiles que Reagan. L'Union Soviétique avait disparu en 2000, grâce à Reagan, mais une nouvelle menace totalitaire, que Clinton, son inepte prédécesseur, n'avait pas vu grandir, avait pris place sur l'horizon : l'islamisme. Le monde occidental tout entier semblait pétrifié, hypnotisé, prêt à toutes les concessions face à un ennemi dont il ne parvenait pas à dessiner les contours. L'Europe, une fois de plus, se préparait à succomber et on semblait y murmurer, de défilés " pro-palestinien " en proclamations islamophiles ou islamolâtres " plutôt vert que mort ".
C'est alors que, de discours en proclamations, la doctrine Bush a commencé à s'affirmer : nécessité d'en finir avec le terrorisme, mais aussi avec les " États-voyous " qui le facilitent ou le financent, recours éventuel à la guerre préventive, affirmation de l'hégémonie de l'Amérique en tant qu'héritière des valeurs de l'Occident qui, si elles ne sont pas défendues pied à pied succomberont. Les journalistes européens, une fois de plus, ne comprennent rien, et traitent George W. Bush d'imbécile. Certains, plus paresseux que d'autres, semblent se contenter de recycler aujourd'hui les articles qu'ils écrivaient concernant Reagan il y a vingt ans.
Une bonne façon d'aider ces pauvres journalistes, et une bonne façon aussi d'éclairer leurs lecteurs, serait de les inciter à relire, immédiatement, les uns après les autres, les discours prononcés par George W. Bush depuis l'automne 2001 : cela leur permettrait de découvrir une cohérence et une rigueur intellectuelle qui leur ont, jusqu'ici, échappé. Une meilleure façon d'éclairer davantage ces journalistes et leurs lecteurs serait de les pousser à lire le livre que vient de publier David Frum, " The Right Man ", premier ouvrage à décrire de l'intérieur l'administration Bush, dont Frum a été une année durant partie prenante, ou à lire bientôt mon prochain essai, consacré à " la doctrine Bush ".
Ces journalistes et leurs lecteurs seraient bien avisés de lire de toute urgence, en outre, de la première à la dernière page, les " Écrits personnels " de Ronald Reagan que je viens de traduire et de présenter en français. Ils y découvriront un Reagan penseur, définissant lui-même les axes essentiels d'une stratégie de recomposition du monde qui n'en a pas fini de faire sentir ses effets. Ils discerneront que la chute de l'Union Soviétique et la planétarisation du capitalisme démocratique n'ont rien dû au hasard, et que Reagan avait même anticipé, voici vingt-cinq ans, les dangers que le terrorisme allait représenter pour l'humanité entière. Ils saisiront peut-être que la doctrine Bush aujourd'hui n'est que la continuation de la " doctrine Reagan ".
Les " Écrits personnels " de Ronald Reagan pourraient être consultés utilement, en supplément, par les hommes politiques français. Ils pourraient y découvrir tout ce qui sépare un politicien opportuniste d'un homme d'État imprégné d'éthique et de l'idée que ceux qui occupent les plus hautes charges ont, parfois, sur leurs épaules, la responsabilité du monde et, devant eux, quelquefois la nécessité de devoir agir pour le bien et affronter le mal. Cela ne leur permettrait pas obligatoirement de changer du tout au tout. Cela pourrait contribuer néanmoins à les rendre plus humbles et moins cuistres, ce qui serait un bon début.

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com