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Article du journal Les 4 vérités Hebdo ,
http://www.les4verites.com
C’est le commencement de la révolte
des titulaires de faux droits
Alain Dumait
Avec l’affaire de la réforme du régime de l’assurance-chômage
des intermittents du spectacle, et après l’épisode de la
réforme du financement des pensions de retraite, qui est en voie
d’adoption au Parlement, et vis-à-vis de laquelle, les intéressés
feront sans doute contre mauvaise fortune bon cœur, on comprend mieux
la philosophie qui anime ce gouvernement. Il ne s’agit pas de transformer
le système social mais simplement d’y introduire des changements
à la marge afin de le pérenniser et de le sauvegarder.
Mais, en termes comptables tout d’abord, ces réformettes ne répondent
que très partiellement aux problèmes posés.
S’agissant des retraites, le plan Fillon est basé sur des hypothèses
économiques qui aboutissaient avant réforme à un
déficit de 43 milliards d’euros à l’horizon 2020. L’allongement
de la durée des cotisations ne comblera que 42 % de ce besoin.
Le reste, pour l’essentiel, le serait sous l’effet… du retour de la croissance.
Et cela au moment même où celle-ci se dérobe (notre
éditorial page 1). Heureusement, un rendez-vous d’étape
est fixé, pour faire le point de la bonne marche de cette réforme
en 2008. Et, coïncidence, 2008, c’est justement après 2007
et la fin aussi bien de la présente législature que du mandat
présidentiel de Jacques Chirac…
S’agissant du régime d’assurance-chômage des intermittents
du spectacle, l’Unedic, qui gère ce régime ultra-déficitaire,
communique sur le fait qu’avec la réforme proposée, les
indemnités seront plutôt améliorées, tandis
que les opposants violents à cette réforme font valoir que
le nombre des bénéficiaires sera désormais réduit…
Dans un cas comme dans l’autre, les principes fondateurs ne sont en rien
remis en cause. Les retraites par répartition continueront à
être une charge pour les générations futures. Et leurs
cotisations seront même certainement, demain, plus élevées
qu’aujourd’hui. Tandis que les intermittents du spectacle verront leurs
indemnités de chômage toujours prises en charge, globalement,
par l’ensemble des autres salariés. Loin de diminuer, la redistribution
des revenus s’accroît sans cesse. Elle a dépassé les
bornes du supportable. Et telle est la raison majeure de la crise sociale
actuelle. À laquelle la politique du gouvernement ne porte en rien
remède.
Si l’on veut réformer un système social à bout de
souffle, il faut, en premier lieu, faire un peu de rétrospective.
En matière sociale, jusqu’au début du XIXè siècle,
la solidarité avait un caractère principalement familial,
où, accessoirement, était organisée au niveau local,
par exemple, au sein des paroisses. À la fin des années
1850, Frédéric Bastiat disait avoir vu naître les
premières mutuelles. Et cela l’inquiétait car c’était
non seulement la porte ouverte à une moindre responsabilité
des individus mais aussi à tous les excès du socialisme.
Celui-ci en effet, n’est rien d’autre qu’un stade ultérieur de
la mutualisation. Dans ce système-ci, les sommes d’argent versées
à un titre ou à un autre (couverture du risque maladie,
du risque vieillesse, du risque chômage…) restent entièrement
acquises par la mutuelle, à charge pour elle de les redistribuer
intégralement aux ayants droit, tandis que dans ce système-là,
on prend à certaines catégories pour donner à d’autres
catégories. Certains y gagnent, d’autres y perdent. Officiellement,
les riches sont appelés à payer pour les plus pauvres. Dans
les faits, la redistribution est beaucoup moins vertueuse : la sphère
privée paie pour la sphère publique, les actifs paient pour
les inactifs, les courageux pour les paresseux…
Un peu de socialisme est supportable. Ce sont d’ailleurs des patrons qui
ont eu l’idée, dès la fin du siècle dernier, d’inventer
le logement social ou l’assurance maladie. Le débat politique puis
les hommes de l’État s’en sont emparés. La généralisation
de l’État-providence fut la condition mise par les communistes
en 1945 pour renoncer à leur entreprise de guerre civile.
Aujourd’hui, des millions et des millions de nos concitoyens touchent
en fin de mois des sommes d’argent qui ne sont en rien, ni directement,
ni indirectement, la contrepartie de leur travail. Ils sont chômeurs,
Rmistes, retraités, étudiants ou pris en charge, momentanément
ou durablement, par la collectivité, qu’ils soient d’ailleurs ou
non de nationalité française… Ils s’imaginent et ils prétendent
qu’ils ont des droits. Mais ce sont de faux droits. Des droits réguliers,
légaux, mais illégitimes. Ce sont tous ces droits dont la
collectivité ne peut plus supporter la charge. Ce sont tous les
titulaires de ces faux droits qui, sous nos yeux, entrent en révolte.
Et cela ne fait sans doute que commencer, compte tenu de l’impécuniosité
fondamentale de notre société.
À noter : les titulaires de faux droits, comme des voleurs, sont
beaucoup plus ardents à défendre leurs soi-disant biens
que ne le sont des propriétaires légitimes. Ceux-ci, plus
sereins, font confiance à la justice. Ceux-là savent qu’ils
ne peuvent compter que sur les manifestations de leur violence.
Article du journal
Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com
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