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Divers Faits

Chine
Les dirigeants des entreprises chinoises du secteur d’État, dont la production représentant encore environ un tiers de la richesse nationale viennent de voir leur salaire considérablement augmenté pour être porter à un niveau voisin des salaires des entreprises privées. Ils vont également bénéficier d’un système de stock-options.

Taïwan
Jusqu’à présent premier producteur au monde d’ordinateurs portables, Taïwan va se faire dépasser cette année par son rival chinois.

Bricolage
Depuis dix ans, morosité économique ou pas, le secteur du bricolage se développe en France au rythme annuel de 3 à 4 % par an.

Mauvais payeur
Malgré toutes ses belles promesses, l’État paie de plus en plus mal ses fournisseurs, en particulier, les entreprises publiques auxquelles il devait, au 31 décembre dernier, la bagatelle de 800 millions d’euros. Les notes de téléphones en souffrance du ministère de l’Intérieur représentent par exemple la moitié du total des factures à recouvrer de France Telecom…

Conventionnement
En conflit avec la Sécurité sociale, un certain nombre de médecins spécialistes ont décidé de se déconventionner. Dans ces cas-là, la Sécu ne rembourse plus rien du tout. Et du coup, un certain nombre de ces médecins se reconventionnent… C’est en tout cas ce que déclare la « Caisse nationale d’assurance maladie » (Cnam) selon laquelle, sur 53 000 médecins spécialistes, seuls 64 seraient sortis du système depuis six mois.

TIPP
Le gouvernement envisage d’attribuer aux régions et aux départements les revenus de la « Taxe intérieure sur les produits pétroliers » (TIPP). À partir de 2006, le taux de cet impôt pourrait être différent d’une région à l’autre.

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo , http://www.les4verites.com

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Chili : mythes et réalités
Philippe Chesnay*

Le trentième anniversaire du coup d’État chilien (11 septembre 1973) a récemment conduit les médias à rappeler à l’opinion ce qu’il était historiquement correct de retenir de cet épisode de l’histoire contemporaine de ce pays. En point d’orgue, le Maire de Paris a inauguré, dans le VIIè arrondissement, une place Salvador Allende. Peut-être, n’est-il pas inutile de rappeler quelques faits rarement mis en évidence.
Le carnage fasciste dénoncé par « Le nouvel Observateur » (n° 463 du 24 septembre 1973) ne fut pas l’épouvantable « bain de sang » qu’y avait vu Régis Debray. Le nombre de victimes ne fut heureusement pas de « plusieurs milliers » mais de 202 entre le 11 et 16 septembre. Il n’y eut pas, « quatre mois après le putsch, 20 000 personnes assassinées » (« Le Nouvel Observateur » du 4 mars 1974) ni, « jusqu’à l’été 1974, 30 000 assassinats politiques (Olivier Duhamel « Chili ou la Tentative »), mais 1 261 victimes en 1973, 309 en 1974, 119 en 1975, 139 en 1976 et 451 entre 1977 et 1990.
Ce bilan, au demeurant tragique, est celui de la Commission Rettig (du nom de son président Raul Rettig-Guissen, ex-ambassadeur de l’Unité populaire et ami personnel d’Allende) établit à partir des travaux des partis socialiste et communiste chiliens, assistés des principales associations de défense des droits de l’homme nationales et étrangères.
Le coup d’État fut considéré, par une très grande majorité du peuple chilien, comme une libération. Aujourd’hui encore, la plupart des villes chiliennes, à commencer par la capitale, ont baptisé l’une de leurs principales artères de la date de l’événement.
Cette réaction populaire procédait du rejet d’un projet politique qui proposait l’instauration au Chili d’un État révolutionnaire de type cubain, la destruction de l’appareil militaire de l’État et l’abandon des institutions républicaines. Le moyen de cette évolution était la lutte armée assortie d’une tactique spécifique : la guérilla. Ces dispositions avaient recueilli l’unanimité des membres du parti socialiste chilien, au Congrès de Chillan de 1967. Elles préfiguraient l’échec inévitable d’une expérience qui parvint à faire illusion durant trois ans et à l’issue de laquelle, le prédécesseur d’Allende, le démocrate-chrétien Eduardo Frei déclarait : « Les gens en Europe ne se rendent pas compte que ce pays est détruit. Les médias ont dissimulé la réalité de ce pays (…) qui ne dispose pas, aujourd’hui, d’autre moyen de se sauver qu’un gouvernement militaire ».
Grâce à la Constitution de 1925, qui disposait que le candidat arrivé en tête du seul tour de scrutin de l’élection présidentielle était traditionnellement désigné par le Congrès pour devenir président de la République, Allende avait été porté à la magistrature suprême avec 36 % des voix populaires.
En 1980, dans une consultation, au demeurant surprenante en dictature, Pinochet fera adopter par 68 % de l’électorat une nouvelle Constitution prévoyant deux tours de scrutin rendant, ainsi, impossible l’élection d’un président à la
majorité relative et, partant, le retour à l’aventure. « Le Nouvel Observateur », déjà cité, consacrera 47 lignes à l’événement et « Le Monde », 29 lignes en page 38 de sa livraison du 13 septembre et 20 lignes le lendemain.
C’est aussi par un entrefilet que ce quotidien apprendra à ses lecteurs que la gauche chilienne a finalement reconnu (avec un retard de dix-sept années) le suicide d’Allende, pourtant accepté comme tel par toute la classe politique chilienne le lendemain du coup d’État, à la suite du témoignage du propre médecin du président, le docteur Guijon-Klein, que j’ai personnellement bien connu durant mon séjour au Chili.
Avisé du suicide, Mitterrand laissera la gauche confisquer la mort courageuse que son homologue chilien avait choisi de se donner, en laissant se propager à des fins politiques, les thèses mensongères (et différentes l’une de l’autre) de Fidel Castro et de Gabriel Garcia Marquez.
Aujourd’hui, le Chili est le pays d’Amérique du Sud qui se porte le mieux. Il a réussi à passer à travers les crises qui ont secoué l’Argentine et le Brésil pour ne parler que d’eux. Cette situation est due aux choix de dirigeants, hier démocrates-chrétiens et aujourd’hui socialistes, qui ont décidé de ne pas remettre en cause les réformes indispensables imposées au forceps par les militaires à partir de 1975 : allégement draconien de l’appareil de l’État devenu protecteur et non plus bienfaiteur ; fonds de pension de retraite qui fonctionnent de façon satisfaisante depuis maintenant 23 ans ; médecine libérale ; scolarisation et lutte contre la pauvreté…
En 1982, interrogé par la presse chilienne avide de savoir s’il avait conscience de vivre dans une épouvantable dictature, l’ambassadeur de France, nommé au lendemain de l’arrivée de la gauche française aux affaires, s’exclamait : « Bien entendu, le Chili est une dictature ! Évidemment, ce n’est pas Cuba… ». Face à la tempête d’imprécations qui s’était aussitôt levée à Paris, le diplomate avait été rappelé en consultation et reçu par Mitterrand : « On le sait bien que ce n’est pas Cuba mais, de grâce, ne le dites pas ! ».


* Philippe Chesnay est l’auteur de l’ouvrage « Chili 1970-1990. Histoire d’une désinformation » publié en janvier 1997 par Godefroy de Bouillon.

 

Article du journal Les 4 vérités Hebdo http://www.les4verites.com