(Ce premier texte est joint à toutes les réponses)

QUI EST PIERRE LANCE ? par Jean VIGOUROUX

Je collabore depuis de nombreuses années à la revue de Pierre Lance, "L'Ere nouvelle", et je crois donc bien le connaître. Malgré l'immense travail qu'il accomplit depuis plus de de 40 ans, et qui représente aujourd'hui l'équivalent d'environ 12.000 pages publiées, il s'efforce de répondre, parfois longuement, à tous ceux qui lui écrivent, parce que c'est un homme de dialogue et de courtoisie. Comme il lui est arrivé de me communiquer ses courriers, j'ai été frappé par le fait que ses correspondants, surtout ses contradicteurs, se trompent du tout au tout sur sa personne, sur ses sentiments et sur ses objectifs. C'est pourquoi je lui ai proposé de rédiger cette petite notice afin qu'il la joigne à ses lettres, quand il le jugerait utile.

Le premier livre de Pierre Lance, dont l'édition originale parut en 1966, a pour titre "Le Spiritualisme athée" et il y expose les bases de sa philosophie, à laquelle il est toujours resté fidèle. Il se dit en effet spiritualiste, car il croit que l'univers est avant tout esprit, mais il refuse le déisme, car selon lui la spiritualité est incompatible avec quelque autorité que ce soit. "L'esprit souffle où il veut", répète-t-il volontiers et il pense qu'il n'y a pas de spiritualité sans liberté. Il dit même que l'intensité de la première est exactement proportionnelle à l'amplitude de la seconde. Il affirme en outre que l'univers étant nécessairement éternel et infini, il n'a jamais commencé, n'a pas été créé et ne peut donc avoir de créateur.

Sur le plan historique et socio-politique, il considère que toutes les religions ont égaré l'humanité en la paralysant par des dogmes et des rites et en empêchant les hommes de développer leur libre spiritualité, ce qui explique, à son avis, l'état de délabrement psychique et moral de l'humanité d'aujourd'hui.

Pierre Lance s'exprime avec force, parfois avec véhémence, ce qui peut induire en erreur ceux qui le lisent sur son caractère. En fait c'est un homme ardent et passionné, mais très affable et plein de mansuétude, qui sait écouter autrui et s'efforce toujours de comprendre pourquoi telle personne croit ceci ou cela, même lorsque cela lui semble aberrant. Il respecte toutes les personnes, mais nullement leurs croyances ou leurs convictions, parce qu'il dit que, presque toujours, les esprits en ont été imprégnés durant l'enfance par la tradition familiale et n'y ont jamais sérieusement réfléchi.

Sa principale préoccupation est l'avenir de l'humanité, car il discerne plus clairement que beaucoup les dangers de toutes sortes qui la menacent. Il est convaincu que nous sommes bien trop nombreux sur cette Terre pour espérer que le bonheur et l'harmonie s'y répandent. Il croit qu'en tous domaines le nombre détruit le qualitatif et il professe que ce qui est important du point de vue spirituel autant qu'humain, c'est la qualité et la créativité des existences vécues et nullement leur quantité. Il a d'ailleurs coutume de dire : "Le monde recule par les masses et avance par les individus". C'est pourquoi il rejette tous les collectivismes, qu'ils soient religieux ou politiques. Il est cependant profondément démocrate et libéral, car il pense que les peuples, comme les individus, doivent être responsables de leurs choix et décider de leur destin, quittes à payer leurs erreurs lorsqu'ils en font. L'utopie des autocratismes, dit-il, c'est de croire que l'on peut sauver un peuple malgré lui et faire le bonheur des hommes malgré eux.

Pierre Lance ne se croit ni infaillible ni omniscient, sans être pour autant modeste. Il dit que chacun au cours de sa vie a une vocation à accomplir et que ce qui importe n'est pas d'avoir raison, mais d'exprimer avec force et indépendance ce que l'on croit juste, surtout lorsque personne d'autre ou presque ne le dit, car rien ne l'inquiète davantage que la dictature de la "pensée unique". C'est un homme d'une totale sincérité et qui a sacrifié la plupart des conforts et des plaisirs de la vie courante à une oeuvre dont je suis personnellement certain qu'elle aura tôt ou tard un grand retentissement. Jean VIGOUROUX

Pierre Lance a publié 17 livres et a fondé en 1980 la revue "L'Ere nouvelle"; (152 numéros parus à ce jour). Un spécimen peut être envoyé contre 3 timbres. Adresse : BP 171, 06407 CANNES cedex. Sujets traités : philosophie, psychologie, politique, santé, alimentation...

 

Monsieur B. BONNET 6 Domaine de la Duchel 78121 CRESPIERS

Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet votre lettre et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Je vous préciserai tout d'abord que le titre de mon article a été fâcheusement modifié par la rédaction du journal. Mon titre ne comportait pas le mot "intégristes". J'avais écrit "Ils ne sont pas tous musulmans", voulant parler des immigrés maghrébins. Ajouter le mot "intégristes" devant, suivi de deux points, en a complètement modifié le sens et tout le monde en a déduit que je comparais l'intégrisme catholique à l'intégrisme musulman, ce qui n'est pas du tout dans ma pensée. Et malheureusement, ce titre a modifié pour de nombreux lecteurs toute la perception du texte qui suivait, en étant la cause d'une prévention qui n'avait pas lieu d'être.

Je suis un homme de dialogue et je regrette que vos propos ne soient pas mieux argumentés. M'accuser d'intégrisme est tout simplement ridicule, car je n'adhère à aucune idéologie, secte, parti ou chapelle quelconque. Je dis ce que je sens, ne fixe pas de dogmes et n'impose rien à personne. De mes écrits, chacun prend ou jette ce qu'il veut, mais je vois que mes contradicteurs manquent pour le moins de sérénité, ce qui est très étrange de la part de gens qui prétendent avoir la foi. Serait-elle si fragile qu'elle ne supporte pas de remise en question ?

Je n'appartiens en aucune façon à ce que vous appelez la "civilisation chrétienne". J'appartiens à la civilisation européenne, qui a été profondément corrompue par le christianisme, ce que malheureusement vous ne pouvez pas voir, puisqu'on vous a bouché les yeux dès l'enfance, et c'est votre excuse. Vous me traitez de rénégat, insulte que je vous pardonne, puisqu'elle ne traduit que votre impuissance à dire quelque chose de sensé. Je vous rappelle tout de même que pour être un rénégat il faut d'abord avoir adhéré à la cause en question, ce qui n'est pas mon cas. Quant à la "dimension spirituelle de l'homme", l'idée que je m'en fais vous couperait le souffle si je prenais la peine de vous l'exposer. Mais, à quoi bon ? Je vois que vous préférez continuer à dormir dans vos certitudes. Grand bien vous fasse.

Je vous souhaite une année 2003 plus authentiquement spirituelle que les précédentes. Cordialement.

 

Monsieur H.J.HELMBACHER 24 bis rue Edouard Grosjean 54520 LAXOU

Cher Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet votre lettre. Comme vous le dites aimablement "les opinions de M. Lance ne laissent pas indifférent". Je le constate en effet d'après le nombreux courrier que je reçois et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Vous dites très justement qu'il est difficile de se transporter en pensée dans une autre époque. C'est difficile en effet, mais ce n 'est pas impossible, car notre pays n'a jamais manqué d'historiens de valeur. D'ailleurs vous ne vous privez pas d'affirmer un peu plus loin que le Moyen-Age "fut une période très claire et gaie", ce dont vous n'avez aucune preuve. Je n'en suis pas aussi certain que vous. Mais c'est néanmoins possible dans la mesure où les autorités ne disposaient pas de tous les moyens de traque et de coercition du monde moderne, dont vous faites à juste titre le procès dans la seconde partie de votre lettre. Il y avait certainement dans la France profonde des espaces de liberté, sans parler des maquis protecteurs, alors qu'aujourd'hui nul ne peut échapper à l'administration tutélaire, qui n'a très souvent de démocratique que le nom. Je crois que nous sommes d'accord sur ce point.

Vous prenez la peine de me résumer l'histoire de Clovis, mais je crois la connaître mieux que vous. Et je maintiens que Clovis fut un pur gangster et ce jusqu'à sa mort. Sa conversion de pur calcul politique ne fut jamais réelle. Quant à votre "belle princesse chrétienne", Clotilde, elle ne valait pas plus cher. C'est avec sa permission que ses deux beau-frères, Childebert et Clotaire, assassinèrent ses petits-enfants Théobald et Gonthaire, âgés de 5 et 7 ans. Les deux frères de Clovis voulaient seulement les éloigner de la royauté et proposaient qu'ils devinssent prêtres. Mais Clotilde répondit : "Je préfère les voir morts que tondus". Une vraie chrétienne, n'est-ce-pas ? (Seul Clodoald échappa au massacre grâce à des serviteurs apitoyés et il se précipita dans les Ordres pour sauver sa vie. On le connaît aujourd'hui sous le nom de St Cloud). Que Clovis ait fondé une monarchie ne lui confère aucun mérite, car pour cela il assassina Syagrius, qui était en train d'en élaborer une bien plus légitime, car plus gauloise que germanique. Que la monarchie ait duré 7 à 8 siècles ne lui confère aucune respectabilité. La durée n'est pas une vertu.

Votre citation de Malraux est erronée. Il a dit "Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas". Or, la spiritualité et la religion n'ont rien à voir ensemble, contrairement à ce que l'on vous a fait croire. La religion est même une contre-spiritualité, car elle exige la soumission des âmes, alors que "l'esprit souffle où il veut". Je vous précise que je suis un athée spiritualiste. Car la spiritualité authentique ne peut se pratiquer que dans la liberté. A part ça je suis complètement de votre avis dans votre critique de l'actuelle "organisation de la solidarité". J'ai lu les textes que vous avez joints sur les "mystères" et les "béatitudes", que l'on peut résumer ainsi : "Supportez tout; vous en serez rétribués au ciel". Superbe formation pour l'esclavage ! Je me permets de vous rappeler que le Ciel n'existe que par les planètes qui le remplissent. Sans elles, il n'est rien. La Terre est partie intégrante du Ciel. Le Ciel est en nous et parmi nous, ou bien il n'est nulle part. Accepterez-vous de méditer là-dessus ?

Veuillez agréer mes bons voeux pour 2003 et croyez à mes sentiments cordiaux.

 

Madame Bernadette HARMEL - 5 Rue Daniel Renoult - 93100 MONTREUIL

Chère Madame,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet votre lettre et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Non, Madame, avorter n'est pas tuer, parce que la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule ne constitue absolument pas une personne humaine tant que celle-ci ne s'est pas complètement développée. Admettons cependant qu'il n'y ait pas ici de règle absolue et que les avis peuvent diverger à cet égard. Mais il y a bien d'autres choses à considérer. D'abord le fait que la natalité française ne cesse de remonter depuis la loi sur l'IVG, et celui que le nombre des avortements est inférieur à ce qu'il était auparavant dans la clandestinité, avec tous les risques de malheur, d'infirmité ou même de mort que cela impliquait pour les jeunes femmes qui devaient s'y résoudre. Et il y a aussi le fait, bien plus important encore, que les enfants qui naissent par la volonté claire de leurs parents motivés par un amour vrai, seront non seulement heureux mais aideront toute la société à être plus harmonieuse, ce qui n'est pas le cas des enfants nés malgré la volonté de leur mère, et qui sont souvent rejetés et deviennent des adolescents mal dans leur peau. Autant la maternité est une chose merveilleuse lorsqu'elle est pleinement souhaitée, autant elle est un calvaire désespérant pour une jeune fille qui a pu être surprise dans un égarement passager. Je considère qu'elle est dans ce cas en état de légitime défense contre un envahisseur non désiré.

Je suis très étonné qu'une femme soit insensible à ces réalités, et cela ne peut s'expliquer que par un conditionnement éducatif qui a déformé votre esprit. Je ne vous reproche pas votre démarche, qui est certainement sincère, mais je vous supplie de réfléchir en toute indépendance à tous les aspects de cette grave question.

Bien cordialement et meilleurs voeux.

 

Monsieur Philippe ALGOUD - 12 Villa Lambert - 78400 CHATOU

Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet seulement aujourd'hui votre lettre du 10 décembre, dans un dossier de courrier me concernant. Et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées, même lorsqu'elles semblent apparemment bloquées, comme dans votre cas.

Contrairement à ce que vous croyez, je n'ai jamais fréquenté les banquets franc-maçons, étant aussi allergique à la religion maçonnique qu'à toutes les autres, marxisme inclus. Je comprends que vous ayez pu être heurté dans vos convictions, mais vous devriez être capable de surmonter une irritation pour tenter de comprendre, comme je le fais toujours moi-même, pourquoi quelqu'un pense autrement que vous. Quant à moi, je respecte les personnes, mais je ne respecte pas les convictions, c'est vrai, car elles sont le plus souvent héritées, donc sans vraie valeur personnelle. Et je me permets de vous rappeler que vous vous recommandez d'un homme qui a été crucifié parce que son discours heurtait les convictions qui régnaient de son temps.

Je dis ce que je vois, ne fixe pas de dogmes et n'impose rien à personne. De mes écrits, chacun prend ou jette ce qu'il veut, mais je vois que mes contradicteurs manquent pour le moins de sérénité, ce qui est très étrange de la part de gens qui prétendent avoir la foi. Serait-elle si fragile qu'elle ne supporte pas de remise en question ?

Non seulement mes propos ne sont pas éculés, comme vous le dites, mais ils sont d'une brûlante actualité, à l'heure où les fanatismes religieux font tant de ravages, que ce soit en Irlande ou en Palestine, entre tous les adeptes du "dieu unique".

Vous trouvez navrant que mes articles (que personne ne vous oblige à lire) paraissent dans une publication comme les "4 Vérités". Mais c'est justement le mérite tout particulier de ce journal de publier sans aucune censure les articles de rédacteurs divers qui peuvent diverger sur de nombreux points mais se réclament tous de la droite. 

Mais ce qui me chagrine le plus dans votre lettre, c'est la censure que vous opérez d'autorité envers votre fils et vos amis. Ne les croyez-vous donc pas capables de juger par eux-mêmes ? Si vous craignez qu'ils s'étonnent que vous leur présentiez un journal contenant certains articles "scandaleux", rien ne vous empêche de les en prévenir. Ou bien peut-être craignez-vous qu'ils sachent mieux que vous apprécier les aspects positifs de mes propres textes ? Voyez cela avec votre conscience, car j'espère que la religion ne l'a pas entièrement détruite.

Je vous souhaite une année 2003 de grande lucidité. Cordialement.

 

Monsieur M. DUMAS - 22 rue d'Alleray - 75015 PARIS

Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet seulement aujourd'hui votre lettre du 7 décembre, dans un dossier de courrier me concernant. Et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Je regrette qu'une personne apparemment cultivée ne sache pas lire un texte avec plus d'attention. Je n'ai jamais dit que tous les catholiques pratiquants étaient manipulables et j'ai même écrit que "certains pratiquants auront su conserver assez de conscience personnelle pour résister à ces manipulations" et que "cela dépendra aussi de leur degré de culture générale". Or, à lire votre lettre, on a l'impression que vous vous êtes rangé vous-même dans les manipulables et les incultes, ajoutant même "pas très instruit, pas très futé". Ce n'est donc pas moi qui vous accuse, c'est vous. Car il est une règle psychologique bien connue : celui qui prend pour lui-même une critique s'adressant à une communauté démontre par son attitude qu'il est de ceux qui la méritent. Ce qui est exprimé depuis des lustres par le dicton populaire : "Qui se sent morveux se mouche".

Je respecte les personnes, mais je ne respecte pas les convictions, qui sont le plus souvent héritées, donc sans vraie valeur personnelle. Je dis ce que je vois, ne fixe pas de dogmes et n'impose rien à personne. De mes écrits, chacun prend ou jette ce qu'il veut, mais je vois que mes contradicteurs manquent pour le moins de sérénité, ce qui est très étrange de la part de gens qui prétendent avoir la foi. Serait-elle si fragile qu'elle ne supporte pas de remise en question ?

Je n'ignore pas que l'Abbé Pierre et les autres que vous nommez forment la "vitrine" avantageuse du catholicisme. L'abbé Pierre est un homme sympathique et certainement sincère, quoique complètement utopique, et que d'ailleurs le Vatican a toujours considéré avec une certaine méfiance. J'ai beaucoup de respect aussi pour Soeur Emmanuelle et les moines de Tibéri, qui mettent ou ont mis en accord leurs actes avec leurs idées, et c'est ce qu'il y a de plus estimable au monde, quelle que soit la cause choisie. Mais ne me parlez pas de Mère Térésa, qui est le fruit d'une opération médiatique montée de toutes pièces par la Curie à grand renfort d'argent. (On avait d'ailleurs songé tout d'abord à Soeur Emmanuelle, jugée à juste titre beaucoup plus sympathique que la fanatique albanaise, mais Emmanuelle a dû se révéler un peu trop indépendante). Le pseudo-miracle qu'on attribue à Teresa va d'ailleurs ridiculiser le Vatican, et c'est justement là qu'on va voir, cher monsieur, si vous faites partie ou non des manipulables. Car nous sommes nos propres juges, en fin de compte.

Enfin, puisque vous dites que je deviens dérisoire au fil de mes articles, il vous suffira de ne plus les lire. Je ne m'en porterai pas plus mal et vous pourrez retrouver vos béatitudes.

Je vous souhaite une année 2003 de grande lucidité. Cordialement.

 

Monsieur Henri COLLAS - 6, Les Chênes - 05230 LA BATIE NEUVE

Monsieur,

Je réponds à votre lettre du 4 décembre, que la rédaction des "4 Vérités" vient de me transmettre dans un dossier de courrier, puisqu'elle me concerne au premier chef. Et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Je vous préciserai tout d'abord que le titre de mon article a été fâcheusement modifié par la rédaction du journal. Mon titre ne comportait pas le mot "intégristes". J'avais écrit "Ils ne sont pas tous musulmans", en voulant parler des immigrés maghrébins. Ajouter le mot "intégristes" devant, suivi de deux points, en a complètement modifié le sens et tout le monde en a déduit que je comparais l'intégrisme catholique à l'intégrisme musulman, ce qui n'est pas du tout dans ma pensée. Et malheureusement, ce titre a modifié pour de nombreux lecteurs toute la perception du texte qui suivait, en étant la cause d'une prévention qui n'avait pas lieu d'être.

Je considère donc votre lettre comme le résultat d'une erreur d'interprétation qui n'est ni de votre fait ni du mien. Il n'y a d'ailleurs pas un mot de l'article qui puisse vous permettre de dire que j'assimile "un chrétien pratiquant à un islamiste égorgeur et poseur de bombes". Mais, encore une fois, un titre faussé vous a empêché, sans doute sous le coup d'une irritation légitime, de lire lucidement, par exemple cette phrase : "Bien sûr, certains pratiquants auront su conserver assez de conscience personnelle pour résister à ces manipulations". Il vous suffisait de vous assimiler à ceux-là, dont j'ose espérer que vous faites partie. Si vous avez préféré vous sentir concerné par un soupçon qui s'adressait à "un séide potentiel des despotes", ce n'est pas de ma responsabilité, mais de la vôtre. N'oubliez pas une règle psychologique bien connue : celui qui prend pour lui-même une critique s'adressant à une communauté démontre par son attitude qu'il est de ceux qui la méritent. Ce qui est exprimé depuis des lustres par le dicton populaire : "Qui se sent morveux se mouche".

Vous terminez en disant ne plus vouloir lire les "4 Vérités". C'est votre droit. Mais qui y perdra, sinon vous ? D'abord parce que ce journal a bien d'autres rédacteurs que moi-même et qu'ils sont loin de m'approuver tous. Ensuite parce que son objectif essentiel est d'aider la France à sortir de ses scléroses et de ses tricheries de droite ou de gauche et que pour l'atteindre il est nécessaire que le débat d'idées politique et philosophique soit pleinement riche et vivant, même s'il fait quelques étincelles dans les têtes, ce qui est inévitable. La rédaction de votre lettre, si courte soit-elle, indique un homme cultivé. Croyez-vous vraiment que vous servirez l'Esprit en demeurant recroquevillé sur des certitudes d'un autre âge ?

Et même si vous voulez les conserver, ce qui est votre droit, n'allez pas les dérober à la confrontation, sinon vous finiriez par ressembler à ceux qui condamnèrent un certain Jésus, simplement parce qu'il osait dire qu'on pouvait voir le monde autrement qu'ils le voyaient.

Je vous souhaite une année 2003 de grande lucidité. Cordialement.

 

Monsieur Jean GARCIN - Chemin des Cauvelles - 13190 ALLAUCH

Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet votre lettre et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Je me permettrai avant tout de vous retourner la dernière ligne de votre lettre, car elle vous va comme un gant : "Avant d'écrire réfléchissez et trempez votre porte-plume sept fois dans l'encrier". Vous n'avez manifestement pas suivi ce judicieux conseil. Mais en ce qui me concerne, sachez que tous mes articles sont mûrement réfléchis et relus. et c'est précisément pour cela qu'ils font mouche... et font prendre la mouche. Pourtant, contrairement à ce qu'on pourrait croire, je ne cherche nullement à provoquer, mais seulement à secouer les torpeurs, à forcer la réflexion et la remise en cause des idées reçues. Ce n'est pas facile, et cela donne parfois des réactions épidermiques comme la vôtre. Mais cela ne me gêne pas. Je ne suis pas susceptible, et je sais par expérience qu'une fois la réaction passée, certaines idées sont réexaminées plus sereinement par mes contradicteurs et font leur chemin. Aussi ne vous excusez pas d'être excessif. Vous êtes seulement passionné et ardent, comme moi-même, et c'est très bien ainsi.

Je dois vous avouer que beaucoup de phrases de votre lettre m'ont fait rire, et je crois que vous ririez aussi si vous me connaissiez un peu. Non, je n'habite pas un quartier privilégié, je ne baigne pas dans le confort, je n'ai pas rejeté toute progéniture (quoique j'ai fait plus de livres que d'enfants, mais c'est pareil), et je ne suis pas bardé de diplômes, car la connaissance m'importe bien plus que le savoir. Non, je ne vais pas dans les hôtels Hilton et je n'ai jamais mis les pieds au Club Méditerranée. Je ne méprise aucune population dans la misère (et là vous êtes très fautif, car vous auriez dû comprendre, si vous m'aviez lu attentivement, que c'est précisément la misère et la souffrance des populations saturées d'enfants qui motivaient pour une part mon article) et je suis absolument contre la mise à la décharge de tonnes de fruits et de légumes d'une surproduction imbécile engendrée par une agriculture intensive qui est en train de détruire toutes nos terres fertiles. On devrait trouver le moyen d'en faire bénéficier ceux qui souffrent de la faim, mais il faut reconnaître que ce n'est pas facile avec des denrées périssables.

Je ne préconise nullement l'avortement collectif et vous devriez avoir l'honnêteté de relire avec soin mon article, car vous avez bâclé sa lecture tout autant que votre lettre. Je demande seulement que l'information sur la contraception et la liberté de sa pratique soient favorisées dans tous les pays, ce que les organisations internationales pourraient faire. Vous dites qu'il y a des régions non peuplées où l'on pourrait encore loger du monde. Là, permettez-moi de vous dire que vous déraillez complètement. Avant de songer à de tels peuplements, il faudrait déjà être capables de résoudre les problèmes qui se posent dans les pays misérables que vous évoquez. 

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Sur ce sujet, vous n'êtes pas sérieux. Vous l'êtes encore moins quand vous faites de moi un adepte de Staline, Hitler, Pol-Pot, etc. Vous êtes ici carrément injurieux, en plus de dire des sottises. Mais je préfère croire que vos paroles ont dépassé votre pensée et je mets cela sur le compte de votre irritation.

Je n'ai pas pu bien lire la seconde page de votre lettre car elle est très mal imprimée. Moi, je ne me serais pas permis d'envoyer une lettre dans cet état, mais il est vrai que je suis un perfectionniste, ce qui n'est manifestement pas votre cas. Qu'il s'agisse de lire ou d'écrire, vous allez au pas de charge, sans vous soucier des détails. Mais les détails et les nuances, c'est le plus important, cher monsieur; c'est même souvent ce qui fait toute la différence entre l'erreur et la vérité.

Vous me parlez de votre gendre, de son frère et de sa soeur et de leur bonheur en famille, à ce que j'ai cru comprendre de vos lignes à demi effacées. Je me réjouis pour eux de cette félicité, mais qu'est-ce que cela a à voir avec les problèmes évoqués dans mon article ?

Je comprends très bien, et probablement mieux que vous, pourquoi les plaisirs sexuels prennent le pas dans les pays où il n'y en a guère d'autres. Mais encore une fois, c'est précisément pour cela qu'il faut y favoriser la contraception, et l'avortement quans c'est nécessaire, sinon tous ces pauvres gens ne s'en sortiront jamais.

Vous me dites que le Pape n'a pas de pouvoir sur les religions de ces pays. Mais j'accuse ces religions tout autant que la vôtre. Et dans la sphère où il peut avoir une influence, le Pape est très coupable. En voulez-vous un exemple ?

Le Mexique : 110 millions d'habitants, 90 % de catholiques, 40 % de naissances illégitimes. A Mexico, 20 millions d'habitants, la ville la plus polluée du monde, 70 % des enfants sont contaminés par le plomb et il y meurt chaque année 100.000 prématurés. C'est dans cette ville que votre "grand Pape", voici quelques années, a lancé une violente diatribe contre la pilule et l'avortement. J'affirme hautement que c'est là un comportement criminel, et si vous n'êtes pas capable de le ressentir, je vous plains de tout mon coeur. Et je plains aussi ce pauvre pape, que la dogmatique a rendu insensible et aveugle, et qui ne tient plus debout que par la force d'un orgueil démesuré. Mais vous n'ignorez pas, j'espère, que si les hommes d'Eglise condamnent l'orgueil chez les autres, c'est à seule fin de s'en réserver l'exclusivité.

Vous vous permettez de dire que je ne respecte pas la vie humaine. Je vais vous dire ce qui me différencie de vous et du Pape. C'est que moi je songe avant tout à la qualité de la vie, parce que c'est elle seule qui peut engendrer le bonheur. Mais vous, vous ne pensez qu'à la quantité de la vie et peu vous importe en fait qu'elle soit misérable et souffreteuse, car cela vous permet de faire de la "bienfaisance" et d'en tirer bonne conscience. C'est d'ailleurs pour cela que vous et vos pareils ne supportez pas mes écrits : parce que je suis votre mauvaise conscience, celle qui vous murmure que vous n'êtes ni bons ni justes et que vous mettez l'enfer sur la Terre en croyant ainsi gagner votre paradis. Etes-vous capable de méditer cela ? Je l'espère. Car votre âme immortelle est en grand danger de perdition. Quant à celle de Karol Wojtila, elle est déjà perdue, et croyez bien que je ne m'en réjouis pas.

Je vous souhaite sincèrement une année 2003 plus authentiquement spirituelle que les précédentes. Cordialement.

 

Monsieur Pierre NOURRIT - 189 Avenue Frédéric Mistral - 38 VALERGUES

Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet seulement aujourd'hui votre lettre du 10 octobre, retard dû au regroupement du courrier sur d'assez longues périodes. Mais je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Tout d'abord, je vous serais reconnaissant de me citer la phrase de mon article dans laquelle je recommande la "contraception obligatoire". Cette phrase n'existe pas. Il est assez dérisoire de critiquer un texte qu'on n'a pas su lire et d'attribuer à celui que l'on contredit un autoritarisme qui n'est finalement que la projection du sien propre. Je n'ai rien recommandé d'autre que l'information et la liberté. On n'a le droit de n'être pas de mon avis; on n'a pas celui de travestir ma pensée.

Vous me dites que le Pape n'a pas de pouvoir là où règnent d'autres religions. Mais j'accuse ces religions tout autant que la vôtre. Et dans la sphère où il peut avoir une influence, le Pape est très coupable. En voulez-vous un exemple ?

Le Mexique : 110 millions d'habitants, 90 % de catholiques, 40 % de naissances illégitimes. A Mexico, 20 millions d'habitants, la ville la plus polluée du monde, 70 % des enfants sont contaminés par le plomb et il y meurt chaque année 100.000 prématurés. C'est dans cette ville que Jean-Paul II, voici quelques années, a lancé une violente diatribe contre la pilule et l'avortement. J'affirme hautement que c'est là un comportement criminel, et si vous n'êtes pas capable de le ressentir, je vous plains de tout mon coeur. Et je plains aussi ce pauvre pape, que la dogmatique a rendu insensible et aveugle, et qui ne tient plus debout que par la force d'un orgueil démesuré. Mais vous n'ignorez pas, j'espère, que si les hommes d'Eglise condamnent l'orgueil chez les autres, c'est à seule fin de s'en réserver l'exclusivité.

Je connais fort bien la doctrine de l'Eglise en matière de régulation des naissances. Elle est aussi illusoire qu'hypocrite, car elle nécessite une autodiscipline qui n'est guère praticable que dans les couches les mieux éduquées des populations évoluées. Pour le reste du monde, elle n'est qu'un voeu pieux, c'est le cas de le dire, qui n'endiguera jamais la marée humaine dont nous serons bientôt submergés, à moins que des guerres effroyables viennent sanctionner l'imprévoyance coupable des présomptueux de toutes catégories qui se targuent de guider l'humanité.

Je ne mets pas en doute votre sincérité. Mais j'aimerais, puisque vous semblez un homme cultivé, que vous ayez l'honnêteté de relire mon article avec soin et de méditer sur le fond avant de le rejeter sans y réfléchir.

Je vous souhaite une année 2003 de grande lucidité. Cordialement.

 

Monsieur Jean-Claude LAHITTE - 11/13 rue Ferdinand Fabre - 75015 PARIS

Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet seulement aujourd'hui votre lettre du 29 octobre, retard dû au regroupement du courrier concernant certains rédacteurs sur d'assez longues périodes. Mais je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Tout d'abord, je vous serais reconnaissant de me citer la phrase de mon article dans laquelle je recommande l' "l'avortement obligatoire". Cette phrase n'existe pas. Il est assez dérisoire de critiquer un texte qu'on n'a pas su lire et d'attribuer à celui que l'on contredit un autoritarisme qui lui est étranger. Je n'ai rien recommandé d'autre que l'information et la liberté. On n'a le droit de n'être pas de mon avis; on n'a pas celui de travestir ma pensée.

Les rédacteurs des "4 Vérités" - qui ne sont pas forcément toujours d'accord entre eux - n'ont jamais exprimé l'intention d'imposer quoi que ce soit. Ce sont des démocrates de la droite libérale, des passionnés, c'est vrai, mais attentifs à la recherche de la vérité (étant entendu que l'erreur est humaine) et ils ne font qu'utiliser la liberté d'expression que leur offre cet irremplaçable journal, sans aucune censure ni auto-censure. Je suis donc amené par vos propos à m'interroger sur votre attitude politique. Car il me semble que tous ceux qui voient chez autrui un autoritarisme inexistant ne font que projeter leur propre tendance au despotisme, peut-être inconsciente. En tout cas, moi, je ne vous accuse de rien, mais je vous conseille d'y réfléchir.

En ce qui concerne la vaccination, je vous précise que je suis personnellement opposé à toute obligation vaccinale, non seulement parce qu'elle fait courir aux personnes de graves dangers, souvent supérieurs à ceux qu'elle prétend éviter, mais surtout parce qu'elle est une insupportable atteinte à la liberté individuelle et à l'intégrité physique de chacun, garantie en principe par la Constitution.

Je vous remercie de la citation de Flaubert que je ne connaissais pas. Le fait qu'il donne "les très grands" en exemple ne signifie nullement qu'il leur réserve l'exclusivité de l'exagération. Au reste, tout est relatif. Ce qui bouscule nos habitudes de pensée peut nous paraître exagéré sans l'être réellement. Vous êtes certainement conscient de ce fait. Dans le même ordre d'idées, j'aimerais vous citer ce texte de Maurice Maeterlinck, dont je me suis fait une ligne de conduite :

"Ne craignons pas d'être entraînés trop loin; et que nulle réflexion, quelque juste qu'elle soit, ne brise ou tempère notre ardeur. Assez d'hommes autour de nous ont le devoir exclusif, la mission très précise d'éteindre les feux que nous allumons. Allons toujours aux lieux les plus extrêmes de nos pensées, de nos espoirs et de notre justice."

Si vous le voulez bien, mettons-nous d'accord sur ceci : La seule exagération coupable est celle qui porte atteinte à la liberté et à la dignité des personnes. Les autres ne sont que les sarments qui nourrissent la flambée du débat d'idées. Alors, de grâce, ne soyez pas "exaspéré" par la liberté de ton de nos rédacteurs, qui n'ont d'autre souci que l'avenir de la France et des Français. Cordialement vôtre.

 

Docteur F. ROUX - Palais de Colisée - 10 rue Verdi - 06000 NICE

Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet seulement aujourd'hui votre lettre du 20 novembre, retard dû au regroupement du courrier concernant certains rédacteurs sur d'assez longues périodes. Mais je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Je comprends très bien que mes propos puissent heurter vos convictions religieuses. Mais je vous prie de tenir compte du fait que si toute personne qui veut exprimer avec sincérité, et même avec passion, ce qu'il croit juste et vrai se retient de le faire pour ne pas "heurter des convictions", tout progrès de l'esprit humain devient impossible. N'oubliez pas que vous vous réclamez d'un homme qui a été crucifié parce que son discours heurtait les convictions qui régnaient de son temps.

L'union d'un spermatozoïde et d'un ovule ne constitue absolument pas une personne humaine tant que celle-ci ne s'est pas complètement développée. Admettons cependant qu'il n'y ait pas ici de règle absolue et que les avis peuvent diverger à cet égard. Mais il y a bien d'autres choses à considérer.

D'abord le fait que la natalité française ne cesse de remonter depuis la loi sur l'IVG, et celui que le nombre des avortements est inférieur à ce qu'il était auparavant dans la clandestinité, avec tous les risques de malheur, d'infirmité ou même de mort que cela impliquait pour les jeunes femmes qui devaient s'y résoudre.

Et il y a aussi le fait, bien plus important encore, que les enfants qui naissent par la volonté claire de leurs parents motivés par un amour vrai, seront non seulement heureux mais aideront toute la société à être plus harmonieuse, ce qui n'est pas le cas des enfants nés malgré la volonté de leur mère, et qui sont souvent rejetés et deviennent des adolescents mal dans leur peau. Autant la maternité est une chose merveilleuse lorsqu'elle est pleinement souhaitée, autant elle est un calvaire désespérant pour une jeune fille qui a pu être surprise dans un égarement passager et qui risque de voir toute sa vie gâchée. Je considère qu'elle est dans ce cas en état de légitime défense contre un envahisseur non désiré. N'oublions pas qu'il existe une dictature de l'instinct sexuel contre laquelle tout le monde n'est pas armé pour résister, surtout durant l'adolescence.

Souvenez-vous enfin que mon article traitait avant tout de l'explosion démographique à l'échelle mondiale, phénomène qui pourrait bientôt nous précipiter tous dans le chaos. Je ne suis nullement un fanatique de l'avortement, mais il y a des nécessités que la vie impose quand le feu est dans la maison.

Sans prétendre vous convaincre, j'espère que vous voudrez bien prendre mes arguments en considération.

Je vous souhaite une bonne année. Cordialement vôtre.

 

Monsieur Christian de SUREMAIN - B.P. 5 - 17 rue Vauchey Very - 21420 SAVIGNY LES BEAUNE

Cher Monsieur,

Je vous remercie de votre lettre du 10 décembre, que la rédaction des "4 Vérités" vient de me transmettre dans un dossier de courrier.

En matière de démographie, je ne crois pas en effet que la France ait de quoi s'inquiéter, ni dans un sens ni dans l'autre d'ailleurs, puisque sa natalité remonte régulièrement depuis la loi sur l"IVG, ce que les opposants à celle-ci devraient bien méditer. Mais mon article était surtout motivé par l'explosion démographique mondiale.

Le cas fameux de Beethoven est souvent avancé contre l'avortement. Mais sur le plan collectif cela n'a aucun sens, car lorsqu'on examine une situation à l'échelle des grands nombres, on ne peut raisonner que statistiquement. De sorte que l'argument Beethoven se retourne contre ceux qui le brandissent, du fait que s'il y a 1 Beethoven sur 100 millions d'individus (et je suis généreux), il ne fait pas de doute qu'il y aura un nombre bien plus important d'assassins, de tortionnaires et de tyranneaux de tout acabit. Comme vous le dites très justement : "personne ne sait quelle devrait être la personne dont la mère a décidé d'avorter". Et du fait même qu'on ne le sait pas, cela ne peut entrer en ligne de compte.

Je ne connais pas le livre d'Edith Stein dont vous me parlez. Vous pourriez poser la question à la FNAC, ou par Minitel au site ELECTRE (Cercle de la Librairie).

Je vous adresse un spécimen de ma revue et je vous prie d'agréer, Cher Monsieur, mes voeux les meilleurs pour la nouvelle année. Cordialement vôtre.

 

Monsieur Alban BOUNIOL de GINESTE - 3 rue Lyautey - 75016 PARIS

Cher monsieur,

Je réponds à votre lettre du 4 décembre, que la rédaction des "4 Vérités" vient de me transmettre dans un dossier de courrier, puisqu'elle me concerne au premier chef. Et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Je vous préciserai tout d'abord que le titre de mon article a été fâcheusement modifié par la rédaction du journal. Mon titre ne comportait pas le mot "intégristes". J'avais écrit "Ils ne sont pas tous musulmans", voulant parler des immigrés maghrébins. Ajouter le mot "intégristes" devant, suivi de deux points, en a complètement modifié le sens et tout le monde en a déduit que je comparais l'intégrisme catholique à l'intégrisme musulman, ce qui n'est pas du tout dans ma pensée. Et malheureusement, ce titre a modifié pour de nombreux lecteurs toute la perception du texte qui suivait, en étant la cause d'une prévention qui n'avait pas lieu d'être.

Je ne vois non plus où est mon intégrisme, car je n'adhère à aucune idéologie, secte, parti ou chapelle quelconque. Je dis ce que je vois, ne fixe pas de dogmes et n'impose rien à personne. De mes écrits, chacun prend ou jette ce qu'il veut, mais je vois que mes contradicteurs manquent pour le moins de sérénité, ce qui est très étrange de la part de gens qui prétendent avoir la foi. Serait-elle si fragile qu'elle ne supporte pas de remise en question ?

Bien entendu, j'approuve entièrement toutes vos remarques concernant le Coran et le fait que toute exégèse de ses textes ait été mal vue par Mahomet et ses successeurs. Mais lorsque vous dites que l'Eglise catholique demande au contraire à ce que sa doctrine soit étudiée, je crains que vous ne preniez vos désirs pour des réalités. Certes elle est étudiée, mais seulement parce que l'Eglise n'a pas le pouvoir de faire obstacle à la culture dans nos pays évolués. Et je me souviens que dans la présentation de mon exemplaire de la Bible (que je n'ai malheureusement pas sous la main pour vous donner la citation exacte), il était bien recommandé de la lire dans un esprit de foi sans chercher à analyser la "parole de Dieu". Sage précaution.

Rassurez-vous, je condamne Napoléon autant que Clovis et je mets Louis XIV dans le même paquet. Mais vous avez raison, le baptême de Clovis a mis fin au massacre, tout comme l'armistice de Pétain mit fin à la guerre, provisoirement. Après tout, les dictateurs conquérants ne sont pas exigeants : ils ne demandent rien d'autre que la soumission totale. Ils ne massacrent que si l'on résiste. L'Eglise ayant vendu la Gaule à Clovis en échange d'un partage de pouvoir, les massacres pouvaient bien s'arrêter : les Gaulois étaient cuits.

Votre hypothèse sur une éventuelle conversion d'Hitler est intéressante. Savez-vous qu'Hitler, mystique déiste s'il en fut, a ménagé l'Eglise catholique durant toute la guerre pour des raisons de stratégie politique ?

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Je parie qu'il était prêt à faire un arrangement avec l'Eglise du même type que celui de Clovis (et de Constantin auparavant) concernant cette fois toute l'Europe. Et vous pensez que nous aurions dû fêter cette "conversion", qui nous aurait tous rendus esclaves d'un nazisme "officiellement christianisé" ? Je me demande si vous n'adoptez pas plus ou moins consciemment le proverbe arabe : "Mieux vaut être un chien vivant qu'un lion mort". Si c'est le cas, ce n'est guère à votre honneur. Mais je ne veux pas le croire. C'est seulement sans doute que vous n'y avez pas assez réfléchi.

L'athéisme, le règne des gangsters ? Comme c'est curieux. Je me suis laissé dire que tous les gangsters de la mafia sicilienne étaient de fervents catholiques.

La phrase de Dostoïesky que vous citez révèle chez celui qui l'adopte une âme sans honneur et sans conscience personnelle, une âme vile dont toute la "morale" réside dans la peur du "gendarme céleste". De surcroît, elle est erronée, car au contraire tous les crimes semblent permis à ceux qui se croient "dans le camp de Dieu", comme toute l'Histoire le montre et comme l'Islam en apporte aujourd'hui la preuve éclatante. (N'oubliez pas que le dieu des chrétiens, des juifs et des musulmans est le même, puisqu'il est réputé être unique).

Au fait, puisque je ne crois pas en Dieu, ayez la bonté de m'expliquer pourquoi je me préoccupe d'éducation, de civisme, de responsabilité individuelle, de probité, de patrie, d'honneur, etc. ? Et si vous vous préoccupez aussi de tout cela, ce que je crois volontiers, prétendrez-vous que y deviendriez subitement indifférent si vous cessiez de croire en Dieu ? Cela prouverait que vous n'avez aucune conscience personnelle du bien et du mal, ce que je ne peux pas croire.

Je vous pardonne vos outrances, parce que je comprends que vous avez écrit sur le coup de l'irritation et sans peser vos propos. Mais j'espère pouvoir faire crédit à votre probité intellectuelle pour que vous reconsidériez votre position, au moins dans sa forme.

Je vous souhaite une année 2003 authentiquement spirituelle. Cordialement.

 

Monsieur P. RÉMY - 33 Rue Jean de La Bruyère - 78000 VERSAILLES

Cher Monsieur,

Je n'ai reçu qu'hier votre lettre du 18 novembre, qui m'a été transmise par la rédaction des "4 vérités" dans un gros dossier de courrier. Je regrette ce retard qui ne m'a pas permis de vous répondre dans un délai plus raisonnable. Car je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Ma mère ne pouvait pas songer à l'avortement, car j'ai été par bonheur un enfant résolument voulu par un couple exceptionnel uni par un amour véritable. Et c'est certainement pour cela que j'ai toujours été un homme heureux et créatif. Ce qui n'est malheureusement pas le cas de ces enfants conçus par inadvertance et qui deviennent souvent des adolescents mal dans leur peau causant les désordres que vous savez.

Je suis entièrement d'accord avec ce que vous dites de nos excès médicaux qui multiplient bacilles et virus résistants. Car la médecine est devenue une nouvelle religion, et pour moi, c'est tout dire.

Les peuples européens ne sont nullement en train de mourir, et s'il est malheureusement vrai qu'ils sont gravement malades, c'est uniquement à cause de l'incompétence et de la lâcheté de leurs politiciens, qui se partagent entre chrétiens et marxistes, ce qui est pour moi du pareil au même. Quant au nombre des Européens, il est plus que suffisant pour tenir tête à toutes les agressions qui se puissent imaginer. Vous paraissez oublier que dans le monde moderne, la technologie décuple, voire centuple, les capacités d'un individu (de même que ses pollutions, hélas), et que le nombre n'est plus du tout un facteur de puissance. Ce serait même plutôt le contraire. De toute manière, ce n'est pas la quantité des hommes qui compte, mais leur qualité. Et ce qui nous manque surtout, c'est la fierté, la force morale et la force de caractère. Je suis sûr que c'est aussi votre avis.

Vous dites que mes propos ont peu de chances d'être entendus dans les contrées où ce serait souhaitable. Si vous aviez bien lu mon article, vous vous seriez souvenu que l'enquête des Nations Unies de 1990 prouve le contraire, car toutes les femmes du tiers-monde sont dans l'attente d'information et de liberté de contraception et en sont privées par leurs cultures traditionnelles, y compris dans les pays catholiques, comme par exemple au Mexique. Les organisations internationales pourraient les satisfaire et c'est surtout aux Occidentaux qui les dirigent que mes propos sont destinés. Sans illusion, naturellement, puisque nos responsables politiques n'écoutent personne et ne lisent rien.

Qui vous a dit que je ne croyais pas à un au-delà de la vie ? Je ne crois pas en Dieu, c'est tout. En revanche, je crois à l'éternité des âmes libres, dont le travail incessant dans toutes les galaxies transforment sans cesse l'univers. Il est téméraire de juger les gens sans les connaître et d'extrapoler à partir d'un article dérangeant.

Je vous souhaite une année 2003 authentiquement spirituelle. Cordialement.

 

Monsieur H. MARTIN - 36500 VILLIERS

Cher Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet votre lettre et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Je vous préciserai tout d'abord que le titre de mon article a été fâcheusement modifié par la rédaction du journal. Mon titre ne comportait pas le mot "intégristes". J'avais écrit "Ils ne sont pas tous musulmans", voulant parler des immigrés maghrébins. Ajouter le mot "intégristes" devant, suivi de deux points, en a complètement modifié le sens et tout le monde en a déduit que je comparais l'intégrisme catholique à l'intégrisme musulman, ce qui n'est pas du tout dans ma pensée.

Je n'ai rien d'un Fouquier-Tinville et jamais je n'aurais l'idée de massacrer des gens parce qu'ils ne pensent pas comme moi. Et il ne sert absolument à rien de prétendre comparer les crimes des uns et des autres. On peut renvoyer dos à dos tous les fanatiques, qu'ils aient été inquisiteurs catholiques ou commissaires révolutionnaires. Ces gens-là ne sont des adversaires qu'apparemment, car en réalité ce sont les mêmes : de dangereux déséquilibrés. Hélas, l'humanité n'en manque pas.

Vous dites que la France n'existe plus. Mais si, elle existe, fort heureusement. Elle n'est certes pas aussi belle et forte que nous le souhaiterions, vous et moi, mais c'est aux Français de bonne volonté de faire en sorte qu'elle le redevienne. C'est en tout cas l'un des objectifs des "4 Vérités", malgré toutes les divergences de vues qui peuvent exister entre ses lecteurs et ses rédacteurs, ces derniers n'étant d'ailleurs pas toujours d'accord entre eux. Aussi, vous vous trompez lorsque vous écrivez sous votre nom "abonné par erreur". Vous ne vous êtes pas du tout abonné par erreur, mais parce que vous avez ressenti ce que je viens de dire. Simplement vous avez été choqué par mon article parce qu'il a heurté vos convictions. Vos convictions seraient-elles si peu fortes qu'elles ne supportent pas la contradiction ? Je ne puis le croire.

En ce qui me concerne, je respecte les personnes et je ne veux pas porter atteinte à leur liberté d'opinion, à leur vie moins encore. Mais je ne respecte pas les convictions, c'est vrai, parce qu'elles assèchent l'âme et paralysent l'esprit. Je ne demande d'ailleurs pas qu'on respecte les miennes. Je peux moi aussi me tromper. Mais il faut savoir confronter les opinions pour que la réflexion de chacun s'affine et s'exerce. Vous avez réagi fortement à mes propos et vous avez bien fait. Cela prouve que vous n'êtes pas de bois et je m'en réjouis. Mais, je vous en prie, sachez lire les opinions contraires avec sérénité et ne soupçonnez pas d'intentions criminelles ceux qui voient le monde autrement que vous.

Je vous souhaite une bonne année 2003, ainsi qu'à la France. Cordialement.

Monsieur Victor BOXBERGER - 151 rue des Perrières - 71200 LE CREUSOT

Monsieur,

La rédaction des "4 Vérités" me transmet votre lettre et je me fais un devoir de répondre à chacun de mes correspondants, par courtoisie d'abord et aussi parce que je suis attentif à toutes les opinions exprimées.

Je vous préciserai tout d'abord que le titre de mon article a été fâcheusement modifié par la rédaction du journal. Mon titre ne comportait pas le mot "intégristes". J'avais écrit "Ils ne sont pas tous musulmans", voulant parler des immigrés maghrébins. Ajouter le mot "intégristes" devant, suivi de deux points, en a complètement modifié le sens et tout le monde en a déduit que je comparais l'intégrisme catholique à l'intégrisme musulman, ce qui n'est pas du tout dans ma pensée. Et malheureusement, ce titre a modifié pour de nombreux lecteurs toute la perception du texte qui suivait, en étant la cause d'une prévention qui n'avait pas lieu d'être.

Vous parlez de ma "suffisance habituelle". Je ne comprends pas cette réaction. J'affirme ce que je crois juste avec une passion légitime. Je conçois que l'on puisse en être choqué, bien que je n'écrive pas dans ce but, mais il me semble que si suffisance il y a, c'est plutôt dans l'esprit de ceux qui croient détenir la vérité une fois pour toutes et ne supportent pas qu'on la mette en doute.

Je ne vois non plus où est mon intégrisme, car je n'adhère à aucune idéologie, secte, parti ou chapelle quelconque. Je dis ce que je vois, ne fixe pas de dogmes et n'impose rien à personne. De mes écrits, chacun prend ou jette ce qu'il veut, mais je vois que mes contradicteurs manquent pour le moins de sérénité, ce qui est très étrange de la part de gens qui prétendent avoir la foi. Serait-elle si fragile qu'elle ne supporte pas de remise en question ?

Vous terminez en disant ne plus vouloir lire les "4 Vérités". C'est votre droit. Mais qui y perdra, sinon vous ? D'abord parce que ce journal a bien d'autres rédacteurs que moi-même et qu'ils sont loin de m'approuver tous. Ensuite parce que son objectif essentiel est d'aider la France à sortir de ses scléroses et de ses tricheries de droite ou de gauche et que pour l'atteindre il est nécessaire que le débat d'idées politique et philosophique soit pleinement riche et vivant, même s'il fait quelques étincelles dans les têtes, ce qui est inévitable. La rédaction de votre lettre, si courte soit-elle, indique un homme cultivé. Croyez-vous vraiment que vous servirez l'Esprit en demeurant recroquevillé sur des certitudes d'un autre âge ? Et même si vous voulez les conserver, ce qui est votre droit, n'allez pas les dérober à la confrontation, sinon vous finiriez par ressembler à ceux qui condamnèrent un certain Jésus, simplement parce qu'il osait dire qu'on pouvait voir le monde autrement qu'ils le voyaient.

Je vous souhaite une année 2003 plus authentiquement spirituelle que les précédentes. Cordialement.

 

 

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