Sommaire du n°176 22 mai 1998 (version incomplete)

«L'Entente a droite fait pièce à "l'Alliance"

 Depuis (trop) longtemps désarmées idéologiquement, les troupes militantes des partis de la fausse droite rentrent chez elles et posent le sac : d'après des indications précises et concordantes, le RPR et l'Ex.UDF toutes tendances confondues, auront perdu entre 60 et 70% de leurs militants d'une année sur l'autre. Avec des records de démobilisation, notamment dans la région Paca, où les fantassins de ces deux partis n'ont pas encore avalé que l'exécutif de la Région soit apporté sur un plateau à une gauche minoritaire par les mêmes qui continuent néanmoins à pérorer à Paris, à longueur d'émissions de télévision. Même Alain Madelin, il y a quinze jours, ne parvenait à réunir à Paris que 1 500 à 1 600 adhérents de Démocratie libérale, formation pourtant dotée de grasses subventions publiques. François Bayrou s'est retrouvé l'autre jour à Toulouse devant 150 militants, venus de toute la région Midi.Pyrennées, et dont la plupart étaient d'ailleurs là pour le contester...

 Sans le concours d'aucun grand média, le «Manifeste pour l'entente à droite», lancé dans . ces colonnes le 17 avril dernier, a déjà recueilli plus de 1 400 signatures (voir pages 4 et 5). Et plus de 800 personnes seront physiquement présentes le samedi 6 juin pour son adoption solennelle.  

Outre Christine Boutin, Alain Griotteray, Michel junot, Michel Poniatowski... Charles Millon sera parmi nous ce jour-là- Après quoi, le même jour, toujours au Palais des Congrès de la porte Maillot à Paris, il attend, venus de toute la France , plus de 2 000 animateurs du mouvement «La Droite»* qu'il vient à peine de lancer, pour une réunion de travail «à huis-clos», qui marquera le premier temps de la reconstruction politique.. Les chiffres parlent, lnsensible au bourrage de crâne, l'opinion ne s'en laisse pas compter. C'est à la base que l'Entente progresse chaque jour, tandis que l'Alliance de la fausse droite, constituée pour lui faire barrage, continue à se perdre dans les conciliabules et les combinaisons d'appareils décadents. L'Entente à droite, qui ne saurait avoir aucun ennemi à droite, n'appartient à personne. C'est un cadeau que le peuple de droite, de toute la droite, offre à ceux qui sauront sans délai le saisir.

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 Les sectiféfés -Tribune Libre par Nicolas Courteille.

Notre société devient de moins en moi tolérante, et au fur et à mesure qu'elle impose le label du politiquement correcte elle a tendance à diaboliser tout ce qui n'est pas elle. Cette intolérance et cet intégrisme démocratique qui l'accompagne étaient déja soulignés par Alexis de Tocqueville dans son ouvrage De la Démocratie en Amérique Tocqueville y définissait la dictature de l'opinion et celle de la majorité ; ces deux dernières, au nom bien sûr de la démocratie, interdisent tout faux pas idéologique. Voilà pourquoi il est si difficile de contrevenir aux règles de bienséance édictées par une minorité d'agitateurs de l'opinion. Pour ces dictateurs médiatiques, ces «médiactateurs», tous les moyens sont bons qui diabolisent l'adversaire et s'efforcent de maintenir majorité dans son giron.

Un des moyens les plus sûrs aujourd'hui est l'imputation de secte. On accuse tous ceux qui contreviennent à l'ordre ou au désordre moral en place d'être des sectiférés. Seront sectiféré par exemple les gens qui s'intéressent au Moyen.Age ou qui ont une vie religieuse trop intense ;seront sectiférés, autres exemples,le contribuables associés ou les groupes hostile à l'avortement ; les écologistes honnête. (comme Antoine Waechter enterré avec les siens par refus d'opportunisme politique) ou même les libéraux. Car les libéraux, et c'est là un comble, son accusés en France de constituer une secte. Il y a quelques mois dans Marianne, un numéro leur était consacré qui caricaturait toute la réalité pour prêter au libéralisme les caractères et les défauts présumés des sectes. il y avait des gourous Ie pire étant Friedrich von Hayek), des lieux de pélerinage (comme le Mont Pélerin), des églises et des obédiences et d'affreux apôtres et prosélytes, au nombre desquels figureraient, toujours selon l'hebdomadaire de l'impayable Jean-François Kahn, des journalistes aussi paisibles que Jean.Marc Sylvestre ou Jean-Pierre Gaillard. La diabolisation - ou sectifération . des libéraux est en France une donnée de l'histoire contemporaine ; puisque, comme l'a rappelé Jean-François Revel un jour il n'y pas de libéralisme en France, il n'y a que de l'ultralibéralisme, de l'intégrisme libéral qui vient menacer le génie franchouillard et son corrélat inévitable, , l'exception française. Cette exception qui vient à propos augmenter les impôts, réduire les allocations familiales (sauf pour les familles nombreuses issues du tiers-monde), et pratiquer un national-socialisme à usage interne, en tournant le dos à ce qui se fait en Europe et ailleurs dans le monde.

 Jeter le bébé avec l'eau du bain fait ainsi partie du jeu politique aujourd'hui. Nous ne cherchons évidemment pas à protéger les vraies sectes pseudo.religieuses dont les excès sont aisément identifiables. Encore que l'imputation de pédophilie nous semble suspecte, à être systématiquement utilisée pour diaboliser et éliminer les dites sectes. Chacun devrait être libre de choisir librement son culte dans notre société làique et de donner son argent à qui il veut (même si ce n'est pas au PS. ou au M.R.A.P). Mais la dictature de la majorité le refuse, qui n'a ainsi pas fini de persécuter les contrevenants à l'idéologie officielle des têtes molles qui nous dirigent.

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Moralisation de la vie publique les cumulards ne perdront rien

[Alain Ferry, 46 ans, député non-inscrit (Mouvement des réformateurs) du Bas-Rhin, et maire de la commune de Wisches, a craché le morceau dans une tribune libre publiée dans le Figaro du mardi 26 mai : les deux projets de loi dont a commencé à débattre l'Assemblée Nationale sur le cumul des mandats sont largement de la poudre aux yeux ! Le cumul va être interdit entre un mandat de parlementaire et celui d'un exécutif local, y compris pour la plus petite commune de France. Moyennant quoi Lionel Jospin pourra rester conseiller général de Cintegabelle... Il est vrai qu'il suffira aux politiciens touchés par la loi de devenir Ier adjoint ou Ier vice-président d'un conseil général pour conserver la réalité de leurs pouvoirs, sans enfreindre la loi.

Le cumul des mandats ne devient pas interdit, mais seulement plus limité. Cela revient à considérer que certains mandats locaux sont cumulables et d'autres pas. Mais où est la logique ? interroge Alain Ferry. Être conseiller général, est-ce moins contraignant que d'être maire d'une commune du dit canton, quand on sait que le maire est entouré de ses adjoints et de ses autres colistiers, et assisté de techniciens, tandis que le conseiller général travaille seul, sans assistance d'aucune sorte ?

La seule logique est d'aller jusqu'au bout de la démarche et de poser le principe "un homme, un mandat", que pratiquent d'ailleurs à peu prés toutes les grandes démocraties, en particulier les États-Unis et la Grande Bretagne. Le cumul des mandats a deux fondement puissants : il permet le cumul des indemnité offre des possibilités de repli,en cas de défaite électorale, aux politiciens professionnels prétendent vivre éternellement de l'exercice leur mandats. Ces deux comportement sont également choquants.

S'agissant du cumul des rémunérations, Jospin avait un moyen simple d'y couper court : en plafonnant à la seule indemnité parlementaire soit 32 000 fr par mois, sans les avantages annexes - le total des indemnités pouvant etre perçues par un parlementaire. Au lieu de quoi beaucoup de fonctions liées mandats électifs et souvent fort bien rémunérées échapperont à la loi sur le cumul,comme les présidences de communauté urbaine ,de communes ou de villes, les syndicats intircommunaux ou de district, les sociétés d'économie mixte...

Et en plus, pour satisfaire ceux des parlementaires socialistes qui préféreront, dans plusieurs années, conserver leur mandat de maire que de parlementaire, une augmentation de 50% des indemnités des maires accompagne les projets de loi déposés. Pour faire passer le pillule. Moyennant quoi, avec les nouvelles lois Jospin il y aura toujours des cumulards, et les proffessionels la politique qui vivent grassement de multiples indemnités seront même plus nombreux...

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Peut.on être de droite et faire voter communiste ?

Prenons au pied de la lettre, un instant seulement, les déclarations des menteurs professionnels de la fausse droite, regroupés depuis quinze jours dans «l'Alliance». lls nous disent : «promis, juré, nous allons élaborer un programme de droite, autour des mots clés de sécurité, de famille, de moins d'impôts et de plus de responsabilité, nous allons Soumettre ce texte aux militants qui nous restent, et, ainsi relégitimés, les mêmes hommes (qui ont encore des missions à accomplir..) reprendront le pouvoir, avec ses lustres et ses ors, dont ils conservent la nostalgie».

Admettons. Mais ils ajoutent :»et ayant retrouvé nos valeurs et la confiance du peuple de droite, nous serons mieux armés à l'égard du Front national, ce pelé, ce galeux.» Et ils concluent : «et si nous avons à choisir entre un communiste et un FN, comme à Gardanne, ou entre un Socialiste et un FN, comme à Toulon, nous choisirons le candidat de la gauche républicaine contre le FN».

La Stratégie de «l'Alliance» fait penser au discours de certains contestataires communistes qui acceptaient les lois du marché, tout en prônant la dictature du prolétariat..

Le discours de droite n'a aucune chance d'être tenu pour crédible S'il continue à pencher à gauche à chaque fois qu'un choix décisif sera à faire. C'est pourquoi, aujourd'hui, le comportement vis-à.vis du FN est bien le critére, la pierre d'achoppement, du clivage droité/gauche. Comme le désistement “républicain” était à gauche, jusqu'au programme commun, le critère ultime de l'appartenance à la gauche. Ce qui ne signie pas un accord sur tous les points des programmes respectifs. Quand la guerre d'Algérie, ou la séparation de l'Église et de L'État, étaient les critères qui différenciaient la droite de la gauche, cela n'empêchait nullement toutes sortes d'autres débats honorables au plan économique et social, ou sur celui de la politique étrangère. Mais la césure droite/gauche était quand même là. Comme aujourd'hui entre «l'Entente à droite» et la fausse droite, séparées par ce clivage droite/gauche qui structure, pour la Simplifier et l'éclairer comme depuis toujours, la vie politique française. Les discours des dirigeants politiques font toujours la part belle aux promesses comme aux rêves, à l'utopie ou à la démagogie. Mais quand il s'agit de constituer des majorités pour gouverner ensemble, au niveau de l'État, des régions, des départements ou des communes, les clivages d'ordre supérieur reprennent le dessus. Chaque camp doit accepter ses extrêmes, surmonter les diabolisations et choisir : faire gagner la gauche, comme les dirigeants de la busse droite, ou son camp, comme Charles Millon, Charles Baur ou Jacques Blanc.

Car le simple fait d'accepter les voix d'élus du peuple, régulièrement et démocratiquement désignés est devenu aujourd'hui une forme accomplie, et appréciée , d'un courage politique qui s'est fait rare.

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Ces deux gestes qui pouvaient sauver Chirac. Tribune de Claude Reichman.

C’est à Lyon que le sort de Jacques Chirac s'est joué. En visite officielle dans la capitale des Gaules, il pouvait par deux gestes simples se sauver de la marée des affaires. Il ne les pas accomplis, il est perdu. Les affaires d'abord. Comme tous les partis politiques, le RPR a utilisé ses centres de pouvoir pour se financer. La mairie de Paris était le plus puissant d'entre eux. Sans grande difficulté, les juges ont mis au jour deux types de pratiques, fort classiques l'une et l'autre. En échange d'un marché public, des entreprises reversaient une partie du prix à des officines proches du RPR, tandis que la mairie de Paris rémunérait des personnes qui ne travaillaient pas pour elle mais pour le parti. Les personnalités politiques les plus insoupçonnables, de gauche ou de droite, ont toutes mis en oeuvre, à plus ou moins grande échelle, de tels procédés. Leur qualification pénale est simple et claire : détournement de fonds publics, recel d'abus de biens sociaux. Pour celui qui s'en est rendu coupable, dès que les juges ont pu en apporter la preuve, la mise en examen et la condamnation sont certaines. Et donc la mort politique. Ce n'est qu'une question de temps. Et de rapport de force. M.Mitterrand, en dépit du climat d'affairisme dans lequel son règne a baigné, n'a jamais été inquiété. Non parce que les juges étaient de gauche, mais parce que le pouvoir politique en imposait au pouvoir judiciaire. Mitterrand vivant, jamais Roland Dumas n'aurait été promené en voiture dans Paris entre deux magistrates. Chirac n'est pas mort, mais il ne vaut guère mieux. La politique de matraquage fiscal du gouvernement Juppé a été une folie. La dissolution, avec la promesse, en cas de victoire, du maintien de Juppé, en a été une autre. Depuis, autour de lui, tout se délite. La coalition qui lui a permis de l'emporter se disloque et se déchire. Et si les deux hommes qui l'avaient le plus fidèlement servi, Jacques Toubon au RPR et Jean Tibéri à la mairie de Paris, se disputent aussi férocement son héritage municipal, c'est parce qu'ils sentent bien que le président est à l'agonie et qu'il n'est même plus capable de régler lucidement sa succession.

Les juges n'ont donc aucun souci à se faire. Personne ne les empêchera de châtier les puissants d'hier, Chirac inclus, passés au rang de vulgaires délinquants.M.Jospin n'a aucune raison de les dissuader .De gauche ou de droite, ils travaillent pour lui. La disparition, pour le moment, de toute concurrence sérieuse lui ouvre les portes de l'Elysée. Il restait à Chirac une carte à jouer : celle d'un nouvel ancrage de son régime. Pour cela, il lui fallait montrer, par quelques gestes spectaculaires à la manière de De Gaulle ou de Mitterrand, que les manoeuvres les plus hardies ne lui faisaient pas peur et qu'il était capable, en quelques heures, de retourner la situation la plus compromise. A Lyon, son entourage a

déployé des efforts insensés pour qu'il soit clair aux yeux de tous que le président n'approuvait pas ce qui s'est passé au conseil régional Rhône-Alpes.

C'est tout le contraire qu'il fallait faire. Chirac aurait dû s'attarder un long moment avec Charles Millon et lui parler avec chaleur et amitié, comme il sait si bien le faire. Puis, apercevant Bruno Gollnisch dans l'assistance, il aurait dû fendre la foule et lui décerner une simple et franche poignée de mains.

Que croyez-vous qu'il se serait passé ? Un déferlement d'indignation et d'insultes de la part des socialo-marxistes et du parti médiatique ? Vous n'y êtes pas du tout. lls auraient été muets de stupeur et d'angoisse. Car les deux gestes audacieux de Chirac auraient démontré qu'il était résolu à se battre et à utiliser toutes les armes pour l'emporter. Et notamment à s'appuyer sur la majorité politique du pays contre les usurpateurs de la gauche et des médias. Chirac ne l'a pas fait. Plus dure sera sa chute.

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