Sommaire du n°179

  

Encourager Millon mais sans le lacher...

Je soutiens Millon. Ma carte d'adhérent n° 1389 à «La Droite» en témoigne. J'ai applaudi son courage, face à la meute médiatico-politique. Et je l'exhorte à rompre définitivement avec la fausse droite RPR.UDf à transformer son mouvement pour se constituer en un parti politique autonome, et à engager un dialogue public et sans complexe avec le Front national, en laissant à d'autres le soin de trouver au sein de ce parti légal, des Français «racistes ou xénophobes».

 Puisque le président de la République croit habile, et conforme à l'idée qu'il se fait de sa fonction, de dresser les Français les uns contre les autres, en prenant le risque de déclencher une nouvelle guerre civile, pourquoi un homme comme Millon ne serait-il pas celui que le pays attend, et qui dirait, comme beaucoup d'anciens grands hommes d'État qui ont incarné notre peuple, pour commencer et à chacune de ses interventions publiques, qu'il ne connaît que de bons et d'honnêtes Français ?

 

Pour l'instant, Millon n'est pas exactement sur cette ligne. Attendons. Nous avons rendez-vous avec lui le 4 octobre prochain pour son premier congrès. Chacun y viendra avec sa stratégie. N'est-ce pas ce qu'il a souhaité lui-même en évoquant une droite plurielle, rassemblant nationaux et libéraux, européens et «souverainistes», girondins et jacobins ?

 Charles Millon est au bord du Rubicon. Les chefs de l'Alliance, dont les troupes sont en débandade, le pressent de ne pas le franchir. En l'incitant à payer son tribut à la pensée conforme anti-FN. D'autres, affranchis, l'incitent à le franchir Nous en faisons partie.

 Lui écoute, honnêtement. Il hésite, sincèrement. N'en déplaise à un certain nombre de nos correspondants, nous nous donnons mois pour en trancher Sans pour nous interdire d'exprimer librement point de vue, en toute liberté !....

(sommaire)

 Les socialistes promettent à la fois la baisse des impots et l'augmenation des dépenses!

 Les socialistes ont, encore plus que les autres politiciens, une longue pratique de la démagogie. Toutes leurs propositions doivent donc être passées au filtre de l'expérience récente.

 Laurent Fabius se fait le nouveau chantre de la baisse des impôts. Même Jospin se dit «résolu à baisser les prélèvements obligatoires». Mais il convient de leur poser les bonnes questions i s'agit-il d'un bricolage - façon Juppé - sur les seuls taux de l'IRPP ou au contraire d'une diminution résolue de la dépense publique ?

 Car, quand on parle d'impôts, on joue souvent sur les mots ! Et d'abord, en premier lieu, sur les taux. Une légère baisse du taux marginal de l'impôt sur le revenu peut très bien se traduire par une augmentation de la cotisation payée : pour peu que les tranches soient parallèlement manipulées.

 Ensuite, en matière d'impôts, il y a ceux que l'on voit et ceux que l'on ne voit pas. La TVA rapporte prés de deux fois plus au Trésor public que l'lRP? alors qu'elle est pratiquement indolore, bien qu'elle s'inscrive à 100% dans les prix des produits, qu'elle renchérit d'autant.

Les contribuables attendent toujours qu'on revienne sur la hausse de deux points de la TVA décidée par Alain Juppé en 1995, qui l'a portée «provisoirement» de 18,6 à 20,6%. Les socialistes n'avaient-ils pas promis alors qu'ils reviendraient sur cette mesure ?...

 Et, quand on parle de prélèvements,il ne faut pas oublier que les cotisations sociales, qu'elles soient payées par les salariés,les retraités ou les entreprises,constituent aujourd'hui 60% du total !

 En toute rigueur même les déficits devraient être inclus dans le total des prélévements obligatoires, car ils ne sont rien d’autre que des impôts reportés, d'ailleurs lachement sur les têtes des générations suivantes.

En définitive, la seule façon crédible de baisser les prélèvements obligatoires c'est de réduire la dépense publique, de procéder à des coupes claires dans les budgets, par exemple dans le maquis des aides et des subventions, c'est de réduire et non pas d'augmenter le nombre des fonctionnaires.

 Or, les dirigeants socialistes, presque chaque jour, annoncent des augmentations des effectifs de la fonction publique, en particulier dans , l'éducation nationale, et promet de nouvelles aides, de nouvelles subventions. Ce qui est rigoureusement en contradictoir avec les «résolutions» affichées par Fabius et Jospin de baisser les impôts.

 Les contribuables ne sont pas dupes. Ils savent qu'on ne peut pas en même temps baisser les impôts et augmenter le nombre des fonctionnaires et le total de la dépense publique.

Et ils considèrent que les hommes politiques seraient bien inspirés de donner eux.méme l'exemple. Quand on s'appelle Laurent Fabius en n'achetant pas un nouvel immeuble rue de l'Université, pour mieux installer les parlementaires. Et quand on s'appelle Lionel Jospin,en ne procédant pas à une revalorisartion de 50% des indemnités des maires de toutes les communes de France...

jean Rouxel

(Sommaire)

 Lettre ouverte à Philippe de Villiers

 Vous avez fait campagne contre le traité de Maastricht et vous avez voté contre. Moi aussi. Il a été néanmoins adopté, Et il s'impose donc à tous les Français, comme s'imposent à eux tous les traités, en particulier les traités européens, qui se sont succédé depuis le traité de Rome, signé en 1957.Ensemble, ils forment un corps de règles de droit qui représente aujourd'hui l'essentiel du corpus juridique régissant la vie et l'activité des citoyens que nous sommes.

On peut évidemment le regretter. Comme on peut regretter d'avoir perdu la guerre de 1870 ou d'avoir dû, piteusement livrer les départements algériens à des bandes de pillards sanguinaires. On peut toujours avoir des regrets ou de la nostalgie, mais il faut faire avec. C'est ce qu'on appelle le principe de réalité, qu'aucun homme politique ne devrait jamais méconnatre.

Il y a certainement du bon et du mauvais dans cet ensemble complexe qui s'appelle la construction européenne. Comme vous, sans doute, je n'aime pas que les technocrates de Bruxelles se mêlent de tout de réglementer les étiquettes de fromages et la forme de nos bouteilles de vin, alors qu'en application du beau principe de subsidiarité, ils devraient laisser les États, ou même les régions, délibérer de telles questions.

Je suis d'accord avec vous pour dénoncer toutes les absurdités grotesques qui se concoctent du coté de la Commission ou du Parlement européen. Mais je ne peux pas accepter qu'au nom de cette position vous en veniez à défendre une forme d'étatisme français archaïque, principale cause de notre régression sociale.

 

Samedi dernier vous êtes allé jusqu'à dire que l’d'idée selon laquelle l'Europe obligerait la France à se moderniser était monstrueuse et ridicule.» Et vous avez cru devoir ajouter que «c'était les mêmes qui en 1941 disaient que les Allemands , au moins, allaient remettre de l'ordre en France». D'abord, s'il vous plaît ne faites pas comme les socialistes qui invoquent à tout bout de champs la période funeste de la guerre 39.45, pour établir des comparaisons qui n'ont intrinsèquement aucun sens, que personne ne peut comprendre, et qui sont d'ailleurs fausses.

Qu'avez.vous voulu dire ? Que les Européens sont de nouveaux «collabos» ? Qu'ils pactisent avec l'ennemi ? Qu'ils sont de mauvais Français ?...Vous feriez mieux de laisser ce genre d'anathèmes à vos bons amis du RPR Quant au fond, c'est certainement votre droit d'estimer que sans les critères de Maastricht les gouvernement de la gauche comme de la fausse droite auraient mené une politique budgétaire encore plus vertueuse. Mais souffrez que je pense exactement le contraire.

 Et vous pouvez penser que, sans l'Europe, le transport aérien comme les télécommunications auraient été, en France, de la même façon libérés des monopoles publics, mais personnellement j'en doute.

Sous nos yeux, le monopole de la sécurité sociale vole à son tour en éclats. Grâce à l'Europe. je m'en félicite. Le regrettez-vous ? Voilà ce que vous allez devoir dire aux Français. Un conseil : ne vous trompez pas de guerre...

(sommaire)

 

Ce fascisme de gauche qui monte...

 Nous poursuivons la publication d'extraits significatih d'interventions pronocées à la tribune, à l'occasion de notre Convention du 6 juin 1998 consacrée à l'adoption du «Manifeste pour l'Entente à droite». Ci.dessous l'intervention de Jean.Christophe Mounicq, journaliste, membre du PPL, Parti pour la Liberté.

 

«De nos jours, le «Politiquement Correct» est l'arme la plus efficace de la gauche. Ce nouveau fascisme dénie aux autres le simple droit d'expression. Les médias audiovisuels en sont les premiers vecteurs. Ceux qui s'y expriment sont principalement les tenants des positions sentimentalistes. Leurs points de vue, dénués de tout rationalisme, rejoignent les positions gauchistes qui visent à saper les fondements de notre pays. Les "Français normaux ", ou de bon sens, ont ainsi disparu des "micro-trottoirs".A l'occasion d'une grève des transports publics, l'usager interrogé est toujours ravi. Compréhensif :si tout allait bien, ils ne se mettraient pas en grève». Serein : ii cela ne me gêne pas, j'ai ressorti mon vélo, je fais de l'exercice .

Quand à l'issue du conflit, le gouvernement accorde des augmentations aux grévistes, l'usager-contribuable est soulagé : ii que de temps perdu! ». Il accepte toujours de payer.

Les spécialistes » sont eux aussi politiquement corrects. D'obédience marxiste pris au sens large. En matière économique, ils doivent être keynésiens, interventionnistes, étatistes. Toujours partisans d'une relance de la demande, d'une redistribution. Sur un problème économique, il est rarissime d'entendre le prix Nobel Maurice Allais, les Professeurs Pascal Salin, Florin Aftalion, Jacques Garello,Jean-Jacques Rosa ou tout autre libéral. Quand on interroge des socio-professionnels , ce sont principalement des syndicalistes. Rarement des patrons, des cadres ou des ouvriers expliquant que la grève est préjudiciable à leur entreprise et à leur emploi.

 Les commentateurs? Une vingtaine d'incontournables monopolisent les ondes. On les retrouve dans les journaux, à la radio et à la télévision.

 Pendant que l'on fantasme sur la résurgence du fascisme de droite, un fascisme de gauche s'installe- Totalitaire, il impose ses vues. Et démolit toutes les valeurs de notre société. Les tenants de l'effort, du travail, de l'épargne, du mérite, de la famille, de la sécurité et de la patrie sont ridiculisés. Qualifiés de bourgeois, conservateurs, réactionnaires, passéistes...Les droit-de-l'hommistes » ont au contraire droit à toutes les louanges : humains, sensibles, généreux, modernes...

 L'appel à l'humanitaire est en train de remplacer la réflexion politique. Jacques Julliard, qui n'est pourtant pas de droite, lui-même en convient. Le mouvement des chômeurs, à la fin de l'année 1997 avait bien illustré ce phénomène. La demande d'une aide ponctuelle aux plus démunis avait une certaine légitimité. Mais les revendications visaient à augmenter les minima sociaux et à créer un véritable statut du chômeur. Le chômage serait devenu la dernière profession, ii le stade ultime du salariat . Donnant droit à un treizième mois et à des congés payés. Ces revendications tendent à faire croire que l'on peut vivre sans travailler. Personne n'explique clairement que cela consiste en fait à vivre aux crochets de ceux qui travaillent.

 S'il y a un domaine sur lequel le politiquement correct est maximal, c'est celui de l'immigration. Ceux qui l'évoquent de manière lucide sont aussitôt considérés comme des racistes-Voire des néo-nazis. Les seuls autorisés à s'exprimer sont les pro-immigrationnistes. Pseudo-intellectuels, jeunes nàifs ou immigrés eux-mêmes. La chape de plomb

médiatique est maximale. Il faut être généreux et les accueillir. Il est inconvenant de constater que la présence des immigrés pose des problèmes dans les écoles, contribue à l'insécurité, aggrave le chômage. Pire, il est interdit de parler des coûts énormes de cette immigration où le travailleur-immigré a depuis longtemps été remplacé par l'assisté-immigré. Comme il est interdit d'évoquer les problèmes qu'ont toujours et partout posé l'islam. Du Liban, au Monténégro, de Jérusalem, au Cachemire et au Pakistan, de la Tchétchénie à la Bosnie Herzégovine, de l'Iran à l'Algérie, il n'y a pas de problème musulman.

Le politiquement correct a causé des ravages .Des ravages à droite. Feu la droite RPR-UDF avait un beau programme. N'ayant eu aucun courage pour l'appliquer, on est en droit de se demander, si elle croit à ce qu'elle professe. Si ses pseudo-convictions ne sont pas qu'un simple positionnement sur le marché électoral ». Le politiquement correct lui a fait abandonner son programme. La droite molle a fait une politique de gauche. Et son électorat l'a sanctionnée. On attend toujours qu'elle en tire les conclusions. A l'aune de leur action passée, les leaders de l'alliance ne sont pas crédibles lorsqu'ils se disent libéraux ou de droite.

 Des ravages en France.A force de dénoncer l'obsession sécuritaire et une société répressive,les voitures brûlent dans les banlieues, le nombre des agressions physiques progresses la délinquance des adolescents explose. A force de dénoncer le capitalisme sauvage, et de tuer les incitations au travail et à l'épargne, le nombre des ii sans-emploi » (comme l'a montré le rapport du commissariat général du plan dirigé par Henri Guaino) atteint sept millions de personne en France.

A force d'assistanat généralisé, et de non prise en compte des réalités financières, les dettes publiques dépassent 5000 milliards de francs. En ridiculisant toutes les valeurs républicaines et libérales qui ont fait la force de la France, le politiquement correct démoralise notre pays.

 Il est temps que les forces vives de la nation réagissent et se mobilisent. Pour faire pièce au politiquement correct. Parce que ce dernier est aujourd'hui en train de déboucher sur le fascisme de la rue. Le fascisme verbal s'est transformé en fascisme physique.

Depuis les élections régionales le mouvement se précise. La pression médiatique, visant à livrer la gestion des régions françaises, majoritairement de droite à la gauche a été incroyable. Sont voués aux gémonies tous ceux qui ne condamnent pas les électeurs du FN. Pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, on ne peut plus dire ce qu'on pense en France. Les ii antifascistes » ont installé un fascisme de la pensée bien réel.

 Lors des récentes élections des présidents de région, la pression exercée par la gauche, élus et militants a progressé d'un pas. On fait venir des militants en car on chahute, on jette des oeufs sur le candidat UDF en Haute-Normandie avant qu'il ne démissionne sous la pression physique » avoue-t-il. On mobilise deux mille lycéens (!) pour perturber l'élection du président en Ile-de-France- Pourquoi se gêner puisque certains élus sans convictions cèdent à ces menaces. Alors, en région PACA, François Léotard peut faire l'alliance avec le socialiste Michel Vauzelles. Les responsables de la fausse droite se sont révélés être d'authentiques membres de la gauche plurielle.

 Il était hier risqué de faire de la politique au Front National. On prend aujourd'hui des risques si l'on se dit de droite. On bouscule Charles Millon lors de son conseil municipal. On l'empêche de commémorer le 8 mai dans

sa commune en faisant venir des nervis par cars de fort loin. Alain Bayrou - président UDF du conseil général des Hautes-Alpes - a été agressé sauvagement pour avoir apporté son soutien au même Charles Millon. Ces procédés étaient ceux des fascistes italiens avant-guerre. Hospitalisé avec une jambe cassée, aucun grand média n'a fait état de son agression.

Pour lutter contre l'intransigeance et le fascisme de la gauche, il faut reconquérir le pouvoir par les urnes. Et pour ce faire, il n'y a qu'un seul moyen : rassembler l'intégralité du peuple de droite. C'est ce à quoi nous devons nous employer. Avant qu'il ne soit trop tard.

(sommaire)

 De Closets : le compte n'y est pas !

 François de Closets, 65 ans, inusable journaliste de TF1 et auteur à succès depuis près de 30 ans, publie, chez Fayard, son dernier essai, «Le compte à rebours «.*

Le scénario n'est qu'un prétexte. Il imagine, le 25 janvier 2002 (pourquoi ce jour-là ?), la victoire, à des élections législatives générales, d'un rassemblement dénommé «Bloc National», et constitué du Front National et d'alliés.

Or, pour notre auteur, comme pour l'ensemble de la classe parlante, il s'agit évidemment d'un scénario catastrophe. Le professeur de Closets va donc nous expliquer, en quelque 350 pages, ce qu'il conviendrait de faire pour éviter que

cette perspective n'advienne. Fort bien. On a donc droit à toutes les réflexions personnelles de ce médiacrate.

Certaines sont exactes et même pertinentes. Le Front National a prospéré sur les erreurs et les trahisons de la fausse droite.

Même Le Pen l'a reconnu. Une rigoureuse politique budgétaire, commençant par l'équilibre des comptes - le déficit budgétaire n'étant pas, comme on essaye de nous le faire croire, et comme de Closets a raison d'y insister, de 3% (du PIB) mais de l5% à 25% ides dépenses de l'État) . aurait abouti à une situation de prospérité sur laquelle le FN n'aurait certainement pas obtenu les mêmes résultats.

Mais c'est le passé, Le Front National est là, avec ses 15% d'électeurs. Et l'intuition de François de Closets est juste :

«le tabou qui structure la vie politique française depuis quinze ans est sur le point d'être transgressé». Mais les mesures qu'il préconise ne sont vraiment pas convaincantes.

Histoire sans doute de choquer ses petits camarades, François de Closets a consacré vingt pages de son livre à «une immigration sans problèmes». On croit comprendre qu'il ne serait pas hostile à la mise en oeuvre d'une politique

de préférence nationale, comme Édouard Herriot en 1932. C'est d'ailleurs l'esprit de la proposition de commission que vient de faire Édouard Balladur, qui a dû lire François de Closets...

 Le Point» dans un de ses numéros récent, n'a Pas consacré moins de quatre pages à François de Closets, qui tenait beaucoup à démentir le péché de libéralisme dont il est souvent accusé. Le libéralisme, c'est bon pour

les pays primitifs, la Nouvelle-Zélande par exemple, laisse-t-il entendre, mais pour la France, c'est «une dangereureuse utopie». Puis de Closets s'évertue à tenter de prouver qu'on ne peut réformer en France qu'»en ne foutant pas tout en l'air». Malheureusement, après tant de belle et bonne sagesse, à la fin de l'interview, de Closets craque : «Face à la crise qui, j'en suis malheureusement convaincu, ne peut manquer de survenir, il nous faut quelqu'un qui propose un discours de rupture.» C'est à cet instant précis que Philippe Manière, qui conduisait l'entretien, y a mis fin, sans égard pour l'amour propre de son interlocuteur, qui avait sans doute encore tant de choses à dire.

Cela lui apprendra à proférer des insanités dans un hebdomadaire aussi convenable que «Le Point» !

(Sommaire)

 

La France a inventé la machione à créer des chomeurs!

 La thèse de Bernard Zimmern peut se résumer en une seule phrase : le chômage quasi exception française dans le monde développé d'aujourd'hui - a été créé par la nouvelle classe administrative dominante dans le but de préserver ou développer ses avantages matériels et ses privilèges de toutes sortes.

 C'est à la démonstration rigoureuse de cette affirmation que l'auteur consacre son dernier livre, clairement intitulé : «À tout fonctionnaire son chômeur».

Bernard Zimmem est un ingénieur qui connaît l'administration de l'intérieur (il est énarque), et qui peut parler de l'entreprise en connaissance de cause : il est lui-même entrepreneur, exploitant des brevets aux États.Unis et au japon.

Pas de nouveaux emplois sans entrepreneurs, créateurs de nouvelles entreprises. Plus nombreuses elles sont et plus nombreux seront les nouveaux emplois offerts. L'emploi est une fonction directe de la création de nouvelles entreprises. C'est si vrai que, contrairement à une tenace idée reçue, la taille moyenne des entreprises, dans les pays prospères, a tendance à diminuer et non pas à augmenter.

L’actualité quotidienne des maxi-fusions et des super-acquisitions provoque une sorte d'illusion optique. On voit des regroupements s'effectuer tous les jours. Mais on ne voit pas les nouvelles entreprises se créer par centaines de milliers. Or les premiers sont destructeurs nets d'emplois, tandis que les secondes en sont créatrices. La prospérité américaine provient du fait que les destructions sont plus que contrebalancées par les créations.

Pour créer une entreprise nouvelle, il faut un entrepreneur, et donc un environnement qui lui soit favorable. Et il lui faut des fonds propres. Moins qu'on ne le croit, d'ailleurs, mais quand même, en moyenne, quelque 50 000 fr par entreprise nouvelle créée. La méthode américaine pour encourager ce nécessaire financement consiste à inciter, par des mesures fiscales, l'investissement direct des contribuables riches ou simplement aisés dans les entreprises nouvelles. Ce que font chaque année aux États-Unis plus de 700 000 contribuables. La méthode française consiste à multiplier les subventions, qui ont toutes pour caractéristwue d'être contrôlées par des fonctionnaires qui s’arrogent ainsi le pouvoir ...d ’empêcher la création d'entreprises !

 Certes Bernard Zimmern - président de l'IFRA? Institut français de recherche sur les administrations publiques et cofondateur de Contribuables Associés - ne nierait certainement pas que le lien qui existe entre l'excès de la dépense publique et les mauvais résultats de l'économie française. Mais son analyse va beaucoup plus loin : il établit un lien direct entre chômage et société bureaucratique.

 Sa conclusion est donc de nature révolutionnaire : seul le rétablissement complet de la liberté d'entreprendre permettra de rétablir la liberté tout court ! Car l'Administration doit être au service des citoyens, et non les citoyens au service de l'Administration !

 Alain Dumait

                      (sommaire)

  L’explosion de l’usine à gaz.

 Par Un jugement en date du 4 juin 1998, le tribunal des afhires de sécurité sociale de Versailles a constaté que «l'URSSAF de Paris s'oppose à toute vérification de ses pouvoirs et qualité à agir» et déclaré de nul effet la demande en paiement présentée par l'URSSAF à une entreprise des Yvelines défendue par maitre Eric Boyer, avocat à la Cour d'Appel de Paris.

Cela fisait plusieurs années que la tentaculaire pieuvre de Montreuil était soupçonnée de n'avoir pas une constitution régulière, ni des statuts en règle, et qu'on la sommait de les produire. Or ceux qu'elle a fini par montrer, et qui auraient été adoptés le 22 avril 1997, sont incomplets et jugés non probants par le tribunal. Lequel ajoute qu'il ne s'agit de toute façon pas des statuts qui étaient en vigueur au moment où l'URSSAF avait présenté sa demande de paiement.

Comme il existe de bonnes raison de penser que la centaine d'URSSAF de province n'est pas plus légalement constituée que celle de Paris, c'est tout le système de prélèvement des cotisations sociales qui est menacé de paralysie.

Car même si l'URSSAF a exprimé son intention de faire appel, cela ne régularisera pas sa situation. Et elle va se retrouver face à une masse de contestataires qui feront valoir que tous les actes entrepris par cet organisme sont frappés d'une nullité de plein droit - qu'il s'agisse des mises en recouvrement des cotisations ou des procédures judiciaires initiées par ses soins, qui engageront des actions en répétition de l'indu, en réparation de préjudice financier et moral, et qui ne manqueront pas de mettre en cause la responsabilité civile et pénale des «dirigeants» illégitimes de l'institution. Comme le dit le langage populaire, «ça ne va pas être triste.»

 Dans le même temps, on apprenait que les caisses de mutualité sociale agricole sont en fait des syndicats professionnels constitués en vertu de la loi du 11 mars 1984 et soumis aux prescriptions du titre 1 du livre III ( livre IV nouveau ) du Code du Travail. Celui-ci est relatif aux syndicats professionnel et indique certes, à son article L 411-15, qu'ils «peuvent constituer entre leurs membres des caisses spéciales de secours mutuel et de retraite», mais non sans préciser, à son article L 41 1-8, que «tout membre d'un syndicat professionnel peut s'en retirer à tout instant nonobstant toute clause contraire.»

 Les agriculteurs ne se le sont pas fait répéter, Nombre d'entre eux, accablés de charges sociales, ont pris leur plus belle plume et adressé à leur caisse de mutualité sociale agricole leur démission en bonne et due forme, «avec toutes les conséquences de droit, tant pour le passé que pour l'avenir.»

Et voilà que la France est traduite par la Commission européenne devant la Cour de justice de Luxembourg parce qu'elle s'obstine à prétendre que la CSG et la CRDS sont des impôts, alors que la Commission considère que, destinées à financer la sécurité sociale, elles sont des cotisations sociales et ne peuvent être appliquées à ceux, Français ou étrangers communautaires, qui ne sont pas assurés sociaux, Du coup, les milliers de Français qui ont entrepris, sous la houlette du Comité CSG*, de réclamer le remboursement de ces deux taxes au motif que, si tout le monde n'y est pas soumis, elles sont contraires au principe d'égalité devant les charges publiques ainsi qu'a l'article 7 du traité de Rome, qui interdit toute discrimination entre Européens, se sentent des ailes et font de nombreux émules chaque jour,

 Le système social français a été construit comme une gigantesque usine à gaz. Son explosion va faire un sacré bruit.

* Comité CSG, 165 rue de Rennes

75006 Paris.Adhésion 350 fr

(Comprend la fourniture des lettres-type de demande de remboursement et le suivi juridique individuel des dossiers)

(sommaire)

Menu des 4verites