Sommaire du n°183

Le 14 juillet 1998, Chirac s'auto-proclame "grand chef à vie" de l'opposition !

1.Jacques Chirac n'a aucun reproche grave à faire au gouvernement de Lionel Jospin, dont il a approuvé explicitement toutes les grandes orientations, y comprit la plus Significative de son idéologie passéiste, la loi funeste sur la durée hebdomadaire du travail, désormais autoritairement limitée à 35 heures, qui sera forcément catastrophique à moyen terme pour la comptitivité française.

Les nuances, d'ailleurs mineures, qu'il a cru utile d'inquer, confirment a contrario, s'il en était besoin, cette complicité fausse-droite-étatiste/ gauche-plurielle-marxiste.

. 2. Jacques Chirac entend non seulement achever son mandat présidentiel en cours, mais prétend désormais être également - en vertu d'une interprétation toute personnelle des institutions - considéré comme le cléf de l'opposition-Afin d'être, en 2002, le candidat incontournable de la droite parlementaire. En mai 2009, il n'aura jamais que 77 ans ! ... La question n'est évidemment pas là. Elle relève plutôt de la simple décence démocratique.

Même un politicien comme François Mitterrand avait au moins la pudeur de ne pas se déclarer candidat à propre succession avant les quelques semaines précédant l'appel aux urnes des citoyens. Il est vrai aussi que l'ancien président n'aurait jamais fait la bourde de dissoudre une assemblée, à lui toute entière dévouée...

 

.3. Jacques Chirac, le 14 juillet 1998, a franchi un nouveau pas dans la voie de ce qu'il faut bien appeler, au sens propre, une forfaiture. Il a été élu en 1995 pour faire une politique de droite et il ne l'a pas faite. Il avait la mission de préserver la paix publique et il a décidé d'être l'agent déclaré de la guerre civile anti-FN. Il prend maintenant le risque, en se maintenant - non pas pour quatre ans encore mais, s'il le peut, pour onze ans - d'empêcher tout renouvellement de la vie politique française.

.4. Pendant ce temps, tous les problèmes graves de la société française restent en suspens, que ce soit l'excès des dépenses publiques, les charges sociales décourageantes qui en résultent, le financement des retraites, le droit à la liberté de se faire soigner, l'immigration incontrôlée - et l'émigration symétrique de nos jeunes les plus capables - le chômage de longue durée de plusieurs millions de personnes et la désespérance d'un nombre croissant de Français... C'est hélas ! la condition-même de la cohabitation Jospin-Chirac- Elle est mortifère ! .

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La déflation mondiale est là. Il faut savoir en profiter!

Nous sommes entrés dans une ère de déflation mondiale. L'or à moins de 300 dollars l'once n'en est qu'un des nombreux indices. La baisse tendancielle du prix du pétrole brut, depuis vingt ans, en est un autre. Et la baisse moyenne des indices des cours des matières premières un troisième.

Pour le reste, et pour s'en convaincre, il suffit d'analyser en détail les indices des prix à la consommation. Aussi bien en France que dans tous les pays développés. Quand on fait deux parts des biens et des services pris en compte, selon qu'ils sont administrés ou libres, fixés par la puissance publique ou soumis à la concurrence, on a d'une part une portion d'indice qui indique une baisse des prix, tandis que l'autre continue d'augmenter Les prix des produits industriels baissent, les biens de consommation courante baissent, mais les tarifs des services publics continuent d'augmenter, ainsi que tous les produits lourdement taxés ou soumis à une gestion publique :les cigarettes, les alcools, les transports publics, les services de santé,les loyers encadrés...En matière de prix,les tendances lourdes qui sont à l'oeuvre se nomment productivité et concurrence. S'y ajoutent la volonté des nouvelles autorités monétaires de garantir durablement le pouvoir d'achat des monnaies, aussi bien celui du dollar que de l'Euro.

La sphère publique inflationniste va se réduire comme une peau de chagrin. Dans ces conditions, les prix seront durablement orientés à la baisse. Le temps de la déflation reviennent.

Faut.il s'en inquiéter ?

Absolument pas !

La déflation se définit, simplement,, comme une période où le pouvoir d'achat de la monnaie à tendance à augmenter C'est une situation évidemment favorable à l'épargne et donc à l'investissement, et consécutivement à l'emploi. Ce fut la situation qui caractérisa la majeure partie du XlXéme siècle et qui permit le boom industriel et la prospérité générale de l'époque. Une monnaie forte - hier l'or, aujourd'hui le dollar, le franc-mark ou l'Euro - avec en prime une mise en concurrence de tous les marchés est une situation favorable aux consommateurs comme aux épargnants. C'est le substrat d'une économie d'innovation et de forte croissance.

Encore faut-il que les pouvoirs publics en tirent les conséquences.

En période de déflation, malheur aux États endettés. La France serait donc bien inspirée de programmer, sur les dix prochaines années, le remboursement de la totalité de sa dette publique, qui avoisine les 5 000 milliards de Fr, avec un budget de l'État toujours en déficit de plus de 15% ( 250 milliards d'impasse pour 1 600 milliards de dépenses), alors que les États-Unis sont en excédent...

En période de déflation il faut des bilans sincères, avec des provisions suffisantes pour les risques certains ou probables. Il faut donc évaluer la dette nationale au titre des retraites par répartition et, avec lucidité, envisager la mise en oeuvre des moyens de financement.

La déflation qui vient peut être une formidable époque de croissance économique-A la condition de ne pas l'aborder avec 20 000 milliards de dettes cachées au titre des retraites par répartition. En période d'inflation, on peut cacher la vérité aux citoyens. Mais pas en période de déflation. Le temps de la déflation-vérité arrive !

Bernard Piard

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Faut-il avoir peur des multinationales ?

M.... C.... L.... (Rambouillet-78) nous demande : «Puis-je vous poser la question qui me préoccupe actuellement : l'Europe confédérale, au-dessus des nations, peut-elle préserver le pouvoir politique des États, face au pouvoir - maffieux - des multinationales, où la plupart du temps l'argent prime le droit ?»

Cette interrogation se retrouve dans un grand nombre de vos lettres. Elles renvoient à plusieurs questions distinctes,

l. Les grandes entreprises multinationales occupent-elles de plus en plus de place sur le marché mondial ?

Non ! Les fusions-acquisitions de plus en plus gigantesques occultent un autre phénomène : celui de la multiplication des petites et des moyennes entreprises, en tout cas dans toutes les économies dynamiques. Contrairement à une idée reçue, la taille moyenne des entreprises - aux États-Unis, au Japon... - diminue ! Le poids relatif des très grandes entreprises diminue, même si elles font tous les jours la "une" des journaux financiers et des rubriques bourse...

2. Les multinationales échappent-elles au droit commun ?

Bien sûr que non ! Elles sont même plutôt plus respectueuses des règles de droit que les autres. Pour preuve : elles sont rarement concernées par les affaires de corruption qui touchent plutôt, en France par exemple, des entreprises hexagonales ...

3. Les multinationales peuvent-elles échapper aux lois sociales françaises ?

Oui, comme tout le monde : en se délocalisant. En fermant une usine ici pour en ouvrir une autre ailleurs. Une entreprise vraiment multinationale fait des choix à l'échelle du monde. Elle s'efforcera de produire au meilleur coût. Elle installera son quartier général là où l'environnement - social,fiscal, culturel...- sera le plus favorable à ses cadres. Et elle le fera sans état d'âme, objectivement : dans le seul intérêt de l'entreprise, de son projet, de son avenir, de ses collaborateurs et de ses clients.

4. Pour les multinationales l'argent prime donc le droit ?

Les multinationales sont dans le collimateur des autorités publiques des principaux États. En particulier dans le domaine du droit de la concurrence. Le gouvernement américain, comme la Commission de Bruxelles, sont très attentifs à empêcher la constitution de monopoles de production. Les entraves à la libre concurrence mondiale sont aujourd'hui sévèrement sanctionnées. Le droit international de la concurrence s'impose. Mais le profit demeure la loi suprême des multinationales. Tant mieux !

5. Qui gouverne les multinationales ?

Les actionnaires des multinationales sont les véritables souverains de ces nouveaux colosses. Qu'une direction générale ne soit pas à la hauteur et elle sera immédiatement débarquée. Le capital appartient de plus en plus à des fonds de pension qui ont le souci de verser des revenus aussi élevés que possible à leurs adhérents. Ils veulent des plus-values et des dividendes. Ce sont les règle de la nouvelle démocratie économique mondiale.

jean Rouxel

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Jean Perrin à la convention "pour l'Entente à droite" du 6 juin 1998

Tout d'abord, je voudrais féliciter Alain Dumait et Claude Reichman de l'organisation de cette manifestation. Je crois que nous avons besoin de pouvoir parler, de pouvoir nous exprimer Je les remercie profondément de leur invitation, parce que c'est pour moi la première "sortie officielle", depuis deux mois que j'ai pris la présidence du Centre national des indépendants et paysans. J'ai eu beaucoup de contacts avec de nombreuses personnes et personnalités, mais, à ce jour, je n'avais encore pas eu l'occasion de m'exprimer devant une assemblée aussi noble.*

J'ai beaucoup apprécié tout ce qui s'est dit ce matin, et, véritablement,je me dis qu'avec les hommes qui ont parlé, qu'avec toutes les idées qui ont été développées, si on n'arrive pas à créer un grand courant qui se fait respecter dans la France,alors on est mauvais. Et comme on n'a pas l'intention d'être mauvais, eh bien on va essayer d'être bons !

Pour le Centre national des indépendants, je vais faire un peu d'historique-Vous savez tous comme moi que c'est Antoine Pinay qui a lancé ce grand parti il y a près de cinquante ans. Et donc, quand j'ai proposé ma candidature au poste de président, je me suis dit : quelle est la motivation profonde de quelqu'un qui veut la présidence d'un parti ? Ce n'est pas de faire une carrière. Le reste, c'est de la magouille, de la fripouille, tout ça je ne connais pas,je n'en veux pas... Donc il faut proposer ses solutions avec des principes fondamentaux, qui sont ceux d'Antoine Pinay : c'est la logique,le bon sens et l'honnêteté. On ne les trouve plus guère !

 

Les thèmes sur lesquels on a voulu intervenir, chez les Indépendants et Paysans, c'est d'abord la famille. Pour nous,la famille c'est la base essentielle de notre société, c'est la structure nécessaire et fondamentale ; et nous serons toujours intransigeants sur la politique de la famille. Mais la famille, elle n'existe que si le chef de famille travaille. Donc, tout de suite derrière la famille, c'est l'entreprise :l'entreprise libérée,l'entreprise libérale,l'entreprise des entreprenants. Nous voulons la défendre et nous voulons qu'elle rayonne.

Évidemment,je vous l'ai dit, nous sommes le Centre national des indépendants et paysans, et pour nous l'agriculture ne doit pas continuer à être assistée,en permanence. Nous ne voulons pas d'une agriculture assistée et nous voulons qu'elle puisse vivre d'elle-même. Et puis, pour élargir le débat,l'Europe nous parât incontournable. La mise en place de l'Euro est nécessaire, mais nous émettons de nombreuses réserves et nous souhaitons que notre voix soit entendue. Et puis, derrière tout cela,il y a un fil conducteur, qui est fondamental : c'est la sécurité des personnes et des biens-Voilà les idées que j'ai retrouvées au C.N.I. et que je vais essayer de développer dans ce parti.

Dans les autres partis politiques, autour de nous, C.N.I., qui sont mes copains et qui sont mes ennemis ? C'est-à-dire : où vais-je retrouver un peu les mêmes idées et où aurai-je véritablement des idées opposées ? J'ai observé une espèce de groupe, que j'appellerais la "droite socialiste". Là, j'ai vu un certain nombre de divergences avec nos idées. J'ai observé un autre groupe, que j'appellerais la "gauche communiste". J'ai constaté des oppositions avec nos idées. Et puis, j'ai constaté un autre groupe, pas tellement représenté par les hommes politiques, mais plus représenté par le peuple, que j'appellerais la "vraie droite" ; et dans cette vraie droite, j'ai retrouvé une aspiration fondamentale et une convergence totale avec les idées dont je vous parle, sur les thèmes de la famille, de l'entreprise, des libertés.

Il faudrait que cette vraie droite puisse développer ses idées, qu'elle puisse les faire avancer. Les gens de cette vraie droite avaient misé beaucoup sur un homme, Jacques Chirac. Je ne sais pas, quand je le classe, s'il est droite socialiste ou... je ne sais pas, j'ai du mal. On a été déçus... beaucoup-Alors, je me suis dit : si on n'arrive pas à avoir quelqu'un qui fait passer les idées de la vraie droite, eh bien il faut absolument que l'on puisse créer, lancer, dynamiser une droite libérale, une droite nationale, mais une droite totalement indépendante. Et j'ai vu qu'il y avait des hommes qui pouvaient le faire. Mais si ça ne se fait pas, je crois qu'il y a deux raisons fondamentales.

La première, c'est que la France vit avec un clivage droite-gauche ; c'est-à-dire qu'en dehors de droite-gauche, on n'existe pas. Mais il y a deux particularités à ce clivage. La première particularité, c'est que la gauche accepte tout le monde et que la droite doit rejeter des électeurs. Ça, moi, je n'ai pas compris ! Je croyais que quand on avait la voix de quelqu'un, on pouvait la garder et qu'on était élu légitimement. J'ai constaté que ce n'était pas tout à fait le cas et que maintenant, en France, il fallait trier les voix, en disant : "celle-là je la prends, celle-là je ne la prends pas... et puis finalement oui, j'ai la majorité, j'ai 55%, mais je ne suis pas élu parce que j'ai enlevé des voix ; et toi, tu as 45%, oui mais tu es élu, tu les a toutes prises... "Alors, je me suis dit : ça, cela ne peut pas marcher.

La deuxième particularité c'est que tout le monde - on a beaucoup parlé des médias, ce matin - admet, reconnaît, valide, une gauche plurielle. Mais tout le monde aussi voudrait imposer une droite unique. C'est-à-dire qu'à gauche, on peut penser différemment, même complètement différemment et à l'opposé sur un sujet, et gouverner ensemble. À droite, on doit obligatoirement adopter toutes les positions de ceux qui ont des idées qui peuvent être parfois discutables. Alors j'ai dit non. J'ai regardé plus en détail. J'ai pris un exemple, sur deux hommes. L'un doit s'appeler Dominique Strauss-Kahn et l'autre Robert Hue. Je me suis dit : qu'ont-ils en commun pour gouverner ensemble ? Physiquement, je me suis dit : ils doivent être tous les deux attachés à une bonne table,parce que... bon, c'est bien. Et puis après, je me suis dit : ils ont quand même des oppositions : il y en a un qui a les cheveux sur la tête, les autres sur le menton ! Tiens, c'est bizarre... Et puis après, j'ai regardé dans les programmes. Eh bien, je ne crois pas que l'homme du capital, Dominique Strauss-Kahn, accepte tout ce qui s'est passé dans les pays communistes ; et je ne crois pas non plus que M. Hue accepte toutes les théories capitalistes de Dominique Strauss-Kahn : ils gouvernent ensemble, et les médias, les Français, tout le monde trouve ça normal ; "eh bien, oui, ils s'équilibrent"... Allons donc ! Et si, à droite, il y a une petite différence, on dit : ce n'est pas normal, vous ne devez pas. Alors, il faut arrêter ces particularités et il faut se dire que c'est normal qu'il y ait des différences, entre les gens, et que ces différences il faut les accepter. Comme dans un couple. Un homme et une femme, j'ai constaté que ce n'est pas tout à fait pareil, et même, c'est bien, ça se complète. Le monsieur dit "je vais aller fiche mon poing sur la figure au voisin", et puis la femme dit "non, calme-toi, discute..." C'est bien, voilà, et ça tourne bien. Eh bien, je crois qu'à droite, ça doit être pareil : il y en a qui sont un peu plus nerveux, oui ; il y en a d'autres qui doivent tempérer, qui doivent calmer, et on doit trouver un équilibre.

Il faut qu'on arrête de culpabiliser les gens qui se disent de droite. Moi, j'ai été traumatisé en Bourgogne, aux élections régionales. Le président sortant, leader RPR-, a pris comme slogan : "ni de droite, ni de gauche: devant ". Attends ! C'est le chef du RPR- et il n'ose même pas dire qu'il est à droite ! " Ni de droite, ni de gauche : devant "... Je ne comprends plus tellement. Par contre, la gauche dit "je suis à gauche, moi, j'y suis". Alors, il faut qu'on arrête ce terrorisme intellectuel, qui est dramatique dans ce pays. Décomplexons-nous ! Nous sommes à droite, nous sommes fiers d'être à droite, et nous ferons gagner la droite.

Comment faire gagner la droite ? C'est bien beau,les bonnes idées,les bonnes théories, tout ça, oui... Mais pour les appliquer,il faut être au pouvoir. Nous,les Indépendants et les Paysans, on ne sait pas beaucoup de choses,mais on a bien les pieds sur terre, et on sait que pour être au pouvoir il faut plus de 50%.Alors, si on veut gouverner, si on veut appliquer nos idées, il faut dépasser 50%. Et on sait que si systématiquement on rejette 20% des gens - puisque si vous prenez ceux qui sont en dehors de l'Alliance, ça doit faire une bonne vingtaine, peut-être 25 ; on verra avec les partielles qui vont avoir lieu bientôt, je souhaite que l'Alliance réussisse bien mais je crains que ce ne soit un cuisant échec -, si on veut ça, eh bien il faut prendre en compte tout le monde, les aspirations de tout le monde, et il faut dire : on veut faire plus de 50% et on fera plus de 50% avec toute la droite.

Tout à l'heure, l'intervenant M.Touzé - que j'ai beaucoup apprécié - a rappelé un vieux principe du C.N.I., un principe qui a été posé depuis longtemps, c'est de dire : nous n'avons pas d'ennemis à droite, l'ennemi il est à gauche ! Nous ne voulons pas nous battre contre les gens de droite ! Cela ne veut pas dire que l'on accepte tout des gens de droite. Pour l'instant, on est en train de préparer la coupe du monde de football. C'est un événement important, et il y a beaucoup de joueurs qui voudraient bien jouer dans l'équipe de France. lls sont concurrents : il y en a qui veulent jouer au poste de gardien, les autres un poste d'avant-centre, ils choisissent un peu leurs conceptions de ce qu'ils vont faire dans le jeu. Puis il y a le sélectionneur - qui ressemble de très près à l'électeur - qui fait tomber le couperet, en disant, au moment de la décision : voilà, untel y est et puis untel n'y est pas. Mais après, quand ils sont ensemble, ils sont dans une équipe, avec chacun sa part contributive aux résultats de l'équipe, et ils sont ensemble face à un adversaire, pour faire gagner la France-Voilà ce que nous voudrions, nous, dans cette approche qui doit être faite à droite, c'est de dire : il faut faire gagner la France ; pour faire gagner la France, il faut faire gagner la droite, et pour faire gagner la droite, il faut faire plus de 50% et pour faire plus de 50%, il ne faut rejeter personne.

Quand il y a des élections, il faudrait qu'il ne reste en piste que les deux meilleurs, et puis que les autres se retirent. Que cela soit entendu comme ça. Et ne pas dire ensuite : je donne mes voix à untel, je les vends à untel... j'ai une rencontre discrète, qui est cachée dans un bar par là... officiellement, je peux le dire ou je ne peux pas le dire...

Rien de tout cela. Chaque électeur vote en son âme et conscience pour le candidat qui lui paraît le plus apte à défendre ses idées. Point. Et nous serions d'accord au C.N.I. pour dire : il faut qu'on arrive à ce qu'on laisse les deux meilleurs candidats, les deux candidats les mieux placés. Il y en a un des deux qui restera, l'autre qui partira ; personne ne refusera de voix, nulle part ni où que ce soit. Je crois que c'est un des grands principes si on veut revenir au pouvoir.

Le C.N.I a cinquante ans demain.(Il est né de la fusion de deux partis :les Indépendants et les Paysans. C'était, à l'époque, les forces vives de notre pays. Moi, je souhaite que toutes ces familles puissent se rassembler, puissent discuter, puissent avancer. Mais il ne faut pas que ce soient les mêmes qui fassent tous les pas. Quand on veut se rencontrer, quand on veut se rapprocher, chacun doit faire un bout du chemin-Je pense que dans certains partis,il serait bon que les dirigeants prennent du recul, pour qu'il y ait, avec les nouvelles générations que nous voulons incarner, un renouvellement à droite, dans toute la droite. Que certaines personnes prennent du recul pour faire un geste dans notre direction, et nous irons volontiers faire des accords,travailler ensemble, pour qu'enfin on fasse dans ce pays triompher la droite, pour la France et pour les Français.

 

CNI. Nouvelle adresse :

6 rue Quentin Bauchart

75008 Paris .

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Tribunaux de commerce: la tradition gêne les socialistes!

les Tribunaux de commerce sont dans la ligne de mire des socialistes. En 1998 avec Élisabeth Guigou, comme en 1981 avec Robert Badinter. Ce dernier n'avait renoncé qu'in extremis à révolutionner le fonctionnement de la justice consulaire. Son successeur,madame «la ministre», semble décidé d'aller plus loin. Il est vrai qu'entre temps la droite d'opposition est devenue l'Alliance...

Ce qui doit déplaire en premier lieu à nos constructivistes marxistes, c'est le caractère ancestral de la justice consulaire : depuis sa création en 1561 par Michel de l'Hospital, les juges consulaires sont désignés par leurs pairs. lls exercent leurs fonctions bénévolement et payent de leurs deniers leurs robes, leurs toques et leurs maillets !

Les juges consulaires, issus de tous les secteurs de la vie économique, pour trancher les litiges qui leur sont soumis, appliquent les lois en vigueur, en tenant compte non seulement de la jurisprudence, mais aussi des usages et des coutumes professionnelles. N'en déplaise à tous ceux que les exceptions coutumières dérangent, les jugements rendus sont moins souvent contestés que ceux qui ont pour auteurs, dans d'autres juridictions,des juges professionnels.

Les juges des tribunaux de commerce ont également la lourde charge de mettre en oeuvre les lois sur les entreprises en difficulté. Ce sont les juges des faillites. Une activité qui occupe à Paris 10 à 20 % des effectifs des magistrats. L'avalanche des dossiers d'entreprises déclarées en cessation des paiements amène souvent les juges à laisser la bride sur le cou aux administrateurs provisoires et aux mandataires liquidateurs. C'est dans ce contexte que, depuis dix ans, deux ou trois affaires mettant en cause la probité d'un juge consulaire ont pu avoir lieu. Une proportion de bavures plutôt plus faible que celle que l'on observe au sein de la magistrature professionnelle, et évidemment infime par rapport à celle que l'on déplore au sein de la classe politique de gauche, aujourd'hui acharnée à rayer d'un trait de plume la plus ancienne juridiction française.

Que demain les actifs des entreprises liquidées soient vendus systématiquement aux enchères publiques et les occasions de magouilles disparatront.

S'ils voulaient s'en prendre aux juridictions non-professionnelles qui laissent à désirer, ils seraient mieux inspirés de réformer les conseils de prud'homme dont les décisions sont si souvent frappées d'appel que les chambres sociales des cours d'appel et de la Cour de cassation ne savent plus où donner de la tête.

L'écheminage, qui consiste à mettre ensemble dans des formations de jugement des juges professionnels et des juges non-professionnels serait là, sans doute, une solution bien adaptée. La vérité est que les conseillers prud'hommes,qui reçoivent des indemnités confortables,sont souvent issus des syndicats dits représentatifs, donc intouchables...

Les Tribunaux de commerce, qui ne coûtent à peu près rien à la collectivité, ne constituent pas en France la plus urgente des réformes !

Alain Dumait

Ancien juge au Tribunal de commerce de Paris

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La leçon de football

Avant même d'être vécue comme elle aurait dû l'être, la coupe du monde de football qui vient de s'achever a été récupérée. Les remarquables performances de l'équipe de France ont été considérées comme des gifles adressées à l'encontre du Front National, une fois de plus promis au rôle de mauvais coucheur. Et grenouilles de vanter le génie de l'intégration à la française, qui sur fond de chômage, d'émeutes et d'exclusion s'est levé comme un seul homme pour vanter les mérites de la

France black-blanc-beur...

Ce n'est pourtant pas la première équipe de France dont les origines soient plurielle. L'équipe championne d'Europe en 1984 avec ses Platini, ses Tigana et ses Domergue était déjà plurielle. L'équipe de France peu glorieuse des années 70 avait déjà une charnière noire qui donnait satisfaction aux sélectionneur d'alors, le roumain Stefan Kovacs, en la personne de Marius Trésor et de Jean-Pierre Adams. De même l'équipe de Kopa, de Fontaine et de Piantoni, les glorieux ainés de 1958 était plurielle. Que l'on ne fasse donc pas semblant de découvrir que'le football favorise le brassage racial.

Mais c'est la première fois que l'on a recours à ce point au football pour vanter les mérites d'une intégration qui, ne serait-ce que parce que qu'elle a besoin d'une équipe de foot, est en crise profonde. Les drapeaux algérien qui défilaient en meme temps que les drapeaux français sur les champs Elysées montraient en tout cas que l'intégration a encore un bout de chemin à faire pour bien se glisser dans tout les esprits.

Ce qui s'est passé n'a rien d'execptionnel. Au Brésil comme aux Etat-Unis, pays historiquement multiraciaux, le sport sert de tremplin social aux minorités noire. Mai ce n'est pas parce qu'un pelé est multimiliardaire, et qu'un Michael Jordan gagne deux cent milions de francs par an (somme énorme et dérisoire par rapport au Business que ce basketteur génére) que les problèmes des minorités concernées sont réglés dans les pays en question. Aux États-Unis comme au Brésil les minorités noires sont socialement défavorisées. Le sport agit comme le hochet dont parlait Napoléon qui disait que c'est avec des hochets que l'on mène les hommes. Médailles et coupes ont ainsi pour but de droguer les masses défavorisées et de leur faire oublier leur triste sort. Elles sont le nouvel opium du

peuple.

Il en est de même en France aujourd'hui, où le sport sert de fédérateur aux banlieues anomiques qui ont échappé au creuset français et à l'intégration dite républicaine. Les problèmes d'immigration qui se posaient à la France avant le début de la Coupe du Monde vont se poser de nouveau à elle au lendemain de cette coupe du monde. Il est amusant en outre de penser que la plupart des grands joueurs Français jouent à l'étranger, en Angleterre, en ltalie ou en Espagne. lls agissent comme d'autres éléments des élites françaises qui fuient le délire fiscal local. On ne les citera donc pas comme exemples du civisme à la française...

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Répétition générale

Si la France est championne du monde de football, ce n'est pas parce que ses joueurs sont intrinsèquement meilleurs que ceux qui, à plusieurs reprises, avaient échoué en demi-finale. La différence tient à leur expérience internationale-Acquise non à l'occasion de quelques rencontres annuelles,mais quotidiennement à l'entraînement et une à deux fois par semaine en rencontres de championnat. Depuis le fameux arrêt Bosman de la Cour de justice des communautés européennes, les joueurs de football européens peuvent exercer leur talent librement dans chacun des quinze pays de l'Union et les fédérations nationales ne peuvent imposer un nombre limité d'étrangers par équipe-Souffrant d'une fiscalité confiscatoire, la France a vu ses meilleurs joueurs partir vers des cieux plus cléments et des clubs plus riches - italiens, anglais, espagnols, allemands - capables de les rémunérer à leur valeur marchande véritable, telle qu'établie par le marché des transferts. Dans l'équipe de France qui a remporté le Mondial, plus de 80% des joueurs opèrent dans de grands clubs étrangers, où ils ont pour partenaires les meilleurs joueurs européens, brésiliens, argentins et africains, eux aussi attirés par des rémunérations somptueuses et des prélèvements modérés.

Interrogé à la télévision à l'issue de la finale victorieuse sur la raison principale du succès de son équipe, Youri Djorkaëfl a pointé un doigt sur sa tête en s'écriant : "C'est là que ça se passe" II voulait certes dire que la volonté de vaincre était plus forte chez ses coéquipiers que chez les Brésiliens, mais surtout que l'adversaire ne leur faisait pas plus peur que les autres équipes vaincues aux tours précédents, et ce parce qu'ils connaissaient parfaitement les meilleurs d'entre eux soit comme partenaires de club, soit comme joueurs d'autres équipes du même championnat, et qu'ils ne se sentaient pas inférieurs à eux.

La France a gagné le Mondial parce qu'elle a été contrainte à la concurrence et qu'elle a pu laisser libre cours au talent de ses joueurs. La leçon vaut pour l'ensemble de la vie nationale, et elle est évidente. Lorsque des entreprises françaises sont lancées dans la compétition internationale, elles y réussis-sent le plus souvent de façon brillante-A l'inverse, ses petites et moyennes entreprises, confinées par nature au marché national, s'y étiolent sous le poids conjugué des charges sociales et fiscales et d'une réglementation de type prussien. Seules aptes à créer des emplois, elles ne le peuvent pas, tant elles doivent comprimer leurs coûts pour ne pas disparaître.

Privées de la possibilité de gagner de l'argent et, au cas où elles y parviennent malgré tout, d'en conserver l'usage pour les fins qui leur conviennent,les PME ne remplissent pas leur fonction naturelle de vivier de la croissance économique et du progrès social.

Il nous faut des PME prospères, comme le sont les clubs de football étrangers, pour que leur production rencontre le succès et réjouisse l'ensemble de la société. L'explosion d'enthousiasme qui a suivi la victoire de la France au Mondial a des significations multiples. La foule bigarrée criait le bonheur d'être français quand la France gagne et qu'elle le fait par la grâce de tous ses enfants, qu'ils soient de souche ou immigrés bien intégrés. Mais elle criait aussi sa volonté d'en finir avec la tristesse d'un société empêtrée dans ses règlements et ses acquis sociaux et incapable de donner à la jeunesse sa juste place.

La France est devenue un pays où l'on ne peut plus rien changer. Ses pseudo-élites sont paralysées par leur incompétence et leur inadaptation aux fonctions qu'elles occupent. Les forces vives de la nation n'ont pas le droit à la parole. Le couvercle médiatique est solidement vissé sur la marmite. La foule qui célébrait la victoire au Mondial s'est livrée à une sorte de répétition générale. D'un spectacle qui risque fort d'être moins joyeux.

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 Lettre d'un abonné

 Mon cher Dumait,

Bravo pour le dernier numéro des "4 vérités-Hebdo" daté du 3 juillet.

Votre démarche est celle d'un patriote lucide et courageux. Ne doutez pas que malgré certaines réticences protectionnistes, justifiées par les pressions politico-mondialistes, le Fn partage beaucoup de vos conviction économiques. Mais la politique est l'art du possible (électoral).

Dans notre systeme, et sous le tir de l'ensemble de ses canons, nous devons etre prudents.

Continuez.

Bien cordialement Jean-Marie Le Pen

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