Sommaire du N° 184

 

Dopage: Viagra, oui; EPO, non!

Depuis 25 ans (1973, et même peut être plus), l'histoire politique française contemporaine se résume à un pseudo-art d'esquiver les vrais problèmes, et de les refiler, tel un mistigri, au gouvernement suivant, qui en reportera le coût sur les générations suivantes...

(Cette référence à 1973, qui embarrasse plusieurs de nos correspondants, renvoie à la "crise du pétrole", à laquelle nous avons réagi en nous enfonçant dans l'endettement et l'étatisme, alors que c'est strictement l'inverse qu'il eût fallu faire... ) On continue à bricoler nos systèmes publics de protection sociale, en particulier pour la prévoyance, alors que chacun constate leur faillite, et, à terme, leur impéritie. Les solutions font même l'objet d'un consensus fort : concurrence pour la protection-maladie et épargne longue (fonds de pension) pour les retraites. Mais à peu près aucun de nos dirigeants politiques n'ose en parler publiquement, espérant que l'endormissement de l'opinion leur permettra de tenir jusqu'à leur réélection...

Aveuglement, hypocrisie, schizophrénie. Les comportements collectifs français se retrouvent partout. Nos sportifs pour améliorer leurs performances,absorbent des substances de plus en plus sophistiquées et intrinsèquement dangereuses. Certains le font sans contrôle, et d'autres sous assistance médicale.Tous le font à leurs risques et périls. A juste titre, la révélation de ce secret de polichinelle révolte les belles âmes. On va donc pondre de nouveaux textes de loi pour interdire et pour réprimer, après avoir encore multiplié les contrôles administratifs. Pourtant, dans le même temps, on trouve normal que les pilules viagra, qui ont pour objet, comme l'EPO, d'améliorer artificiellement les performances des individus, soient mises en vente litre, aujourd'hui aux Etats-Unis et demain en France.,.

Chaque jour, de nouvelles molécules sont inventées, qui permettront demain, à chacun, de dépasser ses performances naturelles. Personne n'est obligé d'y recourir... Cela ne justifie certainement pas le dopage sur le Tour de France, mais cela rend vain un système universel qui prétendrait faire boire de l'eau à des athlètes avant d'affronter une étape de montagne comportant quatre cols à franchir !

La seule solution consiste à laisser chacun face à ses responsabilkés : les coureurs, les soignants, les sponsors. Sans oyblier les journalistes qui feraient mieux de ne pas condamner sans preuve. Et les pouvoirs publics qui seraient mieux inspirés de laisser faire les organisateurs, lesquels devraient au moins respecter les règles les plus élémentaires de la justice, qui veulent que l'on n'est pas coupable avant d'avoir été condamné !

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Immigrés sans papiers: Pasqua en renfort de l'ultra gauche!

De l'interview qu'il a accordée au journal « Le Monde » vendredi dernier 17 juillet, les observateurs et l'opinion n'auront retenu que la partie où l'ancien ministre de l'intérieur préconise la délivrance d'un titre de séjour, en bonne et due forme, à tous les immigrés sans papiers qui l'ont demandé et ont rempli l'année dernière un dossier préalablement retiré dans les préfectures, sur l'invitation du gouvernement Jospin.

En effet, Charles Pasqua peut bien prolonger son propos par de nouvelles déclarations sur la mise en place, pour l'avenir, d'un système de quotas, il sait lui-même qu'elles n'ont aucune chance d'être suivies d'effet.Voit-on les socialistes mettre en oeuvre une solution qu'Édouard Balladur avait jugé "impossible"? C'est donc à juste titre que l'opinion a retenu que le sénateur des Hauts-de-Seine demandait purement et simplement la régularisation de tous les sans-papiers identifiés.

Il s'agit d'une volte face totale pour celui dont le nom était devenu indissociable des lois prises en 1987, renforçant les contrôles aux frontières, et améliorant les moyens permettant la reconduite des immigrés entrés clandestinement.

Comme l'a dit, en guise de commentaire, Jean-Marie Le Pen : il faut remonter à l'époque de l'après 1958, quand le général de Gaulle passait de la politique de l'Algérie française à celle de l'Algérie algérienne, pour retrouver un tel changement de pied.

Non pas que la nouvelle position de Charles Pasqua ne puisse être soutenue. Il y a en effet fort à parier que les 70000 sans-papiers non régularisés ne quitteront pas pour autant le territoire national. Leurs enfants seront scolarisés, ils seront admis à l'aide médicale gratuite, ils pourront se marier librement et leurs enfants deviendront automatiquement français. Mais un certain nombre d'avantages sociaux leur seront néanmoins durablement refusés, aussi longtemps qu'ils seront considérés comme clandestins, en particulier tous ceux qui sont liés à l'exercice d'un travail régulier déclaré.

Le problème n'est pas là : chaque régularisation massive est un exemple, un message envoyé à tous les candidats étrangers à l'immigration en France. Il en a été ainsi en 1981 comme en 1988. Il en sera ainsi en 1998, et Charles Pasqua en sera le co-responsable.

Sa proposition serait sans doute recevable, par réalisme politique, si sa mise en oeuvre était vraiment " pour solde de tout compte ". Mais cela supposerait qu'on ferme le robinet de l'État providence, et qu'on le fasse pour tout le monde, sans distinction, aussi bien pour les Français, qui ne peuvent plus le financer, que pour les étrangers, passagers clandestins en surnombre. La principale source des flux migratoires qui se dirigent chez nous plutôt qu'ailleurs serait alors immédiatement tarie. Car une France qui n'offrirait plus aucun service social gratuit à personne verrait immédiatement se détourner d'elle tous ceux qui guignent sa générosité en même temps que sa faiblesse. Or ces services sociaux gratuits, offerts au monde entier, nous coûtent vraiment trop cher...

Alain Foucart

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Pour baisser les impots, il faut commencer par ne pas les augmenter!

L'évolution des prélèvements publics obligatoires, telle qu'elle est calculée par la Commission des comptes de la nation, ferait donc apparaître une légère baisse en 1998, qui les ramènerait de 46,1 à 45,7 % du produit intérieur brut (PIB).

Rappelons que la définition française des prélèvements obligatoires ne prend en compte ni les déficits publics (qui sont financés par des prélèvements sur l'épargne, et se traduiront ultérieurement par d'inévitables augmentations d'impôts), ni les recettes non-fiscales des collectivités publiques. Sur le critère plus objectif, d'ailleurs retenupar l'ocde, de la dépense, publique par rapport au PIB, les prélèvements publics obligatoires de la France sont de l'ordre de 57 %.

Si ce ratio va donc s'améliorer en 1998, c'est à cause d'une croissance inattendue de l'activité économique, de l'ordre de 3 % selon l'Insee. Comme le ministre des finances ne s'y attendait pas, il a prévu une augmentation inférieure des recettes de l'État, et c'est donc "mécaniquement" que cette petite baisse serait enregistrée...

Le Premier ministre, intervenant il y a plusieurs semaines devant le Conseil économique et social, s'était dit résolu à baisser les prélèvements obligatoires. Mais, aussitôt après, à l'occasion de la préparation du budget pour 1999, on a vu fleurir les propositions d'augmentations d'impôts !

Comme toujours, au nom de "la solidarité" et de la "justice sociale", on a ressorti des cartons les vieux projets d'élargissement de l'ISF à l'outil de travail et aux oeuvres d'art, ainsi que celui de taxation des plus-values boursières à court terme.

Pour faire un contrepoids au moins psychologique, le gouvernement a laissé filtrer la semaine dernière l'information selon laquelle il pourrait envisager quelques baisses de TVA, mais seulement dans la limite permise par Bruxelles...

La Commission de l'Union européenne à bon dos. D'abord parce qu'elle se contente de mettre en oeuvre les décisions prises par le Conseil de ministres, dont la France fait partie.

Ensuite parce que rien évidement n'empêcherait le gouvernement de Lionel Jospin de procéder à une baisse générale du taux de TVA de droit commun, comme les socialistes s'y étaient d'ailleurs engagés quand Juppé l'avait porté brutalement de 18,6 à 20,6 %

On ne peut pas promettre des baisses d'impôts tout en passant son temps à faire l'apologie de la dépense publique, à miser sur l'engagement de fonds publics pour répondre aux problèmes de l'emploi, de l'investissement ou même de la recherche.

Pour être crédible, l'annonce d'une baisse des prélèvements publics obligatoires devrait au moins s'accompagner d'un gel, en termes relatifs de tous les prélèvements actuels.

Et mieux encore, d'un gel en valeur absolue. Les gains de recettes liés à la croissance économique seraient alors consacrés d'abord au remboursement de la dette, puis à la réduction des impôts, en commençant par les plus anti-économiques. Qui sont, comme par hasard, ceux que les socialistes ont l'idée d'augmenter...

Bernard Piard

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André Nester; co-fondateur de l'Assemblées des alliances de citoyens.

"[...] L'une des données majeures du fonctionnement de la vie publique française, depuis de longues années, est la captation illégitime et antidémocratique du pouvoir politique par une caste oligarchique de politicofonctionnaires.

Il faut bien voir qu'il ne s'agit pas du tout de "technocrates", qui exécuteraient mal ou déformeraient les ordres des responsables politiques issus du suffrage universel. Il s'agit d'un groupe minoritaire de très hauts fonctionnaires qui, ayant pris le contrôle des grands partis, sont aussi devenus des hommes politiques. Cette caste s'est érigée en (fausse) "aristocratie", ayant seule le privilège de pouvoir politique. Elle défend bec et ongles ce privilège parce qu'il s'agit, pour chacun de ces hauts fonctionnaires, de défendre, à travers son corps d'origine, sa propre carrière, exercée tantôt à un haut poste de l'Administration, tantôt dans une fonction politique.

Les réformes de fond dont la France a besoin,et que tous les Français attendent, ne peuvent être réalisées qu'au prix d'un remaniement profond des budgets publics. Un tel remaniement mettrait directement en cause le privilège de la caste. C'est pourquoi la caste ne veut à aucun prix de ces réformes. Les groupes de pression qui défendent leurs intérêts corporatistes ont su tirer parti de cette situation et agravent encore le blocage des réformes.

En fait, les hommes de la caste ont envie de jouir des priviléges que leur donne l'appartenance à une (fausse) "noblesse". Dans la pratique de ces nouvelles moeurs bizarrement qualifiées de "républicaines", la dynamique "de haut en bas" - par exemple l'attribution des investitures aux candidats par un état major central - est une condition nécessaire du maintien du pouvoir de la caste. Ayant la notoriété, le monopole partisan, la puissance installée à tous les niveaux, notamment par l'argent et les médias, cette caste a toutes les caractéristiques d'un pouvoir ne pouvant être renversé "par en haut" que par la force, tout comme dans une dictature "bananiére". Mais nous sommes en France, et nous voulons tous agir dans la légalité. C'est ici que prend toute son importance le pouvoir réel des citoyens, c'est-à-dire d'une action "par en bas"

(...) L'idée maitresse est la constitution, à l'échelon local, à l'initiative des habitants de la circonscription, d'un "groupement politique concourant à l'expression du suffrage", conforme à l'article 4 de la Constitution et libéré de tout clivage partisan de l'ancien système, partout fondé sur le même programme politique. Son objet est triple : - participer à l'élaboration continue du programme national (bien au delà des "cahiers de doléances" de naguère)

- choisir ses candidats à toutes les élections (notamment à"l'élection du renversement de situation" que sera la prochaine élection législative), conclure avec ces candidats un pacte public solennel par lequel le candidat s'engage à appliquer le programme.

- faire ensuite "l'audit" régulier des élus (deux ou trois jours tous les mois). Le réseau de ces groupements locaux pourrait constituer la nouvelle formation de la droite...»

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Pierre-Marie Guastavino, Porte-parole du Club de l'Horloge.

«(...) Une bonne fois pour toutes,je crois qu'il convient de dire que le consensus avec l'adversaire socialiste est un leurre et un leurre dangereux. Rappelons que le débat politique se déroule toujours dans une logique d'affrontement, puisqu'il sous-entend des conflits de valeurs-Aussi, l'acte politique essentiel et fondamental demeure celui-ci : la désignation de l'ennemi, de l'adversaire, et forcément, par contrecoup, la désignation des amis. À ce propos, il ne faudrait pas qu'au sein de la droite que j'appellerais "camaieu", et non pas plurielle, nous nous tirions dessus les uns les autres, parce qu'à ce moment-là, nous n'aurions plus les 18 millions de suffrages qu'il nous faut un jour.

Mais ceci conduit en revanche à exposer clairement ce que l'on refuse et ce que l'on combat, et d'autre part ce que l'on prône et ce que l'on défend. La droite ne serait pas conséquente avec elle-même si elle ne s'identifiait pas en déclarant se ranger clairement non seulement du côté de la démocratie et du libéralisme, mais encore de la nation, de son identité et de sa souveraineté. La gauche, quant à elle, est clairement du côté du mondialisme qui arase les nations, de la social-démocratie et des féodalités, notamment culturelles, qui réduisent l'espace du libre débat par le politiquement correct. C'est pourquoi la droite aurait une attitude totalement impolitique si par souci de consensus, elle se défiait de ses valeurs et donc de la volonté profonde du peuple français.

[...] Aujourd'hui, nous connaissons le retour à la misère et à la fracture sociale. La question sociale induit des lignes de fracture profondes entre ceux qui sont privilégiés et ceux qui ne le sont pas. Situation aggravée par le vieillissement de la population française. Situation aggravée par une immigration massive de populations dont l'essentiel nous sépare, mais qui ont néanmoins l'intention de s'implanter sur notre sol sans partager nos valeurs mais en développant les leurs, ce qui immanquablement pèse et pèsera sur le destin de la France. À cela s'ajoute une crise morale, illustrée notamment par le déclin de l'institution familiale, par l'effondrement démographique, par l'effacement du sens du sacré, par le développement de la délinquance que je qualifierais de "à l'américaine" ,et le tout orchestré par un omniprésent pouvoir médiatique détenu par une camarilla qui s'est arrogé,avec le concours d'autorités morales auto-proclamées,le droit de dicter ses choix et de jouer les censeurs, juge en dernier ressort, en inculquant la mauvaise conscience par des mécanismes inhibiteurs. Ce pouvoir médiatique démoralise en donnant l'impression par le matraquage que chacun pense comme lui et que finalement toute résistance serait non seulement injuste mais vaine...

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Jean-François Touzé, Président du PNR, Parti national républicain

"(...) La reconquête du pouvoir, l'effacement du socialisme, de ses pompes et de ses mauvaises oeuvres, cela passe, évidemment, d'une part, par la droitisation de l'actuelle opposition, et puis d'autre part, tout à l'heure, par l'ouverture d'un dialogue public avec le Front national, par la prise en compte des aspirations des 15 % d'électeurs qui votent Front national, et puis, dés aujourd'hui, nous devons le dire, par la recherche d'accords électoraux dans tous les scrutins, qu'ils soient locaux ou nationaux, avec le Front national .Pour le reste, il appartiendra aux dirigeants du Front national de ne pas franchir ce qu'Alain Madelin appelle « le cercle de l'inacceptable ». Mais je sais, quant à moi - et je le sais parce que j'ai appartenu au Front national, parce que j'y ai exercé quelques responsabilités et que j'en suis fier -,que bien évidemment l'immense majorité des dirigeants, des cadres et des militants du Front national est composée par des hommes de droite sincères, par des patriotes convaincus dont la seule ambition est évidemment de servir leur pays.

Alors assez, assez de lâcheté! Assez d'hypocrisie. Il s'agit simplement de nous unir de nous rassembler, de nous regrouper,et puis, en dehors de tous les diktats, en dehors de tous les fronts républicains,en dehors de la pensée unique,eh bien, nous devons savoir nous unir et faire en sorte que face à la gauche plurielle, il existe véritablement une droite multiple.

L'avenir je crois que c'est Antoine de Saint-Exupéry qui disait qu'il ne fallait pas le prévoir mais le permettre. C'est exactement ce que nous sommes en train de faire ce matin. Nous sommes en train de permettre à l'avenir d'exister Je citais Saint-Exupéry, mais j'aurais pu citer aussi, dans un tout autre registre, cette fois, Pierre Dac, qui disait qu'il n'était jamais trop tôt pour s'apercevoir qu'il était bien tard! Alors,je ne pense pas qu'il soit trop tard, loin de là, je pense qu'il est temps, plus que temps en réalité, que nous sachions nous organiser, nous structurer, nous développer et enfin créer ce grand courant de conviction, ce grand courant d'une droite moderne, d'une droite volontaire, d'une droite responsable... Mais d'une droite offensive, une droite qui soit enfin capable de s'imposer dans la vie politique française, qui soit capable d'afficher ses ambitions et finalement qui soit capable de gagner..."

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Claude Reichman, Président du PPL, Parti Pour la Liberté

"(...) Voilà plus de cinquante ans que nous sommes dirigés à gauche. Car la gauche, ce n'est pas seulement les partis politiques, les journalistes, les penseurs ou les faux penseurs, c'est aussi les institutions. On a mis en place, en France, depuis 1945, des institutions de type collectif et collectiviste qui ont provoqué un immense malheur : la vie du pays s'est peu à peu réduite à un face à face entre des organisations inhumaines et des individus accablés, assistés, privés du contrôle de leur existence et de leurs moyens de subsistance, parce ce que ce qu'ils gagnent doit toujours transiter par une puissance supérieure, tutélaire comme disait Tocqueville, et que c'est précisément cela la cause du mal français.

Nous ne gagnerons pas en proclamant que nous sommes de droite. Nous gagnerons en disant pourquoi nous sommes de droite et ce que nous voulons faire. Ce que nous voulons faire, c'est détruire cinquante ans de collectivisme. Et nous voulons le faire en désignant l'adversaire : l'adversaire, mesdames et messieurs, ce sont toutes ces institutions que paraît-il le monde entier nous envie. En réalité, le monde entier nous regarde avec commisération, et quand il voit le spectacle que donne la France aujourd'hui, quand il voit ce pays pourtant fier, courageux, héritier d'une notre pays.

(...) Il faudra que ce programme, dont nous avons jeté les bases à l'occasion de cette convention d'aujourd'hui, soit clair, précis, et que nous ayons le courage - indispensable - de le présenter au pays en disant que c'est notre programme et que c'est celui que nous voulons appliquer Car il n'y a pas, sinon, de paix civile ni de paix politique dans un pays.

On ne doit pas arriver au pouvoir en disant que l'on va faire quelque chose et ne pas le faire. Mais on ne peut pas non plus arriver au pouvoir en disant que l'on ne fera pas certaines choses et tenter de les faire ensuite. De la droite, je dirais volontiers ce que Bernanos disait du christianisme : "une idée neuve à essayer". Le seul serment que nous puissions faire, c'est de continuer de le faire ensemble, de ne jamais nous diviser, car nous ne pouvons pas nous le permettre, d'être accueillants à l'égard de toutes les pensées de droite, de refuser absolument toute discrimination à l'égard de quelque formation politique de droite que ce soit, et de faire appel à la responsabilité de tous.".

Comité pour l'entente à droite

42 rue des jeuneurs

75002 Paris

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La révolution économique: moins d'impots et moins de dépenses publiques

Jacques Bourdu, ancien élève de l'école Polytechnique, a participé, depuis de longues années, au titre du « Club 89 » (que préside Jacques Toubon, et dont il a été longtemps le vice-président), à l'élaboration des programmes économiques présentés par la droite RPR-UDF II n'a pu que constater les carences de la fausse droite, dès le moment qu'elle retrouvait les ors des palais nationaux...

Les réformes sérieuses sont, chez nous, différées depuis 25 ans. Là réside la véritable exception française. Et il n'y a certainement pas lieu d'en être fiers. Dans cet ouvrage*, qui est le quatrieme de l'auteur depuis douze ans, Jacques Bourdu reprend une à une les réformes d'inspiration libérale qu'il nous faudra inévitablement mettre en oeuvre, un jour ou l'autre, et le plus tôt "sera le mieux." Toutes les solutions " proposées sont simples, concrètes, homogènes, chiffrées et détaillées. Elles sont réalistes. Elles aboutiraient à un retour à une croissance saine, forte et durable. Elles n'exigent qu'une forte volonté politique...

Beaucoup des remèdes exposés font d'ailleurs l'objet aujourd'hui d'un fort consensus-Ainsi la proposition d'une réduction annuelle de 150 milliards de E d'impôts au moins-A la seule condition qu'elle s'accompagne d'un diminution encore plus importante des dépenses publiques. Jacques Bourdu démontre parfaitement que cela est tout à fait possible.

Bien que les propositions de Jacques Bourdu aient été jugées beaucoup trop révolutionnaires ou radicales par ses pairs RPR, on se permettra de lui dire que sur au moins deux points, il nous paraît encore trop conservateur S'agissant de l'assurance maladie, l'auteur commence par exposer clairement l'alternative : c'est le replâtrage d'un système en faillite ou la privatisation, qui ii reviendrait à restituer aux intéressés la totalité des cotisations versées ».

Mais cette solution semble écartée par Jacques Bourdu, essentiellement pour des raisons de complexité, que contredit l'exemple de l'assurance automobile qu'il cite lui-même dans sa démonstration...

S'agissant du financement des retraites, l'auteur a la lucidité d'indiquer que "le système généralisé de la retraite par répartition est condamné à terme". C'est pourtant à un bricolage, prévu pour tenir cinq ans, qui ne remettrait pas en cause le système actuel, auquel Jacques Bourdu nous invite finalement...

Nous pensons au contraire que la France doit être capable de regarder en face les u conséquences qui résultent tant du vieillissement de sa population que des choix funestes accumulés par ses dirigeants depuis plus de cinquante ans. Les pensions de retraite doivent être financées par les revenus de l'épargne investie.

C'est ce que font les Américains avec leurs fonds de pension et, comme eux, un nombre de plus en plus grand de pays. Rester à l'écart de cette orientation c'est attacher un boulet aux pieds des générations futures.

Jean Rouxel

* Editions François-Xavier de Guibert

3 rue jean-François Gerbillon 75006 Paris

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La chronique de Claude Reichman: Lynchage

L'exclusion du Tour de France de l'équipe Festina est une illustration de plus de la régression que connaît, depuis plusieurs années, la société française. Car ce dont ces sportifs viennent d'être victimes n'est autre qu'un lynchage en bonne et due forme. On connaît les faits : un soigneur de l'équipe est interpellé alors qu'il transporte des produits dopants, le médecin et le directeur sportif sont alors mis en garde à vue et ce dernier admet que ses couleurs utilisent de telles substances. La direction du Tour de France décide alors d'exclure cette équipe de la compétition.

Or aucun des coureurs n'a été entendu, ni par le justice, ni par l'organisation elle-même. Le juge d'instruction a d'ailleurs indiqué qu'il n'avait pas l'intention d'interroger les intéressés avant la fin de l'épreuve et que ceux-ci pouvaient continuer d'y participer. La direction du Tour ne les en a pas moins exclus. La femme de César ne doit pas être suspectée, la principale épreuve sportive française non plus. Et l'on attend encore les protestations indignées des pétitionnaires patentés de la médiacratie française, que la moindre injustice, réelle ou supposée, commise à l'égard des immigrés met en transes. Qu'a-t-on vu pourtant dans cette affaire ? Une dizaine de champions condamnés sans preuve. La déclaration du directeur sportif n'en est pas une suffisante. Comme beaucoup d'aveux, celui-ci peut être rétracté. Sait-on si les coureurs avaient été dopés depuis le début du Tour ou s'ils s'apprêtaient à l'être, si tous l'étaient ou quelques-uns seulement, s'ils l'étaient en connaissance de cause ou à leur insu ? Personne ne peut le dire, puisque la condamnation ne repose que sur la déclaration du directeur sportif et qu'elle ne saurait à elle seule constituer une preuve.

Tout le monde sait depuis fort longtemps qu'on ne court pas le Tour de France, qui est l'épreuve cycliste la plus dure du monde, sans absorber, à un moment ou à un autre, des produits dopants. Mais ceux-ci n'ont jamais fabriqué un champion, Tout au plus peuvent-ils faire d'un coureur moyen la vedette d'un jour, Un ancien médecin officiel du Tour a émisdes soupçons à l'égard d'un des plus grands champions de son époque. Mais comment se fait-il que depuis toujours un ou deux coureurs seulement règnent pendant quelques années sur la Grande Boucle ? Sont-ils mieux dopés que les autres ? Evidemment pas, car dans ce domaine les «produits miracle» sont très vite connus de tous. La vérité est que ces sportifs sont meilleurs que les autres, en raison de leurs qualités physiques, biologiques et morales, et que leurs victoires sont méritées.

Mais notre société redevenue primitive a besoin d'assouvir ses pulsions. On nous dit que le dopage est un crime, il nous faut donc des coupables et un châtiment immédiat. Après cela, chacun pourra se vautrer à nouveau dans son fauteuil et regarder les coureurs s'épuiser en sirotant sa bière ou son pastis. Et naturellement M.Chirac, qui ne manque jamais d'être présent là où il n'a rien à faire et de parler d'abondance quand il vaudrait mieux se taire, ne manquera pas d'y aller de son commentaire sur les intermédiaires du dopage qu'il faut poursuivre avec la plus extrême rigueur, comme s'il pouvait y avoir des intermédiaires sans consommateurs.

Hypocrisie et injustice. C'est ainsi qu'on peut qualifier cette triste affaire. Le crime n'a jamais tant fleuri aux Etats-Unis que pendant la prohibition. Le dopage n'a jamais tant régné dans le sport que depuis qu'il est officiellement interdit et contrôlé. Et dans plusieurs affaires récentes, on a vu que les contrôles n'offrent pas toujours une véritable fiabilité. Au delà des coureurs de l'équipe Festina, c'est l'idée de justice qui vient de subir un grave affront dans notre pays. Un de plus, dira-t-on. Certes. Mais si éclatant qu'il laissera forcément de terribles traces.

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