Affaire Clinton: L'occasion d'une provocation pour Chirac !
Pour Madame Simone Veil, il y a un obsédé sexuel à washington qu'il faut au plus vite éliminer : il s'appelle... Kenneth Starr !
Pour Robert Badinter (le lendemain, à la même heure sur Europe 1, dans l'émission d'Elkabach) la vie sexuelle du président des États-Unis serait une affaire purement privée. Et qu'importe si ces polissonneries se passent à la Maison Blanche, les visiteurs présidentiels étant priés de patienter, tandis que les hommes des services secrets observent, à travers le mur, grâce à des mouchards, tous les détails des jeux auxquels l'homme le plus puissant du monde se livre sur le corps d'une stagiaire de 20 ans !
Sans doute l'opinion publique américaine estelle aujourd'hui saturée de l'affaire Lewinsky.
Et, pour l'instant, elle estime que Clinton est à blâmer mais pas à renvoyer. Les médias, et une majorité de la classe politique, par contre, ne voient d'issue que dans la démission d'un homme, menteur invétéré, qui a non seulement outragé sa famille mais aussi ridiculisé sa fonction et même son pays.
Voilà donc l'Amérique empêtrée dans une affaire de mensonges et de sexe, comme il y en a déjà eu beaucoup à Washington, où Internet a remplacé la vidéo, et où le rôle principal est tenu par Bill Clinton lui-même, avec la participation active et consentante de son épouse Hillary.
Le monde entier étant pris à témoin, chacun pensera ce qu'il veut, Mais qui peut nier, quelle -que soit l'issue de la procédure judiciaire engagée par le Congrès des États-Unis, dont le procureur indépendant n'est que l'émanation, que le Président avait, c'est le moins qu'on puisse dire, une curieuse conception des devoirs de sa charge ?
De l'autre côté de l'Atlantique, on peut déplorer tous les excès médiatiques. Mais de ce côté-ci, la défense systématique d'un parjure par nos médias et notre classe parlante, a quelque chose d'insolent. Et le coup de téléphone de Chirac à Clinton, pour lui manifester son soutien, quelque chose de simplement provocateur !
Russie: l'échec de qui ?
les médias français dominants, quasi unanimes, commentent le retour au pouvoir des communistes en Russie en disant que c'est l'échec du libéralisme.
Une telle affirmation supposerait que la Russie, depuis sept ans, ait fait l'expérience effective d'une économie de marché.
Certes, les entreprises d'État de l'ex-URSS ont été privatisées, en particulier dans le secteur bancaire et dans celui des industries de base (pétrole, gaz, métaux précieux...). Mais cette privatisation s'est faite au seul profit de la technostructure et des apparatchiks du parti communiste, qui continuent aujourd'hui à détenir à peu près tous les leviers de commandes économiques.
Le parti avait, hier, tous les pouvoirs. Ses chefs sont parvenus à les conserver. La privatisation n'a été que formelle. Pire : sans légitimité démocratique, un accaparement totalitaire a été remplacé par un monopole marneux !
Un processus libéral, faisant confiance à l'éthique de l'économie de marché, aurait évidemment agi autrement.
D'abord, les entreprises d'État auraient été rendues à leurs propriétaires légitimes qui sont les contribuables russes. Des titres représentatifs du capital des entreprises publiques auraient été distribués gratuitement aux citoyens russes, ce qui n'a pas été fait, Mais la répartition du capital n'est pas tout. Le capitalisme n'est, par nature, ni concentré ni dispersé. Il repose sur le principe du pouvoir de décision aux détenteurs du capital, Mais à la condition que cette propriété soit légitime. Et que les règles qui président à l'accumulation du capital soient respectueuses des principes de la liberté d'entreprendre.
Pas de capitalisme vivant sans liberté d'entreprendre. Pas d'économie de marché sans libre processus d'accumulation du capital et de l'épargne.
Car le processus de création de richesses c'est historique, depuis l'âge du néolithique commence par l'épargne, cette partie soustraite, par prévoyance et par clairvoyance, et se prolonge par l'investissement, qui est un choix et un risque.
Seule l'épargne libre, transformée en investissements judicieux, permet d'amorcer le processus de la création de la richesse. Et l'histoire nous enseigne qu'il n'y a aucune exception à ce cercle vertueux.
L'URSS était l'exemple-type de la destruction de ce processus. Sa reconstruction passait par une remise en cause totale du système qui avait été en place pendant plus de 70 ans.
Il eût fallu que le communisme soit non seulement battu mais abattu par son contraire, le capitalisme. Or, en URSS, le communisme s'est effondré, tout seul. L'économie de marché n'a
triomphé qu'à distance. Le capitalisme ne s'est pas installé à sa place. Un ersatz a prétendu faire illusion. Mais aucune des lois du libéralisme n'a été, en réalité, mise en oeuvre.
Seulement, un capitalisme d'État a été remplacé par un autre faux capitalisme, celui de la mafia, issue du même parti communiste !
François Bayrou: pour une économie de marché réduite au minimum
François Bayrou, avant de se faire élire nouveau président de l'UDF a déclaré au journal "Le Figaro", que s'il était partisan d'une "économie de marché", il n'était pas favorable à une "société de marché". Un telle affirmation, faute d'avoir été développée par son auteur, mérite d'être commentée.
Tout d'abord, en l'occurrence, le leader centriste ne fait rien d'autre que reprendre à la lettre des propos similaires prononcés peu de temps auparavant par le Premier ministre Lionel Jospin .Et même les communistes français, aujourd'hui, reconnaissent qu'il n'y a pas d'alternative à l'économie de marché.
Être partisan d'une économie de marché n'est donc pas original et ne peut plus, même, constituer un clivage entre M. Bayrou et la gauche socialiste ou communiste.
Par contre, l'opposition à une "société de marché" est plus sibylline.
Cela veut sans doute dire que les règles de l'économie de marché ne s'appliquent pas toutes au fonctionnement de la société, que celle-ci comporte des secteurs ou des domaines qui échappent au marché et à la concurrence. Que ce soit de fait ou de droit.
Ce qui est exact. Mais il conviendrait alors de dire lesquels et d'énoncer les principes qui présideront à leur fonctionnement.
Pense-t-on à la culture, à la santé, à la prévoyance, à l'enseignement, aux relations du travail, s'agitil d'échanges d'organes ou de prostitution ?
Car là où ne s'appliquent pas les lois du marché, d'autres sont mises en oeuvre. Ce peut être le rationnement (exemple de la Sécurité sociale), le copinage (subvention culturelles, recrutement dans le secteur en connivence avec l'Etat) la dilapidation des ressources nationales (toutes les entreprises publiques, une grande partie du secteur public) ou bien encore le vol (secteur du logement social, la Mnef) la rapine (nationalisations) les prébendes (syndicats) ou la corruption (marchés publics).
C'est la vieille thèse social-démocrate qui consiste à cantonner les bienfaits de la liberté au seul terrain économique. En somme l'individu sera assez intelligent pour choisir sa marque de café ou d'automobile, pas assez compétent pour choisir l'école de ses enfants, son contrat d'assurance maladie ou bien encore les moyens de sa prévoyance pour sa retraite.
M. Bayrou se retrouve exactement sur la même ligne politique que l'ensemble de la gauche plurielle. Et même, aux dires de son successeur à l'Éducation nationale Claude Allègre, peut être plus à gauche encore. M. Bayrou avait en effet la réputation, quand il était rue de Grenelle, d'obéir au doigt et à l'oeil aux syndicats dits représentatifs.
La "société de marché", il est contre. Mais le duopole syndicats-establishment, il est pour ! Que reste en place le gang des Safrane !
CSG: La victoire est en vue
la CSG et sa petite soeur, la CRDS, sont elles des impôts ou des cotisations sociales ? La question peut paraître théorique. En réalité elle est capitale. Car il s'agit, pour ces deux taxes maléfiques, de vie ou de mort. Et le débat va être prochainement tranché par la Cour de justice des Communautés Européennes.
La CSG a été inventée par le gouvernement de Michel Rocard en 1991 pour financer le déficit de la Sécurité sociale. La CRDS est une création du gouvernement d'Alain ]uppé en 1996 pour rembourser la dette sociale. A elles deux ces taxes représentent, en 1998, la bagatelle de 375 milliards de francs, c'est-à-dire beaucoup plus que l'impôt sur le revenu.
La CSG et la CRDS présentent toutes les apparences d'une cotisation sociale. Elles sont collectées par les URSSAF et leur contentieux relève des tribunaux des affaires de sécurité sociale. Pourtant le Conseil constitutionnel les a rangées parmi "les impositions de diverses natures". C'est que l'enjeu est d'importance.
Impôts, elles peuvent être appliquées à toute personne ayant sa résidence fiscale en France.
Cotisations sociales, elles épargnent ceux qui,tout en résidant dans notre pays,travaillent dans un autre ( par exemple les frontaliers ), ou bien ont conservé la protection sociale de leur pays d'origine ( ce qui est possible pour tout citoyen de l'Union européene ), ou bien encore ceux qui ne sont pas assurés sociaux. De plus, elles ne peuvent pas frapper tous les revenus, car une cotisation sociale doit obligatoirement être assortie d'une prestation, ce qui n'est le cas ni de la CSG ni de la CRDS, qui ne donnent le droit à rien, sinon celui de pleurer sur son argent disparu.
De même que la vie s'est développée par les marges, l'Europe se construit par les frontières.
C'est en effet par les travailleurs frontaliers que l'existence de la CSG a d'abord été mise en cause. Ces citoyens français résident sur le sol national et travaillent dans un pays voisin, où ils paient leurs cotisation sociales, alors qu'ils sont soumis à l'impôt en France. Si la CSG et la CRDS sont des impôts, ils doivent les régler Mais comme ces deux taxes sont destinées à financer la Sécurité sociale, les frontaliers paient doublement leur protection sociale : une fois dans le pays où ils travaillent, une autre en France. Le gouvernement français ne voulant rien entendre, accroché qu'il est à la notion d'impôt afin que nul ne puisse échapper à sa rapine,les frontaliers se sont adressés à la Commission de Bruxelles.
Celle ci leur a donné raison,en se fondant sur un raisonnement simple : quand une taxe finance la sécurité sociale, c'est une cotisation sociale. Et elle a demandé au gouvernement français d'exonérer de CSG et de CRDS les travailleurs frontaliers.
La machine infernale était lancée. Car ce qui rendait intenable la position des autorités françaises, c'était non pas le sort des frontaliers, qui ne représentent qu'environ trois cent mille personnes, mais celui de la CSG elle-même. En effet, à partir du moment où il exonérait les frontaliers, il laissait se créer une double discrémination.. Entre Français, puisque certains contribuables - les frontaliers - échapperaient à la CSG et à la CRDS, ce qui serait contraire au principe constitutionnel d'égalité devant les charges publiques, et entre Européens, puisque les citoyens de l'Union établis en France mais restés assurés chez eux ne seraient pas touchés alors que les Français le seraient, ce qui contreviendrait à l'article 7 du Traité de Rome . devenu article 6 du Traité sur l'Union européenne qui interdit toute discrimination selon la nationalité.
C'est en nous appuyant sur les considérations qui précèdent qu'avec Alain Dumait nous avons créé le Comité CSG.
Son objectif : demander le remboursement de la CSG et de la CRDS, qui, illégales au regard des dispositions nationales et européennes, n'avaient pas à être perçues et relèvent donc de ce que l'on appelle, en droit, la "répétition de l'indu". Plus prosaiquement nous lancions à l'État cette adresse :"Rendez.nous nos sous !".
A ce jour, plusieurs milliers de procédures sont en cours,lancées par des Français exaspérés, qui veulent ainsi, non seulement récupérer l'argent qu'on leur a volé, mais aussi en finir, par une action décisive, avec le matraquage fiscal et social.
Or aujourd'hui, la victoire est en vue. Le gouvernement français restant sourd à ses objurgations, la Commission de Bruxelles .a traduit la France devant la Cour de justice des Communautés Européennes. Et celle-ci va statuer dans les prochains mois. Selon toutes probabilités, elle décidera que la CSG et la CRDS sont des cotisations sociales. Ce sera l'arrêt de mort de ces deux taxes. Car leur illégalité sera dès lors établie, non seulement à l'égard des travailleurs frontaliers, mais aussi, comme nous l'avons démontré, envers tous les Français.
Il s'agira bien entendu d'une révolution. Car la CSG est devenue la dé de voûte du financement social en France. indispensable réforme de la "Sécu" va enfin devoir être faite. A chaud, comme toujours en France. Il va de soi, par ailleurs, que le gouvernement prendra des dispositions pour éviter d'avoir à rembourser tout le monde. Cela lui sera beaucoup plus difficile pour les procédures en cours, car, en vertu du principe de séparation des pouvoirs, il ne peut y avoir d'intervention du législatif sur le judiciaire. C'est pourquoi il est particulièrement important, pour tous ceux qui veulent lutter contre l'arbitraire fiscal et les abus de l'État, de lancer leur réclamation avant la décision de la Cour de justice européenne.
Pour une fois que les Français ont l'occasion de faire mordre la poussière aux hommes de l'État, ils auraient tort de s'en priver !
Gros Temps pour les retraites
Les retraites complémentaires peuvent-elles faire l'objet d'un monopole en Europe ? C'est la question - dite "préjudicielle" - que plusieurs tribunaux nationaux ont posée à la Cour de Justice des Communautés Européennes. Celle-ci rendra son arrêt au plus tard au début de l'année prochaine. La question est importante pour tous les pays de l'Union, mais elle est explosive pour la France.
En effet les retraites complémentaires représentent environ 500 milliards de francs chaque année dans notre pays. Si la justice européenne décide - comme c'est plus que probable - que chacun estlibre de s'adresser à l'organisme de son choix ( caisse privée, compagnie d'assurance, fonds de pension ) pour assurer sa retraite complémentaire, c'en sera fini du monopole des caisses regroupées dans l'ARRCO et l'AGIRC, ainsi que des caisses de retraite des professions indépendantes.
Voilà six ans que des directives européennes ont abrogé, à compter du lerjuillet 1994, tous les monopoles sociaux. En France, on a voulu s'accrocher à l'idée folle que le rouleau compresseur de la construction européenne ferait un aimable détour pour ne pas écraser ["'exception française". Quand bien même l'auraient-elles voulu - et de ce point de vue la Commission de Bruxelles a été plutôt complaisante envers les criailleries du coq gaulois -, les autorités européennes ne pouvaient durablement épargner les régimes français. Pour l'excellente raison que le maintien de leur monopole créerait un obstacle infranchissable à la liberté d'établissement, qui est l'un des piliers essentiels de l'intégration européenne. A présent, le délai de grâce est écoulé et l'heure de vérité va sonner. Attachez vos ceintures !
L'Europe constructiviste et celle du libre-échange
L'ouverture de l'Europe aux transports routiers, sans avoir préalablement réalisé une harmonisation sociale à l'échelle européenne, vient d'entraîner les manifestations que l'on connat Cela montre à l'évidence que toute généralisation à l'Europe d'une liberté de circulation doit être précédée d'une harmonisation des législations'l C'est ce que nous écrit Raoul Vinson (Nice 06). Et c'est un point de vue en effet souvent exprimé.
Une telle position revient tout simplement à nier la possibilité d'une concurrence loyale entre des entreprises appartenant à des pays et des systèmes économiques et sociaux différents.
C'est pourtant ainsi que fonctionnent les échanges internationaux. Et qu'ils s'effectuent, depuis toute éternité. Si l'on avait mis comme préalable à l'ouverture des échanges qu'une "harmonisation" soit mise en oeuvre on n'aurait jamais fait le moindre commerce avec la Chine ou avec l'Afrique. Et c'eût été regrettable aussi bien pour ces continents que pour les autres.
La seule exception qui a été depuis longtemps admise porte sur les prix anormalement bas, à la base du dumping. Mais cela ne résulte pas de telle ou telle différence dans le droit du travail ou les systèmes sociaux. Il doit seulement être prouvé qu'un produit est vendu en dessous de son prix de revient dans les conditions locales telles qu'elles sont.
L'harmonisation dont il est question en matière européenne, et qui est le cheval de bataille des partisans de l'Europe dite sociale, a pour objectif d'étendre à quinze pays les excès nationaux de l'Etat-providence. Sous prétexte d'égalité des conditions de concurrence, on prétend faire porter des chaussures à semelles de plomb à tout le monde!
LEurope telle qu'elle est, avec ses grandes différences dans le domaine des législations fiscales et sociales, est au contraire une grande chance pour les libertés.Tout se passe en effet comme si les systèmes publics étaient de ce fait en concurrence entre eux. Ce qui permet à tout un chacun de comparer leur efficacité respective.
En permanence, il est ainsi possible de comparer les taux de chômage en France, en Grande Bretagne et aux États-Unis. on peut aussi comparer les taux de croissance, le revenu par habitant, la richesse nationale.
Dans un monde où l'information circule à la vitesse de l'Internet, où toutes les techniques sont disponibles pour tous, où il est devenu assez facile de s'y former jet si l'on fait l'hypothèse, imposée par le politiquement correct, que tous les hommes sont égaux en intelligence et en raison...) la principale variable explicative des performances très différentes des nations réside justement dans le caractère plus ou moins efficace de leurs institutions. La mise en concurrence des systèmes publics peut les pousser à devenir plus performants et plus vertueux. Leur harmonisation serait peut-être profitable aux politiciens, mais pas aux citoyens contribuables.
La tribune du regroupement des indépendants:
Une bonne place politique est à prendre: la représentation des Français conservateurs
Le parti médiatique existe. Il est puissant. Mais il n'est pas tout puissant (1). Sans doute parce qu'il ne pourra jamais contrôler tous les médias(2). C'est ce que la vraie droite ferait bien de prendre en compte (3).
Tels sont les trois points que je vais essayer brièvement de d'exposer.
On est frappé, tous les jours, par l'entreprise permanente de bourrage de crânes dont les citoyens sont l'objet. Et même par son caractère concerté-II suffit de zapper entre 20 heures et 20 heures 30 et de passer du journal télévisé de TFI à celui de France 2 : mêmes informations, mêmes images, mêmes points de vue sur tout !...
Mais il est au moins autant remarquable que cette désinformation permanente n'obtienne que des succès très relatifs. Les Français sont toujours majoritairement opposés à la peine de mort, ils refusent par centaines de milliers de pétitionnaires le mariage'des homosexuels, ils veulent une diminution des impôts et moins d'interventions publiques. Et ils étaient même quatre millions et demi à voter pour JeanMarie Le Pen le 23 avril 1995 ! C'est dire que, chez nous, tous les grands médias coalisés ne suffisent pas à imposer un point de vue à l'opinion publique. .
Sans doute faut-il considérer que le bon sens existe et qu'une partie encore importante de l'opinion est parfaitement capable de décoder, et même de "traduire", pour les retourner, les opérations de désinformation auxquelles se livrent en permanence les médias, les journalistes, et la classe parlante, qui est le grand complice.
Mais une autre observation est à faire : même dans une société totalitaire il n'a jamais été possible de museler complètement l'opinion, ni même de l'empêcher de communiquer , car les médias ("média : tout support de diffusion de l'information") ne sont pas tous contrôlables !
Le bouche à oreille, les déjeuners et les dîners en ville, les comptoirs de bistrots, la correspondance et le téléphone seront encore pour longtemps des médias "libres". Et même de plus en plus redoutables et efficaces.
Au grand dam des politiciens, Internet demeure un média "libre". On a encore le droit de faire circuler par la poste des pétitions pour la réduction des dépenses publiques ("Contribuables Associés" en mettra cette année en circulation plus de deux millions) et même pour protester contre la pornographie à la télévision ("Avenir de la Culture" revendique, je crois, 300 000 adhérents !)
Loin de régresser, malgré le barrage médiatique, les idées conservatrices progressent, partout à travers le monde. Seules, elles peuvent en effet se prévaloir de l'expérience. Car elles ont été sélectionnées par la sagesse des générations qui se sont succédées et qui nous ont précédés. La famille,la libre entreprise, l'Etat-minimum, la stabilité des lois et la priorité à la sécurité des individus, de leurs personnes et de leurs biens, constituent sans doute cinq éléments d'un programme conservateur commun, C'est celui que le regroupement des indépendants devrait défendre.
Plus égaux que les autres
L'intelligence, dit-on, c'est l'art d'établir des rapports. A cette aune, on ne peut que juger sévèrement l'ensemble des médias français qui ont réussi à nous abreuver de détails sur l'accident d'anesthésie de M.Chevènement sans s'interroger jamais sur la politique de santé que ses amis socialistes et lui-même préconisent ou mènent depuis plusieurs décennies, tout comme, d'ailleurs, leurs clones du RPR et de l'UDF. Car enfin, tandis que la presse s'interroge à longueur de colonnes sur le fait de savoir si le ministre de la défense a bien subi toutes les visites et tous les tests préopératoires, et regrette qu'on n'ait pu le transporter aussitôt, en raison des nécessités de la réanimation, vers le service de radiologie afin d'évaluer, par scanner ou IRM, les éventuelles séquelles neurologiques provoquées par son long arrêt cardiaque, -elle se garde bien de se demander pourquoi tous les gouvernements s'acharnent contre les biologistes et les radiologues en particulier, et contre les professions de santé en général,afin de réduire le nombre de leurs actes. Je sais bien que les ministres sont d'une essence supérieure et que, si les Français sont égaux, certains sont plus égaux que les autres, mais je ne savais pas que la distance était si grande. Il est vrai que les dépenses à engager n'ont rien de commun. D'un côté, quelques dizaines de politiciens, de l'autre 58 millions d'assurés sociaux. Soigner les premiers dans les règles de l'art et selon les données actuelles de la science et des techniques ne risque pas de mettre en péril le budget de la Sécurité sociale. Mais si les seconds y prétendent tous aussi, c'est le déficit garanti. Nous voilà donc arrivés au point où le caractère soviétique de la société française éclate aux yeux : une nomenklatura qui a droit à tout, un peuple qui n'a que celui de se priver.
Le concert d'éloges qui a entouré M.Chevènement pendant son coma était digne, lui aussi, de La Pravda. L'amnésie des médias prouve d'ailleurs qu'ils sont également dans un état comateux, provoqué par les formidables doses d'idéologie de gauche qu'ils se sont forcés à ingérer depuis de longues années. S'ils n'étaient aussi lourdement drogués, ils se rappelleraient que M.Chevénement a été l'auteur principal des programmes socialistes sur la base desquels M.Mitterrand s'est fait élire en 1981 et qu'il a appliqués ensuite, plongeant la France dans une crise dont elle n'est, depuis, jamais parvenue à sortir.
Une vie démocratique digne de ce nom exige que le peuple ait ses porte-parole.
Pour équilibrer quelque peu la puissance des patriciens, les Romains inventèrent les tribuns de la plèbe. Les Français n'ont que le droit de se taire ou de grogner dans leur coin. C'est pour cela que leur colère, quand elle éclatera, mettra la paix civile en grand danger.
Nous allons vers une terrible crise des retraites. On a fait croire à nos compatriotes que le système par répartition leur garantissait une vieillesse heureuse. C'est tout le contraire qui se prépare. Dans quelques années, il y aura à peine plus d'un cotisant pour un retraité. Comment pourra-t-il à la fois assurer sa propre subsistance et celle de sa famille, épargner pour ses vieux jours et faire vivre un retraité ? Et pendant ce temps M.Jospin et ses amis matraquent l'assurance-vie, qui est la seule bouée de sauvetage dont disposent les Français face au naufrage qui vient.
Si M.Chevènement se rétablit - ce qu'on lui souhaite évidemment -, il n'aura pas ce souci. Il pourra cumuler sa retraite de député, de ministre, d'élu local et de haut fonctionnaire. Cela nous fait chaud au coeur de savoir qu'au moins les meilleurs d'entre nous sont à l'abri du besoin-Mais au risque de troubler leur sérénité et leur bonheur, on se permettra une simple question : pensent-ils vraiment pouvoir garder tant de privilèges quand les retraités ordinaires seront dans la misère ?