N°188 - 25 septembre 1998
1. Élections partielle de Toulon: quand les média balisent.
Alain Dumait
2. Les élus se subventionnent eux-mêmes
François Kann
3. Le capitalisme marche, à condition de bien s'en servir
Bernard Piard
4. Pour ses adversaires Clinton est un escroc
F.L
5. La Sécu ficelle médecins et malades
Dr François Epineuze
6. Des moeurs rudes, mais saines
La chronique de Claude Reichman
Élections partielle de Toulon: Quand les média balisent. 

Les médias savent très bien que le matraquage
médiatique anti-FN, qu'ils pratiquent consciencieusement et quotidiennement depuis prés de quinze ans, a pour effet direct de faire progresser, et non pas régresser, le parti de Jean-Marie Le Pen. La classe médiatico-gauchiste a pour seul objectif de faire battre la droite, et de border le lit douillet de la gauche.

Il suffit, pour s'en convaincre objectivement, d'examiner attentivement la façon dont les médias ont rendu compte, jusqu'à présent, de la campagne pour l'élection législative partielle de Toulon, dont le premier tour s'est déroulé dimanche dernier, et dont le deuxième tour, décisif, ce dimanche, va sans doute se jouer à quelques dizaines de voix prés.
L'issue est incertaine. Le candidat RPR de l'Alliance 
a fait nettement moins bien que son prédécesseur UDF il y a cinq mois l'écart, en voix, entre Mme Le Chevallier, FN, toujours en tête, et Mme Casanova, PS (invalidée par la faute de Karl Zéro et de Canal + ...) a été divisé par trois. Tout dépendra donc de la mobilisation des abstentionnistes, et du report des voix de M. Bayle sur l'une ou l'autre des 
protagonistes encore en lice.

Si le tintamarre anti-* FN lancinant et habituel était susceptible d'arracher quelques voix à Mme Le 
Chevallier, il aurait sans aucun doute été 
remis en marche dés dimanche soir. Les "unes" des grands quotidiens auraient rivalisé avec les émissions-spéciales TV
Or il s'est passé exactement l'inverse.
Quatre lignes en page huit du journal "Le Monde" paru mardi après-midi, pour annoncer que l'Alliance n'avait pas encore pris position. Et quelques secondes seulement dans le journal de PPDA sur TF1, pour indiquer que l'Alliance "ne donnerait aucune consigne de vote".
Aucun "reportage", aucun papier en page deux du Figaro, aucune libre opinion dans les pages du "Monde". La presse balise, pédale douce sur le FN à Toulon ! L'objectif est clair : démobiliser les hésitants de droite et tabler sur le parti en pleine progression des abstentionnistes.
Au moment où nous écrivons ces lignes on attendait toujours les prises de position des Madelin, Millon, Pasqua et autres de Villiers. Leur silence, s'il devait persister jusqu'à la veille du scrutin du 27 septembre, vaudrait complicité avec la fausse droite. C'est à dire avec la gauche socialo-communiste. 



Alain Dumait

On n'est jamais aussi bien "entraidé" que par soi-même !

J'ai un vice secret. Le soir, dans mon bain, j'étudie les budgets publics, comme d'autres lisent le journal. Comptes administratifs des communes, du département, des établissements publics et j'en passe.

Quand on a un peu l'habitude, c'est fascinant. C'est fascinant d'abord de voir comment tous ces comptes sont présentés pour qu'on n'y comprenne rien. L'association amicale des
anciens joueurs d'harmonium de l'Essonne touche-t-elle des subventions de la commune, du département, de l'Europe peut-être ? Allez savoir ! Il faut être auditeur de la Cour des
Comptes pour s'y retrouver, et encore...

De temps en temps, je tombe sur une perle. je vous en livre une, exceptionnelle. 
Hier soir, lecture du budget du Conseil général, année 1997. Page 5, je vois : subvention de 250 000 francs à «l'Association d'Entraide des Conseillers Généraux d'Ile-de-France »
(A.E.C.G.R.I.F pour les intimes). Mon instinct me pousse à regarder dans les annexes p.335, le compte de résultat de l'association. Là, je vois que l'A.E.C.G.R.I.F touche 5.720.407 francs de subventions en 1995 !

Ce matin, pour en savoir plus, je passe un coup
de fil à l'association. Ces subventions, votées

par les Conseils Généraux, alimentent un compte destiné à verser une pension aux mêmes Conseillers généraux en fin de mandat.
On n'est jamais aussi bien "entraidé" que par soi-même.

En clair, voilà encore une nouvelle façon de se servir de l'argent des contribuables pour se servir soi-même.

Renseignements pris, un texte de loi récent aurait interdit de nouvelles associations d'entraide de ce genre, mais n'empêcherait pas celles qui existent de continuer à se voter des subventions ! je n'ai pas pu en savoir plus pour
l'instant. Suite au prochain numéro.

Je vous propose une petite morale pour cette histoire :

Nous autres contribuables taxables et corvéables à merci, n'avons nous pas une part de responsabilité dans tout ça ?

Après tout, on a les élus qu'on mérite. C'est parce que les citoyens les laissent faire qu'on arrive à ce genre d'aberrations.

François Kann, Délégué général de
l'Association des Contribuables de l'Essonne
(315 square des Champs-Élysées
9 1 02 6 . Évry Cedex )

Défense du capitalisme

Le capitalisme est le seul système capable d'assurer un progrès économique durable, ce qui a amplement été démontré depuis ses origines.

Dans un cadre juridique stable, assurant la liberté des initiatives individuelles (avec sa nécessaire contrepartie, la responsabilité des personnes), les capacités d'invention des
hommes, ajoutées à leur désir naturel d'améliorer sans cesse 
leurs conditions d'existence - pour eux-mêmes ou pour leurs descendants - aboutissent spontanément au processus universel de la création des richesses, résumé par la trilogie : épargne, investissements et profits.

Chacun des termes employés ci-dessus est également important : aussi bien la stabilité du cadre juridique, la libre concurrence entre les initiatives (qui suppose la loyauté et la transparence) la responsabilité individuelle des personnes, la perspective de profits les plus élevés possibles pour que l'épargne se transforme effectivement en investissements.

C'est ce qu'il convient de conserver à l'esprit quand on évoque les secousses financières qui agitent les marchés et les économies d'un grand nombre de pays, et si l'on veut parler sérieusement aussi bien du Japon, que de la Chine ou de la Russie.

Quel que soit l'exemple retenu, on est obligé de conclure qu'il n'y a pas de crise du capitalisme, mais application incomplète, et souvent très partielle, de la recette du capitalisme, qui forme un tout, ne pouvant être saucissonné, au gré des bonnes volontés, des ex-communistes

en Russie, des fonctionnaires tous puissants au japon, des privilégiés du parti unique en Chine. 

. Les japonais ont toutes sortes de qualité. Ils épargnent comme des fourmis, comme aurait dit Édith Cresson. Mais leur épargne est volée par des banques qui dilapident leur argent et par des groupes industriels qui s'aventurent
dans des opérations hasardeuses, dissimulées dans leur
bilan
. Les Russes ont supporté beaucoup de privations depuis sept ans et la chute du communisme. le rétablissement de la 
liberté des prix, des changes et de la libre circulation des capitaux s'est plutôt bien passé.
Mais les anciens du PCUS, du KGB et de l'Armée rouge ont littéralement volé, parfois les armes à la main, tous les actifs économiques dont la mobilisation était la condition nécessaire du redressement. Ce ne sont pas les réformes qui ont échoué. Une bande d'assassins s'est transformée en meute de voleurs...

. La Chine pourrait se développer deux fois plus vite : en acceptant le droit de propriété et toutes ses conséquences individuelles, juridiques et collectives.

Les prétendus échecs du libéralisme ou du capitalisme, ne sont rien d'autre que les conséquences des entraves mises à l'épanouissement de leurs bienfaits. Y compris dans les pays
industriels développés d'Europe, et même aux États-Unis.

Les sautes de Wall Street sont par exemple de la responsabilité du principal monopole qui demeure légal là-bas, celui de l'émission de la monnaie...

Bernard Piard

Les mensonges de Clinton ne se limitent pas à ses frasques sexuelles

L'attention des médias a été presque entièrement focalisée sur l'affaire Lewinsky et ses détails scabreux, faisant oublier que le fond de l'affaire Clinton n'est pas dans ses affaires sexuelles mais dans ses trahisons répétées, et des lois de son pays et des responsabilités qui sont les siennes.

L'affaire Lewinsky est le maillon le plus faible, celui où Clinton n'a pas réussi à cacher ou détruire la vérité ; mais n'oublions pas que le procureur Starr a été d'abord désigné pour savoir comment les Clinton, Hillary en tête, avaient bénéficié de prêts frauduleux ayant abouti à la faillite d'une banque hypothécaire.

Le dédain total des lois a continué avec l'utilisation par la Maison Blanche de milliers de fiches individuelles confidentielles réunies par le FBI, l'affaire du "Travelgate", pour se conclure récemment sur la collecte de fonds par le
Président et le vice-président utilisant la Maison Blanche comme hôtel de passe pour recevoir des milliers de donateurs, dont beaucoup financés par des fonds chinois.

Une nouvelle enquête est en cours pour déterminer en particulier si ces fonds, qui ont permis

à Clinton de se faire réélire, n'ont pas été obtenus en laissant communiquer à la Chine des secrets militaires.

L'affaire Clinton, ce n'est pas une affaire sexuelle ; c'est la révolte d'un pays qui découvre qu'il a élu à sa tête ce qu'il faut bien appeler un escroc.

L'on peut regretter qu'une telle révolte n'ait pas eu lieu en France où le comportement des hommes politiques au plus haut niveau, dans les vingt-cinq dernières années, a témoigné d'une totale immoralité, que ce soit au plan personnel, mais aussi, cela va de pair, au plan de la gestion de l'intérêt de la nation, ce qui explique pourquoi notre pays est tombé si bas.

De Gaulle avait non seulement une grande exigence morale pour son pays, mais aussi pour lui-même.

Les Américains restent un peuple qui attend de ses dirigeants les mêmes principes et sont encore prêts à se rebeller ils sont bafoués.

 

De notre correspondant aux USA, F.L

Maîtriser les dépenses de santé, fort bien.
Fliquer les médecins et les malades, c'est du totalitarisme !

Contrairement à ce que la Sécu, l'Ordre des médecins et même les médias, veulent nous faire avaler, le carnet de santé n'est pas un moyen de mieux savoir ce que d'éventuels confrères auraient diagnostiqué et prescrit chez des patients qui viennent nous consulter, mais il permet une surveillance policière, sur la façon dont les malades veulent se soigner
mais aussi et surtout sur l'activité des médecins. La Sécu s'octroie bien évidemment le droit d'interdire certains choix médicaux, officiellement pour limiter la consommation médicale, en vérité pour pouvoir empêcher l'accès à certaines méthodes thérapeutiques "indésirables"
pratiquées par des confrères non alignés.
Le danger est bien plus réel qu'il n'y paraît, il suffit de voir ce que pensent les caisses primaires de toute forme de médecine alternative.
Certaines CPAM de province n'ont pas hésité, en 1997, à affirmer que l'homéopathie et même la mésothérapie étaient des méthodes de traitement n'ayant aucun caractère d'efficacité et que le fait d'y recourir, ne pouvant aboutir à
aucun résultat, était totalement injustifié.
Conséquence : des médecin pratiquant de tels actes ont été poursuivis et condamnés à une interdiction d'exercer par le Conseil de l'Ordre des médecins pour abus d'actes !
Comme il y a collusion totale entre industrie pharmaceutique, Sécu et Conseil de l'Ordre, le médecin se voit automatiquement condamné à chaque fois.
En même temps qu'apparaissait le carnet de santé, étaient mises en place les RMO (Références Médicales Opposables).
Il s'agit de l'application décidée unilatéralement par la Sécu d'un cadre de prescription obligatoire et dont le non-respect entraîne automatiquement (sans passer par aucune structure juridique) des sanctions contre les médecins rebelles. En effet, la Sécu a décrété, à coup de statistiques, qu'il fallait soigner toutes les maladies d'une certaine façon et pas d'une autre, elle interdit ainsi par ce système toute initiative 

personnelle du médecin, jusqu'au choix même des médicaments !

En attendant, la mise en place au mois de septembre de la carte Sésam Vitale va permettre de mieux "surveiller" encore l'ensemble du corps médical.
Donc, pour résumer et clarifier la situation, il y a maintenant un certain nombre de médicaments admis pour soigner, car choisis unilatéralement par les caisses (on peut en obtenir la
liste auprès d'elles). 

Quant aux autres, ceux qui ne font pas partie du club privilégié des élus, et leur présence dans les ordonnances est pour l'instant seulement tolérée, en attendant qu'ils soient interdits ou tout simplement non remboursés.

Pour mieux faire comprendre mon propos, je vais l'illustrer avec un exemple : le traitement de l'angine.
Dorénavant, on ne pourra plus prescrire que 3 médicaments au maximum dans cette affection de la gorge : 1 antibiotique + 1 anti-inflammatoire + 1 antipyrétique (médicament agissant contre la fièvre). Comme on peut le constater,
c'est déjà une totale atteinte à la liberté du choix dans la prescription. Mais ça n'est pas tout : la Sécu impose, pour chacune des familles de ces médicaments, une liste que chaque médecin prescripteur doit respecter, sinon il est
immédiatement traduit devant le fameux conseil de l'ordre, qui peut aller jusqu'à la radiation, c'est-à-dire l'interdiction définitive d'exercer son métier de médecin. On comprend très vite que, devant le risque de sanction, les médecins n'osent pas lutter contre ce diktat. Les mêmes principes sont appliqués aux examens biologiques, radiographies, échographies, etc...
Ainsi, comme on le voit, je l'espère, dans ma démonstration, la Sécu, progressivement, aidée par le Conseil de l'ordre, met sournoisement en place un système de verrouillage des soins avec la même efficacité qu'une pieuvre. Le but véridique est donc très différent de celui qui est avoué !

Par le Docteur François Epineuze , phlébologue, homéopathe

Des mœurs rudes, mais saines

La presse française de gauche - autrement dit la presse - a pris fait et cause pour le président Clinton. Elle commet une
double erreur. La première est de croire que son opinion a de l'importance : aucun de nos éditorialistes n'a la moindre notoriété aux États-Unis.

La seconde est de raisonner comme si les événements se déroulaient en  France. Les Américains n'ont jamais eu de
roi. Pour eux, le président est un homme comme les autres, qui doit respecter les lois.
Prêtant serment sur la Bible, il ne doit pas commettre de parjure. Or c'est ce qu'a fait M. Clinton devant la justice-Tout le reste n'est que le déroulement d'une procédure certes exceptionnelle, mais logique dans une
société qualifiée à juste titre de "contentieuse", parce qu'on s'y fait des procès à tout sujet. Ces procès n'ont d'ailleurs pas d'autre but que de rapporter de l'argent, et ce ressort est loin d'être absent dans l'affaire Clinton.

La sanction judiciaire du harcèlement sexuel est une idée de gauche aux États-Unis. Elle forme un des piliers essentiels du "politique
ment correct', que l'on devrait plutôt appeler le "politiquement conforme", puisque c'est le sens véritable de l'expression. M.Clinton a été porté au pouvoir par les
milieux qui voulaient défendre les droits des femmes en les assimilant à ceux des minorités ethniques et homosexuelles. Ce sont donc ses propres amis qui ont donné à ses
adversaires les armes qu'ils utilisent aujourd'hui contre lui. Et en dépit du côté minable et écœurant de cette affaire, elle témoigne non pas d'on ne sait quelle "hystérie puritaine", comme veut le faire croire la presse française, mais bien au contraire de la santé et de la force de la démocratie américaine.
Les citoyens des États-Unis éprouvent une solide défiance à l'égard du pouvoir central.

Ce qui l'affaiblit ne leur apparaît pas du tout comme une catastrophe, mais plutôt comme un événement heureux.

 Et les journalistes américains n'ont nullement l'impression de
nuire à leur pays quand ils interrogent sans ménagement le président sur ses frasques sexuelles, fût-ce à l'occasion d'une rencontre internationale. Si M. Clinton finit par devoir
démissionner, le vice-président Gore prendra aussitôt sa place, et ni les États-Unis ni le monde ne cesseront de tourner. Le nouveau président et ses successeurs veilleront à se comporter convenablement, et l'affaire aura servi de leçon à tout le monde.

On aurait tort de se concentrer sur le déballage sexuel qui est au cœur du scandale Clinton. Richard Nixon fut contraint de quitter ses fonctions pour avoir menti à l'occasion d'une affaire tout aussi minable d'espionnage politique, et ce qu'on appelle ici le "climat de lynchage" avait été le même. En
réalité, la presse et les hommes politiques américains, loin de lyncher quiconque, font tout simplement leur travail.
A l'opposé de ces mœurs rudes, mais saines, les politiciens et les journalistes français forment une société de connivence. Le peuple ne doit savoir que ce qu'on veut bien lui apprendre, c'est-à-dire rien. Le mensonge et la dissimulation sont devenues des vertus, et les puissants qui les pratiquent s'imaginent qu'ils pourront tromper tout le monde tout le temps. Les sondages semblent leur donner
raison, qui mettent M. Chirac et M. Jospin au pinacle de la popularité. Mais le moment vient toujours où "les terrifiants pépins de la réalité", comme l'écrivait Prévert, finissent 
par vous rester en travers de la gorge. Nul alors ne se souciera plus des indices satisfaits de naguère, et les puissants passeront de la superbe à la peur. Le propre des régimes fondés sur le mépris du peuple est de devoir
toujours douter de leur pérennité. La France en est à sa cinquième république, et celle-ci est à l'évidence sur ses fins. Plutôt que de se pencher avec dégoût et commisération sur
les mœurs publiques américaines, nos politiciens, nos plumitifs et nos bavasseurs feraient mieux d'en adopter la franchise et la vigueur.
A vrai dire, c'est trop leur demander.

Claude Reichman