Chirac : résolument au service de la gauche !
Un homme politique digne de ce nom devrait être à la fois porteur d'une forte conviction et doté d'un réalisme à toute épreuve. Cette conjonction est évidemment exceptionnelle et ne se retrouve, totalement ou partiellement, que chez les véritables hommes d'État.
Personne, même parmi ses amis, n'a jamais prétendu que Jacques Chirac brillât par le feu de ses convictions. On serait même bien en peine de signaler une seule certitude politique à laquelle, depuis trente ans, il aurait été fidèle, si ce n'est, quand même, une propension constante et indiscutable, à écouter plus attentivement ses adversaires que ses amis ou alliés. C'est ce que plusieurs observateurs ont appelé son côté " corrézien "," radical socialiste "," héritier du père Queuille "...
Comme beaucoup d'autres politiciens, il pourrait se rattraper sur le terrain du réalisme. Comme François Mitterrand, son prédécesseur et son maître, dont l'anticommunisme ne l'empêchait pas d'être l'inventeur et le promoteur de l'Union de la gauche, Jacques Chirac aurait pu se fixer comme objectif de faire gagner son camp.
Certains observateurs, des électeurs de la droite RPR-UDF ont peut-être pu penser, de bonne foi (?), que couper tous les ponts avec le Front national était une bonne façon d'assurer la promotion de ce qui est aujourd'hui devenu l'Alliance.
Mais un simple coup d'oeil aux résultats des douze dernières élections partielles démontre, s'il en était besoin, exactement le contraire (voir page 1).
Jacques Chirac a pris le risque grave d'engager le pays sur le terrain de la guerre civile. Ni le Front national, ni Millon, ni qui que ce soit refusant cette diabolisation n'est aujourd'hui épargné par cette nouvelle inquisition. Demain ce sera au tour de Madelin. Et même d'élus RPR qui seront accusés de tiédeur..
J'étais, samedi dernier à Aix-en-Provence pour la quatorzième université du Club de l'Horloge. , Depuis le début de la semaine, les murs de la ville étaient couverts d'affiches appelant à la manifestation contre " l'extrême-droite ". La veille à Arles, une " fête antifasciste " avait été organisé par Ras.l'front. A Nîmes,la présence, huit jours plut tôt, de Jean-Marie Le Pen avec quelques uns de ses conseillers régionaux, a déclenché une trise politique locale...
On a vu certains hommes politiques s'engager dans des voies funestes pour leur pays pour le seul motif qu'ils espéraient en tirer des avantages personnels immédiats.
Notre actuel Président de laRépublique n'a même pas cette excuse. Sauf à considérer sa cohabitation grotesque avec Lionel Jospin comme une partie personnelle de plaisir...
Elections partielles : l'Alliance en chute libre
Dimanche dernier au second tour le canton de Rambervilliers, dans les Vosges, est tombé à gauche. Pourtant, au premier tour, l'ensemble des six candidats de droite avaient totalisé plus de 66 % des suffrages, les cinq candidats divers droite (sans le FN), totalisant à eux séuls 56 % des voix.
Un tel " accident " incite à examiner l'ensemble des élections partielles qui se sont déroulées depuis la rentrée de septembre.
Douze consultations partielles, législatives ou cantonales, ont eu lieu depuis deux mois, La droite parlementaire qui détenait sept de ces sièges n'en a plus que trois, tandis que la gauche plurielle passe de cinq à neuf.
Ce bilan serait encore plus catastrophique si, à Dunkerque, le candidat de Démocratie Libérale (DL) ne l'avait emporté de justesse, d'une part grâce à des dissensions locales au sein du PS, mais surtout grâce à un excellent report sur son nom au deuxième tour des voix du Front National, à la suite des consignes officielles de ce parti.
Pourtant, traditionnellement, les élections partielles voient plutôt les partis au pouvoir enregistrer de mauvais résultats. Mais, globalement, et massivement, c'est actuellement l'inverse...
Non seulement l'Alliance perd des sièges, mais les scores qu'elle enregistre sont en forte baisse. Du coup, alors que dans les douze circonscriptions soumises à renouvellement l'Alliance avait douze fois sur douze accédé au deuxième tour, en 1998 elle n'y est parvenue que six fois, tandis que le Front National réussissait, lui, à être présent quatre fois sur douze, deux divers-droite, en froid avec l'Alliance, parvenant également à franchir la barre du premier tour Si on y ajoute une abstention massive, plus importante que celle que l'on note habituellement dans des élections partielles, on est obligé de constater que l'Alliance fait l'objet, de la part des électeurs de la droite, d'un rejet nettement marqué.
A l'inverse, sans progresser de façon significative, l'électorat du FN se structure et se consolide partout. Les législatives partielles de Dunkerque et d'Aubagne indiquent qu'il observe les consignes tendant à faire voter au deuxième tour pour un candidat de l'Alliance-Tandis que les deux élections partielles de Toulon démontre qu'en l'absence de consigne explicite, les électeurs de l'Alliance sont peu nombreux à renvoyer l'ascenseur...
De cette analyse on peut conclure que les électeurs de la droite radicalisent leurs votes. lls préfèrent voter Front National ou s'abstenir que d'apporter leur voix à l'Alliance. Les trois élections législatives partielles du mois prochain, ainsi qu'une élection cantonale en llle-et.Vilaine (où la majorité départementale tient actuellement à une voix...) permettront bientôt d'affiner cette analyse.
Philippe Paty
Entente à Droite : un programme minimum suffit !
Le système politique fronçais est gravement malade. Le peuple Se détourne des urnes, tandis que l'intolérance et l'invective remplacent le débat démocratique.
A la veille du premier choc pétrolier la France n'avait ni déficit ni dette. Depuis cette date, le RPR et l'UDF d'une part les socialo-communistes, d'autre part se sont succédé au pouvoir. lls ont enfoncé le pays dans une crise économique et morale grave, sans jamais parvenir à résoudre aucun des problèmes du pays. Leur échec a une cause unique : ils ont fait la même politique, fondée 1) sur des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires sans cesse augmentés, 2) sur une redistribution généralisée (qui a transformé en assistés un nombre croissant de Français et découragé le travail et linitiative), 3) sur un laxisme irresponsable en matière d'immigration et de sécurité, Continuer dans cette voie conduit la France à l'explosion sociale et à la guerre civile.
Il est plus que temps d'offrir un autre choix à nos compatriotes.
Le clivage dmite/gauche, qui permet l'alternance dans la clarté, est le garant du bon fonctionnement de nos institutions.
Et puisque la fausse droite fait le lit de la gauche, il faut d'une part que la vraie dmite se rassemble, d'autre part qu'elle engage un dialogue public avec le Front National, en vue de constituer une alternative de gouvernement Nous proposons à tous ceux qui se réclament de la droite libérale une plate-forme politique en quatre points :
- diminution vigoureuse des dépenses publiques et sociales et baisse concomitante des prélèvements obligatoires ;
-suppression des entraves administratives à la création d'emplois ;
-rétablissement de la sécurité, notamment dans les banlieues et dans les établissements scolaires.
-Forte réduction de l'immigration, en refusant toute xénophobie et dans le strict respect des droits de la personne.
Nous invitons les Françaises et les Français qui sont favorables à ces propositions et à l'entente à droite sans exclusive à signer ce manifeste".
Ce Manifeste, présenté, dans ces colonnes, le 17 avril dernier, par Claude Reichman et Alain Dumait, débattu à l'occasion de la première Convention nationale " Pour l'Entente à droite " le 6 juin dernier a suscité un accueil enthousiaste. Plus de 3 000 personnes à ce jour l'ont signé. Et vous êtes nombreux à nous faire parvenir des listes d'amis susceptibles de s'associer à cette démarche...
Si l'on met à part les adversaires d'une telle stratégie (ils sont peu nombreux à s'exprimer dans notre courrier des lecteurs, mais il y en a quand même quelques uns...), une seule critique de fond nous a été adressée. Ce texte indique que "la vraie Droite " doit se rassembler. Fort bien ! Mais il ajoute qu'elle doit ensuite engager " un dialogue public avec le Front National en vue de constituer une alternative de gouvernement ". Ce qui laisserait penser que le Front National ne ferait pas partie de la " vraie droite ", Ce qui n'est certainement pas dans l'esprit des auteurs de ce texte. C'est donc un point qui pourrait faire l'objet d'une petite modification...
Ce texte comporte également, in fine, quatre propositions à caractère programmatique. Nous pensons en effet que toute la droite - la droite libérale comme la droite nationale, puisque c'est ainsi que se dénomme souvent, lui-même, le FN
- est susceptible d'accepter ces grandes orientations,
Vous êtes nombreux à nous presser d'aller audelà. A souhaiter que rapidement un programme détaillé de gouvernement soit établi.
Outre le fait qu'il s'agit-là de àqesponsabilité naturelle des partis politiques, ce que l'Entente à droite n'entend pas être, il n'est pas certain que ce soit une bonne idée. ..
En effet, l'Entente à droite ne peut proipérer qu'à la condition d'accepter les différentes de point de vue et même les divergences philosophiques pouvant exister en son sein.
Car - comme le proclame d'ailleurs le Manifeste - le clivage droite-gauche est d'un ordre supérieur à toutes les autres distinctions politiques.
C'est ce que François Mitterrand avait parfaitement compris pour la gauche. Le programme "commun" ne l'était que partiellement. Et il a rapidement volé en éclats. Mais l'union de la gauche plurielle dure encore...
LEntente à droite doit reposer sur un programme minimum.Aller plus loin, et prétendre gommer de naturelles et honorables différences, serait tout simplement une erreur .Doublée d'une faute politique.
jean Rouxel
Juste après la Libération, un certain Mounier (Emmanuel), apôtre du néo-catoliscime Social, relançait Sa, croisade "personnaliste communautaire" , inaugurée avant.guerre dans une violente dénonciation de la " démocratie heurgeoise" qui devait le mettre en Sympathie avec les premiers temps de la Révolution Nationale pétainiste, mais pour être toujours aussi virulents, l'anti.individualisme et l'anti.libéralisme effrénés propres à ce mouvement Esprit se découvraient désormais en cohérence avec le nouveau Sens de l'Histoire révélé par le communisme (quoi de plus "communautaire", en effet)...
Cinquante ans plus tard, Charles Millon nous refait le coup : au nom du même "personnalisme", accompagné de la même référence communautarienne, le voici qui pourfend le maudit individualisme. Mais avec une innovation idéologique appelée à faire date : tout ceci serait d'inspiration...libérale. Quel sens véritable cela peut.il avoir de répudier l'individualisme pour lui substituer le personnalisme, et est.il bien sérieux d'accorder celui.ci au libéralisme. Une nouvelle fois, remettons le métier sur l'ouvrage de la clarification sémantique et de la rigueur la plus élémentaire.
Nul, dans la vie courante, ne confond une voiture individuelle en général et sa voiture personnelle en particulier. Ni un ordinateur individuel (voir le magazine du même nom) et son ordinateur personnel. On parle de " maison individuelle ", d'entrepreneur " individuel ", d'individualisation des salaires ou de l'éducation - et nul ne s'y trompe : cela souligne à chaque fois que ce n'est pas collectif (ou collectivisé) et que c'est "à chacun le sien". L'individuel renvoie aussi à un usage séparé, qui garantit l'autonomie de décision et l'indépendance d'action d'un particulier. Mais il va de soi que ce dont on use a été le plus souvent obtenu par échange de services avec d'autres partenaires - et qu'on n'est pas forcément seul dans une maison ou une voiture individuelles...
Sous l'individuel, il y a bien sûr l'individu : l'unité humaine irréductible, la seule réalité humainement capable de penser et de s'autodéterminer - à partir de laquelle se compose et s'organise la société. Sur le plan de la philosophie politique et de l'éthique sociale, l'individualisme n'est en conséquence pas autre chose que ce courant de pensée vieux de deux siècles qui, contre le collectivisme tribal ou étatique, proclame la primauté de l'individu comme source de valeur et fin de soi, reconnait la légitimité de son aspiration à l'indépendance et à la responsabilité.., individuelles et privilégie le respect du droit naturel de propriété de chacun sur soi et ses oeuvres. Toutes choses nécessaires à l'accomplissement humain de soi, mais aussi à une fructueuse coopération interindividuelle (on coopère d'autant mieux qu'on est assuré de soi et d'être respecté dans ses droits) et qui n'ont rien de trivialement égoïste ou d'asocial (c'est le sens dégénéré et péjoratif du terme d'individualisme . cf. les dictionnaires .répandu par les collectivistes et le seul, bizarrement, que retient Charles Millon...).
Dans ces conditions, que peut-il échoir à la "personne", dont l'étymologie latine éclaire le vrai sens : le masque, ce qui cache le plus intime de soi ? Eh bien justement un rôle essentiel et même existentiellement capital : elle désigne la dimension privée, subjective, intérieure de l'individu sa conscience de soi. Mais cette face cachée est par définition socialement insaisissable et inorganisable, au contraire de ce que prétendent les idéologues personnalistes qui associent arbitrairement personne et communauté. Dire, "c'est personnel" signifie bel et bien, dans la langue qui n'est pas de bois, mais celle de tous les jours, que ça ne regarde pas les autres, que ça me concerne en propre (une chambre "personnelle "), que je m'approprie quelque chose en l'adaptant à ma singularité (on peut "personnaliser" un bien individuel...).
Ainsi libéré de sa camisole communautariste, le vrai personnalisme pourrait valoriser ce souci de l'intégrité de soi - et utilement affiner, compléter, parachever l'individualisme qui l'engloberait. Car si, sans l'individu, la personne est nue et exposée aux invasions du social, sans la personne, l'individu risque de sonner un peu trop le creux et l'interchangeable,,,. Comme disait Marx
(Groucho, pas l'autre !), un enfant de cinq ans pourrait (presque) comprendre ça. Ce qui mettrait fin à une querelle oiseuse et dépassée.
En préférant au contraire s'engager dans la voie perverse de l'anti-individualisme, les actuels partisans du néo-personnalisme (Millon, mais aussi... Bayrou et Delors : tiens, tiens ! ! !) renforcent le camp collectiviste (Bourdieu, Laguiller, Hue, Aubry : belle compagnie !), qui a toujours fait de l'indépendance individuelle sa cible favorite. Pour mieux atteindre et détruire la solution libérale.
En effet, comme l'ont bien vu Bastiai Hayek, Popper et Revel, le libéralismi a foncièrement partie liée avec l'indi vidualisme : il repose sur lui et est le vecteur le plus efficace de sa généralisation dans l'ordre politico-écono mique et sociétal. C'est pourquoi on parle couramment d'individualisme libéral - et non... de personnalism libéral (de même qu'on parle d'individualisme "démocratique" ou "méthodologique" - et bien sûr jamais d personnalisme ainsi qualifié). Si toi individualisme n'est pas forcémer libéral (il peut être également aristocratique ou anarcho-libertaire),1 libéralisme est nécessairement indiv dualiste : ce qui assure le mieux le déploiement de la logique sociale de la liberté.., individuelle.
Personne ( !) n'est obligé de se proclamer libéral. Mais si on le fait (bravo !), que ce soit avec cohérence en sachant de quoi on parle, sans se fourvoyer dans une guéguérre stérile mettant en cause le sens même de ce qu'on prétend défendre. Et en disant adieu à Mounier...
Il ne faut pas confondre acte libre et acte contraint
Interrogé par Alain Laurent pour le dernier numéro de "la Source vive " (bulletin de la French Ayn Rand Society, disponible sur simple demande, NDLR), Pascal Salin - sans doute l'un de nos meilleurs économistes -
souligne que c'est en lisant les ouvrages d'Ayn Rand qu'il a pris pleinement conscience de l'opposition qu'il y a entre un " acte libre " et un " acte contraint ".
Or, cette distinction est à peu toujours absente des raisonnements économiques, comme d'ailleurs des réflexions politiques, justement parce celles-ci s'appuient la plupart du temps sur des raisonnements macro-économiques.
lllustrons cette considération de quelques exemples.
- l'un des arguments des défenseurs de la retraite par répartition réside dans le fait que les retraites sont forcément toujours payées par des prélèvements sur les revenus de personnes physiques, et peu importe disent-ils la nature de ces revenus (cotisations sur les salaires ou affectations de revenus de capitaux), peu importe qu'il y ait eu ou non épargne préalable. La différence serait purement d'ordre " chronologique ".
Le raisonnement peut se défendre du point de vue macro-économique. Mais il fait fi de la distinction acte librelacte contraint, qui fait évidemment toute la différence. Dans le premier cas, la constitution d'une épargne en vue de la retraite relève de la responsabilité individuelle, dans l'autre cas, il s'agit d'un droit social que l'on exige de la collectivité. Dans le premier cas, on est dans un système de liberté. Dans le second cas, on est dans un processus totalitaire.
- Le même raisonnement était souvent utilisé par Michel Rocard quand il était Premier Ministre. Il disait : " ajoutez aux prélévements ' publics obligatoires des Allemands les sommes que ceux-ci versent au titre de leurs assurances et vous retrouverez à peu prés le niveau français des prélèvements publics obligatoires ".
Pousser à l'extrême un tel raisonnement revient à mettre sur le même plan dépense publique et dépense privée, système d'économie de marché et système collectiviste.
Et c'est d'ailleurs ce que les économistes offciels ont longtemps fait à l'égard de l'URSS. On comparait des taux de croissance, des investissements, des crédits publics, comme si les mêmes sommes d'argent étaient aussi efficacement utilisées par des entrepreneurs libres ou par des bureaucrates d'un capitalisme d'Etat...
Pourtant, des études détaillées démontrent que le capital est plus ou moins productif de richesse selon les caractéristiques des systèmes économiques au sein desquels il prend place, Ce qui veut dire, inversement, qu'il faudra infiniment moins de capital pour produire la même quantité de richesse aux Etats-Unis qu'en Russie ou en Chine.
La liberté est une valeur en soi. C'est aussi le préalable à l'efficacité, Même si, de toute éternité, les partisans des systèmes totalitaires ont évidemment prétendu le contraire. L'invariant macro-économique, cher aux économistes stipendiés qui les servent, n'a jamais existé.
Alain Foucart
Immigration: le paradoxe français
la grève des transports de banlieue en Îlede-France, éclaire lumineusement la situation paradoxale et inextricable dans laquelle la France s'est placée, en raison d'une politique d'immigration inconsidérée et irresponsable. Il serait possible de l'illustrer par ce que l'on pourrait appeler le "syndrome des chauffeurs de bus", et le "paradoxe de M. Jospin".
Le "syndrome des chauffeurs de bus" se décrit ainsi. Les chauffeurs de bus reçoivent des pierres lancées, la plupart du temps, par des "jeunes", c'est-à-dire, en bon français, par des enfants d'immigrés. lls font donc grève, très légitimement, pour protester contre ces mauvais traitements. Mais ces mêmes chauffeurs de bus votent majoritairement socialiste, syndicalisme oblige. Le gouvernement socialiste fait donc venir davantage d'immigrés, humanitarisme oblige. Lesquels ont des enfants qui lancent encore plus de pierres sur les chauffeurs de bus. Lesquels se mettent à nouveau en grève...Et on est reparti pour un tour.
Le "paradoxe de M. Jospin" observe la même logique sinueuse. Les "jeunes" agressent les employés des transports publics. Dès lors, M. Jospin assigne quelques 200 C.R.S. dans les transports publics, pour assurer la sécurité des voyageurs et des conducteurs. Mais, dans le même temps, M. Jospin régularise quelques 150 000 " sans papiers ". Lesquels ont très légitimement des enfants. Qui pourrait le leur reprocher ? Lesquels agresseront de plus belle les employés du métro ou de la SNCF Ce qui conduira M. Jospin à mettre davantage de C.R.S. dans les transports parisiens. Et cela à l'infini. Avec cependant une limite matérielle.
Car il n'est guère concevable de mettre un C.R.S. derrière chaque employé des transports en commun.
La situation ainsi créée est sans issue. Car selon un récent colloque organisé sous l'égide de l'Institut, la France compte désormais plus de 7 millions d'immigrés ou de fils d'immigrés.
Dans l'Île-de-France seule, plus du tiers des jeunes de moins de 18 ans sont des fils d'immigrés. Or, la plupart d'entre eux sont dépourvus de toute qualification professionnelle, et ils ne disposent pas non plus de la maîtrise de la langue française. Dans le même temps, sous la pression de l'Europe et de la concurrence internationale, l'économie française réclame des travailleurs de plus en plus qualifiés.
D'autant plus que - c'est l'héritage socialiste le coût du travail en France est très élevé en raison de la lourdeur des charges sociales, sans compter l'action du SMIC, qui interdit toute baisse réelle des salaires. Il ressort de tout ceci que la plupart des jeunes immigrés n'ont aucune chance d'avoir accès au marché du travail, ainsi qu'il apparût clairement dans les statistiques du chômage. Dès lors, il ne reste plus à ces jeunes désoeuvrés qu'à exprimer leurs frustrations en lançant des pierres sur les transports en commun, ce qui est une distraction comme une autre...
Une autre voie a été explorée. Le gouvernement crée des emplois subalternes, médiocrement rémunérés, pour des "jeunes" sans qualification. Il en est prévu, on le sait, 350 000. Ces faux emplois, créés aux frais du contribuable, ont tous plus ou moins pour objet, sous les dénominations diverses dont on les affuble, de contribuer au maintien de l'ordre. Ainsi les Romains recrutaient-ils des auxiliaires gaulois pour tenir en respect les Germains rétifs. On rappellera ici qu'une opération analogue avait déjà été tentée, voici quelques années, pour "éponger" la main d'oeuvre inemployée des départements d'outre Mer On la retrouve dans la police, les Douanes, ou l'administration des ministères ou des universités. Ce qui contribue évidemment à gonfler encore davantage les effectifs, déjà surabondants, de la fonction publique, à alourdir les charges budgétaires et à faire accomplir à la France un pas supplémentaire vers la socialisation de son économie, Et cela au moment même où le gouvernement socialiste se propose de faire entrer la France dans l'Euro, dont on connaît les contraintes en matière de libéralisme et d'économie de marché.
Voilà la voie dans laquelle notre pays s'est étourdiment lancé en raison d'une politique irréfléchie, et dont il parâit impossible de se dégager à vue humaine, sauf à s'engager dans une processus de guerre civile larvée. Le vin est tiré. Il faut le boire.
Panique sur le front des retraites
Je n'est plus de l'inquiétude, mais de la panique. Toutes les voix "officielles" que compte notre beau pays
- et qui sont d'ailleurs les seules à avoir le droit de s'exprimer - semblent s'être donné le mot : nous avons un grave problème de retraite. Ah bon ? Et nous qui dormions sur nos deux oreilles, rassurés par ces mêmes voix qui, hier encore, nous affirmaient que la répartition était le meilleur système du monde et que nos retraites étaient garanties .Que s'est-il donc passé ? Un événement bien simple et naturel : chaque jour qui passe nous rapproche des années suivantes. Et celles-ci se présentent mal sur le front des retraites. Les actifs ne seront bientôt pas plus nombreux que les retraités et ne pourront évidemment pas supporter cette situation.
Il y a au moins vingt-cinq ans qu'il aurait fallu réformer notre systèm'e de retraite, Car ce que les "officiels" font semblant de découvrir aujourd'hui est connu depuis fort longtemps. Rien n'est moins mystérieux que l'évolution démographique. Les enfants actuels sont les adultes de demain, et l'on sait combien de temps en moyenne vivront les actifs qui approchent de l'âge de la retraite.
Un gouvernement socialiste, celui de Michel Rocard, avait publié il y a presque dix ans un "livre blanc" - qui aurait plutôt dû être noir - où figuraient déjà les chiffres qui affolent aujourd'hui nos gouvernants. Le même Rocard, meilleur dans la prévision que dans l'action, remarquait finement qu'il y avait là de quoi faire tomber quatre ou cinq gouvernements. C'est bien pour cela qu'aucun de ceux-ci, depuis lors, ne s'est vraiment attaqué au problème, ce qui en dit long sur le sens des responsabilités de ceux qui exercent le pouvoir.
lnutile de se bercer de mots : nos retraites sont fichues, Tout ce que nous pouvons espérer, c'est que les mesures douloureuses que nous allons devoir subir auront une contrepartie décente.
Autrement dit que l'État - qui est le seul responsable final de la catastrophe, puisque c'est lui qui a rendu le système par répartition obligatoire, sans aucun correctif, même à la marge - saura tailler dans ses folles dépenses pour garantir aux retraités une partie de ce qu'ils auraient dû toucher.
Ne nous faisons aucune illusion : l'État c'est-à-dire les gouvernements qui le dirigeront - n'assumera sa responsabilité à l'égard des retraités actuels et futurs que s'il y est contraint,
C'est pourquoi Patrice Planté, président de SOS Action Santé, et moi-même, en ma qualité de président du Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS), lançons une "Pétition nationale pour la liberté sociale". L'objectif : rassembler des dizaines de milliers de signataires qui constitueront un groupe de pression assez fort pour peser de façon décisive dans le grand débat qui va agiter la France au cours des prochaines années et pour obliger les pouvoirs publics, quels qu'ils soient, à assumer leurs responsabilités à l'égard des Français.
La guerre des générations n'est plus un fantasme. C'est la réalité de demain, si l'on ne prend pas de toute urgence les mesures propres à l'éviter. Elle a d'ailleurs commencé, quand on considère le nombre de jeunes gens qui chaque année vont s'installer à l'étranger afin d'échapper au poids sans cesse croissant des prélèvements obligatoires français, Or ceux qui s'en vont sont les plus doués de leur génération, ceux à qui devrait normalement revenir le rôle d'entraîner celle-ci dans la voie du progrès et de la réussite.
La France ne doit pas devenir un asile de vieillards malheureux. Dans les villages d'autrefois, les jeunes et les vieux coexistaient harmonieusement en s'aidant mutuellement. Les idéologues collectivistes ont cassé les relations personnelles entre les êtres pour imposer leur système de fer. Comme le mur de Berlin, la répartition est en train de s'effondrer.
Gare aux dégâts !