Sommaire du N°194

Election Américaines: une leçon pour la France

Aux États-Unis, le chômage est, officiellement, à 4% de la population active, mais, réellement, à 0%, car, dans leur immense majorité, les personnes sans emploi ont fait le choix, volontairement, d'avoir une période d'inactivité ou de formation entre deux jobs.

Dans beaucoup d'États, pour beaucoup de professions, l'Amérique de 1998 manque de bras !

C'est dans ce contexte qu'il faut analyser les résultats des élections générales qui ont eu lieu outre-Atlantique, mardi dernier, 3 novembre.

La prospérité économique, dont le Président Bill Clinton est partiellement crédité, a permis au parti démocrate de contrebalancer l'effet désastreux du Monicagate. Et même au delà : en mobilisant efficacement, à son profit, les différentes minorités ethniques, non seulement la minorité noire qui, depuis vingt ans, a massivement basculé " à gauche " subsides de l'Etat-providence obligent ... . mais aussi, les "latinos" qui, chaque année, acquièrent la nationalité américaine par millions.

Les questions liées à l'immigration et à l'intégration des minorités jouent un rôle plus important que jamais dans la vie américaine.

Et même là où des personnalités républicaines ont créé la surprise, ils le doivent à leurs bonnes relations avec les nouveaux citoyens hispaniques. Comme chez nous ! diront certains. En effet. Là-bas, comme ici, pour l'instant, la gauche semble profiter des ' ' bouleversements sociaux introduits par une immigration massive... ' ' Mais il y a une différence de taille : là-bas, la machine économique, bien réglée, crée plus de 200 000 emplois par mois depuis huit ans, tandis que chez nous, elle ne cesse, déréglée qu'elle est, d'en détruire. Dans un cas, les immigrés contribuent à la prospérité. Dans l'autre, ils ne peuvent qu'accentuer une paupérisation, d'ailleurs déjà largement à l'oeuvre.

Aux États-Unis, légale ou illégale, une immigration massive bouleverse les structures sociales.

Comme en Frarce. Mais, là-bas, sans poser de problèmes économiques graves, grâce à la croissance et aux créations d'emplois. Une différence qui, chez nous, transforme le même phénomène en danger permanent d'explosion...

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Cumul des mandats : la droite laisse le beau rôle à la gauche

Dans notre pays, la réglementation du cumul des mandats date de 1985. Depuis cette date, un texte interdit en effet de cumuler plus de deux des mandats électoraux suivants :

parlementaire, conseiller régional, conseiller général, conseiller de Paris, ou maire d'une commune de plus de 20 000 habitants.

Depuis lors, le cumul entre une présidence de région et une présidence de conseil général a également été prohibé.

D'autre part, Lionel Jospin a demandé à ses ministres, quand ils étaient dans ce cas, d'abandonner leur fonction de maire. Les intéressés s'y sont pliés, pas toujours de bonne grâce d'ailleurs. lls se sont fait élire "premier adjoint".

Le ministre de l'intérieur, Jean-Pierre Chevènement, en tête. Et le tour était joué Dans la plus parfaite hypocrisie ... .

Deux nouveaux projets de loi sont en cours d'examen au Sénat, Le texte initial prévoit l'incompatibilité entre un mandat de parlementaire et une fonction de président d'un exécutif local. En application de cette novation, un député ou un sénateur pourrait certes être, par ailleurs, conseiller municipal, conseiller général ou conseiller régional, mais il ne pourrait plus être maire, président de l'assemblée départementale ou régionale. Il pourrait néanmoins en demeurer le numéro deux...

Le premier ministre sait que son initiative va dans le sens voulu par l'opinion publique.Tous les sondages publiés sur cette question confirment que les Français sont hostiles à toute forme de cumul. Les parlementaires de la gauche, toujours soucieux de plaire, s'y résolvent donc. Mais les parlementaires de la droite, et en l'occurrence les sénateurs, prétendent s'y opposer coûte que coûte.

Leur défense serait plus crédible si ceux qui montent au créneau sur cette question étaient désintéressés. Au Sénat, l'opposant numéro un est Jacques Larché, qui entend bien continuer à cumuler la présidence du conseil général de Seine-et-Marne avec la présidence de la commission des lois du Sénat.

On a même eu la surprise de lire, sous la plume de Jean Bothorel, dans la lettre quotidienne de Charles Millon, une défense du principe du cumul. Il est vrai que le président de "La Droite" est un grand cumulard : maire d'une commune de moins de vingt mille habitants, président d'un conseil régional, député...

Il est facile de dire que les électeurs pourraient eux-mêmes faire la police des cumulards. Le fait que ces derniers soient rarement sanctionnés, à ce titre, par le corps électoral, ne justifie rien.Al Capone aussi savait être populaire...

A partir du début des années soixante, jusqu'à ce jour, la chasse au cumul des mandats par des politiciens professionnels, souvent issus de la fonction publique, a fait trop de ravages. Il faut l'interdire, purement et simplement. Et suivre l'exemple des deux grandes démocraties anglo-saxonnes qui appliquent la règle simple, "un homme, un mandat", obligent les fonctionnaires à démissionner avant d'exercer tout mandat public, et, aujourd'hui, étudient une limitation dans le temps de l'exercice de chacun de ces mandats.

Alain Foucart

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R.M.I : un concurrent déloyal pour le S.M.I.C

La collectivité nationale fait de gros efforts financiers pour essayer de réinsérer dans la vie sociale les chômeurs de longue durée et tous ceux qu'il est convenu d'appeler " les dus ".

C'est dans cet esprit qu'un gouvernement socialiste a instauré, en 1990, le revenu minimum d'insertion qui bénéficie aujourd'hui d'un million de personnes ayant notamment pour caractéristique d'être en age de travailler, mais d'être payés à ne rien faire ... .

L'idée de la loi était de subvenir aux besoins minimum des intéressés, tout en les accompagnant dans une démarche de réinsertion en mettant en oeuvre, en particulier, d'éventuelles formations.

Encore but-il que les Rmlstes soient réellement incités, quand ils le peuvent, à retrouver du travail, et qu'ils n'en soient pas au contraire, dans la pratique, découragés.

On une récente étude du conseil supérieur de l'emploi, des revenus et des coûts, le C.S.E.R.C. nous apprend qu'un couple avec un enfant où aucun des deux parents ne travaille touchera 5 192 fr par mois au titre du RMI, tandis que le même couple où l'un des deux travaille en étant rémunéré au SMIC touchera 6 023 fr Soit une différence par mois de 831 fr qui, après déduction des charges sociales et prise en compte des multiples aides sociales spécifiques aux Rmlstes, se transforme en... un avantage financier manifeste au profit du Rmlste, au détriment de la famille où l'un des parents travaille Dans ces conditions, l'inactivité devient rationnelle tandis que la recherche d'un emploi relève de la vertu !

Notre systémè social - l'État providence - qui nous coûte si cher, est devenu aujourd'hui une machine'à fabriquer des pauvres et des chômeurs.Aussi longtemps que les règles qui président à son fonctionnement comporteront de telles injustices, offensantes pour ceux qui travaillent, il n'y a aucune chance pour que notre pays retrouve le chemin de la prospérité et du plein emploi.

Aux États-Unis, un président de gauche nommé Bill Clinton, il y a un peu plus de deux ans, a mis sa signature en bas d'un texte démantelant l'État providence instauré par le président Roosevelt au début des années trente. La disposition majeure de cette réforme réside dans le caractère désormais temporaire de toute prestation sociale. Là-bas, en principe, plus personne ne peut prétendre, durablement, vivre aux crochets de la collectivité.

D'autre part, le niveau des prestations - dont certaines sont d'ailleurs délivrées " en nature "

- incite clairement les bénéficiaires à se décarcasser pour retrouver du travail plutôt que de s'installer dans l'oisiveté.

Ajoutée à la meilleure efficacité du capitalisme américain, c'est l'autre raison principale du plein emploi qui règne aux États.unis, depuis un peu plus de huit ans maintenant.

Bernard Piard

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Libre opinion : Le crime de Pinochet

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Au moment où j'écris ces lignes, le général Pinochet est toujours en état d'arrestation à Londres. Le juge espagnol qui a décidé de l'inculper pour "génocide" et "crime contre l'humanité" n'a pas été désavoué par les autorités de son pays.

Des manifestants de gauche, jour après jour, se rassemblent devant le lieu de détention pour rappeler, larmoyants ou indignés, le nom des victimes. Les journalistes qui rendent compte de l'événement parlent d'une dictature sanglante qu'il ne faut pas oublier. Les politiciens de droite et de gauche interrogés renchérissent, à l'exception notable de Margaret Thatcher.

Certains rappellent, émus, le gouvernement d'Union populaire, les "espérances assassinées" et le sort tragique de Salvador Allende. ' Quelle que soit l'issue finale de l'événement, la cause ainsi présentée parût entendue. Qui, en une époque où démocratie et droits de l'homme sont devenus des valeurs planétaires, pourrait défendre l'auteur d'un coup d'État?

Il serait pourtant utile de rafraîchir les mémoires défaillantes...

Loin d'avoir été une cité de cocagne, le Chili à la fin des années Allende était un pays au bord de la guerre civile et qui se rapprochait à grands pas du totalitarisme marxiste et du chaos économique. A une inflation totalement emballée s'ajoutaient des difficultés d'approvisionnement alimentaire et une chute vertigineuse de la production agricole et industrielle. Les usines occupées et confisquées sous la pression de hordes armées voisinaient avec la constitution de milices parallèles, prises en main par des représentants de l'extrême gauche terroriste venus de toute l'Amérique latine.

Loin d'avoir respecté les procédures constitutionnelles, le gouvernement Allende et Allende lui-même n'ont cessé de fermer les yeux sur des exactions toujours plus nombreuses, sur l'installation d'une terreur ambiante et sur l'acceptation d'un glissement vers l'hostilité de tous contre tous.

Ce qui était à l'ordre du jour n'était plus, de quelque côté qu'on regarde, le maintien de l'État de Droit, mais une prise de pouvoir par la violence...

La gauche, bien sûr aurait préféré que cette prise de pouvoir soit opérée par des éléments de gauche-Tout ou presque était prêt pour cela.

On aurait, bien sûr, déploré les victimes, mais les grandes consciences européennes auraient eu vite fait de dire que l'avancée de l'histoire est à ce prix, et se seraient pâmées devant les portraits de Che Guevara brandis par des foules enthousiastes. On se serait aperçu, plus tard, que le pays était devenu un pays en voie de sous-développement, et quand les dirigeants, pour ne pas sombrer totalement, auraient fait appel à des investissements extérieurs pour survivre à leur propre gabegie, on se serait émerveillé de leur "esprit d'ouverture".

Malheureusement, les choses se sont passées autrement. Varmée a rétabli l'ordre. Et comme elle a rétabli l'ordre dans un pays où les armes les plus diverses circulaient, il y a eu des victimes, sans doute même des victimes innocentes. Un autre scénario que celui prévu par la gauche en a découlé. Retour, au bout de quelques années de stabilisation, à des institutions de Droit et à la démocratie.

Rétablissement de la liberté individuelle et de la liberté d'entreprendre. Le Chili est devenu un modèle économique, l'exemple vivant d'une réforme qui s'est depuis disséminée dans presque toute l'Amérique latine où les terroristes sanglants ont quasiment disparu et où des dirigeants élus ont procédé aux réformes économiques indispensables à l'avancée vers la prospérité.

En une époque où les communistes, partout sauf en France, n'osent plus revendiquer leur appellation et où, du rêve d'un monde asservi aux dogmes totalitaires, il ne reste que quelques lambeaux misérables, de Cuba à la Corée du Nord, sans doute divers nostalgiques avoués ou inavoués ne pardonnent-ils pas. Et sans doute le général qui, au Chili, a brisé leur rêve de voir l'Amérique latine devenir un grand champ d'expérimentation pour dictateurs de gauche et qui, dans le même mouvement a, le premier sur son continent, montré que la liberté économique était la meilleure garantie de vie prospère pour le plus grand nombre, est-il à leurs yeux plus impardonnable encore...

Qu'un juge, dont on devine aisément les arrière pensées politiques, tente de se faire le bras armé des nostalgiques n'est, dans la triste situation mentale de l'Europe actuelle, que fort logique.

Bien sûr, il ne faut pas le dire. Comme il ne faut pas dire vraisemblablement qu'utiliser le mot "génocide" en pareil contexte relève d'une indécence obscène et ignoble, qui place sur le même plan les concepteurs de la solution finale sous le Troisième Reich et n'importe quel militaire intervenant dans un pays au bord du gouffre. A quand l'utilisation du mot génocide pour stigmatiser les généraux français de la guerre d'Indochine ou les chefs militaires de la guerre du Golfe?

Il ne faut pas dire non plus que le mot dictateur est appliqué à un général qui, de facto, a rétabli une démocratie menacée, alors que jamais ce mot n'est employé pour décrire les dirigeants de la République Populaire de Chine ou pour désigner Fidel Castro... Il est vrai que si les premiers comme le second ont à leur actif des centaines de milliers, voire des millions de morts, leurs intentions étaient "pures" et leurs buts dignes de "respect', car ce qui est de gauche est toujours, par essence, "pur" et digne de "respect"...

La gauche, c'est le rêve, n'est-ce pas, et même si le rêve prend l'odeur des cadavres et le contour des camps de concentration, il faut rêver encore. La droite est ignoble par définition, et plus ignoble encore sans doute lorsqu'elle crée de la liberté et de la prospérité. La liberté et la prospérité ne sont pas un bon terreau pour développer des idées de gauche...

Pinochet est coupable, oui. Il a manqué de discernement. S'il avait pensé à gauche, il serait resté au pouvoir sans remords ni scrupules, et sans cette étrange lubie de rétablissement de la démocratie. Le Chili serait resté pauvre et bâillonné. Aux morts du coup d'État auraient pu s'ajouter des morts par centaines ou par milliers, année après année.

Il aurait été reçu partout en Europe. Nul n'aurait manifesté. Nul n'aurait trouvé à redire.Au contraire...

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Cogestion : un vrai mal français

Sous l'impulsion d'Ernest-Antoine Seillière, le patronat français vient de changer de nom, Au CNPF issu de l'après-guerre, succède le MEDE[ tout entier voué à la défense des entrepreneurs.

On applaudirait sans réserve aux propos des " nouveaux patrons ", en particulier s'agissant de la baisse des charges sociales, qui est en effet le point crucial, qui plombe nos entreprises et les oblige à affronter la course de la concurrence internationale comme habillée d'un scaphandre, constitué de réglementations rigides, de dispositions anti-compétitives, d'impôts et taxes de toutes sortes, pour lesquelles l'entreprise est obligée de jouer le rôle du percepteur.

Mais, force est de remarquer que, depuis cinquante ans, les représentants officiels du patronat français,ont été les complices volontaires du développement de l'Etat-providence. lls ont participé activement à l'élaboration comme à la gestion de tous les systèmes sociaux. Les représentants du patronat siègent es-qualité dans les conseils d'administration de l'UNEDIC, comme de la Caisse nationale d'assurance maladie. Pas une branche de la Sécurité sociale qui ne soit cogérée par le patronat. Dans ces conditions, ce dernier est évidemment mal placé pour critiquer radicalement le système dont il est un des principaux acteurs.

Plus grave encore, le CNPF et ses principaux dirigeants, à Paris comme dans les régions - au total, sans doute, environ 2 000 personnes profitent directement et financièrement du système.

Car les initiés vous diront que les trois mamelles du financement indirect du CNPF, sont, dans l'ordre, la formation professionnelle, le " 1 % patronal ", et, dans une moindre mesure, les organismes de contrôle médical.

Dans les trois cas, ces dispositifs législatifs ont donné naissance à une kyrielle d'organismes à statut hybride, vivant de prélèvements obligatoires dont les représentants désignés par le patronat ont partiellement la disposition.

Le MEDEF dispose d'une façon fort simple et efficace de prouver qu'il est réellement disposé à lutter contre l'excès des charges sociales qui pèsent sur les entreprises. En cessant de défendre les prélèvements cités plus haut, pour la raison que les fonds qui en résultent sont partiellement gérés par lui, c'est-à-dire par ses apparatchiks. Et en étant le premier, plus généralement, à dénoncer toutes les formes perverses de cogestion entre les syndicats d'employés et les syndicats patronaux, toujours sous l'autorité des pouvoirs publics. Y compris, quand il s'agit des différentes branches de la Sécurité sociale.

Jean Rouxel

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La régulariation des "sans-papiers" va nous coûter cher...

les Français connaissent au centime près les revenus des apprentis-perruquiers, grâce aux travaux du laboratoire de savants qu'est l'Insee, mais ignorent ce que coûte une politique de régularisation des "sans papiers", poursuivie sereinement depuis plus de 15 ans.

Certaines évaluations sont néanmoins significatives. Un article récent du Figaro * chiffrait ainsi à 280 milliards le coût global annuel de la présence étrangère en France, tous budgets confondus.

De son côté, M. Maurice Allais, prix Nobel d'Économie, estimait qu'en 1993 une large proportion du chômage, soit 1,35 million de chômeurs, était directement ou indirectement imputable à l'immigration. Ce qui donne, si l'on accepte l'estimation communément admise, qu'un chômeur coûte, directement ou indirectement, 120 000 Francs par an, soit un total de 162 milliards, ceci pour 1993, bien plus sans doute aujourd'hui.

Enfin, plus récemment, M. Christian Saint Étienne, écrivait dans le Figaro Magazine que le total des coûts directs ou indirects d'une famille d'immigrés ressortait à environ un million par an...

C'est en tenant ces chiffres présents à l'esprit qu'il faut tenter d'estimer le coût à attendre de la régularisation par le gouvernement des quelque 144 000 " sans papiers ", dont à ce jour, la moitié environ a déjà fait l'objet d'une régularisation. De recours gracieux en recours hiérarchiques, il y a fort à parier que ce sera, en fait, la quasi totalité des "sans papiers" qui seront, à terme, régularisés, sous une forme ou sous une autre...

En supposant que cela soit le cas, quel sera l'impact d'une telle mesure sur les finances publiques, tous budgets confondus ?

S'agissant pour la plupart d'adultes ne disposant d'aucune qualification professionnelle propre à leur assurer un accès au marché du travail, et compte tenu du niveau de chômage en France, il y a fort à parier que la quasi totalité des "sans papiers" ainsi régularisés se retrouveront du jour au lendemain inscrits dans les statistiques du chômage, soit plus ou moins 150 000 chômeurs de plus. Si l'on retient le coût de 120 000 francs par an et par chômeur, il en ressort que la régularisation des "sans papiers" se traduira par un alourdissement de l'ordre de 17 milliards de francs de déficit budgétaire, soit plus de 7% du déficit public de 1997. Et cela à la veille de la mise en oeuvre de l'Euro, qui prévoit, on le sait, un déficit limité à 3% du PIB,,,Ceci suppose donc un nouveau tour de vis fiscal, alors que la France est déjà championne d'Europe des prélèvements obligatoires, avec un taux de 45,6% du PIB. Et - circonstance aggravante - alors que la France est à la veille d'un sérieux ralentissement conjoncturel, voire d'une récession.

Mais ce n'est pas tout. Car à terme, ces charges fixes ne feront que s'accroître. En effet, les adultes ainsi "régularisés" voudront - et qui songerait à leur en faire grief - fonder une famille de façon à faire souche en France, notamment par le biais du regroupement familial. Ce qui pourrait entrùner, dans quelques années, la formation d'environ 150 000 familles supplémentaires d'étrangers, à un coût social unitaire de 1 million de francs par famille, si l'on se fie aux évaluations citées plus haut, Dès lors, le coût, à terme, de la seule opération de régularisation des "sans papiers" pourrait se situer dans une fourchette allant de 70 à 150 milliards de francs, soit dans cette hypothèse extrême, près des deux tiers de déficit public affiché en 1997.

On le voit, la régularisation des "sans papiers" par le gouvernement pourrait se traduire par des charges fixes fort lourdes, à supporter en période de basse conjoncture et de rigueur budgétaire imposée par la mise en oeuvre de l'Euro...

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Ne rien signer avant d'avoir tout lu

C'est un texte de cinquante-quatre lignes, en page 2 du Figaro, la page "Opinions", dirigée de main de màtre par Max Clos, la seule du journal où les lecteurs de droite ont le sentiment d'être

chez eux, même si tout ce qui s'y écrit n'est pas derla même eau. Le titre de cet article ? "Manifeste pour l'avenir". Chic, se dit le lecteur alléché, on va me parler des vrais problèmes. Et l'on n'est pas déçu :

"L'Europe des Quinze compte actuellement 76 millions de personnes âgées ; elles seront 103 millions en 2020. Or le déséquilibre démographique se trouvera, à la même date, encore accentué par une diminution du nombre de jeunes, qui pourrait passer de 89 à 75 millions, ou moins encore. C'est une situation inoùie, qui n'a pas de précédent dans l'Histoire des peuples Le diagnostic n'est certes pas nouveau, mais il ne faut pas hésiter à le répéter, tant il emporte de conséquences. Et celles-ci ne sont pas absentes du "manifeste" :"Ce renversement de la pyramide des âges entrainera inéluctablement la ruine des systèmes de retraites d'abord, puis l'écroulement de la politique de protection sociale et de santé. Dès maintenant, cette situation pèse lourdement sur les jeunes générations, qui ont toutes les peines du monde à trouver place dans la société. Elle compromet les chances d'intégration des populations immigrées. Elle contribue à l'aggravation du chômagel' Même si l'on n'est pas un pétitionnaire professionnel, on éprouve forcément une démangeaison du stylo quand on lit un texte qui pose aussi justement le problème.

Mais il ne faut jamais rien signer avant d'avoir tout lu. Et surtout le nom des signataires. lls figurent au bas du manifeste, par ordre alphabétique. Cela commence par Maurice Allais. Il est prix Nobel d'économie, on a confiance. Puis vient Raymond Barre, L'homme est de qualité, même si certains de ses choix politiques étonnent.

Et voici Jacques Barrot.Tiens 1 L'exécuteur des basses oeuvres du plan Juppé, qui voulait punir les médecins de vouloir trop bien soigner leurs malades, Évidemment se diton, en relisant le début du manifeste, il y aurait moins de personnes âgées si la médecine n'avait pas le mauvais goût de les maintenir en vie. Et puis l'on continue de parcourir la liste des signataires. Sur qui tombe-t-on ? François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste ! Et puis Robert Hue ! Un communiste aussi ?Voilà qui vous prend des allures de "front républicain".

On a les yeux qui se brouillent. On croit apercevoir, dans la liste, le nom d'Yvon Gattaz. On ne s'est pas trompé, il est bien là, l'un des quatre pères fondateurs des "Quatre Vérités". Il y a aussi Alain Peyrefitte, qui écrivait naguère dans Le Figaro que l'État providence attire l'immigration comme l'aimant le fait de la limaille.

Comment des hommes aussi divers peuvent-ils signer le même texte ? La réponse est simple, et elle figure à la fin du document : " Nous demandons solennellement aux gouvernements de la France et de l'Union européenne d'ouvrir les yeux et d'accorder priorité à ces problèmes. Sans vouloir leur dicter une politique précise, nous les conjurons.,l'Vous pouvez bien, Messieurs, conjurer qui vous voulez, si ce n'est pas pour exiger une politique précise, cela ne sert à rien.Vous auriez mieux fait, plutôt que de perdre votre temps à ce manifeste, d'apprendre à jouer du cornet à piston pour vous distinguer à la prochaine fête de la musique et réjouir ainsi Jack Lang.

Si vous voulez vraiment vous rendre utile, signez donc notre "Pétition nationale pour la liberté sociale". Elle réclame l'abrogation du monopole de la Sécurité sociale, afin de réduire le coût de l'assurance maladie par la concurrence entre organismes assureurs et par la responsabilisation des assurés, ainsi que la libre épargne et la création de comptes individuels de retraite, pour faire repartir l'investissement et renaître la confiance. Évidemment, ni M. Hollande, ni M. Hue ne signeront notre pétition. On s'en passera avec plaisir.

Pour obtenir le texte de la pétition, adresser une enveloppe timbrée et libellée à :

SOS ACTION SANTÉ . BP194 21205 . BEAUNE CEDEX

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