L'edito d'Alain Dumait : Pour "la Droite" de Millon, le probléme, c'est toujours Chirac !
Jacques Chirac est un politicien sérieux. Et, chez nous - c'est différent à peu près partout ailleurs... - le propre d'un politicien est de prétendre immanquablement à sa réélection. S'il est " sérieux ", il commence d'ailleurs à la préparer le jour même de son élection ! ...
Aujourd'hui, personne ne doute plus de l'intention de Jacques Chirac de se présenter une deuxième fois à l'élection pour la présidence de la République. Les pronostics ne divergent que sur le moment : tiendra-t-il jusqu'en 2002, ou y aura-t-il une élection anticipée ? Les circonstances commanderont ...
C'est dans ce contexte que les autres politiciens de la droite parlementaire ont à organiser leur propre stratégie.
On vient de voir Philippe Seguin, non sans résistance, faire à nouveau allégeance au président de la République. François Léotard, François Bayrou et même Édouard Balladur n'ont pas,pour l'instant,de prétentions présidentielles. Seul, Alain Madelin, selon ses plus proches compagnons, envisage sérieusement de défier Jacques Chirac aux prochaines élections présidentielles.
Avec ces éléments là en tête, on comprend mieux le comportement surprenant de Charles Millon. Il , prétend contribuer à rassembler la droite tout en organisant son mouvement comme un véritable parti politique, en se gardant bien de franchir le pas.
Dans la région Rhône-Alpes, pour conserver " sa " présidence, il a accepté les voix du Front National, comme il accepte à " La Droite " les militants du FN, mais prétend constituer un " rempart " contre ce parti...
Au fil des semaines, les contradictions de Charles Millon se multiplient. Il parlait de transparence, de démocratie interne et du pouvoir rendu " à la base " :
la charte, les statuts et le bureau politique de la droite ont été adoptés ou désignés (par quelque 2 700 votants, dont 900 mandats détenus par Charles Millon lui-même), sans aucune discussion ou presque ... Pour les élections européennes, il affirme qu'il sera présent mais rien ne donne à penser qu'il constituera une liste...
Selon des sources bien informées, Charles Millon négocierait tout simplement un rapprochement avec Alain Madelin. C'est avec lui qu'il constituerait une liste pour les élections européennes. C'est ensuite, sous une bannière commune, qu'ils se prépareraient ensemble à la future élection présidentielle...
Le livre noir du communisme un succès mondial !
Paru il y a exactement un an, " Le livre noir du communisme " a fait un tabac : à ce jour, plus de 200 000 exemplaires ont été vendus en France, tandis qu'à l'étranger, 26 traductions étaient entreprises dont plusieurs ont déjà été mises sur le marché.
Pourtant, l'éditeur, Robert Laffont - maison aujourd'hui dirigée par Bernard Fixot, qui est personnellement à l'origine de l'entreprise - se serait estimé satisfait s'il en avait vendus dix fois moins 1 En effet, il s'agit d'un pavé de 850 pages, vendu 189 E, réalisé par un collectif de chercheurs, pour la plupart attachés au CNRS, traitant d'un sujet réputé " incorrect ", voire tabou, et argumentant sur des " faits " plutôt que sur " des " idées ".
Stéphane Courtois, animateur de l'équipe des auteurs (qui avoue , avoir été maoiste entre 1968 et 1972) a eu, depuis un an, à subir un grand nombre de controverses presque toujours passionnées et passionnelles. Car, malgré le caractère indiscutable des données et des chiffres, souligner le côté totalitaire, dès le premier jour, du léninisme et de tous ses succédanés, revient, encore aujourd'hui, aux yeux d'une intelligentsia toujours dominante, à remettre en cause ce qui demeure, bizarrement, la " mémoire glorieuse du communisme ".
Comme le disait déjà, avec sa grande finesse, l'écrivain Marcel Proust, tout ce passe comme si les faits ne parvenaient jamais " à pénétrer dans le domaine de nos croyances ".
L'ouvrage dirigé par Stéphane Courtois ne montre pas seulement, avec une abondance de chiffres indiscutables, l'étendue du génocide communiste du 20ème siècle, sur cinq continents, il montre aussi l'étendue des complicités. Car, dès 1927, l'URSS organise efficacement une propagande à l'échelle mondiale qui porte ses fruits, en particulier dans les milieux intellectuels, en France comme ailleurs.
Cette propagande, qui privilégie, ce qu'il est convenu d'appeler " l'anti-fascisme ", est toujours à l'oeuvre. L'internationale communiste n'existe plus. Le centre n'est plus à Moscou.
Mais un grand nombre de rejetons du communisme vivent toujours. Et la vulgate communiste tient toujours, en particulier chez nous, le haut du pavé.
La supériorité du système communiste, dès les premiers jours, réside dans sa capacité à communiquer, à manipuler, à faire de la propagande, Lénine, dont on sait aujourd'hui qu'il était financé par le Kaiser Allemand, sut investir tout l'argent dont il disposait dans l'impression de millions et de millions de brochures qu'il distribua, avant, pendant, et après la révolution de 1917, aux quatre coins de la Russie. Staline, son digne successeur, consacrait l'essentiel de son temps à contrôler la propagande, autant en URSS, que dans le monde entier.
Cette supériorité, dans le domaine de la communication, du -totalitarisme communiste demeure une réalité, en particulier dans un pays comme le nôtre.
Puisse l'ouvrage de Stéphane Courtois contribuer à ouvrir les yeux d'un plus grand nombre de nos contemporains !
Alain Dumait
Préretraites : les socialistes changent de pied
Les socialistes, dans le domaine économique, ont au moins un point fixe : les entreprises doivent obéir au doigt et à l'oeil aux consignes de l'administration.
Pour le reste, leurs idées varient. Il est fréquent, même, qu'elles se contredisent ... .
En 1981, la panacée pour lutter contre le chômage était l'abaissement à 60 ans de l'âge légal de la retraite. Comme, en même temps, la mise en préretraite de salariés de moins de 60 ans par les entreprises grandes ou moyennes était encouragée et subventionnée massivement par l'Etat, on est arrivé en quelques années à une situation où les Français appartenant à la population active s'arrêtent de travailler en moyenne entre 55 et 56 ans.
Or, dans le même temps, l'allongement de la durée de la vie a continué, au rythme d'un trimestre par an. Arrêter de travailler de plus en plus tôt, pour vivre de plus en plus longtemps, était donc une ineptie compréhensible même par un enfant de cinq ans ! Un gâchis humain, financier et économique ... . Dix sept ans après, les socialistes semblent l'avoir compris. Il n'est plus question que d'allongement de la vie de travail. Partout, (sauf en Allemagne où le nouveau Chancelier envisage d'appliquer la politique des socialistes français, modèle des années 80 ...) on parle de revenir à un âge légal de la retraite à 65 ans, 68 ou même 70 ans, comme au japon.
Il faut dire que le mythe des 35 heures vaut bien celui de la retraite à 60 ans ... .
Du coup, c'est logique, le gouvernement entend maintenant tailler dans les crédits publics aux préretraites qui encourage, c'est certain, les licenciements des salariés de plus de 56 ans.
Le projet de loi de finances pour 1999 comportera une réduction de prés de 40 % des crédits prévus à cet effet.
Et, pour bien marquer son changement de pied, le gouvernement s'apprête à mettre en place une pénalisation des entreprises qui s'aventureraient à licencier des salariés de plus de 50 ans : elles devront verser une année complète de salaire dans les caisses de l'Etat !
Le gouvernement espère ainsi " interdire " les licenciements des plus de 50 ans.
En fait, bien sûr, ce qu'il va immédiatement " interdire ", c'est, par précaution, le recrutement des plus de 50 ans.
Les effets dévastateurs de cette nouvelle réglementation iront bien au delà. Compte tenu de cette nouvelle pénalité, serait-il raisonnable pour un chef d'entreprise normal de recruter un collaborateur de 49 ans et même de 45 ans, à moins de provisionner dans ses comptes le risque encouru en cas de licenciement quelques années plus tard ?
Les socialistes se sont peut-être convertis à certains aspects de l'économie de marché.
Mais ils demeurent des dirigistes invétérés. Les décisions qu'ils prennent aboutissent presque immanquablement, à l'inverse des effets recherchés.
Bernard Piard
Courrier des lecteurs
J'Approuvre
Lecteur assidu depuis deux mois des "Quatre Vérités", je me félicite de mon abonnement et ne manque pas de faire connaitre votre publication dans mon entourage. j'approuve vos différents arides concernant l'Entente à droite. Cette entente est indispensable pour chasser cette pseudo majorité qui nous ruine.
Adhérent du FN, je suis heureux de constater la participation de Bruno Gollnisch à votre prochaine convention à laquelle je me rendrai.
Edmond Marqueyrol, Rignieux Le Franc-01
Alors, rendez-vous le 23 janvier prochain, au Palais des Congrès de la porte Maillot à Paris !
BRAVO !
Bravo et merci pour votre action vers une entente à droite.... MM. Madelin, Millon devilliers, on se fiche de vos idées : vous êtes parfaitement ridicules, égoistes et bavards !
Renée Recoussine, Paris-75
CENSURE
je vais être bref : si vous persistez à citer Millon dans votre journal, je fais retour pour toujours des "4 Vérités" !
Gilbert Stephan, Lanester-56
RECOMPOSITION
Au cours des deux dernières années, plusieurs dirigeants du CNIP ont appelé l'attention des plus hauts responsables du RPR et de l'UDF sur le fossé qui se creusait et s'élargissait entre les étatsmajors politiques et le grand public.lls n'ont pas été entendus. Les dirigeants de la " droite molle " n'ont pas voulu comprendre qu'à force de faire une politique pour laquelle on n'a pas été élu, on finit par perdre des voix dans son propre camp.
En gagnant sur la gauche, on perd sur la droite.
Les électeurs de droite ne veulent pas être gouvernés par un marais centriste social-démocrate, lui-même dirigé par des " moralistes " pédants et dominateurs. Coupés des réalités, les chefs du RPR et de l'UDF sont aujourd'hui très largement discrédités. On ne peut que constater l'état de décomposition de l'opposition et on doit envisager l'urgence de la recomposition.
Mais on ne rebâtit jamais sur des cendres ! C'est à côté qu'il faut rebâtir la grande force nationale et libérale, qu'une majorité de Français continue à espérer.
Daniel Philippot ancien secrétaire général du CNIP
Eloge de l'insoumission:
enfin une bonne idée de Jospin !
II ne faut jamais désespérer complètement des politiques. Dans la boue des concepts ineptes qu'ils produisent à un rythme de plus en plus accéléré, sous les yeux hagards d'un peuple hébété, brille parfois une pépite inattendue.
Ainsi, cet hommage de Lionel Jospin aux poilus qui se sont mutinés en 1917.
En un temps où les ordres de nos gouvernants ne peuvent s'analyser que comme un acharnement à ruiner tout ce qui pourrait encore tenir debout dans le pays, cet éloge de l'insoumission tombe à pic pour appeler à la résistance ceux qui ne veulent pas, dans cinquante ans, subir le reproche d'avoir obéi à l'occupant.
Envahis aujourd'hui par les rongeurs fonctionnarisés - comme leurs parents le furent par les boches - les Français qui, par respect de la loi, hésitaient encore à se lancer dans leur libération, ne doivent plus s'inquiéter.
C'est fort, désormais, de l'approbation du premier ministre qu'ils peuvent se convaincre qu'ils ont sur les hommes de l'Etat, les droits de Brutus sur César, et passer à l'acte. On va bien s'amuser.
Dr Richard Hanlet Versailles-78
AMBIGUÏTÉ
Charles Millon est doublement ambigu : sur ses relations avec le Front national, et sur sa stratégie politique.
Son hypocrisie criante sur le premier point l'empêchera de prospérer Son louvoiement sur le second (présence à toutes les élections),le perdra s'il devait perdurer (mais pas avant les Européennes).
Sil'analyse politique de Charles Millon est lucide, (lâcheté et complaisance de l'Alliance, etc.), son action politique (refus de présenter ou de soutenir des candidats) l'est moins. Pour Charles Millon, seules deux stratégies sont désormais possibles : s'entendre avec Philippe de Villiers (mais le sujet européen les sépare), ou devenir officiellement l'incarnation de l'Entente à Droite. S'il adoptait une autre voie (par exemple un accord avec l'Alliance, via Démocratie Libérale, il disparaîtrait dés le lendemain des Européennes !
Le nombre de signatures obtenues à travers la pétition que La Droite entend lancer sera capital.
Précisons qu'en l'état, ni l'Alliance, ni le Front national ne peuvent le laisser tomber en Rhône Alpes, car ce serait suicidaire pour juin 99. Cette échéance passée, tout sera possible.
Philippe Foy, Le Plessis Robinson-92
Il est urgent de consulter les Français par réferendum sur l'Europe
Les appels des uns pour " l'union des Droites ", des autres pour " l'union à Droite ", ou encore la création de " La Droite ", ont abouti à une seule chose de la part des élus : oser timidement se dire de droite. Mais d'action, nenni. Mirifique bilan.
Aflcher vos idées de Droite, entend-on, mais lesquelles ! Car ceux qui font la Droite seraient-ils d'accord :
. sur l'Europe !
. sur le libéralisme !
. sur la notion d'identité !
. sur l'Etat de Droit flacobin, Chrétien ou Musulman) !...
. sur la notion des fmntières !
. sur la famille : celle des polygames ou des couples homosexuels !
. sur la notion de citoyen, si le patriotisme en est exclu... !
. sur l'enseignement à condition qu'il soit universel et monopolistique,
. sur la fiscalité, qu'il faut faire payer par les autres...
J'en passe, même des pires.
En somme,la tencance de la Droite est "unie vers celle"...de la Gauche.
La France a-t-on dit, compte soixante millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement Cette constatation ne date pas d'hier Nous subissons le morcellement de notre patrie depuis des siècles, malgré, ou peut-être à cause de la mise en place par l'ancien régime d'un système de centralisation. Nos Rois ont d'abord éliminé les grands féodaux , puis domestiqué la cour . La révolution a rendu intolérable la personne pour la faire entrer dans le moule de la collectivité. Puis, certains, plus collectivistes que les autres, sont devenus les leaders de ce peuple trop insoumis encore. Bourgeois ou intellectuels ont développé par leurs élites les doctrines du prêt à penser sans doute,sans état d'âme, sans pleine conscience :"la propriété c'est le vol " ;" le criminel est une victime,ce n'est pas sa faute, mais celle de la société " ;" l'homme est naturellement bon, c'est la société qui le corrompt ";" du passé faisons table rase " ; " créons l'homme nouveau ".
Autant de slogans qui, repris par les uns ou par les autres, apportent de l'eau à leurs moulins qui s'appellent : Syndicats, Corporations, Mutuelles, Associations, Collectifs.Tout ceci transformant le pays en : camionneurs, cheminots, agriculteurs,fonctionnaires eux-mêmes prêchant pour la paroisse des enseignants, des postiers, gaziers... Mais de Français, point. De projets pour la France, aucun ! Dans un " espace mondialiste "," l'hexagone ", devenu bien trop petit pour être représentatif et performant, se dissout dans le flou d'une Europe indéterminée. La France : un Non-Lieu pour des Non-Etres, c'est-àdire des citoyens.
Bientôt, en effet, les régions renaîtront AlsaceLorraine-Bavière-Forêt-Noire ; Rhône-Alpes-Suisse ; Savoie-Lombardie-Provence ; Midi-Pyrénées.
Catalogne. Les Pyrénées uniront les Pays.Basques ; Flamands et wallons se chamailleront le Nord de la France.
Mais alors, que deviendront la Bretagne, la Normandie, les pays de la Loire ? L'Auvergne, le Périgord ? Des états indépendants en guerre fratricides contre l'Ile-de-France musulmane ?
Nul ne peut prévoir ce que nos intellectuels ont mijoté-A moins que,par un retour aux sources...tout tombe à l'eau-Alors, il faudra tout reconquérir : le territoire,la langue,la chrétienté,la civilisation. Et les batailles reprendront: religieuses,économiques,pour un pouvoir toujours plus concentré vers un Big Brother providentiel.
Mais j'y pense, nous y sommes déjà.
Aussi, que faire ?
N'est-il pas urgent de temporiser ou faut-il au contraire forcer le mouvement vers une intégration européenne ? Pourtant,toute l'histoire nous montre l'échec des tentatives impérialistes. De même, les villes nouvelles,sorties ex-nihilo des canons de nos élites administratives et politiques énarquiennes, ne sont pas des réussites. Il faut un temps long et structuré pour créer le coeur d'une ville et le coeur d'un pays,à plus forte raison pour une entité européenne.
Aussi ne serait-il pas temps de revenir à des choses simples ? Pour une évolution progressive des nations vers une patrie européenne, ne suffit-il pas simplement de faciliter les échanges commerciaux, scientitiques, culturels,sans chercher pour l'instant de synthèse ni d'intégration ? Tout viendra en son temps, sans se fixer ni date, ni échéance, au fil des générations, par la simple concurrence des idées, des hommes, dans un processus évolutif de qualité.
Aucune fédération, même celle des USA, ne s'est faite sans guerre. Craignons qu'une Fédération Européenne à marche forcée, donc contraignante, ne débouche sur un conflit Aucun pays ne peut faire table rase de son passé,les exemples sont nombreux et très proches de nous :
Allemagne, Russie,Afrique. La réussite de l'unité des USA - si unité il y a - s'est faite sur un terrain vierge, sans passé sur un territoire dont on avait éliminé ses premiers habitants.
Lurgence des urgences n'est-elle donc pas avant tout de refouler les traités de Maestricht et Amsterdam en faisant campagne pour un référendum, puisque seul le peuple est dépositaire de la souveraineté de la France ?
Encore un petit instant, Messieurs les bourreaux,le pays veut encore vivre et s'exprimer Vive la France.
Robert Vachy, Paris-75
Faut-il aider les producteurs de cognac ?
C'est maintenant au tour des producteurs de cognac de réclamer des subventions de l'Etat ! Il faut dire qu'en quelques années, dans cette région, producteurs et négociants sont passés de la situation de nababs super-privilégiés à une situation de parias désespérés.
jusqu'au début des années 90, le cognac - dont on sait que, comme le champagne d'ailleurs, il est fabriqué à partir de petits et même de mauvais vins ... - le cognac était devenu, pour les professionnels, comme un nouveau métal précieux dont rien ne pouvait enrayer l'ascension des cours. Non pas que les Français en étaient si friands, mais les acheteurs étrangers étaient toujours plus nombreux, au point de constituer 95% des ventes de cet alcool, les consommateurs japonais se remarquant particulièrement, prêts qu'ils étaient à payer plus de mille francs un flacon de simple VSOP Comme toujours, mais contre toute attente, le marché s'est retourné. Certains amateurs de cognac sont passés au whisky, comme tout le monde-Tandis que nos bons clients japonais se mettaient à apprécier davantage le vin rouge ...
Du coup, rien ne va plus. Les stocks sont immenses. Les négociants n'achètent plus. Les producteurs restent avec leur alcool sur les bras, sauf à le dénaturer pour pas grand chose.
lls sont passés en moins d'un lustre d'une situation de grande prospérité à une situation, en effet, peu enviable.
La solution réside, comme toujours dans ces cas-là, dans une énergique reconversion. Mais il faut supprimer les vignes actuelles pour en planter d'autres, adaptées à une production viticole. Il faut investir. Et les premières recettes nouvelles ne viendront que dans cinq ans.
Les professionnels du cognac ont de bonnes raisons de se tourner vers l'Etat pour demander un moratoire de leurs dettes ainsi que des subventions pour leur reconversion. En effet, depuis 25 ans, c'est par dizaines, que des régions entières, des professions entières, ont bénéficié de la manne publique.
Sur ce critère, subventionner les producteurs de cognac serait donc juste.
Pourtant, on voit bien qu'une telle politique est un puits sans fond. Il faut tout simplement cesser, une bonne fois pour toutes, de subventionner tout producteur quel qu'il soit, aussi bien dans le secteur des services, de l'agriculture que de l'industrie. Non seulement parce que cela coûte trop cher à des contribuables qui n'en peuvent plus, mais encore, et surtout, parce qu'il est temps de rendre aux producteurs de ce pays leur dignité en même temps que leurs responsabilités. Et ces derniers seraient sans doute plus prudents en période d'euphorie s'ils avaient la certitude de se retrouver en face de leur seule responsabilité en période de difficultés.
Ce qui vaut aujourd'hui pour les producteurs de cognac, valait évidemment hier pour les mastodontes de la sidérurgie ou les petits princes de l'industrie horlogère ...
Alain Foucart
"Démocratiser la République" : En rendant la liberté d'expression à tous les Français !
" Démocratiser la République ". Tel est le thème choisi, cette année, par les Semaines sociales de France, institution presque centenaire, qui, chaque année, organise à Paris des débats qui réunissent principalement des intellectuels catholiques (du 20 au 22 novembre prochain, au Palais des Arts et des Congrès, à lssy-les-Moulineaux . 91).
Le sujet est d'autant plus intéressant que les ennemis déclarés de la République semblent avoir aujourd'hui tous disparu ! A moins qu'ils se cachent (comme l'ont toujours fait les victimes des inquisitions...), car, dans le climat d'intolérance ambiante qui règne aujourd'hui en France, on voit mal que de tels groupes puissent si facilement prospérer..
Pourtant la République, comme forme de gouvernement légitime, a toujours eu ses détracteurs.
Compte tenu du bilan "contrasté" constitué par l'histoire de France depuis 1789, on conçoit qu'il y ait encore de nos jours des partisans de l'ancien régime et on peut même trouver étonnant de ne pas trouver davantage d'ennemis déclarés de la République...
Sans doute l'explication réside-t-elle dans la diabolisation des " antirépublicains " et leur constante assimilation, en cette fin du XXème siècle, à des partisans de doctrines totalitaires, brunes ou rouges.
Or, ces totalitarismes - le premier n'étant plus qu'un mauvais souvenir, tandis que le second, le soviétique, exerce toujours sa domination sur plusieurs pays, et sur quatre continents... - sont justement issus... de l'idéologie républicaine ! Ce sont des rameaux de la Révolution française, des résurgences de sa période de Terreur, des branches inséparables du tronc.
En un sens, Clémenceau avait raison de dire " que la Révolution était un bloc et qu'il ne fallait pas tenter d'en séparer les morceaux ".
C'est pourquoi la diabolisation des adversaires de la Révolution, de tous ceux qui sont suspectés de tiédeur à l'égard des institutions présentes qui en découlent, quand elles se développent au nom des principes républicains, a quelque chose de comique, si ce n'était hélas tragique !
Démocratiser la République consisterait pour elle à accepter loyalement la libre expression de ses adversaires, y compris d'éventuelles expressions extrêmes. Plutôt que de dire " pas de liberté pour les ennemis de la liberté ", les nouveaux républicains feraient mieux de dire que même les ennemis de la liberté ont droit à la liberté. La République sera alors vraiment démocratique.
Comme le remarque le Président des Semaines sociales de France, l'ex-journaliste jean Boissonnat ("le Figaro" du lundi 9 novembre), la République n'a plus aujourd'hui d'adversaires, Et pourtant, elle croit devoir se doter d'un fantastique arsenal pour lutter contre cette absence d'ennemis ou leurs fantômes. '
" Démocratiser la République, consisterait, normalement, à supprimer toutes les lois d'exception qui interdisent la libre expression, y compris des idées contraires aux dogmes républicains. On pense évidemment à la loi Gayssot qui, par exemple, en interdisant toute expression des thèses révisionnistes ou négationnistes, aura fait beaucoup non pas pour les réduire, mais pour les développer ! (Aucun spécialiste sérieux n'a jamais réclamé l'interdiction de parole pour les iconoclastes farfelus...)
" Démocratiser la République ", ce serait par exemple rendre aux Français leur liberté réelle d'expression. On doute que ce soit, dans quelques jours, aux Semaines sociales de France, le programme commun d'hommes politiques comme François Bayrou, Michel Rocard ou Bernard Stasi...
jean Rouxel
Des mutins à la putain
L'actualité produit de curieux rapprochements. Deux "grands chefs" de la République sont mis en cause au même moment. L'un d'eux est mort depuis longtemps. Il s'agit du général Nivelle, qui ordonna, en 1917, la folle offensive du chemin des Dames. L'autre, Roland Dumas, vit encore physiquement, mais est mort moralement.
Le terrible échec de Nivelle, et les mutineries qu'il entraina, lui valurent d'être remplacé par Pétain au poste de commandant en chef des forces françaises. Il y eut, parmi les mutins, quarante-neuf fusillés, dont Lionel Jospin a entendu réhabiliter la mémoire. L'incompétence et l'inconscience d'un général avait fait prés de cent cinquante mille victimes dans les rangs français, dont quatre-vingt mille morts. La France ne s'est jamais vraiment remise de la terrible saignée de la première guerre mondiale. La défaite de 1940 en fut la conséquence. En faisant participer des forces françaises à la victoire des Alliés, De Gaulle offrit à la France l'illusion de la revanche. Mais notre pays épuisé et démoralisé était une proie facile pour les idéologies collectivistes. Sous le couvert de la reconstruc tion et des "trente glorieuses", elles étendirent leur implacable domination dans tous les secteurs de la vie économique, sociale et intellectuelle. Et aujourd'hui elles règnent sans partage sur une nation qu'elles ont rendue captive et qui ne le sait pas.
La corruption qui souille la vie politique française est le fruit vénéneux du collectivisme. Celui-ci dénie à l'individu toute liberté personnelle, et donc toute responsabilité morale. Habité des principes hérités d'un passé immémorial, le peuple s'est longtemps tenu droit. Il résiste encore, mais la décomposition de la société gagne chaque jour du terrain. Et comme le poisson, celle-ci pourrit par la tête. Quand les premiers cas de corruption publique furent connus, on s'évertua à nous les présenter comme de regrettables exceptions. Force nous est de de constater, maintenant que la rubrique des scandales occupe quotidiennement la une des journaux, que l'exception, sans être devenue la règle, s'est fortement généralisée.
"La Putain de la République" ! L'amie de M.Dumas a trouvé le bon titre. L'affaire Dumas est en réalité une affaire Mitterrand. Cet homme fut l'immoralité même. Par appétit de pouvoir, il passa d'un camp politique à un autre sans le moindre scrupule. Il n'en montra pas plus dans sa vie privée, offrant au peuple ébahi le spectacle des ses deux familles unies par la douleur autour de son cercueil.
c'est sous son règne que l'État fut découpé en satrapies, offertes par le monarque à ses affidés aux longues dents qui, en véritables virtuoses de la cupidité, surent s'y construire d'immenses fortunes. M.Dumas est le dernier maillon de la chaine avant celui qui fut son maître. Il détient de terribles secrets. C'est pour cela qu'il reste souriant quand tout l'accable. Celui qui tient une grenade dégoupillée dans sa main ne craint pas la foule qui le cerne. Surtout quand il y reconnaît tant de visages familiers.
En réhabilitant les mutins du chemin des Dames, M.Jospin a légitimé la révolte des citoyens contre leurs chefs. En temps de guerre, elle est considérée comme un crime. En temps de paix, elle est un devoir. La République est corrompue jusqu'aux moelles-Trop de ses potentats ont trempé dans le scandale. Le sursaut ne peut venir que du peuple. Silencieux pour l'heure, il rumine sa colère. Certains le croient avachi. lls se trompent. L'histoire, le plus souvent, prend son temps. Mais ce qui doit arriver finit toujours par arriver.
Des mutins de la Grande Guerre à "la putain de la République", un long parcours s'achève. La France va bouger.