Sommaire du N°200

Crise au Front National : Mégret, Toubon mêmes méthodes !

"Depuis la nuit des temps, le pouvoir ne s'est jamais partagé" cette phrase, qui figure opportunément en accroche de l'affiche du nouveau film "Le Prince d'Égypte", s'applique parfaitement à la situation politique française actuelle, et pas seulement à la crise du Front National.

Car c'est finalement une caractéristique de notre semi-démocratie - où l'état de droit n'est jamais éloigné de celui de la force - non pas tant que l'action de ceux qui exercent le pouvoir soit contestée, ce qui est parfaitement normal et légitime, mais qu'elle le soit en dehors des règles communément admises, que ce soit la Constitution quand il s'agit des affaires de l'Etat, de la loi électorale quand il s'agit d'assemblées délibérantes, ou des statuts, quand il s'agit d'une association ou d'un parti.

Toubon, Mégret, même combat ! Le premier ne voulait pas attendre mars 2001 et le second trouvait décembre 2000 un peu trop éloigné. Mais telles étaient pourtant les dates imposées par les règles du jeu, qu'ils avaient jusqu'à présent eux-mêmes parfaitement acceptées...

Vous êtes nombreux, comme toujours, à nous écrire chaque jour pour nous communiquer vos réactions à l'actualité. Et vous nous pressez de prendre position, ce qui n'est pas forcément le rôle d'une publication comme la nôtre... Claude Reichman y consacre sa chronique page 8. Et Philippe Randa, électeur du FN, développe page 3 le point de vue selon lequel la fausse droite aurait tort de se réjouir trop tôt.

Quand on s'inscrit dans le clivage droite/gauche,comme c'est le cas dans notre rédaction, on ne voit pas ce que l'on peut trouver de réjouissant au spectacle d'une force politique qui constitue un élément important de la droite et qui se déchire sous les yeux gourmands des juges du tribunal des médias. On peut y puiser néanmoins des raisons supplémentaires de contribuer à l'Entente à droite, sans exclusive à l'égard de quiconque. Et de se tourner, pour ce faire, vers la base de l'opinion publique, plutôt que vers les chefs. D'urgence.

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Un Etat faible, qui dépense trop...*

Parmi les sept grands pays industriels dans le monde qui font à eux sept la moitié de la production de la planète, nous avons le record du monde de la dépense publique.

Nous avons une dépense publique qui fait 54 points du PIB, et la moyenne du G7, le groupe des sept grands pays industriels, est de 38 points du PIB en 1998. Ce qui fait donc un écart de 7 points de PIB.

A même périmètre d'intervention, quel serait le niveau de la dépense publique dans le G7 ! Il serait de 46 points de PIB. Il y a donc 8 points de PIB qui ne s'expliquent pas par le périmètre d'intervention. je rappelle que le point de PIB, en 1998, est de 85 milliards de Fr On parle donc de sommes non négligeables, puisqu'on parle de plus de 650 milliards de Fr

Si l'on fait une autre comparaison, avec cette fois la moyenne de l'Union monétaire à 11, avec laquelle nous allons partager la même monnaie, c'est-à-dire les mêmes taux d'intérêts et les mêmes taux de change, nous voyons que la moyenne de la dépense publique dans cette zone est de 48 points de PIB, France comprise.

Si on retranche la France, on voit que la moyenne des autres pays est de 46,5 points.

Donc l'écart est de 7,5 points, Et on trouve un nouveau un écart de 600 milliards de Fr non explicables par le périmètre d'intervention, dans la mesure ou il est quasiment le même dans l'Union monétaire à 11 qu'en France.

Donc, il y a 600 milliards inexplicables lorsque l'on fait des comparaisons au niveau macro économique.

Lorsque l'on fait des comparaisons cette fois au niveau micro économique, par exemple en rassemblant la totalité des rapports parus depuis dix ans, tous ces rapports publics effectués généralement par des hauts fonctionnaires et commandés par le gouvernement, tous disponibles pour quelques centaines de francs à la Documentation française, il en ressort que le total des économies possibles, tous secteurs confondus est de l'ordre de 6 points de PIB, c'est-à-dire de l'ordre de 500 milliards de Fr Or, si l'on faisait de 6 à 8 points de PIB d'économies, cela nous ramènerait à un niveau de compétitivité qui permettrait de refaire de la France, en termes de croissance, l'Eldorado du monde occidental !

Il y a un pays proche de nous, qui n'est pas anglo-saxon, qui n'est pas américain, qui n'est pas japonais, qui est en fait un pays latin et méditerranéen comme nous, qui s'appelle l'Italie et qui vient de réduire, sous nos yeux, dans les cinq dernières années, la dépense publique de 6 points de PIB-Tout le problème pour nous est de savoir si nous sommes capables de faire dans les cinq prochaines années ce que les ltaliens ont fait au cours des cinq dernières.

Nous avons aujourd'hui, non seulement, l'État le plus dépensier du monde (l'État au sens large, c'est-à-dire la sphère publique, avec les collectivités locales et les organismes de sécurité sociale) mais nous avons aussi, simultanément, l'État le plus faible de notre histoire.

Jamais l'État français, l'État régalien n'a été aussi faible. Il n'est plus capable d'assurer la sécurité et la justice sur l'ensemble du territoire. Il n'est plus capable d'assurer la liberté de circulation.

Dans les années soixante, nous avions un État fort, qui dépensait peu, aujourd'hui, il est faible et il dépense beaucoup.

* Nous reproduisons ici de courts extraits de l'intervention du professeur Christian Saint-Étienne lors des 1ères Assises du Contribuable.

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Et si la division du Front national était une bonne chose électorale ?

l'immense mérite de Jean-Marie Le Pen avait été de rassembler toutes les tendances de la famille nationaliste. Elle est aujourd'hui éclatée. Non pas entre catholiques et pàiens, fascistes et démocrates, racistes et non-racistes, Français et Européens (et les Dieux savent quoi encore!), comme on le répète, mais entre deux styles politiques. C'est bel et bien une crise de générations qui a secoué le Front national. Elle devait éclater tôt ou tard. Comme dans un mariage qui bat de l'aile. Quand rien ne peut recoller les morceaux, autant que le divorce soit rapide. Les conséquences n'en seront que moins graves. (Les ressentiments, c'est autre chose...).

Il est certain que Bruno Mégret atteindra le tiers et sans doute beaucoup plus des signatures d'adhérents du FN pour la convocation d'un congrès extraordinaire, mais jamais JeanMarie Le Pen ne reconnaîtra celui-ci, et donc n'y participera pas. Il l'a dit et il n'est pas homme à revenir sur ses déclarations, il l'a prouvé à maintes reprises.

Bruno Mégret et ses partisans feront «congrès seuls», revendiqueront leur légitimité à la tête du FN... et une procédure judiciaire de plusieurs années sera engagée.

Il y aura donc en 1999 deux mouvements nationalistes distincts. Était-ce prévisible ? Oui !

Évitable ? Non ! Catastrophique ? Peut-être pas, finalement...

Cqmbien aurait fait une liste Le Pen-Mégret comme elle était encore envisagée - ou envisageable - il y a six mois ? Entre 1 1 et 15 %...

Une liste Le Pen, sans Mégret, ne peut guère compter que sur la fidélité du vote traditionnellement attaché à son nom et à une partie de celui du FN. Dans le meilleur des cas, il atteindra les 10 %. Ce qui, après un «tremblement de parti», serait encore un très beau succès personnel pour le Menhir.

Une campagne électorale coûte cher. Bruno Mégret est néanmoins obligé de conduire une liste concurrente pour ne pas laisser le terrain à jean-Marie Le Pen et il devra dépasser les 5% afin de voir ses frais remboursés.

Sur quel électorat peut-être compter? Évidemment sur une grande partie de celui du Front national. Il peut aussi espérer séduire tous les électeurs ii de droite ii qui ont voté de temps à autre FN, sans se laisser fidéliser et qui verront en lui le renouveau politique de la droite de conviction. Leur nombre n'est pas négligeable, à voir l'enthousiasme qui a entouré la naissance du mouvement La Droite de Charles Millon.

Bruno Mégret peut compter aussi sur tous ceux que la personnalité de jean-Marie Le Pen rebute. Ce sont ceux qui ont grossi les rangs de Philippe de Villiers. L'insuccès notoire du Mouvement pour la France de ce dernier, tout autant que son probable mariage électoral avec Charles Pasqua devraient plutôt les inciter à voter pour la liste emmenée par le "maire consort" de Vitrolles.

Fort des perspectives de ces trois sources de potentiel électoral (une partie du FN-La Droite-de Villiers), Bruno Mégret peut raisonnablement espérer atteindre lui aussi les 10 %.

20 % pour la droite nationale (auxquels les commentateurs ne s'empêcheront sans doute pas d'ajouter le score de la liste Pasqua-de Villiers), voilà de quoi calmer les ardeurs triomphalistes des ennemis du FN au soir des prochains résultats électoraux !...

Philippe Randa

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Pavane pour le géneral Pinochet

Je ne puis joindre ma voix au concert de glapissements extasiés, venant de la droite, président de la République en tête, comme de la gauche, Premier Ministre au premier rang, qui ont salué la décision " historique " des Lords anglais de maintenir le général Augusto Ugarte Pinochet en résidence surveillée pendant une période indéterminée en Grande Bretagne.

Les crimes imputés au Général ' Pinochet ! Certes, 3 000 morts pèsent lourd dans la balance.

Mais peut-on sérieusement les mettre en parallèle avec 84 millions de crimes recensés commis par les communistes à travers le monde, dont les supporters participent allègrement aujourd'hui aux fastes du gouvernement sous les lambris de la République française !

Certes, le Général Pinochet et ses sbires ont eu la main lourde. Mais on oublie un peu vite qu'à la veille de sa prise de pouvoir le Chili était un pays quasi-ruiné par un gouvernement imbécile, en proie à une fièvre obsidionale, celle de l'Espagne à la veille d'une terrible guerre civile.

Elle a fait un million de morts, et l'Espagne a mis un quart de siècle pour s'en remettre, sous la poigne d'un dictateur, de droite précisément.

Au départ du Général Pinochet des " affaires ", le Chili était un pays démocratique à l'économie prospère.

Peut-on en dire autant de M.Fidel Castro, dont le régime accumule les tortures, les exécutions et les emprisonnements politiques, mais qui est acclamé et reçu avec transports dans tous les pays européens pourtant si sourcilleux sur les lettres de noblesse démocratiques de leurs hôtes.

Amin Idi Dada, dont on a oublié le règne ubuesque et sanglant en Ouganda, vit toujours tranquillement en Arabie Saoudite. Et que dire de M. Jean-Claude Duvalier, héritier d'un authentique criminel de guerre, - le trop célèbre Papa Doc Duvalier -, qui coule des jours paisibles dans notre pays en dégustant les fruits des rapines exercées sur un pays exsangue ? Quid de feu le Président Bokassa, dont nulle menace de jugement n'est venue ternir les derniers jours heureusement écoulés dans son château tourangeau ? Nous sommes nous montrés plus sévères à l'égard de M.Kabila, auteur de massacres de Tutsis dans la région des Grands Lacs, mais néanmoins accueilli avec les honneurs réservés aux princes de ce monde tout récemment à Paris ? M. Chirac a-t-il hésité à serrer cette main tâchée de sang ? Peut-on au moins espérer que le Président Bongo, triomphalement réélu dans des conditions plus que douteuses, sera dans l'instant trainé devant les tribunaux dès lors qu'il aura quitté le pouvoir d'une manière ou d'une autre ?

Car étrange, en vérité, est la leçon de moralité à l'adresse des dictateurs encore au pouvoir à travers le monde, Elle est, précisément, de ne pas imiter l'exemple du Général Pinochet quittant volontairement le pouvoir, alors que rien ni personne ne l'y obligeait, pour le remettre en 1990 entre les mains d'un gouvernement issu d'élections libres. Nul doute que M. Fidel Castro n'en tienne le plus grand compte, s'il s'avisait d'en faire autant. Il en irait de même pour Saddam Hussein, s'il lui prenait l'étrange lubie de desserrer l'étreinte qu'il maintient sur l'Irak, sans compter l'inusable Colonel Khadafi en Libye. La règle, d'ailleurs énoncée avec le cynisme des innocents par M.Védrine, notre ministre des Affaires étrangères, lors de la venue de Kabila à Paris pour le Sommet africain du 27 Novembre, est que les chefs d'État bénéficient d'une complète immunité aussi longtemps qu'ils sont au pouvoir Et par voie de conséquence, plus du tout après.Avis aux amateurs de transition démocratique et sans effusion de sang. Dictateurs de ce monde bizarre, restez au pouvoir ! Sinon, gare.

Yves-Marie Laulan, économiste

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La meilleure des réformes fiscales, c'est la baisse des impôts

Pour gagner la lutte contre le chômage, notre pays a besoin d'une économie plus forte. Cet objectif ne sera atteint qu'au moyen d'un ensemble de mesures dont la réduction des dépenses et des impôts est le préalable nécessaire. Nous devons donc nous fixer comme règle de ne pas acquitter plus d'impôts, de ne pas exposer plus de dépenses collectives, de ne pas subir plus de déficits publics et sociaux que la moyenne de nos partenaires au sein de l'Union européenne.

Cela suppose que soit conduite une action en profondeur de renouvellement de la gestion de l'Etat et de la sphère publique dans son ensemble. Il est temps que les gouvernements, plutôt que d'imposer aux entreprises des règles de fonctionnement arbitrairement définies, montrent qu'ils s'attachent d'abord à mettre de l'ordre dans les affaires de l'Etat.

L'objectif n'est pas d'affaiblir l'Etat, mais de le gérer avec efficacité et de le concentrer sur ses missions régaliennes. Cette action devrait se traduire notamment par :

- la réforme des administrations centrales de l'Etat, dont les effectifs et les pouvoirs devraient être drastiquement réduits au profit d'une administration locale davantage tournée vers l'action et plus proche des Français ;

- la poursuite de la décentralisation, avec la réduction du nombre des échelons administratifs ;

- la réduction des dépenses d'intervention, qui atteignent un montant de l'ordre de 400 Mdsf et qu'il faut abaisser d'un tiers.

- l'amélioration de l'efficacité de l'action publique qui, outre des réformes de structure trop longtemps différées, passe par la diminution du nombre d'agents publics, au rythme de 20 000 par an pendant 5 ans au moins.

- la poursuite active des privatisations, totales ou partielles, y compris dans le secteur des monopoles économiques d'Etat tels l'énergie et les transports.

Rien de tel n'est entrepris actuellement. Au contraire, depuis un an, les dépenses publiques recommencent à augmenter plus vite que l'inflation.

Cet effort de réduction des dépenses permettra de dégager les marges budgétaires autorisant une baisse des impôts de toute nature, qui pénalisent l'activité et empêchent le développement de l'emploi. Vobjectif est d'arriver à la moyenne européenne, qui est à l'heure actuelle de 42 % du PIB, soit une baisse des prélèvements de l'ordre de 250 Mdsf en cinq ans.

Cela suppose une réforme de l'impôt sur le revenu qui permette de réduire à trois le nombre des tranches d'imposition ; un allégement de la TVA. avec l'annulation de la hausse de deux points décidée en 1995, un allégement et une refonte des droits de succession qui ne devraient pas excéder 30 % en ligne directe ; une réduction du taux de l'impôt sur les sociétés, au niveau de la moyenne européenne.

Cela suppose aussi, et surtout, que ces réformes soient conduites sans esprit de retour, afin de susciter une confiance durable. Il faut prendre l'engagement de n'augmenter, pendant cinq ans, aucun impot, aucune taxe, aucune cotisation même sous le pretexte le plus souvent fallacieux d'une prétendue redistribution. La meilleure des réformes fiscales, c'est la baisse des impots.

Je souhait que ces orientations receuillent l'agrément du plus grand nombre de nos concitoyens.

Edouard Balladur

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La droite a besoin d'une force nouvelle

la crise qui secoue le Front national était prévisible à tous égards. Il est même étonnant qu'elle ne se soit pas produite plus tôt. Il ne manquait plus qu'elle au tableau pour que l'ensemble du paysage politique français soit bouleversé. La France traverse une très difficile période d'adaptation au nouveau cours du monde. En moins de dix ans, tout a changé autour de nous. Les échanges économiques se font désormais entre tous les pays de la planète. De même, l'information circule librement entre eux par des moyens qui échappent de plus en plus au contrôle des Etats. L'Europe constitue un marché unique. Tous ses citoyens peuvent circuler sans entraves dans son territoire et s'installer à leur guise dans n'importe lequel des quinze pays qui la composent. l'Europe, vendant plus de produits et de services au reste du monde qu'elle ne lui en achète, a adopté une attitude ouverte à l'égard des importations étrangères, afin de ne pas pénaliser ses principales firmes qui, toutes, ont une implantation internationale et se voient contraintes de grossir par acquisition d'autres sociétés ou par fusion avec elles.

Nos principaux concurrents, qu'il soient américains ou asiatiques, ont entre quinze et vingt points de prélèvements obligatoires de moins qui nous. Les Européens se sont donc lancés dans une course à la compétitivité qui les oblige à alléger le poids de leur État et de leur protection sociale. Fidèles à leur tradition de négociants, les Anglais. et les Hollandais ont résolument pris la tête de la course, tandis que les Allemands peinent à suivre et que les Français n'ont toujours pas compris le déroulement du film. C'est ce qui explique la crise politique générale que connaît notre pays, Nous sommes gouvernés par des politiciens formés à l'Ena en vue de piloter des mécanismes publics et sociaux qui obéissent au doigt et à l'oeil, comme ils le faisaient dans les années soixante, quand une croissance forte et continue mettait de l'huile dans tous les rouages. Les syndicats dits représentatifs sont considérés comme tels au regard de critères comme l'attitude patriotique pendant l'occupation ! C'est dire à quel point ils ont épousé leur époque. Et les médias rendent compte pieusement des hauts faits et gestes de ces personnages comme s'ils étaient vraiment l'expression des citoyens et que ceux-ci leur faisaient confiance pour diriger le pays.

Le surgissement du Front national fut celui du peuple. Un peuple dégoûté de ses prétendues élites et conscient du mensonge dans lequel celles-ci l'entretenaient. Mais de là à constituer une force de gouvernement, il y avait un énorme pas que ce parti n'a jamais su franchir, ne parvenant à se doter ni d'un programme crédible ni d'une stratégie claire. C'est tout son problème aujourd'hui.

On n'arrive pas au pouvoir avec 15 % des voix, ni même avec 20 %, tous nos concitoyens le savent. Ceux d'entre eux qui votent pour le Front national ne l'ignorent donc pas non plus. Le temps passant et les perspectives de victoire ne se dessinant pas, ils ont écouté un peu plus M.Mégret, qui leur disait qu'il fallait développer une stratégie d'alliance, et un peu moins M. Le Pen, qui prétendait l'emporter seul. Le président du parti en a pris ombrage et a décidé d'écarter celui qu'il ne voulait pas considérer comme son dauphin. Celui-ci ne s'est pas laissé faire, on en est là.

Le fait que le Front national parvienne à surmonter cette crise ou qu'il éclate ne change rien au problème de la droite. Le RPR et l'UDF ont trop déçu les Français et n'ont pas su renouveler leurs équipes :

ils n'ont pas la moindre chance de récupérer les électeurs désemparés du Front national. Seule une force nouvelle, construite sur le socle de l'entente à droite et incluant donc tous ceux qui veulent adapter la France au monde moderne tout en jespectant les traditions de son peuple, peut constituer une alternative crédible à la gauche.Tout reste à faire. Raison de plus pour commencer aussitôt.

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